vignette|Drôme, blason 1 : « Coupé ondé, en 1 d’or au dauphin d’azur crêté, barbé, loré, peau » vignette|Drôme, blason 2 : « écartelé, au premier d'or, au dauphin vif d'azur, crêté, oreillé et barbelé de gueules; au deuxième d'azur, à six besants d'argent, posés 3, 2 et 1, au chef d'or ; au troisième d'azur à trois bandes d'or ; au quatrième d'hermines, au chef d'or chaussé de gueules » Cet article détaille l'histoire du département de la Drôme.

Occupé dès le Paléolithique, puis au Néolithique, le territoire actuel de la Drôme entre dans la Protohistoire avec son peuplement ligure.

Les Celtes (Gaulois) s'installent définitivement au avant notre ère.

Les Romains dominent la région du avant notre ère au de notre ère.

Paléolithique vignette|250px|Les glaciations alpines Au Paléolithique, les groupes humains sont nomades, chasseurs, pêcheurs et cueilleurs. Ils sont peu nombreux et ont laissé peu de vestiges. Les principaux sites paléolithiques de la Drôme sont, du plus ancien au plus récent : Châteauneuf-sur-Isère (Acheuléen / Homo erectus), Chanos-Curson (Clactonien), Buis-les-Baronnies (Moustérien / Néandertaliens), Saint-Nazaire-en-Royans (Azilien-Magdalénien / Homo sapiens).

Le Paléolithique est marqué par des phases de refroidissement global, dont les effets sont marqués dans la région du fait de la proximité de l'arc alpin. Les dernières périodes glaciaires sont : Mindel vers -. Riss de - à . Würm de à (arrivée des Homo sapiens)

Dans leur plus grande extension, les glaciers des Alpes recouvrent le Vercors et les Baronnies au Mindel et au Riss. Pendant la glaciation de Riss, le glacier alpin s'arrête grossièrement à la limite orientale du département.

Paléolithique inférieur Deux sites datant du Paléolithique inférieur ont été reconnus entre Romans et Pont d'Isère : Chanos-Curson (fouilles à la fin du pour le Muséum de Lyon) : les ossements d'un éléphant ancêtre du mammouth accompagnés de plusieurs dizaines d'éclats de quartzites et de calcaire. Ces outils, sans doute destinés à tailler des épieux, sont caractéristiques de la technique clactonienne ; ils étaient obtenus par la percussion violente d'un bloc contre une enclume de pierre. Châteauneuf-sur-Isère (fouilles de 1970) : gisement de pierres taillées selon la technique acheuléenne ; nombreux « choppers » (galets tranchants) et quelques outils plus élaborés : « chopping-tools » (galet aménagé avec un tranchant sur deux faces) et bifaces. Des vestiges rattachés à la même culture ont été découverts à Orgnac en Ardèche.

L'âge de ces objets a été estimé en prenant en considération leur situation sur des terrasses alluviales (remontant aux glaciations quaternaires) qui, par l'usure provoquée par les vents, sont âgées de 200 à . Des chasseurs du Paléolithique inférieur ont donc fréquenté à plusieurs reprises les rives de l'Isère.

Paléolithique moyen Plus au sud, dans les Baronnies, dans l'agglomération même de Buis-les-Baronnies, sur des alluvions datées , ont été exhumés, avant la Première Guerre mondiale, de nombreux silex taillés selon la méthode Levallois (à partir d'un nucléus préalablement préparé). Ces objets (racloirs, burins, pointes allongées), mêlés à des ossements de cerf élaphe et de bœuf primitif, se rattachent à la culture moustérienne.

Plus récemment, dans la partie iséroise du massif du Vercors, la grotte de Prélétang (Presles) et le Val de Lans ont livré des vestiges de la même période.

Ces découvertes témoignent de la présence des Néandertaliens. Ils vivaient alors sous un climat interglaciaire peu différent du climat actuel. L'ours des cavernes était leur contemporain.

