Bisan Owda (Arabe : بيسان عودة ), née en 1997, est une journaliste, activiste et cinéaste palestinienne. Elle est notamment connue pour sa présence sur les réseaux sociaux, où elle documente son quotidien dans la Bande de Gaza depuis l'invasion armée des troupes israéliennes à la suite du 7 octobre. En 2024, pour sa chronique It's Bisan from Gaza and I'm Still Alive, elle remporte un Peabody Award, un Edward R. Murrow Award et un News and Documentary Emmy Award.
Biographie Owda a grandi à Beit Hanoun et y a vécu jusqu'en 2023.
Sur l'une de ses vidéos, elle dit y avoir assisté, alors en visite chez ses grands-parents, à la destruction de leur plantation d'orangers par les forces israéliennes, alors qu'elle était âgée de 15 ans.
Carrière En tant que membre du Forum Agora pour l'innovation en matière de genre des jeunes d'ONU Femmes, elle travaille auprès des Nations unies sur l'égalité des sexes, en tant que membre du Forum Agora pour l’innovation en matière de genre des jeunes d’ONU Femmes. Auprès des Nations unies, elle s'associe également au Fonds des Nations unies pour la population (UNPA).
Owda travaille aussi avec l'Union européenne sur le changement climatique, et est ambassadrice de bonne volonté de l'UE.
Elle produit une émission pour Roya TV, intitulée Hawakatia, et qui explore l'histoire et la culture palestiniennes. Owda a aussi présenté des vidéos arabes palestiniennes à but éducatif sur la chaîne YouTube Easy Languages.
Pendant la crise israélo-palestinienne de 2021, Owda partage des vidéos sur son compte Instagram afin d'attirer l'attention du monde sur la réalité des conditions de vie à Gaza.
En 2024, elle est citée par le Financial Times parmi la liste des femmes les plus influentes au monde.
Guerre à Gaza (2023 - présent) Depuis l'exacerbation du conflit israélo-palestinien dans la Bande de Gaza à la suite de l'attaque du 7 octobre 2023, Owda a notamment attiré l'attention en documentant quasi quotidiennement la vie civile sous l'occupation par des vidéos et des streams sur les réseaux sociaux. La phrase « It's Bisan and I'm still alive » (« Je suis Bisan et je suis toujours en vie »), par laquelle elle ouvre la plupart de ses vidéos, devient un marqueur de la résilience des civils palestiniens.
Son travail a été relayé par la BBC News, Al Jazeera, ABC News et Le Monde. Dans ses vidéos, elle rapporte les attaques des Forces de Défenses Israéliennes (IDF), le manque de nourriture, d'abris, d'aide médicale, et d'autres ressources.
Au , Owda accumule plus de abonnés sur Instagram, et 665 000 une dizaine de jours plus tard. En , elle en comptabilise 4.1 millions.
Reportage et activisme Après que Tsahal a donné l'ordre aux résidents gazaouis d'évacuer le Nord de la Bande de Gaza en , Owda et ses parents décident de quitter le village de Beit Hanoun pour se réfugier à l'hôpital Al-Shifa. Leur maison de famille ainsi que son bureau à Rimal ont tous deux été bombardés, détruisant tout son matériel de tournage. À la suite de cela, Owda a dû s'en tenir à l'utilisation de son téléphone pour filmer ses vidéos. De l'hôpital d'Al-Shifa, Owda documente la propagation de maladies parmi les près de 50 000 personnes déplacées.
Le , le Jerusalem Post déclare qu'Owda serait membre de l'équipe de propagande du Hamas, affirmant que ses messages retiennent l'attention de « personnalités bien connues associées à l'antisémitisme et aux théories du complot, dont ». Ils citent également une publication Instagram publiée par Owda le , dans laquelle elle dit : en référence aux attaques du Hamas le même jour, et à ses informations selon lesquelles les forces israéliennes ont bombardé l'hôpital Al-Ahli et « qu'Israël tue des gens qui fuient vers le sud ».
Le , Owda est témoin des frappes aériennes contre l'ambulance de l'hôpital d'Al-Shifa. Elle document la « situation de plus en plus critique » sur ses réseaux sociaux et informe sur le manque d'eau et de nourriture, ainsi que sur la destruction des panneaux solaires et les bombardements. Elle est déplacée de l'hôpital d'Al-Shifa après le siège par le Tsahal en mi-novembre et dénonce le fait que certaines personnes blessées étaient condamnés à mourir à cause du manque de soins médicaux. Elle poste des vidéos de son voyage vers le Sud, afin d'atteindre Khan Younès. Elle y décrit les corps sans vie qui jonchent les bords de la route et interviewe d'autres réfugiés sur leurs situations.
En décembre, Owda poste « Je n'ai plus aucun espoir de survie comme j'avais pu en avoir au début de ce génocide ». Elle aborde également les cauchemars et les maladies dont elle souffre. Sa déclaration est citée dans plusieurs articles de presse qui touchent à la question de l'assassinat des journalistes dans la guerre de Gaza. Plus tard ce mois-ci, elle donne des nouvelles sur son compte et déclare avoir dû couper ses cheveux à cause du manque d'eau et des ressources nécessaires pour s'en occuper correctement. Elle signale également le manque de toilettes et de produits hygiéniques féminins dans le camp de réfugiés de Khan Younès.
Dans un post viral, Owda rejoint d'autres acteurs, et appelle à une grève globale le en soutien à un cessez-le-feu à Gaza. Elle demande à ses followers de « tout boycotter ». La grève a été observée dans plusieurs pays, notamment les Etats-Unis, le Liban et le Royaume-Uni. Les participants ont également manifesté, fermé des magasins et se sont abstenus de dépenser de l'argent.
En , Owda documente le Massacre de la farine. Elle déclare que les Palestiniens à Gaza ont subi une « famine forcée » et que le Tsahal les a tués alors même qu'ils se précipitaient vers les camions d'aide humanitaire.
En avril, Owda était l'une des 24 journalistes palestiniennes à signer une lettre appelant d'autres journalistes à boycotter le dîner des correspondants de la Maison Blanche, en protestation contre les tueries visant les journalistes palestiniens et le blocage de l'aide humanitaire pour Gaza par les forces israéliennes. Parmi les autres signataires, se trouvaient également Said Arikat, Mariam Barghouti et Mohammed El Kurd. Plus tard dans le mois, elle a acclamé les manifestations pro-palestiniennes qui ont pris place sur les campus de différentes universités, déclarant que celles-ci lui redonnaient espoir.
Références
Liens externes
Catégorie:Réalisatrice palestinienne Catégorie:Naissance en février 1997