vignette|284x284px|L'armée tchécoslovaque entre à Vladivostok, en Sibérie, en 1918, huile sur toile, 92,7 x 135,5 cm. Musée d'Art du comté de Los Angeles, George Luks. Le Primorié, région extrême-orientale russe, vit les révolutions russes de 1917 et la guerre civile russe qui s'ensuit de 1917 à 1923. Contrairement à la Russie européenne, le Primorié subit peu d'évènements violents. Dès l'été 1918, l'intervention en Sibérie fait que les alliés, en particulier l'Empire japonais, occupent le territoire, et pacifient en partie la région. Cela favorise la naissance d'un État à partir de 1921, le gouvernement provisoire du Priamour, dirigé par des fidèles des Armées Blanches. Cet État tampon permet de séparer les communistes de la république d'Extrême-Orient du Japon anti-communiste. Le Primorié reste du côté des Armées Blanches jusqu'au retrait des troupes japonais en . La chute de Vladivostok, à la suite de l'opération du Primorié, le marque la fin des combats majeurs de la guerre civile russe dans tous le pays, avec la prise de la ville par les communistes.
De février à octobre 1917
De février à mai Le Primorié resta à l'écart de la révolution de Février, et quand Nicolas II abdique le , Vladivostok apprend la nouvelle le lendemain. Des réunions eurent alors lieu, adoptant des résolutions en faveur du soviet de Petrograd. Le Primorié devient politiquement instable, et le pouvoir dans la région appartient désormais au commissaire de région, nommé par le gouvernement provisoire. Le , Vladivostok tient une élection pour élire son soviet des députés ouvriers et des délégués des soldats, et c'est S.M. Goldbreih, un bolchéviqueIl devient menchevik en juin., qui en devient le président. Le même jour, les soviets de Soutchan et de Nikolsk-Oussouriïsk sont formés, puis le celui d'Anoutchino. Entre le 11 et le , une réunion des cosaques de l'Oussouri se tient, qui vote pour démettre de ses fonctions l'ataman, qui est remplacé par un comité exécutif élu.
En mai, des congrès paysans, avec la présence de cosaques, ont lieu à travers le Primorié, et qui discutent sur une éventuelle abolition de la propriété privée, afin de transférer les terres agricoles aux paysans et cosaques. Le Conseil régional des députés paysans de Primié est élu, dirigé par N.L. Nazarenko, et des soviets paysans et cosaques apparaissent à travers le territoire, comme à Anoutchino, Razdolnoïe ou à Sergueïevka. Toujours en mai ; le comité municipal de Vladivostok du POSDR élit un président A.Y. Neibout, un bolchevik. Les partis politiques émergent au Primorié, principalement les deux de gauches ; le parti socialiste-révolutionnaire et le Parti ouvrier social-démocrate de Russie, qui contient lui les deux factions que sont les bolcheviks et les mencheviks. En septembre, le POSDR compte en Extrême-Orient, principalement concentrés au Primorié, dont .vignette|252x252px|Manifestation pro-soviétique en 1917 à Vladivostok.|alt=Photographies depuis l'étage d'une maison d'une rue pleine de manifestants, entourée de bâtiments en bois. En mai à Vladivostok, un congrès régional des soviets a lieu, pour discuter sur les questions politiques les plus importantes, que ce soit vis-à-vis de la guerre, du gouvernement provisoire, des élections à la douma ou autres. Ce congrès élit le comité régional des soviets, dominé par les SR et les menchéviks, même si dirigé par L.E. Gerassimov, un bolchévique jusqu'en août, avant d'être dirigé par N.A. Vakouline, un menchevik.
Été-automne 1917 À Vladivostok le , une journée de travail de 8 heures est instaurée dans les entreprises étatiques, et 6 heures pour les ouvriers. Les syndicats ont le vent en poupe, avec plus de syndiqués en . Les partis de gauche, via le soviet, ont essayé d'augmenter leur influence dans l'armée, qui compte plus de et au Primorié. Après les journées de juillet 1917, les relations entre les partis de gauche et les bolcheviks se tendent fortement, et en septembre, ces derniers établissent le bureau régional du POSDR (b), dirigé par Neibut. Avec l'affaire Kornilov, l'influence des bolchéviks s'accroît fortement au Primorié et à Vladivostok et dans leurs soviets. Le , des comités réunissant tous les partis se forment, signe d'apaisement entre les partis. Le , le comité exécutif conjoint du Soviet de Vladivostok (dirigé par S.N. Mikhaïlov du SR) prend le pouvoir à Vladivostok. Un bolchévique, A.M. Krasnochtchekov, est envoyé à Nikolsk-Oussouriïsk pour diriger le comité municipal local du POSDR (b) et surtout le bureau central des syndicats de la région.
Des gardes rouges se forment au cours de septembre sous la direction des bolchéviks, comme à Vladivostok, Iman et Nikolsk-Oussouriïsk. La commission militaire du soviet de Vladivostok, établi alors, est créée pour les aider. Après la fin de l'affaire Kornilov en septembre, le comité régional des soviets, sous les ordres du gouvernement provisoire, ordonne la dissolution de tous les comités exécutifs unis où plusieurs partis sont réunis. Mais le comité exécutif uni du Soviet de Vladivostok reste au pouvoir grâce à la coopération des branches locales des partis, et il est alors dirigé par le bolchévik A.P. Alyutin. Mais dans l'ensemble, la région devient de plus en plus bolchévique, comme dans les soviets de Nikolsk-Oussouriïsk ou de Soutchan. Dans les campagnes, où les soviets paysans n'existent quasiment pas, des comités provisoires se forment, qui doivent selon les ordres du gouvernement provisoire être remplacés par des zemstvos, dont les élections commencent à l'automne 1917.
