Brian Wilson is a genius (Brian Wilson est un génie) est une phrase qui fit partie d'une campagne médiatique dirigée en 1966 par Derek Taylor, l'ancien attaché de presse des Beatles, qui était alors devenu le publiciste des Beach Boys. Bien qu'il ait été documenté que l'expression avait déjà été dite avant, Taylor avait souvent qualifié Brian Wilson de « génie » dans le but de changer l'image des Beach Boys et de légitimer Wilson en tant qu'artiste sérieux du même niveau que les Beatles et Bob Dylan.
Avec l'aide de plusieurs associés de l'industrie musicale, les efforts promotionnels de Taylor jouèrent un rôle intégral au succès de l'album Pet Sounds en Angleterre. À la fin de l'année, un sondage pour les lecteurs de NME plaça Wilson quatrième en tant que « Personnalité Mondiale de la Musique » (soit environ 1000 votes devant Bob Dylan et 500 derrière John Lennon). Cependant, l'engouement généré pour l'album suivant du groupe, Smile, provoqua une quantité de conséquences involontaires sur la réputation du groupe ainsi que sur la dynamique interne. Wilson finit par abandonner Smile et diminua sa participation avec le groupe.
Wilson dit par la suite que la marque de « génie » avait intensifié les pressions sur sa carrière et l'avait mené à être « une victime de l'industrie de l'enregistrement ». Alors qu'il s'était éloigné de l'industrie dans les années qui suivirent, sa légende fut à l'origine du motif du « génie reclus » parmi les artistes de studio et inspirera des comparaisons avec d'autres musiciens tels que Syd Barrett de Pink Floyd et Kevin Shields de My Bloody Valentine.
Contexte et origines gauche|vignette|The Beach Boys lors d'une séance photo en 1964. Wilson (en haut au centre) trouvait que l'image sage de son groupe ne mettait pas en valeur la sophistication de sa musique. Brian Wilson a écrit la majorité des tubes des Beach Boys et fut l'un des premiers artistes à pouvoir agir en tant que producteur entrepreneur. Il avait réussi à obtenir cette position grâce à son succès immédiat avec le groupe après avoir signé chez Capitol Records en 1962. Ses talents avaient inspiré un nombre de figures Los Angéliennes de l'industrie musicale à faire référence à lui en tant que génie. Début 1966, il veut amener le groupe au-delà de leur esthétique surf et hot rod, trouvant que cette image était datée et distrayait le public de ses talents de producteur et de compositeur; . Mike Love décrit que Wilson cherchait de la reconnaissance de la part de créateurs de mode contre-culturelle, ou de « l'intelligentsia branchée. » Wilson reflétera plus tard que « les légendes ont grandi sur... notre musique... et je devenais fasciné par le fait que je devenais célèbre et qu'il y avait un intérêt sur mon style de vie. »
Entretemps, l'ancien agent de presse des Beatles, Derek Taylor, avait quitté le Royaume-Uni pour déménager en Californie, où il fonda sa propre compagnie de relations publiques. En 1966, il avait assimilé rapidement ce qu'était alors un groupe grandissant à l'esprit mondain avec des amis, musiciens, mystiques et conseillers financiers de Wilson. Le journaliste musical Nick Kent décrit que « Derek Taylor était à cette époque l'unique figure la plus prestigieuse avec eux à avoir le nom de quelqu'un lié en termes de promotion. ... il connaissait les Beatles et avait actuellement travaillé avec eux et avec Brian Epstein. Il n'y aurait pas eu de recommandation plus spectaculaire. »
Van Dyke Parks, qui était alors le parolier de Wilson, affirme avoir introduit Taylor à Wilson, tandis que le biographe David Leaf écrit que c'est Bruce Johnston qui a « arrangé avec Brian une rencontre avec Derek. » Les Beach Boys commencèrent à employer Taylor comme publiciste en , soit deux mois avant la sortie de leur album Pet Sounds, et le payèrent par mois (équivalent à $ en ). Selon Carl Wilson, même si le groupe était conscient des changements qui avaient lieu dans les tendances et l'industrie musicale, « Capitol avait une image très précise de nous », et le groupe était mécontent de la manière dont le label avait fait leur promotion à l'époque de Pet Sounds.
