Émile Meyer (1858-1914) est un peintre françaisDictionnaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs - Paris - Édition : 1939 - Auteur : Bénézit Emmanuel (1854-1920) qui fait partie des artistes ayant exprimé leur art à MontmartreLe Dictionnaires des peintres à Montmartre : peintres, sculpteurs, graveurs, dessinateurs, illustrateurs, plasticiens au XIXe et XXe siècles - Éditeur : André Roussard - 1er janvier 1999. Il est l’élève de Jules-Élie Delaunay, de Pierre Puvis de Chavannes, de Jean-Jacques Henner, de Jean-Georges Vibert et d'Émile Lévy.

Biographie Émile Meyer naît le 22 février 1858 à MontmartreParis, État civil reconstitué, vue 39/51., au 24 rue de l’ImpératriceLa rue de l'Impératrice est une voie de l'ancienne commune de Montmartre. Elle a d'abord été renommée rue Lalande, puis dans un second temps, a été incorporée à la rue Lambert dans le dix-huitième arrondissement de Paris., dans une famille d'artistes d'origine alsacienneL'Industriel Alsacien - Journal de l'Industrie, du Commerce et de l'Agriculture - 17 décembre 1857. Sa mère Joséphine Boulony est originaire de Haute-Saône et son père, Alfred Meyer, parisien, est peintre, émailleur-céramiste d'art à la Manufacture de Sèvres. Emile est le troisième enfantAprès avoir donné naissance à deux filles, Joséphine Boulony met au monde Émile et son frère jumeau Henri Meyer. d'une fratrie de dix, parmi lesquels Georges Meyer, qui deviendra peintre également.

Le jeune Émile bénéficie dans sa famille d'un environnement artistique de tout premier ordre. Il est initié dès l'enfance aux arts graphiques par son père, mais aussi par ses oncles Émile Meyer et Jacques (dit Henri Meyer), respectivement lithographe et illustrateur. Son grand-père Bernard Meyer, dessinateur sur étoffes, et son grand-oncle Emmanuel Meyer (1817-1878), dessinateur également, sont tous deux originaires de Mulhouse, réputé pour ses fabriques d'impression sur étoffes.

La famille quitte Paris et s'installe à Sèvres, où Henri, le frère jumeau d'Émile Meyer, décède en bas âge en 1860. L'enfance d'Émile se déroule au 76 Grande Rue, à Sèvres. En 1870 éclate la guerre franco-allemande, suivie de la Commune en 1871Pendant cette période troublée, l'adolescent voit son père Alfred Meyer se distinguer en organisant la préservation d'œuvres d'art menacées, en particulier celles de la Manufacture de Sèvres, et prend alors pleinement conscience de l'importance de la conservation des œuvres d'art.. En 1872, Émile et sa famille s'installent à Paris au pied de la butte Montmartre, au 44 rue de Dunkerque, puis dès 1874, au numéro 57 de cette même rueArchives de Paris - Fonds Coutot : Paris et sa région - Liste électorale (Paris, France) - 1891 , dans l’immeuble d’en face,

Dès ses premiers pas dans la peinture, le jeune Émile exprime un talent vite identifié. Encouragé par ses proches, il s'inscrit le 27 octobre 1874 à l'École Nationale des Beaux-ArtsArchives Nationales, Paris, Registres matricules des élèves des sections de peinture et de sculpture. Octobre 1871-Juillet 1894. AJ/52/236 (page 29). Il a alors 16 ans. Son professeur « garant », auprès de qui il a étudié jusque-là, est Isidore Pils. Dès lors, Émile approfondit sa formation auprès d'artistes réputés, Jules-Élie Delaunay, Pierre Puvis de Chavannes, Jean-Jacques Henner, Jean-Georges VibertCatalogue de la trente-troisième exposition municipale des beaux arts ouverte au musée de Rouen - 1er janvier 1893, et Émile LévyBase Salon 1673-1914 - Musée d'Orsay. En 1874, il se présente à un concours de peinture, à l'issue duquel il obtient une pension annuelle de 1 200 francs. Celle-ci, octroyée par la banque Fould, lui sera versée durant cinq ansLa Petite Presse - Journal quotidien - Rédacteur en Chef : Balathier Bragelonne - 13 décembre 1874, page 3. Il peint cette année-là une toile prometteuse intitulée Cupidon et son reflet.

