Constant Mutamba Tungunga, né le à Luputa (province de Lomami), est un homme politique de la république démocratique du Congo (RDC). Il est ministre d'État, ministre de la Justice et garde des Sceaux dans le gouvernement Suminwa entre et . Il est également connu pour avoir été le plus jeune des vingt-six candidats à l'élection présidentielle de 2023 sous le label de son regroupement politique, Dynamique progressiste révolutionnaire (DYPRO). En , il est condamné à trois ans de travaux forcés pour détournement de fonds publics et en à dix ans de travaux forcés dans une autre affaire de détournement de fonds publics.
Biographie
Origines Constant Mutamba naît le à Luputa dans l'actuelle province de Lomami.
Formation Constant Mutamba décroche son diplôme d'État en 2008 au collège Maele du sacré-cœur de l'ex-Province orientale, actuelle Tshopo, où il fonde l'association de lutte contre la tricherie (ALT). Il y a passé toute son enfance et a vécu les conflits de la région à Kisangani .
Inscrit à l’université protestante au Congo (UPC), il est élu en , président des étudiants et premier vice-président des étudiants du Congo (REC).
Il décroche son diplôme en droit public à l'université protestante du Congo de Kinshasa. Constant Mutamba est chef de travaux dans cette université, détenteur d’un master en gestion et droit de l'entreprise de l'université de Liège (Belgique).
Mutamba prête ensuite serment et devient avocat au barreau de Kinshasa Gombe.
Carrière professionnelle
Mandataire de la société commerciale de transport et port En , plusieurs ordonnances lues sur la RTNC dans la soirée, le président Joseph Kabila a nommé de nouveaux membres des comités d’administration et de gestion dans dix entreprises publiques de la RDC. Constant Mutamba nommé mandataire au sein de la société commerciale de transport et ports.
Mandataire en mines et carrières
Fondateur du cabinet d’avocats MKM LAWFIRM, il est secrétaire exécutif du corps des mandataires en mines et carrières (CMMC).
En , Constant Mutamba agrée mandataire de mines et carrières pour garantir la bonne application des lois et réglementations minières en RD Congo. Le code minier lui permet, en tant que mandataire, d’agir comme représentant et administrateur auprès de n’importe quel d’exploitant minier.
Parcours politique En , Constant Mutamba est nommé assistant du gouverneur de l'ex-Province Orientale, Jean Bamanisa Saïdi.
En , il crée le mouvement citoyen qui est la Nouvelle Génération pour l'émergence du Congo (NOGEC).
En , Mutamba devient rapporteur du Présidium de RASSOP et il est reçu par le président Joseph Kabila au palais de la nation dans le cadre des consultations destinées à la mise en place du gouvernement d'union nationale.
En , il transforme la Nouvelle Génération pour l'Émergence du Congo en regroupement politique, qui présente des candidats aux élections législatives nationales et provinciales.
En , Mutamba est nommé par le directeur de cabinet Nehemie Mwilanya, membre de la Task Force stratégique à la présidence. Quelques jours après, il signe la charte constitutive du Front commun pour le Congo (FCC) dont il devient membre du bureau politique. En juillet de la même année, il est consulté par le Président Joseph Kabila, dans le cadre de la désignation du candidat dauphin à l'élection présidentielle de 2018.
En , il est nommé assistant du coordonnateur du Front commun pour le Congo (FCC), Néhémie Mwilanya, et rapporteur du Bureau politique du FCC.
En , Mutamba quitte la famille politique kabiliste et crée avec son compagnon Âgée Matembo, la Dynamique Progressiste Révolutionnaire (DYPRO), un parti d'opposition. Ensuite, il délègue son camarade comme questeur de la commission électorale nationale indépendante (CENI), pour le compte de l'opposition politique.
Le , Constant Mutamba, 35 ans, est l'un des candidats de l'opposition à l'élection présidentielle de décembre 2023.
Élection présidentielle de 2023 Le , la Commission électorale nationale indépendante ( CENI) , proclame les résultats provisoires des élections du . 18 45 338 votants se sont exprimés lors de ce suffrage. Avec 36 312 voix soit 0,20 % de votes valablement exprimés en sa faveur, Mutamba arrive l'élection remportée par Félix Tshisekedi.