Arrivée des Soviétiques (novembre 1917 - juin 1918)
La nouvelle de la prise du pouvoir par les bolcheviks La nouvelle de la révolution d'Octobre arrive le ( dans le calendrier grégorien) au Primorié, soit le lendemain, via des télégrammes. Mais l'information reste au tout début secrète, tenue par la direction du commissaire régional du gouvernement provisoire qui reçoit les télégrammes. Ainsi, elle annonce que les bolchéviques ont lancé des agitations à Petrograd. Le Soviet de Vladivostok, dans une déclaration publiée le , dit que « le seul moyen [...] de sauver le gouvernement central révolutionnaire est la formation immédiate d'un gouvernement central homogène, basé sur les Soviets d'Ouvriers, de Soldats et députés paysans, pour la convocation immédiate de l'Assemblée constituante ». vignette|Alexandre Krasnochtchekov|alt=Photographie de face en noir et blanc d'un homme à lunette. Mais lors du retour début novembre des délégués du Primorié au deuxième congrès panrusse des Soviets qui s'est tenu à Petrograd entre le 25 et (7 au dans le calendrier grégorien), les informations réelles sont révélées. Ils informent aussi la publication des décrets de Lénine (sur la paix, la terre, les nationalités et le contrôle ouvrier) et de la création du Sovnarcom. En réponse, les comités exécutifs conjoints des Soviets de Vladivostok et de Nikolsk-Oussouriïsk, ainsi que le soviet de Soutchan annoncent la reconnaissance su Sovnarcom. Toujours ce mois-ci, des zemstvo et des gouvernements locaux se forment à travers le Primorié. Ces conseils municipaux étaient élus au suffrage universel direct.
Organisation du pouvoir communiste au Primorié Juste avant le du , un bureau régional des zemstvos et des gouvernements locaux a été formé à Khabarovsk, et un conseil régional du zemstvo est apparu au Primorié. Le , du 12 au , est présidé par Krasnochtchekov, qui décida de ne pas reconnaître le bureau régional des zemstvos de Khabarovsk, et il proclama le pouvoir soviétique dans le territoire. Il fit à la place élire le Comité régional des soviets et des gouvernements locaux. Les zemstvo et gouvernement municipaux, déjà pas satisfaits des politiques économiques, ont cherché à récupérer du pouvoir, et ils étaient soutenus par les corps consulaires présents à Vladivostok des puissances alliées, hostiles aux bolchéviks.
Le décida de la création du Conseil régional de contrôle ouvrier a été formé, pour contrôler la production et la distribution industrielle et commerciale dans les usines de la région. Mais cette introduction du contrôle ouvrier a rendu les activités inefficaces, et ce n'est qu'en avec la création du Conseil économique régional que de l'ordre fut remis en place. Dans les zones rurales, le pouvoir soviétique a interdit la saisie de terres par les cosaques et a restreint sur le paiement des loyers. Les paysans ont gagné des terres, et ont reçu des aides et des semences. Enfin, le pouvoir soviétique a commencé à recruter pour l'Armée rouge, en plus des gardes rouges. Les relations devenaient de plus en plus tendues au Primorié, et surtout concernant les cosaques. Les cosaques de l'Oussouri voulaient une grande autonomie, ce qui signifiait une indépendance vis-à-vis des soviets.
Implication de puissances étrangères et de forces blanches En , deux croiseurs japonais et anglo-américain entrent dans le port de Vladivostok. Le même mois, le Un cercle militaire est la plus haute instance des cosaques élit Ivan Kalmykov comme ataman, qui entame des contacts avec les représentants de la France, du Royaume-Uni et du Japon, afin d'avoir un soutien financier. Il recherche une certaine autonomie voire l'indépendance vis-à-vis des bolcheviks. Il commence aussi à former un détachement sur les emprises du chemin de fer de l'Est chinois. En mars; la réunion du cercle militaire démit Kalmykov de ses fonctions, remplacé par un partisan soviétique ; G.M. Chevtchenko. Dans les campagnes, des conseils de paysans et cosaques pro-soviétiques se formèrent.
Le , deux citoyens japonais sont assassinés à Vladivostok lors de l'attaque du bureau d'import-export japonais « Ishido ». En conséquence, le 5 et , officiellement pour protéger leurs nationaux, des navires japonais et anglais ont débarqué à Vladivostok, avec plus de 15 000 troupes stationnant dans la ville. Face à ça, Lénine met en garde dans une directive envoyée au Soviet de Vladivostok la possibilité d'une intervention alliée, et demande que des préparatifs soient faits ainsi que l'évacuation des marchandises importantes. Cependant, fin avril, les troupes sont rappelées sur les navires.
Dans la zone du chemin de fer de l'Est chinois en Mandchourie, des détachements de Dimitri Khorvat, de Grigori Semenov et de Kalmykov sont formés au cours du . Le premier détachement des légions tchécoslovaques partant de la Russie arrive à Vladivostok le , faisant que ces légions contrôlent désormais tout le transsibérien. Ces mouvements régionalistes sibériens de blancs se préparent alors à prendre le pouvoir, alors que dès mai, la légion tchécoslovaque se révolte en Sibérie le long du transsibérien. Cette révolte provoque la division des zones tenues par les rouges, entre l'Europe d'une part et l'Extrême-Orient d'autre part. Dès , les puissances alliées s'étaient entendues sur une intervention alliée en Russie dans différentes zones, y compris en Sibérie. L'arrivée en avril de troupes était une sorte de répétition et de préparatif de cette intervention à venir.
Prise par les Armées blanches
Arrivée du gouvernement provisoire sibérien