Le Poëme de la captivité de Saint-Malc est un poème de Jean de La Fontaine, paru en 1673. Publié chez Claude Barbin, le poème est dédié au Cardinal de Bouillon, grand aumônier de France. Il est rédigé en alexandrins à rimes suivies (AABB).
L'histoire qu'il relate est tirée des Vies des saints-Pères des déserts, dans la traduction publiée par Arnauld D'Andilly en 1647. Malc est l'abréviation de Malchus, ce dernier aurait raconté son histoire directement à Saint Jérôme.
Résumé Le poème raconte l'histoire d'un ermite. Rappelé par un héritage, il doit quitter son ermitage et revenir chez lui. Il a hésité à prendre cette décision, craignant l'avarice, mais il s'est arrêté sur l'idée d'utiliser cet argent selon sa morale catholique. Pendant son trajet, il se fait capturer et est marié de force à une jeune fille, elle aussi captive. Tous deux sont dévoués à dieu, ils ne consommeront jamais leur mariage. Un jour, le faux couple s'enfuit. Poursuivis par leurs persécuteurs, ils se cachent dans une grotte. La grotte est habitée par une lionne et son lionceau. Celui qui les poursuivait est dévoré, Malc et la jeune fils sont libres. Ils retournent tous deux à une vie de solitude et de piété.
Un texte pieux par un auteur de Salons La Fontaine publie des Fables dès 1668, il est un auteur apprécié des Salons. Dans ces lieux de rencontre mondains, c'est l'esthétique galante qui prévaut : "Délicatesse, douceur, grâce, agrément, naturel, « naïveté », négligence, simplicité, pureté, etc. devront caractériser l’ensemble des discours". A priori, cette manière de composer est éloignée de celle des textes spirituels. La captivité de Saint-Malc est donc un texte "étrange" et "inattendu".
Michel Butor considère que La Fontaine entre dans la peau d'un bon chrétien comme il entrait dans la peau d'un lion dans les Fables. Il imite le genre de la mystique religieuse, comme il put imiter d'autres genres auparavant (fables, contes) . Génetiot écrit que le poète concilie l'esthétique des Salons et l'esthétique de la mystique catholique : "Saint-Malc poursuit la veine galante de la pastorale", "une pastorale convertie où le berger et la bergère ne s'adonnent pas à l'amour profane mais à l'amour sacré". La captivité de Saint Malc apparaît dès lors comme un texte rédigé avant tout pour des raisons esthétiques, plutôt que spirituelles.
Citations Le désespoir de Malc, regrettant d'avoir quitté son ermitage :
Malc, soumis à la tentation de l'amour :
Notes et références
Catégorie:Littérature française du XVIIe siècle