Le camp de réfugiés de Jénine (en ), également connu sous le nom de camp de Jénine (), est un des camps de réfugiés palestiniens situé dans la ville de Jénine, dans le nord de la Cisjordanie. Il est créé en 1953 pour accueillir les Palestiniens qui ont fui ou ont été expulsés de chez eux par les forces israéliennes pendant et après la guerre de Palestine de 1948. Il est vidé de ses habitants en 2025 lors des opérations d'expulsion par Israël des Palestiniens en Cisjordanie.
Historique Il est situé sur une zone pris par les Israéliens à la Jordanie en 1967, et son statut est disputé entre Israéliens et Palestiniens, jusqu'à ce qu'il passe sous le contrôle de l'Autorité palestinienne en 1995,
Le camp s'est urbanisé au début des années 1970, avec la création d'habitations en dur dont des immeubles en béton.
Le camp a été le théâtre de plusieurs incidents liés au conflit israélo-palestinien, notamment la entre Israël et les militants palestiniens, puis l'assassinat en 2022 de la journaliste d'Al Jazeera Shireen Abu Akleh, et reste le lieu de fréquents affrontements entre les forces israéliennes et les Palestiniens.Le camp a jusqu'en 2025 une forte densité de population, estimée à /km² par l'UNRWA. Les réfugiés du camp sont confrontés à des conditions de vie difficiles, dues en partie aux restrictions imposées par Israël. Le camp a un taux de chômage élevé par rapport au reste de la Cisjordanie, et de nombreux réfugiés vivent dans des abris insalubres, avec des réseaux d'égouts médiocres et des pénuries fréquentes d'eau et d'électricité.
Le camp est devenu un bastion de la résistance palestinienne, et est connu comme pour les Palestiniens et par Israël. Il accueille environ 420 combattants armés selon les Forces de défense israéliennes (FDI), un mélange hétéroclite regroupant, sous le nom de Brigades de Jénine, des militants palestiniens issus de différents mouvement, dont le Hamas et les brigades Al-Qods du Jihad islamique palestinien. Pour un journaliste de Haaretz, cette brigade n'a pas d'existence réelle, il ne s'agirait que d'une poignée de délinquants payés pour tirer sur l'armée israélienne.
Selon les estimations de l'UNRWA, le camp, qui compte 20 000 réfugiés enregistrés, n'en accueille plus que 13 000 au tout début de 2025.
Attaques de 2024 et expulsion de 2025
gauche|vignette|Vue d'une rue de Jénine le 5 juillet 2023, après destruction par des chars israéliens de la voirie, des canalisations d'eau, des égouts et dommages causés aux habitations. En août et , le camp fait l'objet de plusieurs raids par l'armée israélienne, causant la mort de 19 personnes et la destruction de 80 % des canalisations d'eau. En , après le vol de deux véhicules à l'Autorité palestinienne que des jeunes refusent de lui rendre, celle-ci encercle le camp et lance une opération pour arrêter « plusieurs individus recherchés » et restaurer « l’ordre » dans ce camp.
Le , deux jours après le cessez-le-feu de Gaza, l'armée israélienne fait une nouvelle incursion dans le camp, en mobilisant drones, hélicoptères et bulldozers blindés, commençant par détruire quelques maisons et faisant au moins 10 morts et 40 blessés. Le lendemain, selon le témoignage de l'un des habitants, après le largage de grenades explosives, des drones les somme par haut-parleurs de quitter les lieux dans les cinq minutes.
L'agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens avertit le que le camp de réfugiés de Jénine « se dirige vers une catastrophe », une grande partie du camp ayant été « complètement détruite par une série d'explosions provoquées par les forces israéliennes ».
Le , Israël annonce que le camp est complètement vidé de ses habitants, et qu'ils n'ont pas l'autorisation d'y revenir.
Pour ceux des réfugiés qui plaçaient un espoir dans le droit au retour prévu par la Résolution 194 de l'Assemblée générale des Nations unies, il s'agit d'un moyen de diluer les familles réfugiés de 1948 pour empêcher cette option. Pour l'armée israélienne, le but est de « combattre le terrorisme ». Pour Al Jazeera, l'opération, présentée comme sécuritaire, serait un gage donné par le premier ministre israélien Benyamin Netanyahou à l'extrême droite, irritée par le cessez-le-feu de Gaza. Pour Wasel Abu Yousef, membre du comité exécutif de l'Organisation de libération de la Palestine, il s'agit d'une punition collective des Palestiniens après l'attaque d'Israël par le Hamas du 7 octobre 2023.
Notes et références
Voir aussi
Articles connexes Opération de l'Autorité palestinienne à Jénine en 2024-2025
Liens externes
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