François Amable Ruffin, né le à Bolbec en Seine-Maritime, et mort le à Portsmouth au Royaume-Uni, est un général de division français du Premier Empire. Distingué à Friedland en 1807, il passe en Espagne sous les ordres du maréchal Victor et mène sa division sur de nombreux champs de bataille, de Somosierra à Uclès et de Talavera à Barrosa où il est grièvement blessé et fait prisonnier par les Britanniques. Il succombe à ses blessures à Portsmouth le .

Biographie

Du simple soldat au général de division

François Amable naît le à Bolbec, en Normandie, dans une maison de la rue Guillet.. Il entre en service le en tant que capitaine de la compagnie des volontaires de Bolbec, du de volontaires de la Seine-Inférieure, et il en devient lieutenant-colonel en octobre de la même année. Il reçoit son brevet d'adjudant-général chef de brigade à l'armée du Danube le . Il est promu général de brigade le .

Il s'illustre dans les batailles de la Révolution puis de l’Empire, notamment à Austerlitz en 1805 puis Heilsberg et Friedland en 1807, ce qui lui vaut le grade de général de division le . Le , Ruffin reçoit le titre de comte de l'Empire.

Sous les ordres du maréchal Victor : la guerre d'Espagne

En 1808, Ruffin prend le commandement d'une division du corps du maréchal Victor. Les défaites de Bailén et Vimeiro ont porté un rude coup au prestige de l'Empereur et à la situation stratégique française en Espagne. Napoléon, décidé à « remonter la machine » prend personnellement la tête de la Grande Armée et entre dans la péninsule ; le corps de Victor est de la campagne. Formant l'aile droite des forces impériales, le maréchal se porte à la rencontre du général espagnol Blake et l'accroche à la bataille d'Espinosa, les 10 et . Les combats, indécis le premier jour, se prolongent le lendemain avec un assaut général français contre les lignes ennemies. Le général Ruffin mène l'attaque sur la gauche avec le léger et le de ligne de la brigade La Bruyère et le de ligne de la brigade Barrois.. Les Espagnols sont enfoncés et se retirent du champ de bataille en désordre, laissant des milliers de prisonniers aux mains des Français dont les pertes sont d'environ hommes. Le , la division Ruffin présente à l'effectif.

vignette|gauche|alt=Scène de bataille napoléonienne.|La division Ruffin attaque les positions espagnoles à Somosierra, le 30 novembre 1808. Peinture de Wojciech Kossak.

Les corps d'armée français marchent à présent sur Madrid, mais doivent auparavant emprunter le col de Somosierra solidement gardé par le général Benito de San Juan. Ruffin, chargé d'enlever la position, progresse difficilement sous le feu des tireurs espagnols ; son de ligne, en particulier, subit d'assez lourdes pertes. Les premiers retranchements sont conquis, mais l'infanterie est incapable de s'aventurer plus avant et il faut la charge des chevau-légers polonais de la Garde impériale pour ouvrir la route de Madrid. Les troupes françaises s'emparent de la capitale espagnole le , et la division Ruffin y tient garnison jusqu'en . Le 10 de ce mois, le maréchal Victor quitte la capitale avec tout son corps d'armée pour affronter les forces espagnoles du général Venegas, plus au sud. C'est la bataille d'Uclès le . Victor ordonne à Ruffin de faire mouvement sur la droite afin de prendre l'ennemi de flanc, mais la division du général se perd en cours de route et prend du retard. Ses trois régiments débouchent finalement sur les arrières de Venegas par le village de Carrascosa et stoppent de front les fuyards espagnols qui sont également pris à revers par le de ligne du colonel Jamin. 20 drapeaux et près de prisonniers sont pris par les Français.

Quelque temps plus tard, en , le corps se dirige vers l'Estrémadure contre l'armée de Don Gregorio Garcia de la Cuesta. Les divisions Ruffin et Villatte franchissent le Tage au pont de l'Arzobispo ; celui d'Almaraz, détruit, est réparé et les soldats de Ruffin sont affectés à sa garde. Le général ne participe donc pas à la bataille de Medellín le , qui voit l'anéantissement de l'armée espagnole. Toutefois, en dépit de ce succès, l'insurrection ne faiblit pas, d'autant que les Anglais du général Arthur Wellesley arrivent du Portugal pour se joindre aux forces espagnoles. Victor, prudent, repasse le Tage et reçoit le renfort de Sébastiani puis de l'armée de Madrid. En face, les Anglo-Espagnols se retranchent sur les hauteurs de Talavera. Le au soir, le maréchal lance la division Ruffin dans une attaque prématurée sur le versant nord des positions britanniques. Le léger tient un moment les hauteurs mais, insuffisamment soutenu, doit reculer avec de lourdes pertes. Le lendemain, Ruffin monte de nouveau seul à l'assaut de la crête avec ses trois régiments ; accablés par le feu nourri des fantassins de Wellesley, les soldats français battent en retraite après avoir laissé hommes sur le terrain. Ce deuxième échec suscite des réactions partagées au sein de l'état-major français, mais Joseph autorise finalement une troisième attaque avec cette fois tout le corps de Victor. Le général Ruffin, dont la division a pourtant été très éprouvée par les combats précédents, progresse à droite de la « butte de Medellín » de concert avec Lapisse. Les efforts de Ruffin portent leurs fruits et les défenseurs sont sur le point de céder, lorsque Lapisse est mortellement blessé. L'attaque française flotte, et Joseph, qui refuse d'engager les réserves, ordonne la retraite. Les pertes sont sévères : note le général Semellé. Les Français se retirent sur Madrid, mais l'approche du corps du maréchal Soult décide Wellesley à retourner au Portugal.

