Guillaume Cerise, (le baron Cerise), né le <ref> Certaines notices biographiques le font naître en 1849, date erronée, comme le prouve la lecture de son acte de naissance reproduit dans son dossier de légion d’honneur (LH/461/80), qui mentionne bien 1847.</http://www2.culture.gouv.fr/LH/LH036/PG/FRDAFAN83_OL0461080v001.htm.</ref> à Paris et mort le dans cette même ville, est un archiviste-paléographe, inspecteur des finances, économiste et un chef d'entreprise. Disciple de Charles Robert, il défendit l’industrie des assurances contre l'étatisme et cofonda en 1910 l’Union des intérêts économiques dont il fut vice-président. Il s’intéressa aussi à la sociologie, la prévoyance, l’épargne et surtout à la participation aux bénéfices qu’il entendait placer sous un régime de liberté.
Biographie Famille Son père est le docteur Laurent Cerise et son grand-oncle le général baron Guillaume-Michel CeriseLamathière, Panthéon de la Légion d'honneur.. Sa mère, Pauline Aubert (1818-1901) est la soeur de l'archéologue Édouard Aubert et la belle-sœur de l’archéologue et numismate Anatole de Barthélemy ainsi que de l’historien Édouard de Barthélemy.
Études Il fait ses études au lycée impérial Bonaparte, actuel lycée Condorcet, et devient bachelier ès lettres en , puis bachelier ès sciences en . Il fait une licence en droit qu’il obtient après avoir soutenu une thèse intitulée De la majorité, de l’interdiction et du conseil judiciaire. Des personnes placées dans une maison d’aliénés. Parallèlement, il entre à l’École nationale des chartes et en ressort en janvier 1869, dans la même promotion que Léopold Pannier, Antoine Héron de Villefosse (père de René Héron de Villefosse) ou Camille PelletanRené Poupardin, Guillaume Cerise.. Il obtient le diplôme d’archiviste-paléographe après avoir soutenu une thèse sur les Charges du clergé au Moyen-Age. Il n’oubliera pas le milieu cultivé et érudit dont il est issu et sera membre toute sa vie de la Société de l’École des chartes ainsi que membre de la Société de l’Histoire de Paris et de l’Île-de-FranceCurinier, Dictionnaire national des contemporains.. Sous-directeur de l’Union, il fera publier en 1885, Études sur l’ancienne France, la lutte contre l’incendie avant 1789.
Au ministère des finances Il est un temps avocat stagiaire, mais ses goûts le portant vers les études financières, il est admis au ministère des finances au concours de 1868 et devient attaché à la direction générale de la comptabilité publiqueDossier de Légion d'honneur.. Lors de la déclaration de guerre de 1870, il obtient d’être affecté au service des payeurs aux armées à l’armée du Rhin et participera à la campagne et au siège de Metz. Il s’évadera de Metz au moment de la capitulation de Bazaine. Affecté à l’armée de Bourbaki, il sauvera le trésor lors de la retraite de cette armée et de l’internement de celle-ci en SuisseAlbert Trombert, Charles Robert, sa vie son œuvre, tome page 233.. La paix conclue, il est admis troisième au concours de l’Inspection des finances et est nommé adjoint en avril 1872. Il en gravira les échelons jusqu’au grade d’inspecteur de 2ème classe. Au titre de ses nombreuses missions, il aura notamment à vérifier les comptes de l’administration de l’Assistance publique, du lycée Henri IV et ceux des compagnies de chemin de fer ; il émet à ce sujet une série de rapports qu’il soutient au Conseil d'État à la commission des chemins de fer de cette haute assemblée. Après le décès prématuré de son épouse, il demande sa mise en disponibilité qu’il obtient par lettre ministérielle du .
