Marvel Worldwide Inc., plus communément appelé Marvel Comics ou simplement Marvel, est une subdivision de Marvel Entertainment et l'une des principales maisons d'édition américaines de comics. Martin Goodman fonde la société en pour profiter de l'engouement naissant pour les comics. Le premier numéro de son premier comics, Marvel Comics, est un succès surprise qui permet à la société de durer. Lorsqu'en , Captain America Comics est publié, il est aussi plébiscité par les lecteurs. La maison d'édition Timely qui publie Marvel se développe et est une entreprise très rentable durant les années et bien que Martin Goodman ait pour politique de seulement suivre les modes.
Mais en , Goodman commet l'erreur de confier la distribution de ses comics à American News Company qui cesse ses activités six mois après. En catastrophe Goodman doit trouver un autre distributeur et traite avec Independent News Company, filiale de DC Comics, qui impose de distribuer un nombre très limité de séries. Marvel connaît alors des années difficiles.
En , apprenant que le comics de la Ligue de justice d'Amérique, publié par DC Comics, est celui qui se vend le mieux, Martin Goodman demande à Stan Lee, seul scénariste restant chez Marvel, de créer une équipe de super-héros. Lee avec Jack Kirby imagine un groupe, les Quatre Fantastiques, qui non seulement combat des monstres, des savants fous ou des extra-terrestres, mais aussi doit se débattre dans des soucis plus quotidiens où les relations interpersonnelles sont complexes. Le lectorat suit et rapidement Lee crée de nouvelles séries avec la même formule et la même réussite. Marvel se développe à vive allure et peut produire plus de comics. Stan Lee organise tout un univers qui se veut cohérent et s'entoure de dessinateurs talentueux qui participent beaucoup à la construction des récits. De plus, il établit des relations importantes avec les lecteurs grâce au courrier et à la création de fan-clubs.
Les années et sont plus difficiles comme pour tous les éditeurs de comics. Les histoires tendent à être plus adultes et pour toucher de nouveaux lecteurs, Marvel tente de percer dans l'édition de magazines de bandes dessinées. Le milieu des années voit le retour en grâce des comics avec des numéros qui se vendent à plus d'un million d'exemplaires. Mais cet engouement est de courte durée et au début des années les ventes retombent. Marvel vit des années très difficiles. Mise en faillite, elle est l'objet de rachats par des entrepreneurs qui se battent pour sa possession. En , Marvel est sauvé et connaît un renouveau sous la direction éditoriale de Joe Quesada. De nouvelles séries, de nouvelles collections et des premières adaptations cinématographiques qui attirent enfin les spectateurs assurent à Marvel de rester la première société d'édition de comics. Un nouveau tournant est pris en quand The Walt Disney Company rachète Marvel. Fort de l'appui de la société mère Marvel devient un acteur majeur dans le cinéma avec la production d'un univers cinématographique cohérent copié sur celui des comics.
L'importance de Marvel dans le monde des comics ne tient pas seulement au nombre de séries publiées ou aux recettes, mais aussi à des qualités d'écriture et de dessins. Stan Lee a imposé un « style Marvel » qui fait des héros, non des êtres idéaux, mais des miroirs des lecteurs. Les personnages ont des peines de cœur, des failles et des difficultés proches de celles que peuvent connaître les personnes dans le monde réel. Cette attention à la réalité amène aussi les auteurs à traiter de sujets difficiles comme le racisme, le sexisme ou la toxicomanie.
La diffusion de films, de séries télévisées, de dessins animés a permis à Marvel d'être une société connue internationalement. Elle diffuse aussi ses séries dans d'autres pays. Au Royaume-Uni, elle crée une filiale pour distribuer ses comics puis créer de nouveaux personnages ; dans les pays francophones les séries sont publiées d'abord sous forme de magazines vendus chez les marchands de journaux et de plus en plus dans des albums reprenant plusieurs épisodes d'une série.
Histoire Timely Comics vignette|alt=logo de Timely consistant en un bouclier triangulaire avec trois pointes au sommet|Logo de Timely Comics.
