Astragalus mongholicus, l'Astragale de Mongolie, est une espèce de plantes à fleurs de la famille des Fabacées et de la sous-famille des Faboideae. C'est une plante vivace de 25 à de hauteur, dont l’aire de répartition naturelle s’étend de la Sibérie à l’Extrême-Orient russe ainsi que dans le Nord et le Nord-Ouest de la Chine. Deux caractères sont notables : elle est couverte de fins poils et possède des fleurs papilionacées (comme les petits pois) jaunes.

Les racines de l’espèce Astragalus mongholicus (ainsi que de l’espèce proche Astragalus membranaceus) sont utilisées dans la pharmacopée chinoise sous le nom de huangqi 黄芪 (anc. graphie 黃耆). Le terme en chinois peut suivant le contexte, désigner la plante ou la partie de la plante utilisée comme matière médicale. Les prélèvements excessifs des racines pivotantes des astragales sauvages ayant progressivement épuisé la ressource, pour répondre aux besoins de l’industrie de la pharmacopée chinoise, la culture en plein champ de l’astragale de Mongolie a été développée dans les provinces sur la frontière nord de la Chine.

En médecine traditionnelle chinoise (MTC), le huangqi est souvent utilisé pour traiter les symptômes de « carence en qi » ou d’une déficience . C’est une des matières médicales chinoises les plus couramment utilisée, en général en association avec d’autres plantes médicinales.

Certaines formules célèbres de combinaison de l’astragale avec de nombreuses autres plantes médicinales illustrent les efforts acharnés de la médecine traditionnelle chinoise pour concilier les concepts de base qualitatifs (non mesurables) du qi, du yin et yang, et des cinq éléments avec les analyses actuelles de la pharmacologie basée sur des concepts quantifiables de la biochimie, des médiateurs chimiques et de leurs récepteurs.

Nomenclature et étymologie L’espèce a été décrite sous le nom de Astragalus mongholicus par le botaniste allemand de la Baltique, Alexander von Bunge (1803-1890), en 1868, dans Mém. Acad. Imp. Sci. Saint Pétersbourg, Sér. 7, 11(16): 25. En 1826, il explore la Sibérie et les monts Altaï, il fait deux explorations en Chine en 1830 et 1832, pour étudier la flore de la steppe du Gobi et de la partie orientale de l'Altaï.

Le nom de genre Astragalus (donné par Linné) est emprunté au grec ancien ἀστράγαλος / astrágalos et signifie « vertèbre, osselet » (Bailly), « une vertèbre » (du cou) LSJ.

L’épithète spécifique mongholicus est un adjectif latinisé faisant référence à la Mongolie, avec le suffixe -icus, souvent utilisé en taxonomie pour indiquer une origine géographique.

Synonymes Selon POWO, le nom accepté de Astragalus mongholicus Bunge possède les 17 synonymes suivants :

Synonymes homotypiques Astragalus membranaceus var. mongholicus (Bunge) P.K.Hsiao in Acta Pharm. Sin. 11: 117 (1964) Astragalus penduliflorus var. mongholicus (Bunge) X.Y.Zhu in Nordic J. Bot. 23: 288 (2005) Phaca macrostachys Turcz. in Bull. Soc. Imp. Naturalistes Moscou 14: 66 (1840) Tragacantha mongholica (Bunge) Kuntze in Revis. Gen. Pl. 2: 946 (1891)

Synonymes hétérotypiques

Astragalus borealimongolicus Y.Z.Zhao (2006) Astragalus membranaceus Fisch. ex Bunge (1868), nom. cons. Astragalus membranaceus var. mandshuricus Nakai (1918), not validly publ. Astragalus membranaceus f. propinquus (Schischk.) (1979) Astragalus mongholicus var. dahuricus (Fisch. ex DC.) Podlech (1999) Astragalus penduliflorus var. dahuricus (Fisch. ex DC.) X.Y.Zhu (2005) Astragalus propinquus Schischk. (1933) Astragalus propinquus var. glaber Vydrina (1992), no type. Astragalus purdomii N.D.Simpson (1915) Phaca abbreviata Ledeb. (1831) Phaca alpina var. dahurica Fisch. ex DC. (1825) Phaca membranacea Fisch. ex Link (1822), nom. nud. Tragacantha membranacea (Fisch. ex Bunge) Kuntze (1891)