Selon Taylor, l'origine de la promotion de « génie » vient de Brian qui discutait sur la manière dont « il croyait être meilleur que ce que la plupart des autres croyaient ce qu'il était »; . Taylor se rappelle d'une conversation avec Brian et Dennis Wilson où les frères nient avoir écrit « de la surf music ou des chansons sur des voitures ou que les Beach Boys aient été impliqués de n'importe quelle manière que ce soit avec les tendances surf et drag. ... ils ne voudraient pas le concéder ». Du point de vue de Taylor, l'image sage et « entièrement américaine » des Beach Boys, instiguée par leur ancien manager et père des Wilson, Murry, leur avait « causé énormément de dommages. Brian, en particulier, avait souffert. » Il dit que l'attitude prédominante était que « Brian Wilson n'était pas censé être étrange », même si cette qualité était perçue comme étant normale pour les gens d'Hollywood.Après avoir pris conscience de comment Wilson était très apprécié par ses amis musiciens tels que Parks et le chanteur Danny Hutton, Taylor se demanda pourquoi cela ne représentait pas le consensus général, et commença « à relayer [cette pensée], presque à en faire une campagne ». Pour mettre à jour l'image du groupe avec des comptes de première main des dernières activités de Wilson, le prestige de Taylor a joué un rôle crucial en offrant un point de vue crédible à ceux en dehors du cercle intérieur de Wilson. Il devint résolu à l'idée de promouvoir Brian Wilson en tant que « génie » exceptionnel parmi les artistes pop, et le croyait réellement; .
Presse contemporaine Pet Sounds et Good Vibrations L'un des premiers exemples de Taylor annonçant que Wilson était un génie fut dans son article intitulé , paru en 1966. D'autres références à la rhétorique de « génie » apparurent dans Melody Maker et New Musical Express, plus spécifiquement dans les articles de Don Traynor (), d'Alan Walsh (), et de Tracy Thomas (). Dans les écrits de Taylor, Wilson était présenté comme une lumière pop du même niveau que ses contemporains estimés tels que John Lennon, Paul McCartney, et Bob Dylan, ainsi que de figures telles que Bach, Beethoven, et Mozart; . Ce qui suit est un extrait typique de Taylor, identifié comme étant le « reporter du Hollywood des années 1960 Jerry Fineman », et qui contient certains faits exagérés : gauche|vignette|Wilson en train de produire une session d'enregistrement pour Pet Sounds au début de 1966. Pet Sounds fut très influent et a développé le prestige du groupe en tant que groupe rock innovateur. Taylor est largement reconnu pour avoir joué un rôle central dans le succès de l'album au Royaume-Uni en raison de ses connexions de longue date avec les Beatles et avec d'autres figures de l'industrie. Cela contrastait avec les ventes décevantes de l'album aux États-Unis, là où sa promotion était pareille aux précédentes et se basait sur l'image publique familière du groupe au lieu d'un changement de marque. Bien que la plupart des écrivains influents ayant reconnu la valeur culturelle des travaux de Bob Dylan n'étaient pas préparés à consacrer une attention semblable aux Beach Boys, « beaucoup de musiciens [en Amérique] comprenaient la signification de ce que Brian avait accompli sur l'album, tout comme quelques membres d'un petit groupe de plus en plus influent de journalistes et d'intellectuels qui avaient commencé à appliquer des pensées analytiques sérieuses à la musique rock. »
En mai, Taylor et Bruce Johnston voyagèrent vers Londres et arrangea des fêtes d'écoute pour l'album, où furent invités des musiciens prestigieux (dont Lennon et McCartney) ainsi que des journalistes rock. Ces journalistes ont aidé à la promulgation de l'idée que Wilson est un « génie de la pop », ainsi qu'à l'esthétique de l'album. La plupart de la presse américaine et britannique s'est également concentrée sur la disparité entre Wilson en tant que « cerveau du studio » et les performances des Beach Boys sur scène. L'éditeur fondateur de Rolling Stone Jann Wenner rapporta plus tard que les fans britanniques identifiaient les Beach Boys comme étant « des années en avance » sur les Beatles et déclaraient que Wilson était un « génie ». Parmi les musiciens ayant publiquement fait des éloges sur Wilson figurent John Lennon, Eric Clapton de Cream, le producteur des Rolling Stones Andrew Loog Oldham, Spencer Davis du Spencer Davis Group, et Mick Jagger des Rolling Stones. Clapton raconta à Melody Maker que « Brian Wilson est sans doute un génie de la pop ».