Le new-yorkais Martin Goodman, ancien distributeur, commence à partir de 1933 à publier des pulps de différents genres : (1933) qui est consacré au western, Ka-Zar (1936) qui est un ersatz de Tarzan et () qui comprend des histoires d'horreur et de science-fiction. Toujours prêt à suivre les modes, il décide d'éditer ses propres comics afin de profiter du succès de Superman, et en 1939, il fonde Timely Publications, renommé Timely Comics en 1941, dans les locaux de sa société. Il en est le directeur éditorial et le gestionnaire, son frère Abraham Goodman en étant officiellement l'éditeurSelon une déclaration datée du 2 octobre 1939 publiée page 40 de #4 (daté de février 1940), et réimprimée à la page 239 de Marvel Masterworks: Golden Age Marvel Comics Volume 1 (Marvel Comics, 2004)..
vignette|Joe Simon, directeur de Timely Comics.|alt=Photographie couleur d'un homme chauve, avec lunettes. Goodman ne possédant pas encore d'équipe de dessinateurs décide de faire appel à pour lui fournir des bandes dessinées, et la première publication, (qui devient au deuxième numéro) voit le jour en . On y trouve parmi d'autres les aventures de Human Torch de Carl Burgos et celles de Namor réalisées par Bill Everett mais aussi les aventures de l'Ange, le héros de la jungle Ka-Zar et le personnage de Western . sont imprimés, mais ceux-ci se vendent si bien qu'un nouveau tirage de est commandé. Alors que Goodman avait un moment envisagé de ne pas donner de suite à cet essai, il commande du matériel pour les numéros suivants et propose rapidement de nouvelles séries. (1940), () et (automne 1940) suivent Marvel Mystery Comics. Timely devenant plus important, Goodman recrute plusieurs membres de sa famille pour gérer la société. Par ailleurs, il arrête de travailler avec Funnies et propose aux auteurs de lui vendre directement leurs planches en tant qu'indépendants. De plus, il engage comme rédacteur en chef Joe Simon qui amène avec lui Jack Kirby.
Après un début prometteur, les ventes des comics de Timely baissent continuellement et pour relancer l'intérêt Bill Everett et Carl Burgos, qui avaient déjà l'habitude de travailler ensemble, ont l'idée d'écrire une histoire dans laquelle le prince des mers et Human Torch s'affrontent. Publié dans les numéros 7 et 8 de Marvel Mystery Comics de l'été 1940, ce crossover est le premier de l'histoire des comics et met en place le premier univers partagé. 1940 est une excellente année pour Timely puisqu'en est publié le premier fascicule de Captain America, héros patriotique créé par Simon et Kirby, qui se vend à plus d'un million d'exemplaires. Le nombre de comics édités par Timely augmente encore avec The Submariner (printemps 1941) et de nouveaux comics aux héros patriotiques : (), (été 1941), (été 1941) et (). Même si la plupart de ces titres sont publiés avant l'entrée en guerre des États-Unis contre les forces de l'Axe, l'ennemi est déjà bien marqué comme étant le nazi.
Kirby et Simon, quant à eux, réalisent dix numéros de Captain America avant de quitter la société. En effet Goodman avait signé un contrat leur offrant 15 % des revenus du comics à Simon et 10 % aux dessinateurs. Mais les écritures comptables ne font pas ressortir de bénéfices car Goodman paie tous les artistes avec les bénéfices de Captain America Comics et c'est seulement après cette déduction que le pourcentage est calculé, ce qui permet à Goodman de ne verser que peu de royalties. Simon et Kirby décident donc de quitter Timely pour DC Comics qui leur offre le double de ce qu'ils touchent et Martin Goodman nomme Stan Lee, qu'il avait recruté en 1940 pour assister Joe Simon, rédacteur en chef par intérim alors qu'il n'a que 19 ans. Puis Vincent Fago prend la place de Stan Lee comme rédacteur en chef de 1942 à 1945 quand ce dernier rejoint l'armée..
