Pierre Pincemaille, né le dans le et mort le à Suresnes, est un musicien français, organiste titulaire des grandes orgues de la cathédrale-basilique Saint-Denis.
Connu pour sa maîtrise de l'improvisation à l'orgue, Pierre Pincemaille enseigne différentes disciplines musicales, notamment dans deux conservatoires nationaux supérieurs de musique : celui de Paris et celui de Lyon. Concertiste international, il cherche à rendre l'orgue accessible à un public non averti tout en défendant une facture d'orgue du . Organiste liturgique, il s'attache à professionnaliser la pratique musicale durant les offices, au cours de ses de titulariat à la cathédrale de Saint-Denis. Il laisse une discographie comprenant notamment les dix symphonies de Charles-Marie Widor, les intégrales pour orgue de César Franck et Maurice Duruflé, et des improvisations. Biographie Famille Pierre Marie François Pincemaille naît à Paris, dans le , le du mariage d'Henri Pincemaille, ingénieur, et d'Andrée SchaarWho's Who in France, édition 2015, , ..
Il épouse le Anne-France Gaudillat (maire-adjointe en 2018 de la commune d'Herblay.., chargée de la culture et des jumelages). De cette union naissent trois enfants : Claire, Marc et Éric.
Il meurt le à l'âge de à l'hôpital Foch de Suresnes (Hauts-de-Seine)... Il est inhumé au cimetière de Tréflez.
Formation Issu d'une famille mélomane depuis plusieurs générations, Pierre Pincemaille commence l'étude du piano en 1965.. De 1965 à 1975, il étudie le piano en cours particulier, au Perreux-sur-Marne. Il prend quelques cours avec Lucette Descaves (professeur au CNSM). Il se tourne rapidement vers l'orgue, à la faveur de séjours répétés à partir de 1968 chez son oncle, le père eudiste Paul Pincemaille, au collège Saint-Sauveur de Redon (Ille-et-Vilaine), qui est lui-même organiste amateur. Lors de ces séjours durant les vacances scolaires, Paul Pincemaille lui donne accès à l'orgue Debierre de la chapelle du collège.
Il poursuit ses études au collège Albert de Mun de Nogent-sur-Marne puis au lycée Racine à Paris. Autodidacte à l'orgue, doté d'un don précoce pour l'improvisation., Pierre Pincemaille réussit le concours d'entrée au Conservatoire national supérieur de musique de Paris sans avoir pris préalablement aucun cours.. Il y entre à en , dans la classe de solfège spécialisé (professeur : Françoise Rieunier, puis Claude Lavoix). Il accomplit toutes ses études musicales au conservatoire national supérieur de musique de Paris, en étant reçu aux classes suivantes : 1973 - 1977 : classe d'harmonie (professeur : Henri Challan, puis Jean-Claude Raynaud) ; 1976 - 1978 : classe de contrepoint (professeur : Jean-Claude Raynaud, puis Lucie Robert) ; 1978 : classe de fugue (professeur : Marcel Bitsch) ; 1975 - 1979 : classe d'orgue (professeur : Rolande Falcinelli.). vignette|gauche|Pierre Pincemaille fut élève puis professeur au conservatoire de Paris.|alt=Photographie en couleurs de la façade d'un bâtiment récent.
Il obtient cinq premiers prix (harmonie en 1977, contrepoint en 1978, fugue en 1978, orgue-interprétation en 1979 et orgue-improvisation en 1979.). Pierre Pincemaille est le seul élève de la classe de Rolande Falcinelli à avoir obtenu les deux premiers prix d'orgue (interprétation et improvisation) le même jour.
Se dirigeant vers l'enseignement dans les écoles de musique et conservatoires agréés par l'État, Pierre Pincemaille obtient son CA (certificat d'aptitude aux fonctions de professeur) d'accompagnement le , et son CA d'écriture le .
Contrairement à ce qui se dit parfois, il n'a jamais été élève de Pierre Cochereau.. N'ayant pas trouvé convenable de se présenter aux masterclass de l'académie internationale d'été de Nice avant d'avoir obtenu ses deux premiers prix (orgue et improvisation) du conservatoire national supérieur de musique de Paris, il n'a pas pu travailler avec Pierre Cochereau, ce dernier étant nommé directeur du Conservatoire national supérieur de musique de Lyon... C'est par sa fréquentation à la cathédrale Notre-Dame de Paris dans les , et l'écoute de ses enregistrements, que Pierre Pincemaille s'est familiarisé avec le talent de l'improvisation de Pierre Cochereau, dont il acquiert la maîtrise..