En 1880, il expose pour la première fois au Salon des artistes français ses toiles L'amour et la folie, et Portrait de Me MLe Dictionnaire Véron, ou mémorial de l’art et des artistes de mon temps, par Théodore Véron, 1er janvier 1880, page 430, présente sa toile Le Portrait de Me M. comme : « Un portrait à la physionomie pâle et mélancolique, et tourné de trois quarts. ». Tout en continuant de résider chez ses parents, il est incorporé à Blois, au 31ème régiment d’infanterie de ligne. Lorsqu'en 1881 ses parents quittent Paris et viennent s'installer à Nogent-sur-Marne, l'atelier du 57 rue de Dunkerque reste dans la famille, car Émile et son jeune frère Georges y poursuivent leur activité de peintre. Émile peint alors en 1882 Chez MacquartLe Dictionnaire Véron du 1er janvier 1882, page 268, écrit à propos de son tableau Chez Macquart : « […] nous présente un intérieur d'atelier d'équarisseur où un homme armé d'un marteau se prépare à assommer un pauvre cheval blanc ayant les yeux bandés. Un autre cheval est déjà étendu mort, au premier plan, au milieu d'une mare de sang. Cette scène hideuse est cependant reproduite avec talent. », en 1884 M. le marquis de T.Le Dictionnaire Véron du 1er janvier 1884, page 254, dépeint son tableau M. le marquis de T. en ces termes : « […] fait, en ce moment de la haute école, sur son pur-sang bai, qui avance la jambe droite en cadence, et dont la gauche de derrière suit le même mouvement. Ce beau cavalier, en redingote noire et pantalon bleu avec liséré or ou bande militaire, porte la moustache et s'enlève jusqu'au buste, ainsi que l'intelligente tête de son cheval, sur un beau ciel aux nuages à flocons blonds et ensoleillés, et le reste du corps se détache sur la prairie et sur l'étang où reflète l'azur du ciel. Ce portrait équestre est plein de charme et de style. », et en 1885 La Grande ToiletteLe Dictionnaire Véron du 1er janvier 1885, page 336, présente sa toile La Grande Toilette de la façon suivante : « […] commence à ennuyer ce pauvre cheval, que trois palefreniers sont en train de laver à grande eau avec leurs éponges. On lui savonne les sabots, on le brosse au chien, et ce n'est pas tout, voici venir un autre seau d'eau pour rincer le pauvre animal qui hennit et voudrait mordre et couper la longe ou bride qui le retient. Anecdote d'écurie, bien présentée.», et Portrait de M. le comte P.Le Dictionnaire Véron du 1er janvier 1885, page 336, présente sa toile Portrait de M. le comte P. de la façon suivante : « […] fait de la haute école, avec son alezan de trois-quart et avançant sa belle jambe droite dans un rythme plein de style. Les traits de M. le comte P. nous échappent à cette hauteur ; mais en revanche, nous admirons ce tableau et groupe équestre s'enlevant en lumière assez vive et tendre sur le sous-bois délicat. Il y a du mérite en cette œuvre de talent. ».

En 1887, en visite chez ses parents, Émile pose son chevalet sur les bords de Marne et peint L'abreuvoir à Nogent-sur-MarneCatalogue de l'exposition de la société des amis des arts du département de la Somme - 1887, page 54. L'année suivante, il peint Portrait de « Stuart », vainqueur du Derby et du Grand Prix de Paris en 1888Extrait de La Jeune Garde du 9 juin 1889 : « Émile Meyer prend, dès maintenant, une place importante parmi les bons animaliers ; le Portrait de « Stuart », vainqueur du Derby et du Grand Prix en 1888 est une savante étude de cheval. ». En 1889, il collabore à l'ouvrage paru chez l'éditeur Savine, La Grande Janic, de Madame Paria Korigan. Sous ce pseudonyme se cache le nom de l'épouse de son professeur, le peintre Émile LévyLe Journal amusant du 14 décembre 1889 relate : « Un charmant volume, La Grande Janic, vient de paraître chez l'éditeur Savine. C'est une œuvre nouvelle de Madame Paria Korigan, qui cache sous ce pseudonyme le nom du célèbre peintre Émile Lévy, dont elle est la femme […]. La Grande Janic et La Famille Kérouadic complètent cette attachante série, qu'enrichissent de jolies illustrations d'Émile Levy et d'Émile Meyer. ».

Émile Meyer reçoit en 1891 du Salon des artistes français une Mention HonorableExplication des ouvrages de peinture et dessins, sculpture, architecture et gravure des artistes vivants - 1er janvier 1893 - Salon des artistes français. Vers 1895, il peint son tableau La Lettre, une œuvre mettant en scène un cardinal lisant une lettre sous l'œil amusé d'un confrère cardinal. Les paysages bretons inspirent Émile qui présente lors de l'Exposition de 1896, du 1er au 5 octobre, son tableau En BretagneExposition de 1896 du 1er au 5 octobre sous le patronage de M. le Maire de la Ville du Havre : explications des ouvrages de peinture, sculpture, dessins, gravures et faïences des artistes vivants exposés dans la galerie du musée - Société des amis des arts du Havre - Éditeur : impr. du journal Le Havre (1896), qu’il avait peint deux ans plus tôt. Dans le cadre de l'Exposition Universelle de 1900, il participe à l'exposition décennale des beaux-arts de 1889 à 1900, en présentant une aquarelle intitulée La Daumont de M. le Président de la RépubliqueLe Patriote des Pyrénées du 31 mars 1898 rapporte : « Je ne dirai rien de l'aquarelle de M. Émile Meyer : ce pauvre M. Félix a l'air de revenir de la séance de réception de M. Hanotaux ; ça lui a coupé les jambes comme on dit ; il en est cul-de-jatte, ma parole, posé sur la banquette, et Montjarret à cheval semble bien mécontent. Il y a de quoi. ».. Il reçoit à nouveau à cette occasion une Mention HonorableAnnuaire de la Curiosité et des Beaux-Arts : Paris, départements, étranger - 1er janvier 1912, page 367.

En 1905, il réside au 51 rue Caulaincourt à Montmartre, auprès de son frère Georges qui demeure au 61. Son cousin Emmanuel Samson, peintre-sculpteur animalier, rejoindra également ce quartier si prisé des grands noms de la peinture au lendemain de la Grande Guerre.