Paléolithique supérieur et Homo sapiens La région de Saint-Nazaire-en-Royans a livré des vestiges de groupes magdaléniens puis aziliens. Ils vivaient sous un climat de steppe froide, chassant le cheval, le renne, le bison. Ils organisaient des expéditions dans le massif du Vercors pour traquer le bouquetin et la marmotte dont ils appréciaient déjà la fourrure. Un matériel a été signalé dans les abris du nord du plateau du Vercors, à Bobache et à Saint-Agnan. Ces chasseurs nomades étaient probablement les représentants locaux de l'Homme de Cro-Magnon (Homo sapiens) : l'abri de Campalou (fouillé de 1969 à 1972 par J.-E. et J.-L. Brochier) a livré un abondant matériel magdalénien : foyers aménagés avec des galets calcaires, burins, lamelles, grattoirs, objets de parure (coquilles percées et canines d'animaux servant de pendeloques). L'intérêt du gisement réside avant tout dans la présence de galets portant des signes géométriques et dans la découverte de gravures sur os : une palmure de renne, une tête de bison, une frise de trois têtes de cervidés et un profil de cheval.. Les pollens indiquent une végétation de steppe froide. Les animaux présents sont le cheval, la marmotte, le renne, le loup ; la grotte de Thaïs (couche azilienne) a livré un énigmatique os coché (long de neuf centimètres) qui est peut-être un système primitif de notation ou un calendrier. Il a été étudié par le chercheur américain Alexander Marshack, spécialiste du décodage des os portant des encoches, des stries ou des perforations du Paléolithique européen. Les 17 encoches qui terminent la première ligne ont été gravées avec cinq outils différents. On l'interprète comme un calendrier lunaire portant sur une période de trois ans et on le date d'il y a environ ... Il est semblable aux bâtons-calendriers utilisés par les peuples autochtones d'Océanie.

Le site de l'aven des Iboussières sur la commune de Malataverne est un site sépulcral du Paléolithique final.

Deux sites de la fin du Paléolithique et du Mésolithique ont été découverts sur les bords de l'Isère, dans la grotte de Thais (ou du Taï), habitat d'hiver, et devant la roche de Campalou, campement d'été. Dans les couches profondes abondent grattoirs, burins, lamelles et perçoirs qui servaient à travailler le bois et l'os (afin de fabriquer des pointes de sagaie, des harpons, des aiguilles). Les couches supérieures voient disparaître presque complètement l'industrie sur os. L'outillage lithique comprend surtout de très nombreux grattoirs ou des pointes sur lames<.

Néolithique

Les principaux sites néolithiques sont (du Sud au Nord) : Mollans, Vercoiran, Saint-Paul-Trois-Châteaux, Clansaye, Châteauneuf-du-Rhône, Montélimar, Saint-Nazaire-le-Désert, Montmaur, Menglon, Francillon, Beauvallon, Vassieux, Peyrus, Bouvante, Mours, Saint-Uze.

Dans la Drôme, le Néolithique commence vers 5000 avant notre ère. Cette période se caractérise par de profondes transformations des modes de vie : l'élevage remplace la chasse, l'agriculture remplace la cueillette, l'homme se sédentarise et fabrique les premières poteries et les premiers tissus. La poussée démographique amène les premières guerres entre tribus. Cette révolution progressive serait due à l'influence de migrants venus des rivages de la Méditerranée, en trois étapes successives.

Le paysage se transforme : pour la culture et l’élevage, la forêt est défrichée à grande échelle, probablement par le feu. La déforestation (et les changements climatiques) accroissent l’érosion. Son utilisation aussi : le site de Menglon utilise plusieurs hectares ; les grottes autrefois utilisées comme abris sont reconverties en bergeries et signalent ainsi le début des transhumances..

Le Cardial Le Cardial est le nom donné à un groupe ethnique du milieu du millénaire, reconnaissable à ses poteries décorées par l'empreinte d'un coquillage (le Cardium) dans la pâte encore fraîche (La Motte Chalancon). Ces premiers défricheurs ont laissé des vestiges rares (pointes de silex en forme de feuilles, céramiques, meules) à Clansaye, Peyrus, et dans le Diois. Peu nombreux, ils sont éleveurs et agriculteurs. Ils pratiquent aussi la chasse et la pêche.

