Midaregami (みだれ髪, Cheveux emmêlés) est un recueil de tanka (短歌, “Poème court”), écrit par l'autrice japonaise Akiko Yosano durant l'Ere Meiji en 1901. Bien que plus tard célébrée pour ses représentations féministes de la liberté sexuelle d'une femme , son travail a été vivement critiqué au moment de sa publication pour avoir subverti les normes de genre contemporaines.
Influences et Symbolisme Midaregami est en premier lieu un journal intime, influencé par la rencontre de la poétesse avec Tekkan Yosano, son mari. Des 399 poèmes, 385 parlent de son amour pour Tekkan, dont l'infidélité initiale (Tekkan avait une conjointe issue d'un mariage de droit commun à cette époque) et la fugue amoureuse sont présentes au sein même des poèmes.
Bien qu'inspiré par la vie réelle, de nombreuses références à l'héritage artistique et littéraire du Japon sont aussi présentes. Midaregami dépeint souvent l'image de l'héroïne Ukifune, venant du classique Le Dit du Genji, Yosano l'ayant lu avidement dans sa jeunesse. Beaucoup des poèmes utilisent aussi les mêmes expressions que celles trouvées dans Le Dit du Genji, ainsi que l'imagerie des cheveux pour exprimer le destin d'un personnage et ses émotions intérieurs.
kurogami no sensuji no kami no midare kami katsu omoi midare omoi midareru milliers de mèches de cheveux noirs, cheveux emmêlés et sentiments emmêlés
Les longs cheveux noirs apparaissent dans la littérature classique comme symbole de noblesse, de grâce, et de sexualité féminine. A un moment donné, l'autrice utilise l'image d'un agneau comme métaphore illustrant la jeune femme qui perd son chemin. tout au long du recueil, de nombreux mots ont des connotations religieuses dans le Bouddhisme, et les Sutras sont directement mentionnés dans un poème.
La couverture du recueil est illustrée par le peintre Fujishima Takeji.
Impact culturel Midaregami confronte la pensée féodale qui voit les femmes comme responsables de la production d'enfants et de l'organisation de la vie domestique familiale. Durant le début du siècle, la condition actuelle des femmes au Japon est décrit par la phrase "Onna sankai ni ie nashi" (Les femmes n'ont pas de domicile dans le passé, présent ou futur), ce qui signifiait que les actions des femmes dans leurs rôles attendus en tant que fille, femme au foyer, ou mère étaient contrôlés par la trinité patriarcale du père, de l'époux et du fils. Les poèmes de Yosano transformaient la mention symbolique du corps féminin de la maternité et l'allaitement en expression de la beauté naturelle, surtout pour les jeunes femmes.
Midaregami renversait également les normes contemporaines de la modestie féminine et du tabou de la sexualité. Le sujet de ses poèmes expriment ouvertement et librement son désir sexuel pour son amant.
yawa hada no atsuki chishio ni fure mo mi de sabishikarazuya michi o toku kimi Tu n'as pas touché une seule fois ma douce chair, mon sang chaud qui coule. Ne te sens-tu pas solitaire, toi-toujours prêchant ton chemin ?
À cause de ces admissions explicites et l'écart des normes culturelles, les critiques de ce temps décriaient Yosano et son travail. Cependant, le recueil servit d'inspiration pour les femmes durant le début du siècle, à une époque où les féministes japonaises commençaient à faire connaître leurs positions.
Références
Structure Cheveux emmêlés se compose de 399 tankas répartis en six recueils :
« Pourpre rougeâtre » (臙脂紫, えんじむらさき, enji murasaki) 98 poèmes « Le bateau fleur de lotus » (蓮の花船, はすのはなふね, hasu no hana fune) 76 poèmes « Lys blanc » (白百合, しらゆり, shirayuri) 36 poèmes « Femme de vingt ans » (はたち妻, はたちつま, hatachi tsuma) 87 poèmes « La danseuse » (舞姫, まいひめ, maihime) 22 poèmes « Pensées printanières » (春思, しゅんし, shunshi) 80 poèmes Liens externes
Catégorie:Poésie de langue japonaise Catégorie:Livre paru en 1901 Catégorie:Recueil de poèmes paru au XXe siècle