Emma Bigé (née le .) est une philosophe, traductrice et artiste française dont les domaines d'étude comprennent la danse, les études queers et trans et les philosophies écologiques..
Biographie Après des études de philosophie à l'École normale supérieure (Paris) et une thèse en philosophie de la danse (Le partage du mouvement. Une philosophie des gestes avec le Contact Improvisation, ENS-SACRe, 2017), elle est la curatrice de deux expositions, pour le Musée de la danse à Rennes (Gestes du Contact Improvisation, 2018). et pour Culturgest à Lisbonne (Steve Paxton: Drafting Interior Techniques, 2019)., à l'occasion desquelles elle édite deux anthologies consacrées à l'improvisation en danse.
En 2023, elle fait paraître un premier livre, Mouvementements. Écopolitiques de la danse (La Découverte, 2023) dans lequel elle mène une enquête en philosophie de la danse sur les ponts entre pratiques dissidentes du mouvement et activismes écologiques.. En 2025, elle co-publie Écotransféminismes avec le médiéviste Clovis Maillet (Les Liens qui Libèrent, 2025), livre qui« propose une nouvelle manière de penser les liens entre écologie, luttes trans et féminisme. Une vision radicale et documentée qui puise dans le règne animal, les archives médiévales et les combats contemporains.»Performeuse, elle collabore notamment avec des artistes telles qu'Antonija Livingstone (... et ce sera un endroit où..., en 2021), Marcela Santander et Hélène Giannechinni (Archive Fever, en 2024) et No Anger (Quasimodo aux miroirs en 2024 et Manger le soleil en 2025).
Après avoir enseigné l'épistémologie, la danse et les études queers et trans à l'École supérieure d'art d'Aix-en-Provence., au Centre national de danse contemporaine à Angers, à la Haute école d'art et de design de Genève. et à l'École nationale supérieure d'art et de design de Limoges, elle est, depuis 2025, professeure en études du mouvement à l’École nationale supérieure des beaux-arts de Lyon.
Anciennement membre du comité de rédaction de la revue Multitudes. et contributrice régulière à la revue Trou noir, elle traduit de nombreux textes des études queers anglo-saxonnes (Sara Ahmed, Karen Barad, Alexis Pauline Gumbs, Jack Halberstam, José Esteban Muñoz...)
Prises de position Au printemps 2024, elle cosigne avec la chercheuse Léna Dormeau, dans la revue Multitudes, un article intitulé « Palestine. Solidarités décoloniales ». Le texte part de l'annulation par la mairie de Paris, en décembre 2023, d'une conférence de Judith Butler consacrée à l'antisémitisme et à la Palestine, et dénonce ce que les autrices considèrent comme une confusion entretenue entre antisionisme et antisémitisme. Elles y mobilisent l'histoire du concept de génocide et la notion de « violence lente » pour analyser l'occupation israélienne de la bande de Gaza, tout en appelant à des solidarités décoloniales qui condamnent à la fois l'extrême droite israélienne, l'emprise du Hamas sur Gaza et le pinkwashing.
En juin 2023, elle prend la défense des Soulèvements de la Terre lorsque le gouvernement prononce la dissolution du collectif. En février 2026, elle fait partie des signataires de la tribune « Nous réaffirmons la nécessité de l'antifascisme aujourd'hui », publiée sur le site du même collectif à la suite de la mort du militant néonazi Quentin Deranque à Lyon. Le texte dénonce le récit médiatique construit autour de cette mort, qu'il présente comme une instrumentalisation par l'extrême droite, et défend la légitimité d'un « antifascisme de rue ».
Ses interventions sur l'écologie visent souvent le greenwashing, en particulier dans le milieu de la culture. En août 2025, invitée au festival Agir pour le vivant à Arles, visé par un appel au boycott en raison de ses financements par de grandes fondations privées, elle ouvre son intervention par la lecture d'une lettre collective. Celle-ci juge insuffisants les gestes du festival et dénonce ses partenariats avec de grandes entreprises comme Hermès. Dans ses travaux, elle critique l'instrumentalisation de la notion de nature par les courants néofascistes et écofascistes, mais aussi par certaines écologies « queers » qui mettent la « diversité du vivant » au service du capitalisme extractiviste. Travaux Livres
Direction d'ouvrages
La perspective de la pomme: histoires, politiques et pratiques du Contact Improvisation, co-dirigé avec Alessandra Sini, Francesca Falcone et Alice Godfroy, Rome, Piretti, 2021.
Direction de numéros spéciaux
Traductions Jack Halberstam, Trans*. Brève histoire de la variabilité de genre, traduit de l'anglais (États-Unis) par la collective dansmalangue, Montreuil, Libertalia, 2023 Sara Ahmed, Vandalisme queer, traduit de l'anglais par Mabeuko Oberty et Emma Bigé, Burn Août, 2024 Sara Ahmed, Manuel rabat-joie féministe (2023), traduit de l'anglais par Mabeuko Oberty et Emma Bigé, La Découverte, 2024 Alexis Pauline Gumbs, Non-noyées. Leçons féministes Noires apprises auprès des mammifères marines, (2020), traduit de l'anglais par Mabeuko Oberty, Myriam Rabah-Konaté et Rose B., Les Liens qui libèrent/Burn Août, 2025 Fred Moten et Stefano Harney, All Incomplete (2023), traduit de l'anglais collectivement, Les Liens qui libèrent, 2025
Commissariat d'exposition Steve Paxton: Drafting Interior Techniques, exposition rétrospective à Culturgest (Lisboa, 2019) et Azkuna Zentroa (Bilbao, 2020). Gestes du Contact Improvisation, exposition-performance au Musée de la danse (Rennes, 2018). et à m+sum (Ljubljana, 2019)
Notes et références
Liens externes
Site officiel
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