Les assurances (L’Union) et l’épargne vignette|Charles Robert administrateur. Il entre alors comme sous-directeur à la compagnie d’assurances L’Union-Incendie, fondée en 1828L'Union incendie, un siècle d'assurances. Elle est autorisée par ordonnance royale du 5 octobre 1828.. Il est appelé à ce poste par Charles Mallet, administrateur depuis 1841, puis président de 1895 à 1902, du conseil d’administration. Il devient le collaborateur du directeur général Charles Robert. Ce dernier va porter l’Union à la tête des compagnies d’assurances et le baron est son disciple et l’assiste durant dix-huit ansL'Union incendie, pages 69 et 70 .. Devenu directeur général de l’Union en 1899 au décès de Charles Robert, il en développe l’expansion à l’étranger. Il crée en 1909 l’Union-Vol et étend après 1914 ses activités à l’accident ainsi qu’à toutes les autres branches qui s’y rattachent. Il restera directeur à l’Union jusqu’à son décès en 1919L'union incendie, pages 70 et 71.. Il devient en 1908 président de l’Union syndicale des compagnies d’assurances à primes fixes de toute nature.
Parallèlement à cela, il devient administrateur de la Caisse d’épargne de Paris en 1881 et attaché à son Comité de direction en avril 1882, fonctions qu’il exerce gracieusementDossier de Légion d'honneur .. Il sera successivement censeur, membre du Conseil directeurs, vice-président de cette caisse d’épargne. Il deviendra aussi Président de la Commission supérieure des caisses d’épargne de France et président à vie de la Conférence générale des caisses d’épargne. En son temps, seules l’épargne et la prévoyance individuelle permettent à une grande partie de la population de se prémunir contre les risques de la maladie ou de s’assurer une retraite. Il attache alors une grande importance à ces questions et est toujours préoccupé d’améliorer la législation susceptible de favoriser cette prévoyance individuelleRoman d'Amat, Dictionnaire de biographie française.. Il remplit à l’étranger, dans le domaine économique, des missions importantes et les conduit avec succèsLe Journal des débats du mercredi 12 mars 1919.. Il est président des comités d’admission ou des jurys aux expositions universelles. thumb|left|Le baron Cerise par J. Delpech.
L’Union des intérêts économiques En novembre 1909, Georges Cochery, député du Loiret de 1885 à 1914, ministre des finances du premier cabinet d’Aristide Briand, prononce à la tribune de la chambre des députés un discours dans lequel il annonce son projet de surtaxe sur les eaux-de-vie, les tabacs, les droits de succession, les compagnies d’assurance et agite le thème du monopole étatisé des entreprises du secteur de la distribution des boissons alcoolisées et des compagnies d’assuranceClaude Paillat, Dossiers secrets de la France contemporaine,tome , page 92.. Devant la menace d’une nationalisation, et alors que doivent avoir lieu des élections législatives les 24 avril et 8 mai 1910, ces entreprises se rapprochent à l’initiative de Guillaume Cerise. Cela va donner lieu à ce que Claude Paillat appelle « la contre-attaque du baron Cerise » qui aboutira, en liaison avec Paul Forsans, à la création de l'Union des intéréts économiques pour la liberté du commerce et de l’industrie, la défense de l’initiative privée et contre l’expansion des monopoles de l’État (Union des intérêts économiques), association loi de 1901, déclarée le , dont Paul Forsans est le président, et le baron vice-président avec Arthur Millon. Des fonds sont réunis et un journal, Le Réveil économique est lancé. L’action de l’Union des intérêts économiques, et de ses comités régionaux, s’exerce par voie d’affiches, de tracts, d’images, de brochures et de conférences. 366 députés vont alors se prononcer contre toute espèce de monopoles et le baron, lors d’un discours du .au conseil général de l’UIE :
Il évoque aussi « ces lointaines colonies où les méfaits des monopoles ont cependant soulevé tant de haines ». Le baron, devant accompagner le Commissaire général français à l'Exposition universelle de 1911 à Turin, ne peut être présent au conseil général annuel de l’UIE cette année-là mais fait lire un discours. A l’assemblée du , il prononce un discours. où il passe notamment en revue les inconvénients des monopoles d’Etat dans divers domaines comme le téléphone, le chemin de fer de l’Ouest-État, les poudres (ce qui semble avoir eu un rôle néfaste dans la catastrophe du cuirassé Liberté) ou les postes. Il restera vice-président de l’Union des intérêts économiques jusqu’à son décès.