Des années 1950 difficiles vignette|redresse|alt=logo d'Atlas : un bandeau marqué Atlas au-dessus d'un cercle représentant la Terre avec les longitudes et latitudes|Logo d'Atlas jusqu'en 1957. Après la guerre, Stan Lee retrouve son poste de rédacteur en chef. Même si les super-héros n'ont plus le vent en poupe, cela ne nuit pas à la bonne santé de la société. Goodman insiste pour que les Timely suivent toujours les modes du moment. Lee obéit sur ce point, mais dispose d'une plus grande liberté éditoriale. Pour faire travailler les auteurs, Lee commande de nombreuses histoires. Le problème est qu'il n'y a pas assez de comics pour que toutes soient publiées. Stan Lee les garde alors dans une réserve pour une éventuelle publication ultérieure. En 1949, Goodman découvre ce stock de pages payées, mais jamais éditées. Mécontent, il décide alors de renvoyer tous les créateurs. Stan Lee doit dorénavant acheter les épisodes à des auteurs indépendants pour une publication immédiate. Il choisit pour ce faire de traiter avec ceux qui travaillaient précédemment pour Timely. Les économies réalisées par ce changement permettent à Martin Goodman de fonder en 1951, une nouvelle société de distribution qu'il nomme Atlas News Company. Le logo d'Atlas est apposé sur les couvertures de tous les titres à partir de novembre. et le nom Timely Comics tombe en désuétude au profit d'Atlas, notamment dans l'esprit du grand public.
Cependant, après la guerre, les ventes de comics de super-héros déclinent. Timely/Atlas se diversifie et lance ainsi des magazines et comics humoristiques pour filles, créant notamment les personnages « ordinaires » de Patsy Walker et Millie the Model qui seront publiés pendant plus de vingt ans. Martin Goodman choisit aussi de publier essentiellement des bandes dessinées des genres alors à la mode : horreur, policier, humour, science-fiction, ou encore western. Les diverses tentatives de ressusciter les super-héros durant les années 1950 que ce soit Captain America, Human Torch ou Submariner se soldent par des échecs. De guerre lasse, Stan Lee édite son dernier comics de super-héros, un numéro de Submariner Comics, en .. Les choix éditoriaux de Goodman et Lee se révèlent payants puisqu'Atlas est un éditeur important avec de comics vendus en moyenne chaque mois. Malheureusement, Goodman commet l'erreur en 1956 de ne plus distribuer ses propres comics, mais de sous-traiter cette activité à la société American News Company qui est la plus importante entreprise de distribution du pays. Or, six mois après cette décision, American News met la clef sous la porte et Martin Goodman comme de nombreux autres éditeurs est obligé de chercher un nouveau distributeur.. Il parvient alors à signer un accord avec Independent News Company, qui est une division de DC Comics, mais à des conditions très dures. En effet, alors qu'Atlas publiait 85 comic books au début de 1957, soit juste avant la chute d'American News, il est obligé par Independent News à ne conserver que huit titres mensuels. Goodman et son neveu Stan Lee décident de publier 16 bimensuels et limitent les genres publiés au western, à la romance et à la guerre essentiellement.
Ainsi à la fin des années 1950, les films de science-fiction étant à la mode, Goodman lance six titres offrant ce type d'histoires : Strange Worlds #1 ; World of Fantasy #15 ; Strange Tales #67 ; Journey into Mystery #50 ; Tales of Suspense #1 ; et Tales to Astonish #1. Ceux-ci n'ont que peu de succès et dès la fin 1959, la plupart d'entre eux (sauf Strange Worlds et World of Fantasy, dont la publication est arrêtée) sont consacrés aux monstres de série B. La plupart contiennent des histoires de Jack Kirby (souvent encrées par Dick Ayers), suivies d'histoires de jungle ou d'évasion de Don Heck, de bandes réalisées par Paul Reinman ou Joe Sinnott, et terminées par un récit court de Stan Lee et Steve Ditko..