Les mangeurs d'escargots La consommation de gastéropodes fut régulière dans la Préhistoire, tant par les chasseurs-cueilleurs que par les éleveurs-agriculteurs. Entre 1994 et 1997, lors des chantiers de fouilles précédant la construction de la ligne TGV en moyenne vallée du Rhône, leurs coquilles furent découvertes en si grande quantité qu'elles ont permis de faire faire une avancée importante à la malacologieJacques-Léopold Brochier et Jean-François Berger, Archéologie sur toute la ligne. Les fouilles du TGV Méditerranée dans la moyenne vallée du Rhône, .. Sur le site du Serre 1, à Roynac, dans la vallée de la Valdaine, furent trouvées en quantité des coquilles d'escargot de Bourgogne. Leur consommation est attestée du Néolithique cardial (naissance de l'agriculture) au Bronze final (constitution de l'habitat groupé).

Les Chasséens Les Chasséens sont les premiers vrais agriculteurs et villageois de la Drôme. Arrivés vers 3500 avant notre ère, ils ont laissé de nombreuses traces (collines de Saint-Uze, grottes du Diois et de Francillon, site de plaine du Tricastin ou de Beauvallon).

Ils sont organisés en petites communautés, habitant des huttes (Menglon) ou des grottes (Montmaur). Ils font pousser l'orge et le blé (Saint-Nazaire-le-Désert). Ils récoltent avec des faucilles armées de dents de silex (Saint-Uze), broient les grains avec des meules de grès (Menglon). Des haches en pierre verte (neuf à la Bégude-de-Mazenc, une douzaine à Charens) et des lames de silex blond ont été retrouvées. Ils fabriquent une poterie fine, bien cuite, lustrée, à fond rond, avec des anses souvent percées pour y passer un cordage. Ils étaient aussi cordiers et probablement tisserands.

Dans le sud du département, à côté des trous de poteaux de leurs cabanes, se trouvent les fosses où ils entreposaient leurs céréales ou enterraient leurs morts : celles de Saint-Paul-Trois-Châteaux contenaient mêlés, des ossements d'enfants, d'adultes et de chiens.

Ils étaient aussi éleveurs. Les grottes de Solaure ont livré des os de moutons, de chèvres, de porcs. En plusieurs endroits, ces restes voisinent ceux de sangliers, de cerfs, aux côtés de pointes de flèches et de sagaies. La chasse reste une activité importante.

L’art au Néolithique Une dalle anthropomorphe du Néolithique a été mise au jour à Chabrillan, sur le site de la Prairie. Elle reposait à côté d'un foyer et d'une fosse contenant le squelette d'un chien. Taillée dans un calcaire gréseux, elle mesure de long, de large, d'épaisseur. On la date du Chasséen ancienSylvie Saintot dans ..

Elle évoque un personnage stylisé avec une face en relief, des yeux en retrait et un front proéminent. Sur les côtés de la dalle ont été incisés des bras parallèles et droits. Le torse est légèrement dégagé par rapport à la surface, ce qui suggère une poitrine féminineSylvie Saintot dans ..

Sa base étant taillée en pointe, on pense que cette dalle était prévue pour être plantée dans le sol. Ce type de figuration s'apparente à celles retrouvées en Languedoc et en Provence (Comtat Venaissin et Avignon). Rien ne permettant de lier cette représentation anthropomorphe à un rite funéraire, elle a pu soit identifier l'occupante de l'habitation, soit symboliser un personnage féminin de statut important.

À Die, cinq stèles menhirs couchées en cercle, et gravées de traits évoquant des silhouettes humaines, ont été mises au jour en 1992. Elles datent du Néolithique moyen (Ve au millénaire av. J.-C..

La jeune fille et le chien Un village chasséen fut fouillé en 1984-1985 à Saint-Paul-Trois-Châteaux (lieu-dit les Moulins) par les archéologues du CAP de Valence (fouille d'urgence sur l'emplacement d'un futur supermarché). Les fosses-dépotoirs ont livré un matériel abondant, surtout en céramiques. Cinq d'entre elles contenaient des restes humains : dans la , un enfant et trois adultes dont l'un tenait un grand vase à offrande et l'autre un morceau de crâne de bœuf. Dans la , une jeune fille et, à ses côtés, le squelette d'un chien probablement placé intentionnellement.

Des cabanes faites pour résister au mistral