vignette|alt=Combat à la baïonnette entre soldats français de Napoléon et fantassins britanniques en Espagne, au milieu d'un paysage exotique.|La bataille de Barrosa, 5 mars 1811. En bas à gauche, le général Ruffin, blessé et tombé de cheval, est sur le point d'être fait prisonnier par les Britanniques. Huile sur toile de Louis-François Lejeune, 1822, château de Versailles.

Le reste de l'année 1809 voit le corps stationné dans la Manche, au sud de Madrid. En , les troupes françaises marchent sur l'Andalousie et occupent Séville, mais l'attitude du roi Joseph fait traîner les opérations et permet aux Espagnols de s'enfermer dans Cadix, redoutable position naturelle et fortifiée. Le maréchal Victor doit assiéger la ville à partir du . La place refusant toute négociation, les opérations se prolongent tout au long de l'année. En 1811, le corps piétine toujours devant Cadix. Une armée anglo-espagnole commandée par les généraux Graham et la Peña marche contre les Français afin de les forcer à lever le siège. Les deux adversaires s'affrontent à la bataille de Barrosa, le . Les hostilités débutent par une attaque de la division Ruffin sur les hauteurs de Barrosa, qui réussit et permet au général d'y installer ses canons. Un bataillon britannique tente de reprendre la position mais est repoussé avec pertes par Ruffin, qui n'exploite pas son succès et laisse le temps à la brigade Dilke d'arriver sur les lieux.. Celle-ci prend le relais de ses camarades et s'avance sur la droite, à l'abri des boulets français. Le général Ruffin se porte contre elle avec quatre colonnes et un duel de mousqueterie s'engage. Victor appuie son divisionnaire en donnant ses réserves, mais le feu meurtrier des Britanniques brise les troupes impériales qui s'enfuient en abandonnant la crête. Le général Ruffin est grièvement blessé dans l'action et est fait prisonnier par les hommes du colonel Brown..

Il succombe à sa blessure le à bord du HMS Gorgon, en rade de Portsmouth. Il reçoit de l'armée britannique les honneurs militaires et est enterré, mais son corps est rapatrié dans sa ville natale le . Au corps, le général Barrois, puis le général Conroux relèvent son commandement.

Son nom figure sur l'arc de triomphe à Paris.

Portrait physique et moral

Homme d'une stature imposante, le général Ruffin est décrit ainsi par l'historien Collen-Castaigne :

Il a également la réputation d'être un grand amateur des plaisirs de la table. note Jacques Le Coustumier, biographe du maréchal Victor.

Décorations le . Chevalier de l'Ordre militaire de Saint-Henri de Saxe

Dotation

Le , donataire d'une rente de en Westphalie.

Armoiries

Figure Nom du comte et blasonnement Comte François Amable Ruffin et de l'Empire, décret du 19 mars 1808, lettres patentes du 26 octobre 1808, Commandeur de la Légion d'honneur,

Écartelé au premier des comtes militaires; au deuxième de gueules à la levrette assise la tête contournée d'argent, accompagnée en chef de trois étoiles d'or en fasce; au troisième de gueules au lion rampant portant une grenade enflammée, accostée de deux étoiles, le tout d'or; au quatrième d'or à la hure de sable défendue d'argent - Livrées : bleu, rouge, jaune, blanc et noir.

Notes et références

Annexes

Bibliographie

. . . . . .

Liens externes

Catégorie:Général du Premier Empire promu en 1805 Catégorie:Nom gravé sur l'arc de triomphe de l'Étoile Catégorie:Comte de l'Empire Catégorie:Commandeur de la Légion d'honneur promu en 1805 Catégorie:Chevalier de l'ordre militaire de Saint-Henri Catégorie:Naissance en août 1771 Catégorie:Naissance à Bolbec Catégorie:Décès en mai 1811 Catégorie:Militaire français mort au combat lors des guerres napoléoniennes Catégorie:Décès à 39 ans Catégorie:Naissance dans la province de Normandie Catégorie:Décès à Portsmouth Catégorie:Militaire français des guerres de la Révolution française Catégorie:Chef militaire français des guerres napoléoniennes