Durant l'été 1966, Wilson se concentra sur la finalisation du prochain single du groupe, Good Vibrations. D'autres compositeurs furent invités en tant que témoins lors de ses enregistrements de session chez Columbia, Gold Star, et Western. Ils l'accompagnèrent également en dehors du studio. Parmi ce groupe se trouvaient : Richard Goldstein du Village Voice, Jules Siegel du Saturday Evening Post, et Paul Williams, l'éditeur et fondateur de Crawdaddy!, alors âgé de . Lancé le , Good Vibrations fut le troisième succès numéro 1 des Beach Boys aux États-Unis, atteignant le sommet des palmarès en décembre, et devint leur premier numéro un en Grande-Bretagne. Un titre de manchette proclamait que le distributeur britannique des Beach Boys, EMI Records, était en train de donner au groupe la « plus grande campagne depuis les Beatles ».
Un article de Tom Nolan paru dans le Los Angeles Times West Magazine se concentrait sur les contradictions entre le comportement « banlieusard » non assumé de Wilson et la réputation qui l'a précédé (il remarque qu'il « ne ressemble pas du tout au leader apparent d'un mouvement potentiellement révolutionnaire de la musique pop »). Lorsqu'il fut questionné sur le futur de la musique pop, Wilson répondit, « Du spiritual blanc, c'est ça que je crois que nous allons entendre. Des chansons de foi ». NME produisit fin 1966 un sondage auprès de ses lecteurs et qui plaça Wilson comme étant quatrième « Personnalité Mondiale de la Musique » (avec environ votes devant Bob Dylan et 500 derrière John Lennon). Les Beach Boys eux-mêmes furent couronnés meilleur groupe vocal, devant les Beatles. Ringo Starr remarqua que « Nous étions tous les quatre fans des Beach Boys. Nous avons peut-être voté pour eux ».
Smile et annulation Wilson déclara fin 1966 dans une interview que le prochain album des Beach Boys, Smile, surpasserait tous leurs efforts d'enregistrement précédents. En , CBS diffusa l'émission spéciale Inside Pop: The Rock Revolution animée par Leonard Bernstein, où Wilson présenta pour la première fois la jamais publiée Surf's Up. Le mois suivant, Taylor annonça que Smile avait été « abandonné ». Subséquemment, la presse musicale amplifia leurs représentations romancées de Wilson.
En octobre, le magazine Cheetah publia « Goodbye Surfing, Hello God! », un mémoire de Jules Siegel. Elle comporte une référence pince-sans-rire à la rhétorique répandue de « génie », où Siegel réfléchit à la question de si Wilson était « un génie, un Génie, ou un GÉNIE ». Siegel couvrit la lutte de Wilson pour aller au-delà de l'image surf du groupe aux États-Unis et attribua la chute de Smile à « un cycle obsessif de création et de destruction qui avait menacé non seulement sa carrière et sa fortune mais aussi son mariage, ses amitiés, ses relations avec les Beach Boys et, ce que certains de ses amis les plus proches ont craint, son esprit ».
Selon l'académicien Kirk Curnett, l'article de Siegel fut l'élément « le plus instrumental à établir Brian en tant que lunatique dans le sens large du terme: en tant qu'artiste excentrique et erratique qui poursuit de manière périlleuse la muse au lieu de servir allègrement les masses ». Le professeur Andrew Flory écrivit à propos de l'article :
Impact sur le retrait de Wilson