La participation aux bénéfices La participation des salariés aux résultats de l’entreprise, actuellement applicable dans certaines entreprises selon l’importance du personnel (50 salariés depuis 1990), introduite facultativement dans la législation en 1959 puis rendue obligatoire en 1967, est une idée majeure du gaullisme, non exempte de catholicisme social. Mais dès le XIXe siècle, des patrons, tels Edme Jean LeclaireArticle Wikipédia sur Edme Jean Leclaire, Charles Robert, Biographie d'un homme utile : Leclaire, peintre en bâtiments, 1905.en 1842, conscients de la nécessité d’une association capital-travail permettant d’éviter ou de limiter la lutte des classes et de permettre une meilleure répartition du revenu national, adoptent ce mode de complément à la rémunération. C’est ainsi que la participation est introduite à l’Union dès 1838.
Le baron a la fibre sociale qu’il tient de son père, le docteur Laurent Cerise, fondateur avec Jacques Alexandre Bixio de la société de bienfaisance italienneDossier de légion d'honneur.. Partisan comme Charles Robert de la nécessité de la paix socialeArticle de Paul Delombre , Le Temps du 12 mars 1919., indispensable après la Commune de Paris et sa répression, la participation aux bénéfices lui parait être un bon moyen d’y parvenir. Il entend toutefois, comme Charles Robert, la placer sous le régime de la liberté et non de la contrainte étatique refusant l’intervention de l’État. C’est ainsi que lors de l’assemblée générale du de la Société pour l'étude pratique de la participation aux bénéfices, le baron déclare : .
Sort de la compagnie d’assurance l’Union thumb|left|Médaille commémorative du centenaire de l'union en 1928.Comme 33 autres compagnies d’assurance représentant la moitié du secteur, l’Union fut nationalisée le . Elle fut fusionnée en 1968 avec l’Urbaine et la Séquannaise ce qui donna naissance à l’Union des assurances de Paris qui avait en 1996 110 000 employés. L’UAP fut privatisée en 1994, opération qui rapporta 19 milliards de francs à l’État. C’est aujourd’hui le groupe AXA.
Divers Vie personnelle Vers 1891, il partage son temps libre entre son appartement du 105 boulevard Haussmann à Paris et une propriété d’agrément qu’il a acquise à Ville-d'Avray, lieu de villégiature favori de la bourgeoisie d’affaires parisienneJean Brunet-Moret, Ville d'Avray et son histoire, 1979.. Il s’agit d’un pavillon d’époque Restauration, bâti par Jacques Ambroise Legeay, dit Léger, un tailleur fameux enrichi sous le Premier Empire, et qui passait pour avoir confectionné la redingote grise de Le Gaulois du 9 août 1891. "Le baron Cerise (...) a acheté sa villa au petit-fils de Léger, le tailleur de Napoléon, celui qui confectionna la fameuse redingote grise".. Il épousa en premières noces le Félicie Henriette Félix-Faure, décédée jeune à l’âge de 26 ans le , qui n’avait qu’un rapport d’homonymie avec Félix Faure, le « Président soleil ». Son père était Joseph Antoine Félix-Faure (1822-1914), conseiller d’État, fils lui-même de Félix Faure (1780-1859), pair de France et ami de StendhalJacques Félix-Faure, Un compagnon de Stendhal : Félix Faure, pair de France,1978.. Sa mère était Henriette Bernhardt (1822-1889), sœur de Julie Judith « Youle » Bernhardt, la mère de Sarah Bernhardt. De cette union naquirent trois filles et un fils, Laurent Cerise (1876-1974), chevalier de la légion d’honneur, croix de guerre, responsable du service d’ophtalmologie à l'hôpital de la Pitié Salpetrière qui épousa Jeanne Wilson (1885-1980), fille de Daniel Wilson, et d’Alice Grévy, elle-même fille de Jules Grévy, président de la République de 1879 à 1887. Le baron se remaria à Paris le à Paris avec Louise Alice Petit (1855-1951), divorcée de Marie, Auguste, Albert Villiers.
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