Ministre de la Justice Le , Constant Mutamba est nommé ministre d'État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux.
En , Constant Mutamba dit avoir échappé à une tentative d'empoisonnement par des substances toxiques, retrouvées dans son bureau.
Il effectue un séjour médical en en Turquie.
En , Constant Mutamba supervise les États généraux de la justice en RDC. Ces assises, qui réunissent plus de 3 000 participants pendant dix jours, aboutissent à un rapport contenant 359 propositions. Il soutient notamment la création d’un Conseil supérieur de la justice, en remplacement du Conseil supérieur de la magistrature, afin d’y intégrer d'autres acteurs du secteur judiciaire, tels que les avocats, les greffiers et la société civile.
En , il ordonne l’ouverture de poursuites judiciaires contre l’ancien président Joseph Kabila et plusieurs membres du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie/Front commun pour le Congo, les accusant d’avoir participé à l’« agression » dans l’est du pays via le M23/Alliance fleuve Congo (AFC). Il demande également la saisie de leurs biens mobiliers et immobiliers et la mise en place de restrictions de mouvement.
Condamnation dans l'affaire de la prison de Kisangani
Le , le procureur général près la cour de cassation saisit l'Assemblée nationale afin d'obtenir l'autorisation de poursuivre une enquête qui implique Constant Mutamba, pour détournement de deniers publics pour un montant de 19 millions de dollars dans le cadre de la construction d'une prison à Kisangani. Lors de son audition par l'Assemblée nationale, Constant Mutamba mentionne les relations difficiles qu'il a avec la Première ministre Judith Suminwa Tuluka et décrit la procédure comme un règlement de compte. Fin mai, l'Assemblée accorde son autorisation.. Le procureur demande à l'Assemblée nationale l'autorisation de poursuivre Mutamba en juin et de son côté, Mutamba récuse ensuite le procureur général... L'Assemblée valide (329 sur les 363 présents) l'inculpation de Mutamba ce qui le contraint légalement à présenter sa démission sous 48 heures.. Mutamba annonce sa démission au président Félix Tshisekedi le , et l'officialise le jour suivant, en affirmant dans sa lettre de démission qu’il n’a pris . Il est aussi interdit de quitter Kinshasa..
Le procureur requiert 10 ans de travaux forcés à l'encontre de Constant Mutamba. Celui-ci est condamné le , à trois ans de travaux forcés et cinq ans d'interdiction d'accès à toute fonction publique pour détournements de fonds publics. Aucun appel n'est possible..
Condamnation dans l'affaire du Frivao
Constant Mutamba est aussi au centre d'une autre enquête de détournement de fonds publics. Il est accusé d'avoir détourné plus de 20 millions de dollars du Fonds spécial pour la réparation et l’indemnisation des victimes des activités illicites de l’Ouganda (Frivao), un fonds mis en place pour indemniser les victimes de l'Ouganda quand ce pays avait envahi une partie du territoire congolais dans les années 2000. Le Frivao était géré par le ministère de la Justice. Mutamba est condamné par la Cour de cassation à 10 ans de travaux forcés en . Son secrétaire de cabinet au ministère de la Justice, Chançard Bulokola, est condamné à 7 ans de prison. Mutamba est aussi condamné à la privation de ses droits de vote et d'éligibilité et interdit d'accès à une fonction publique pendant cinq ans à l'issue de sa libération..
Dans la culture En , le chanteur ivoirien de reggae Tiken Jah Fakoly lui consacre le single Mutamba, dénonçant les abus judiciaires et politiques en Afrique.
Publications Mon engagement, Éditions universitaires européennes (auto-édition), 2021. La théorie de l'oeuf en matière de révision constitutionnelle L'intangibilité de l'article 220 de la constitution du 18 février 2006, Éditions universitaires européennes (auto-édition), Saarbrücken, 2016. La nationalité multiple : un impératif pour l'émergence de l'Afrique? : analyse juridique et perspectives d'une réalité incontournable en République Démocratique du Congo, Arno éditions, Bruxelles, 2017.
Références
Liens externes
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