Lors des deux guerres mondiales du XXe siècle, des civils ressortissants de pays ennemis furent internésTous les belligérants de la 2e Guerre mondiale ont interné tout ou partie des ressortissants des puissances ennemies. au Congo belge et au Ruanda-UrundiDépendant administrativement du Congo belge. sur ordre des autorités coloniales.

1914-1918 thumb|Camp d'internement pour civils de Fort Napier WWI thumb|Vue générale du camp d'internement de civils allemands et italiens de Ngulé en 1944. Lors de la Première Guerre mondiale, le nombre de civils allemands dans la colonie était faible et ne justifiait pas l'ouverture d'un centre de détention. C'est pourquoi, en réponse à la demande du du Vice-gouverneur général du Katanga à l'Union Sud-africaine, 53 civils allemands d'Elisabethville (dont 5 femmes et 4 enfants) furent envoyés à Fort Napier près de Pietermaritzburg pour y être internés pendant la durée de la guerre aux frais de la colonie.

1940-1945 thumb|Vestiges du camp d'internement de Ngulé À la suite de l’invasion de la Belgique le par les troupes allemandes, de l’entrée en guerre du Congo belge le et de l’abandon du statut de non-belligérance par l’Italie le , le Gouverneur général Pierre Ryckmans prit une ordonnance pour l’internementJusqu'en août 1949, aucune convention internationale n'existait concernant l'internement de civils de nationalité ennemie. Cet internement dépendait de réglementations propres à chaque belligérant. des civils masculins allemands, autrichiens et italiens, de 17 à 60 ans, et la mise sous séquestre de leurs biens. thumb|Lettre envoyée le 30/3/1942 du camp d'internement d'Elisabethville

Localisation des camps thumb|Lettre envoyée le 28/10/1947 du camp d'internement de Ngulé.

Usumbura : à l’extérieur de la ville dans un ancien site minier ; une vingtaine d’internés, la plupart italiens traités avec beaucoup de tolérances (). Stanleyville : à l'extérieur de la ville dans des maisonnettes (). Coquilhatville : 5 internés dont 2 à l’hôpital (). Léopoldville : 2 camps différents (). Luebo : pour civils allemand et italiens. Luluabourg : 12 internés dans une grande maison (). Elisabethville : italiens sur une population totale de présents alors au Katanga ().

Ngulé : seul camp situé loin de toute agglomérationAu Katanga, entre Tshilongo et Kansenia près de la ligne de chemin de fer Tenke-Lubudi.. Le il fut inspecté par Monsieur Hirt, délégué du CICR, qui y dénombra une centaine d'internés civils allemands et italiens. Leur état de santé était satisfaisant et surveillé par un médecin italien et un médecin du Gouvernement. Ce camp était alimenté en eau par une source, et elle était filtrée avant d'être envoyée au réservoir principal. D'un barrage de la rivière Ngulé à 1 km en amont du camp, un canal amenait l'eau faisant tourner une centrale électrique pour l'éclairage du camp. Les hommes de confiance et d'autres internés ont spontanément reconnu que, par rapport au camp d'Elisabethville, les conditions de vie à Ngulé étaient beaucoup plus supportables.

Ces camps étaient gardés par des unités territoriales de la Force publique.

Durée de l’internement. Début , tous les ressortissants ennemis hommes encore présents dans la colonie furent arrêtésA l'exception de quelques rares missionnaires..

Si les Allemands ne furent pas libérés avant la fin de la guerre (et certain pas avant ), il en fut autrement pour les Italiens. Au vu de leur nombre et pour des raisons économiques, la majorité d’entre eux furent relâchés sous le régime de la libération conditionnelle après quelques semaines. Seuls les partisans connus du régime fasciste de Mussolini restèrent internés jusqu’à la fin du conflit.

Restriction des libertés. Tous les ressortissants ennemis non internés, y compris femmes et enfants, furent soumis à un couvre-feu de à du matin tous les jours de la semaineTémoignage de Mme L. R. adolescente italienne à Jadotville.. De plus il leur était interdit de quitter leur endroit de résidence sans autorisation préalableOrdonnance n°68/APAJ du ..

La mise sous séquestre de leurs biens impliqua que les Italiens vécurent plus difficilement. Beaucoup de ceux-ci étaient des indépendants et certains ne récupérèrent leur fonds de commerce ou leur entreprise qu’à la fin de la guerre. Entre-temps ils durent trouver du travail pour nourrir leur famille.

Rôle du CICR En le CICR avait sollicité l’ingénieur suisse Robert Maurice, travaillant à Kolwezi, pour devenir son délégué sur place. En ce dernier fit une tournée d’inspection des camps situés hors du Katanga. À partir de , c’est l’ingénieur suisse Jean Hirt qui prit la relève pour la visite des camps de Ngulé et d’Elisabethville. À cette époque la majorité des internés le sont au Katanga. Il intervenait aussi auprès des autorités belges pour l’amélioration des conditions d’internement, et pour les rapatriements pour raisons médicales.

Liens externes

https://hcn.org.uk/blog/enemy-aliens-the-british-interment-camps-on-the-isle-of-man/ https://ww2postalhistory.fr/Intern_Ita_fr.php?cat=camps&activ=04 https://ww2postalhistory.fr/Intern_All_fr.php?cat=camps&activ=04 https://news.flinders.edu.au/blog/2022/02/25/ww2-internment-camp-offers-glimpse-into-sas-past/ https://uwi.edu/museum/sites/default/files/7%20Decades%20Ago%20World%20War%202.pdf

Article connexe Camps d'internement japonais pour civils belges en Chine

Références et notes

Français Catégorie:Ancien lieu d'emprisonnement et de détention au Congo belge