vignette|Un checkpoint israélien à Hébron en 2015. Il y a plus de 600 points de fermeture (murs, barrières) qui séparent les différents territoires de la Cisjordanie occupée. vignette|Le mur de séparation israélien en Cisjordanie. vignette| Poste de contrôle à l'entrée du camp de réfugiés de Kalandia, août 2004. Les restrictions de déplacement imposées aux citoyens palestiniens dans les territoires sous occupation israélienne représentent un élément significatif du conflit israélo-palestinien. À la suite de la guerre des Six Jours de 1967, des parties des territoires palestiniens occupés ont été désignées unilatéralement par Israël comme des zones militaires à accès restreint.

En 1972, des ordres généraux de déplacement de population sont promulgués par Israël, permettant aux résidents des territoires palestiniens occupés de circuler librement entre la Cisjordanie, Israël et la bande de Gaza. Cependant, à la suite de la Première Intifada en 1991, les ordres généraux de déplacement sont révoqués par Israël, et l'exigence de délivrance de permis de déplacement personnels est instaurée. Une mesure de confinement global des territoires est mise en place pour la première fois en 1993, selon les rapports de B'Tselem. Cette mesure conduit à des fermetures complètes des zones.

Au cours de la seconde moitié des années 1990, marquée par la signature des accords d'Oslo et la division, par Israël, de la Cisjordanie et de la bande de Gaza en trois entités administratives distinctes, les contraintes relatives à la liberté de mouvement des Palestiniens demeurent essentiellement inchangées. Les périodes de blocage complet imposées à la suite du déclenchement de la Seconde intifada entraînent une quasi-paralysie des déplacements des Palestiniens, aussi bien à l'intérieur d'Israël qu'entre la Cisjordanie et la bande de Gaza, une situation qui perdure pendant plusieurs mois.

Ultérieurement, Israël consent à autoriser un nombre limité de déplacements de Palestiniens sur son territoire, principalement dans les situations liées à la réalisation de soins médicaux, de transactions commerciales et à d'autres besoins essentiels. De même, un quota restreint de travailleurs palestiniens se voit accorder le droit d'exercer leur emploi en Israël. Cette situation perdura jusqu'en 2010.

Il convient de souligner qu'Israël maintint ponctuellement des mesures de blocage intégral, annulant les permis de déplacement en réponse à des "actes de violence" perpétrés par des Palestiniens ou en conjonction avec les périodes de vacances israéliennes. Israël justifie ces restrictions en arguant de la nécessité de protéger la sécurité des citoyens israéliens résidant sur le territoire d'Israël ainsi que dans les colonies israéliennes.

Israël exerce un contrôle strict sur la liberté de mouvement des Palestiniens en Cisjordanie par le biais d'un réseau de points de contrôle, à la fois permanents, temporaires et aléatoires. De plus, la construction de la barrière de séparation israélienne, ainsi que l'interdiction d'accès aux routes pour les Palestiniens, constituent des mesures supplémentaires mises en œuvre pour réglementer et restreindre leurs déplacements.

Un rapport de la Banque mondiale de 2007 conclut que la Cisjordanie . Les barrières physiques non surveillées, utilisées pour entraver la circulation sur les routes et les sentiers, comprennent une variété d'éléments tels que des monticules de terre, des blocs de béton, des grosses pierres, des barricades, des fossés, ainsi que des portails métalliques. Il convient de noter que ces entraves physiques peuvent être sujettes à des modifications fréquentes, en fonction des circonstances politiques et sécuritaires prévalant dans la région. Contexte vignette|Point d'entrée du mur de séparation israélien entourant Bethléem, en Cisjordanie occupée, janvier 2012. La poursuite de l'occupation israélienne des territoires palestiniens, conjuguée à l'expansion des colonies israéliennes, y compris à Gaza jusqu'en 2005, a contribué à l'exacerbation des tensions entre les communautés palestinienne et israélienne. En particulier, au cours de la Seconde Intifada en 2000, qui s'est déclenchée en réaction aux attaques palestiniennes visant à la fois des militaires et des civils israéliens, Israël a renforcé ses contrôles aux frontières. Un système exhaustif de contraintes régissant la liberté de déplacement des Palestiniens en Cisjordanie a été élaboré. Ce système comprend des entraves d'ordre physique, telles que les points de contrôle, les barrages routiers et la barrière de séparation israélienne, en plus de restrictions d'ordre administratif, comprenant les routes interdites, les exigences de délivrance de permis, ainsi que des limitations liées à l'âge. Depuis la prise de la bande de Gaza par le Hamas en 2007, Israël a instauré un blocus intégral sur cette région. Ce blocus se traduit par des restrictions substantielles concernant les importations, les zones de pêche, ainsi que la libre circulation des biens et des individus entre la bande de Gaza et la Cisjordanie.

La limitation méthodique de la liberté de déplacement des Palestiniens est fréquemment désignée sous les appellations de ou de . La politique de blocage est instaurée à l'encontre de la population palestinienne en tant que mesure collective, exerçant un impact significatif sur les déplacements à l'intérieur de certaines zones des Territoires Palestiniens Occupés (TPO), entre la Cisjordanie et Gaza, entre les TPO et Israël, ainsi qu'entre les TPO et le reste du globe. Alors qu’Israël contrôle directement les frontières entre Israël et les TPO, il contrôle indirectement les frontières avec l’Égypte et la Jordanie via les dispositions de l’ et du traité de paix israélo-jordanien.

