Paule Chaumat, épouse Reynaud, née le à Pau (Pyrénées-Atlantiques) et morte le dans le , est une résistante française de la Seconde Guerre mondiale.

Biographie

Enfance Paule Juliette Sébastienne Marie Chaumat naît le à Pau (Pyrénées-Atlantiques).

Elle est la fille d'Alexandre Chaumat (1874-1925), médecin, et de Jeanne Mabit (1887-1967).

Résistance

Paule Chaumat entre dans la Résistance peu après l'arrestation en de son fiancé, Georges Iagello, résistant appartenant à l’Armée des Volontaires.

À partir de elle prend part à l'Œuvre Sainte-Foy (service social de la Résistance), fondée par Marie-Hélène Lefaucheux et Yvonne Baratte. L'association fournit des colis aux prisonniers civils de l'occupant allemand, c'est-à-dire les résistants français. Cette œuvre de charité chrétienne va jusqu'à livrer plus de 1 000 colis anonymes par mois aux prisons franciliennes des Allemands (Fresnes, la Santé, Romainville) en 1944. Ces actions officielles cachent un système de communication clandestin entre les détenus des prisons parisiennes et l'extérieur. Cette organisation sert aussi de couverture au service social de l’OCM créé par Marie-Hélène Lefaucheux. L’aide sociale clandestine consiste à soutenir moralement et surtout financièrement les familles des déportés, des prisonniers et des fusillés de la Résistance. Ce service est financé par les Forces françaises libres. En liaison avec le service social des MUR (Mouvements Unis de la Résistance) de la zone Sud, il donnera naissance plus tard au COSOR (Comité des œuvres Sociales de la Résistance).

À partir de l'été 1942, Paule Chaumat se consacre entièrement à cette aide sociale clandestineService historique de la Défense, dossier individuel de Paule Chaumat GR16P124073.

Affiliée au mouvement Organisation Civile et Militaire (OCM) depuis 1943, Paule Chaumat devient en outre l’agent de liaison de Marie-Hélène Lefaucheux. Par ailleurs, elle sert d’intermédiaire pour la fourniture de faux papiers.

A la fin de 1943, dans le cadre de l’OCM puis du COSOR, elle est affectée aux liaisons avec le Nord et le Pas-de-Calais pour aider les familles de prisonniers résistants, de fusillés et de résistants en fuite. Pour cela, elle est en relation avec les résistants de l’OCM sur place, de Voix du Nord et de Libération-Nord.

Elle va notamment rencontrer les familles des victimes du massacre d'Ascq, à savoir 86 civils fusillés le par les Waffen-SS en représailles du déraillement d'un train près du village.

Elle accepte d'être responsable des liaisons des FFI pour le en vue de la libération de Paris mais l'arrestation de l'état-major FFI le (Pierre Lefaucheux) la prive de ce rôleMémoire de proposition à la Médaille de la Résistance pour Paule Chaumat rédigé par Marie-Hélène Lefaucheux.

En (probablement à la fin du mois), elle participe à une réunion à Lille avec des résistants du nord de la France pour leur distribuer des fonds du service social clandestin. On lui demande où elle peut être jointe par la suite. Elle donne l’adresse de la boîte aux lettres du service social clandestin de la Résistance : « Organisation de secours aux prisonniers », domiciliée chez Yvonne Baratte. A cette réunion assiste un agent double infiltré dans Voix du NordIl s’agit de Charles Fauvel (d), alias "Roy", Français de 48 ans en 1944, marié et père de 5 enfants, agent double de l’occupant allemand infiltré dans la Résistance. Il fait partie de la Gestapo de la rue de la Pompe à compter de juin 1944 jusqu'à son exécution par sa propre bande de la Gestapo le 21 juillet 1944. Il est responsable de nombreuses arrestations de résistants, principalement dans le Nord et à Paris.. Paule Chaumat devient recherchée par la Gestapo.

