Conrad Moricand, né le à Paris où il est mort le , est un astrologue, écrivain et illustrateur suisse.
Proche de la bohème du quartier du Montparnasse, il publie également sous le nom de Claude Valence.
Biographie Fils de Marie ChauffertActe de décès Paris , n° 2283, vue 30/31, Archive de Paris. et de l'ingénieur Philippe André Moricand (Genève, 1859 - Paris, 1928)Chevalier de la Légion d'honneur 1910, base Léonore.« Avis de décès », in: Le Figaro, 4 avril 1928, — sur Retronews., Conrad Moricand est peut-être lié à la famille genevoise, où s'illustrent deux naturalistes, dont Stefano MoricandJean-Carlo Flückiger, « Conrad Moricand (1887-1954) », in: Constellation Cendrars, , Classiques Garnier, 2022, ..
Dès 1914, vivant dans l'hôtel particulier familial situé rue Victor-Massé, il fréquente la bohème du quartier du Montparnasse : en juin de cette année-là, il est témoin d'un duel à l'épée dit « des Polonais », organisé entre autres avec Moïse Kisling, Diego Rivera, et Léopold GottliebLe Journal, 12 juin 1914, — sur Retronews.. Il se lie d'amitié avec Amedeo ModiglianiLettre de Modigliani à Moricand, 8 novembre 1916, sur Autographes des siècles.. En août, il répond à l’Appel aux étrangers vivant en France et est versé au de marche du : c'est là qu'il rencontre Blaise Cendrars.
Durant une permission, il expose en novembre- dans l'atelier d'Émile Lejeune, salle Huyghens, dans le cadre des performances « Lyre et palette », située 6, rue Huyghens, en compagnie de René Durey, Moïse Kisling et Henry de Waroquier, entre autres, ce qui lui vaut l'amitié de Jean Cocteau et Max JacobJean-Paul Crespelle, Montparnasse vivant, Hachette, 1962, .Jean Cocteau, Carte blanche, in: Le Siècle, 15 avril 1919, — sur Retronews..
En 1919, il illustre de ses dessins un roman d'André Salmon, Mœurs de la famille Poivre, publié à Genève, aux éditions de L'Éventail, maison liée à la revue L'Éventail fondée dans cette ville en 1917 ; puis, la même année, il fait paraître à Paris, Les interprètes : essai de classement psychologique d'après les correspondances planétaires aux éditions de La Sirène, avec une préface de Max Jacob. Il collabore à La Rose rouge, un hebdomadaire fondé en par Maurice Magre et Pierre-SilvestreBruno Leclecq, La Rose rouge, sur Paperblog..
En 1921-1922, il entretient une correspondance avec le peintre Marcel MouillotQuatre lettres à Marcel Mouillot - 1921-1922, sur Traces écrites..
En 1928, il publie sous son nom la première édition du Miroir d'astrologie, aux éditions Au sans pareil, puis, chez le même éditeur, en 1933, Portraits astrologiques : Kees van Dongen, Blaise Cendrars, Paul Morand, Pablo Picasso, Aristide Briand, Jean Cocteau, Louis Jouvet, Georges-Mandel, André Tardieu, Léon Daudet.
Henry Miller témoigne, dans Un diable au Paradis (A Devil in Paradise, 1956)Henry Miller, Un diable au Paradis, trad. d'Alex Grall, Paris, Buchet-Chastel, 1956., de sa rencontre avec Conrad Moricand (qu'il renomme « Tericand » dans son ouvrage), et de leur amitié, à Paris, à partir de 1936, dans la villa Seurat, que fréquentait alors Anaïs Nin, qui les présenta. Selon Miller, par ailleurs très lié à Cendrars qui connaissait bien Moricand, ce dernier, qui avait perdu toute sa fortune à cause d'un escroc, après avoir été mécène et collectionneur d'œuvres d'artEn novembre 2022, une toile de Henri Hayden a été vendue à Drouot, comme provenant de l'ancienne collection de Moricand — in: La Gazette Drouot., vivait désormais dans une certaine indigence, et gagnait sa vie en produisant des thèmes astrologiques. En , Miller prend la décision de partir en Grèce.
Au début de l'Occupation, Moricand, resté à Paris, rencontre Théophile Briant qui le publie par la suite dans Le Goéland. Entre janvier et , il signe des articles astrologiques dans le journal collaborationniste La France au travailLa France au travail, juin 1941, — sur Retronews., puis perd son emploi de journaliste. En , il entreprend des démarches pour faire libérer son ami Max Jacob du camp de Drancy, en vainPatricia Sustrac, « La mort de Max Jacob : réalité et représentations », in: Cahiers de Max Jacob, 9, 2009.. Plus tard, il se réfugie à Vevey, et renoue avec Miller, qui vit sur la côte californienne, par voie postale.
En , Miller l'invite à venir vivre chez lui, sa femme Janina Martha Lepska, et leur fille Val, et lui paye même le voyage. Le séjour de Moricand dure trois mois puis les choses dégénèrent : Miller, excédé par cet homme qu'il voit de plus en plus comme négatif et malsain , le pousse à s'installer à San Francisco où il tente de survivre en vendant des dessins érotiques de sa composition. Expulsé durant l'automne 1949 grâce à l'intervention du consul suisse, Moricand rentre à Paris, et s'installe à l'hôtel Modial, 21 rue Notre-Dame-de-Lorette, où Théophile Briant le retrouve, devenant témoin de ses derniers jours dans l'Asile suisse de vieillardsL'immeuble est aujourd'hui détruit — voir carte postale d'époque, sur Cartorum. , puis de son décès, à l'hôpital Saint-Antoine.
Il aurait laissé un manuscrit de ses mémoires, intitulé Quand le Diable l’emporte « Conrad Moricand Papers », Archives de l'université de Yale..
Jamais marié, il eut pour dernière compagne l'artiste lyrique Jeanne Durand (1905-2001) « Ensemble d’œuvres provenant de la collection de Conrad Moricand et Jeanne Durand », vente du 3 décembre 2022, ..
Autres publications Blaise Cendrars, Aujourd'hui, dessin de Conrad Moricand, Paris, Grasset, 1931. Les Traces du culte d'Isis sur les portails mystiques de Notre-Dame de Paris, préfacé par Théophile Briant, Paramé, Éditions du Goéland, 1942. [Claude Valence et Max Jacob], Miroir d'astrologie. Édition définitive, Paris, Gallimard, 1949. Les cinquante rames du navire « Argo », préfacé par Frédéric Jacques Temple, Montpellier, À la licorne, 1955. [posthume], Les Signes du Zodiaque suivi de Comment dresser un horoscope, coll. « Bibliothèque des dames et des demoiselles », Paris, Cercle du livre précieux, 1966.
Notes et références
Annexes Bibliographie Max Jacob, Lettres à Théophile Briant et Conrad Moricand 1920-1941, correspondance annotée et présentée par Stanley J. Collier, Oxford, Blackwell, 1966. « Conrad Moricand », in: Le Pont de l'Épée, , et trimestre 1981 — lire extrait en ligne.
Liens externes
Catégorie:Astrologue du XXe siècle Catégorie:Écrivain suisse du XXe siècle Catégorie:Peintre suisse du XXe siècle Catégorie:Naissance en janvier 1887 Catégorie:Naissance dans le 9e arrondissement de Paris Catégorie:Décès en août 1954 Catégorie:Décès dans le 12e arrondissement de Paris Catégorie:Décès à 67 ans