Description

Astragalus mongholicus est une plante herbacée, vivace, géophyte, couverte de poils de , de 25 à de hauteur, avec une tige dressée ou légèrement ascendante, souvent ramifiée. La racine principale est une racine pivotante, épaisse et ligneuse, plongeant en profondeur dans le sol. L’appareil végétatif en surface disparaissant durant l’hiver, la racine sert de réserve à la plante, ce qui lui permet de survivre durant la période froide et de repartir à la saison chaude suivante. C’est une plante géophyte, vivace (voir les milliers de photos de cette espèce sur iPant.cn, de l’Académie chinoise des sciences).

Les feuilles sont composées imparipennées, de 6 à de longueur, presque sessiles. Les stipules sont étroitement triangulaires, inférieures à . Le rachis couvert de poils, porte de 8 à 12 paires de folioles, étroitement ovales à elliptiques, de de longueur sur de largeur.

L’inflorescence est un racème axillaire, à fleurs de , à pédoncule de de longueur, à poils clairsemés blancs.

Les fleurs sont de type fleur papilionacée du petit pois, caractérisée par une corolle formée d'un grand pétale supérieur, appelé « étendard », de 2 pétales latéraux ou « ailes », et de 2 petits pétales ou « carène ». La fleur possède un calice campanulé-tubulaire, de , et cinq pétales jaunes (ou jaunes et blancs), rarement lilas; l’étendard est largement elliptique. Il y a 10 étamines (9+1).

Le fruit est une gousse, obliquement ellipsoïde, de de longueur sur de largeur, avec une face dorsale fortement incurvée, à apex brièvement acuminé. Une gousse contient de 3 à 8 graines.

La floraison a lieu en juillet.

Flora of China a répertorié 472 espèces d’Astragalus en Chine. La site plantplus.cn comporte une collection d’environ 2000 photos de qualité d’Astragalus membranaceus var mongholicus, accessibles facilement en ligne.

Distribution et habitat Selon POWO, l'aire de répartition naturelle de cette espèce s'étend de la Sibérie jusqu'à l'Extrême-Orient russe et l'ouest et le nord de la Chine. Elle se rencontre dans la fédération de Russie (dans l’Altaï, la Bouriatie, Irkoutsk, Sakhaline, Touva, Sibérie occ.), en Chine (Gansu, Hebei, Heilongjiang, Jilin, Mongolie intérieure, Shaanxi, Shandong, Shanxi, Sichuan, Xinjiang, Tibet), Kazakhstan, Mongolie.

C'est une plante vivace qui pousse principalement dans le biome tempéré : les steppes, les prairies, les forêts de conifères et les zones montagneuses, sur les versants ensoleillés, entre 800 et d’altitude.

L’astragale de Mongolie est cultivée dans les provinces du Shanxi, du Gansu, du Heilongjiang et de la Mongolie intérieure, pour produire des racines d'astragale vendues aux laboratoires de la pharmacopée traditionnelle chinoise.

Culture et récolte Pour la récolte des huangqi 黃耆 sauvages, les paysans partaient dans la montagne avec une hotte sur le dos et une pioche sur l’épaule. Ils recherchaient les pieds d’astragales anciens, car leurs puissantes racines pivotantes sont réputées riches en substances bioactives. Pour les extraire, il faut piocher en profondeur dans la pierraille, en prenant soin de ne pas abimer les racines. L'astragale a une racine pivotante cylindrique, parfois ramifiée, de 30 à (voire plus) de longueur et de 1 à de diamètre, avec une extrémité supérieure épaisse.

vignette|Racines de Astragalus mongholicus utilisée dans la pharmacopée chinoise.

Ces dernières années, en raison d’un prélèvement excessif dans la nature, les ressources sauvages d’astragale se sont progressivement épuisées et ne peuvent plus répondre aux besoins de l’industrie de la pharmacopée chinoise.