Histoire vignette|Le point de contrôle du camp de réfugiés de Kalandia, entre Jérusalem-Est et Ramallah, est connu comme un lieu fréquent de tensions entre les manifestants palestiniens et les forces de sécurité israéliennes À la suite des hostilités de la Guerre des Six Jours de 1967, l'armée israélienne a édicté l'Ordre militaire , déclarant les territoires palestiniens occupés de Cisjordanie et de la bande de Gaza comme des zones militaires soumises à des restrictions d'accès. En 1972, des décrets généraux autorisant la sortie ont été promulgués, offrant aux résidents de la Cisjordanie et de la bande de Gaza la liberté de quitter ces territoires et de circuler entre la bande de Gaza et la Cisjordanie. Les Palestiniens ont également obtenu le droit de se rendre en Israël, ainsi qu'à Jérusalem-Est, territoire annexé unilatéralement par Israël. Il était toutefois stipulé que les Palestiniens ne pouvaient être présents en Israël entre 1h00 et 5h00 du matin. En , une première restriction substantielle des ordres de sortie a été mise en œuvre, concomitamment aux premières manifestations de la Première Intifada. Israël a instauré un système de carte magnétique, restreignant l'accès à son territoire aux seuls individus munis d'une telle carte en provenance de la bande de Gaza. Les cartes magnétiques n'étaient pas octroyées aux individus libérés de détention, aux anciens détenus administratifs, ou à ceux ayant été détenus puis relâchés sans qu'aucune charge ne soit retenue à leur encontre.

En 1991, au cours de la guerre du Golfe, les ordres généraux de sortie furent révoqués, instaurant une nouvelle orientation politique qui imposait à chaque résident l'obtention d'un permis de sortie individuel pour pénétrer sur le territoire israélien. Initialement, la plupart des Palestiniens pouvaient accéder régulièrement à Israël, bénéficiant de nombreux permis d'une durée relativement étendue émis par les autorités israéliennes. Toutefois, progressivement, la politique israélienne relative aux permis se durcit. S'inscrivant dans le cadre de la politique de bouclage permanent, les résidents de la bande de Gaza se trouvèrent dans l'obligation d'obtenir un permis de sortie personnel afin de voyager vers Israël ou la Cisjordanie.

En , Israël instaura un bouclage généralisé de la bande de Gaza, renforcé par l'établissement de nouveaux points de contrôle. Cette politique de bouclage global découla du décès de neuf civils israéliens et de six membres des forces de sécurité, tragédie attribuée à des résidents palestiniens des territoires palestiniens. Israël avança que de telles mesures de restriction contribueraient à garantir la sécurité des citoyens israéliens tout en atténuant la violence politique palestinienne. Amal Jamal, professeur de sciences politiques à l'Université de Tel Aviv, postula que cette politique a été utilisée comme . vignette|Travailleurs palestiniens attendant au poste-frontière d'Erez de pouvoir retourner dans la bande de Gaza, 25 juillet 2005. En , l'avènement de la Seconde Intifada engendra la mise en place par Israël de bouclages et de restrictions importantes régissant les déplacements des Palestiniens. À partir d', Israël imposa un bouclage intégral de la bande de Gaza. En 2005, conformément au plan de désengagement de la bande de Gaza, les résidents israéliens des colonies de Gush Katif furent déplacés, marquant la cessation de toutes les restrictions israéliennes sur les déplacements internes. En 2007, à la suite de la prise de contrôle de la bande de Gaza par le Hamas, Israël et l'Égypte ont instauré un blocus majeur, entraînant la fermeture des frontières de la bande de Gaza. Israël intensifia davantage le blocus en réponse aux tirs de roquettes du Hamas en direction d'Israël. Cette mesure restreint la libre circulation des individus vers Israël et d'autres régions des territoires palestiniens. Selon B'Tselem, les restrictions actuelles imposées par Israël aux déplacements des Palestiniens, mises en œuvre depuis le début de la Seconde Intifada, sont les plus strictes mises en œuvre jusqu'à présent par Israël.

Restriction de mouvement en Cisjordanie vignette|Carte des restrictions d'accès en Cisjordanie occupée, 2018. L'organisation israélienne de défense des droits, B'Tselem, a qualifié d'illégaux et assimilé à une punition collective les points de contrôle et les barrages routiers physiques implantés en Cisjordanie. Selon B'Tselem, l'objectif initial de répondre aux "menaces spécifiques à la sécurité" s'est transformé en une facilitation sécurisée du déplacement des colons sur les routes réservées aux Palestiniens. De nombreuses restrictions transgressant le principe de proportionnalité, sont ainsi considérées comme illégales. Les barrages routiers fractionnent la Cisjordanie en six sections difficilement connectées. Ils compliquent l'accès des Palestiniens aux services médicaux, entravent leurs déplacements vers le lieu de travail, limitent le transport de biens, et rendent ardue la visite de leurs proches. Le ministère israélien de la Justice a affirmé que ces barrages avaient été érigés pour protéger les citoyens israéliens à la suite d'une série prolongée d'attentats-suicides et d'attaques perpétrés par des militants palestiniens. Selon le ministère, ces dispositifs ont prévenu des centaines d'incidents de cette nature.

Barrages routiers et monticules de terre gauche|vignette|Monticules de terre mis en place par l'armée israélienne pour punir le village de Kobar, au nord de Ramallah, juillet 2017. Les barrages routiers et les monticules de terre sont des installations conçues pour entraver la circulation, fréquemment employées afin de diriger le flux de circulation palestinien vers les points de contrôle israéliens. Les barrages routiers se composent généralement de blocs de béton d'environ un mètre cube, tandis que les monticules de terre consistent en des amas de débris, de terre et de roches. De manière alternative, des tranchées sont utilisées pour réguler le déplacement des véhicules, ou des barrières métalliques sont déployées pour restreindre l'accès.

Points de contrôle vignette|250x250px| Barrage routier à Beit Ummar, 2010