Le en début de soirée, la Gestapo de la rue de la Pompe de Friedrich Berger arrête Yvonne Baratte à son domicile parisien, retrouvé grâce à l'adresse de la boîte aux lettresPréfecture de Police - cote J B 15 - Rapport de synthèse sur l’affaire de la rue de la Pompe daté du 18 janvier 1945, p. 605. Yvonne parvient à prévenir Paule de son arrestation, ce qui lui permet ainsi qu'à sa mère de fuir et d'échapper à leur propre arrestation. Malgré les tortures, Yvonne protège Paule, ses autres camarades et l'ensemble de son réseauPréfecture de Police - cote J B 15 - PV d'interrogatoire de la Gestapo du 12 juillet 1944. Le lendemain, la Gestapo investit le domicile de la famille Chaumat (situé dans le ) et met en place une souricière, qui se révèle infructueuse.

Pendant près d'un mois et demi, Paule Chaumat se cache dans une maison inoccupée à Auteuil avec deux amies également recherchées, Marie-Hélène Lefaucheux et Marie-Louise Messéan, jusqu'à la libération de Paris, tout en poursuivant son travail d'agent de liaison dans Paris.

Depuis l’arrestation de son fiancé Georges Iagello, Paule Chaumat, parallèlement à son activité de résistante, fait de très nombreuses démarches auprès des autorités allemandes et celles de Vichy pour retrouver sa trace et si possible le faire libérer. Mais aucune de ses démarches ne lui permettra d’avoir la moindre information. Georges Iagello a été déporté en Allemagne en avec le statut Nacht und Nebel et exécuté à Cologne le .

Après-guerre Après la Libération, elle reste au COSOR puis est chargée de missions en Allemagne à la recherche de disparus. Elle retrouve à Cologne la trace de Georges Iagello et parvient à faire rapatrier son corps en 1945Archives nationales - cote F/9/3846 - Dossier 1947 janvier-juillet Düsseldorf.

Elle reprend ensuite ses études puis travaille à l'Organisation internationale pour les réfugiés (IRO) de 1948 à 1952 et devient gérante du Laboratoire du Cobalt jusqu'en 1955.

Elle décède le dans le , à l'âge de 92 ans.

Vie de famille Paule Chaumat est d'abord fiancée à Georges Iagello (1915-1943), médecin interne des Hôpitaux de Paris, résistant (réseau Armée des Volontaires), arrêté quelques jours avant leur mariage. Il meurt exécuté en déportation.

Elle épouse Georges Reynaud en . Le couple a plusieurs enfants.

Décorations

50px Croix de guerre 1939-1945 avec étoile de bronze (), accompagnée de la citation suivante à l'ordre de la brigade : ; (décret du ) ; Archives départementales de Paris - cote 2136 W 199 et 200.

Notes et références

Notes

Références

Voir aussi Bibliographie : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

. . . .

Fonds d'archives Service historique de la Défense : dossier d'homologation de services - Paule Chaumat - cote GR16P124073 ; Archives nationales : cotes 72AJ/1946 et AJ/16/8841 ; Archives de Paris : cotes 2136W199 et 2136W200 ; Archives de la Préfecture de police : cote J B 15.

Articles connexes Résistance intérieure française Femmes dans la Résistance intérieure française Organisation civile et militaire

Liens externes

Catégorie:Résistante française Catégorie:Membre de l'Organisation civile et militaire Catégorie:Résistance en Île-de-France Catégorie:Personnalité liée au secteur de l'aide humanitaire Catégorie:Titulaire de la croix de guerre 1939-1945 Catégorie:Titulaire de la médaille de la Résistance française Catégorie:Titulaire de la croix du combattant volontaire de la Résistance Catégorie:Naissance en juillet 1920 Catégorie:Naissance à Pau dans les années 1920 Catégorie:Décès en juin 2013 Catégorie:Décès à 92 ans Catégorie:Décès dans le 13e arrondissement de Paris