L’astragale de Mongolie se cultive facilement en plein champ (comme le petit pois en Europe). Elle est principalement cultivée dans les provinces du Nord de la Chine: le Xinjiang, le Shanxi, le Gansu, le Heilongjiang et la Mongolie intérieure où elle a connu un début de mécanisation.

L’astragale est une plante typique à racine pivotante à laquelle convient une culture en sols limoneux profonds, fertiles, meubles et bien drainés, entre d’altitude. Le but de la culture étant la production de racines, les agriculteurs procèdent à des écimages et ébourgeonnage, afin de contrôler la vigueur des plantes et de renforcer les racines au détriment du feuillage. Après les semis, la plante passe par une période de croissance, puis de flétrissement et d'hivernage, suivie de la période de reverdissement, de floraison, et de fructification et de maturation, ce qui prend plus de deux années. Pour avoir des racines riches en substances actives, il faut attendre 2-3 ans, pour procéder à l’arrachage des racines après les gels d’automne.

Pour la récolte, effectuée après les gels d’automne, la plante entière est déterrée, les restes de feuillage flétris sont coupés, les radicelles sont éliminées, la terre collée aux racines est enlevée. Les racines sont ensuite entreposées dans lieu aéré et ensoleillé pour qu’elles sèchent. Pour que les racines d’astragale atteignent la norme de matières médicales commerciales de haute qualité, les racines doivent être épaisses et longues, avec peu de rides, et avec une section transversale jaune et blanche.

Analyse chimique Les composés bioactifs principaux sont répartis en quatre familles: les polysaccharides de l’astragale (APS), les saponines, les flavonoïdes et quelques autres.

L’APS est un polysaccharide hétérogène hydrosoluble ayant des effets bioactifs. En raison de la structure chimique complexe du polysaccharide, la connaissance des composants précis de l’APS est très limitée. On distingue 8 types principaux de liaisons glycosidiques de l’APS mesurées par chromatographie en phase gazeuse et spectrométrie de masse ; citons entre autres, l'hétéropolysaccharide, le dextrane, le polysaccharide neutre et le polysaccharide acide. Des études ont également montré qu'il existait six types de monosaccharides isolés de l'APS, à savoir l'amylaceum, le séminose, l'arabinose, le xylose, l'acide glucuronique et le rhamnose. Au total, il existe 24 types de polysaccharides extraits de la racine d'astragale (Liu et al, 2020).

Les polysaccharides de l’astragale ont été très étudiées ces dernières années, pour leurs propriétés pharmacologiques: La régulation immunitaire : les APS possèdent des capacités de modulation du système immunitaire, notamment en améliorant les indices des organes immunitaires et en stimulant la prolifération des cellules immunitaires, comme la stimulation de la prolifération des cellules B et la production de cytokines. Des études de Zhao et al, 2019, ont montré qu'après un traitement par APS chez des souris atteintes d'un cancer du poumon transplantable de Lewis, les indices immunitaires de la rate et du thymus dans le groupe APS étaient plus élevés que ceux du groupe recevant une solution saline normale. Cet effet peut améliorer la fonction des organes immunitaires en réduisant l'expression du facteur de croissance de l'endothélium vasculaire et du récepteur du facteur de croissance épidermique, inhibant ainsi la tumeur. Cette amélioration des organes immunitaires aurait un « effet antivieillissement ». La régulation de la glycémie : l'APS réduit les niveaux de glucose dans le sang, augmente la sensibilité à l'insuline, améliore la résistance à l'insuline (IR) et inhibe l'apoptose des cellules bêta des îlots. Leurs propriétés antivirales et de nombreuses autres propriétés.

Utilisations Les racines des deux espèces proches Astragalus mongholicus et Astragalus membranaceus sont utilisées dans la pharmacopée chinoise sous le nom de huangqi 黄芪 (anc. graphie 黃耆). Le terme en chinois comme en français, peut suivant le contexte, désigner la plante ou la partie de la plante utilisée comme matière médicale.

Médecine traditionnelle chinoise