Prix internationaux Entre 1978 et 1990, il remporte cinq grands prix de concours internationaux. : 1978 - Premier prix du concours international d'improvisation de Lyon (jury présidé par Pierre Cochereau) ; 1987 - Grand prix du concours européen d'orgue de Beauvais ; 1989 - Premier prix du concours international d'improvisation de Strasbourg ; 1989 - Grand prix du concours international d'improvisation de Montbrison ; 1990 - Grand prix d'improvisation au Grand Prix de Chartres. ; et entame ensuite une carrière de concertiste international..
Carrière professionnelle Musicien ., Pierre Pincemaille connait une carrière professionnelle diversifiée, longue de en tant que concertiste (interprète et improvisateur), organiste liturgique. et enseignant, récompensée dans ces trois domaines.
Organiste liturgique Pierre Pincemaille occupe plusieurs tribunes en tant qu'organiste titulaire. Considérant sa fonction comme un , il vise . Ainsi, lorsque cela est possible, Pierre Pincemaille cherche à instaurer la fonction de maître de chapelle, et à mettre en place l'utilisation de l'orgue de chœur pour l'accompagnement des chants (ce qui est réalisé à Saint-Denis, avec une équipe d'organistes de chœur.). Lorsque l'organiste titulaire est un professionnel de la musique, il recommande qu'il soit seul titulaire, et qu'il puisse se voir conférer l'autorité suffisante pour élaborer le programme musical des célébrations..
De 1977 à 1984, il est l'organiste accompagnateur de la manécanterie « Les Moineaux du Val-de-Marne » des Petits Chanteurs de Nogent-sur-Marne.
De 1982 à 1987, il est titulaire de l'orgue Merklin de l'église Saint-Eugène-Sainte-Cécile à Paris..
vignette|Orgue de la basilique Saint-Denis (inauguré le ).|alt=photographie en couleur d'un buffet d'orgue. Il est ensuite nommé, au terme du concours du , organiste titulaire des grandes orgues Cavaillé-Coll de la basilique Saint-Denis (cathédrale depuis 1966) parmi quinze candidats., poste qu'il occupe durant (du au ). Seul organiste titulaire durant cette période, il se qualifie de . En tant qu'organiste titulaire, il joue lui-même aux grandes orgues en se faisant exceptionnellement remplacer par ceux de ses élèves qu'il sélectionne en fonction de leur capacité à tirer parti de cet instrument difficile à maîtriser... (instrument « déséquilibré », cornements du fait du grand âge de l'instrument, claviers et pédalier incomplets, etc.). En , le nouveau recteur Dominique Lebrun (futur archevêque de Rouen). lui donne pour l'organisation de la musique liturgique de la cathédrale. S'inspirant de l' du chanoine Jehan Revert, il crée un chœur à avec son épouse, et crée un corpus de chants liturgiques qu'il ré-harmonise, pour les inscrire au programme des célébrations.
Il participe à faire découvrir les grandes orgues de la cathédrale de différentes manières. Il anime des visites de groupes d'organistes professionnels et amateurs (comme pour l'association François-Henri Clicquot en 2008.), et de groupes de facteurs d'orgues. Il organise des auditions le dimanche matin à partir de . Il organise des concerts réguliers en la cathédrale., entre 1989 et 1994., puis entre 2014. et 2017.. (26 concerts), soit invités venant du monde entier, dont Marie-Claire Alain., Gaston Litaize., Suzanne Chaisemartin, Michel Chapuis, Thierry Escaich, André Isoir., Daniel Roth et bien d'autres. Il participe à organisés dans le cadre d'événements particuliers, en tant que concertiste ou directeur artistique : pour le conseil général, Monuments en Musique..., les journées européennes du patrimoine., la Nuit des cathédrales.., la fête de la musique., le festival de musique de Saint-Denis.., colloque sur Cavaillé-Coll. Enfin, il enregistre une pièce d'orgue du film La Reine Margot., ainsi que huit CD, sur les grandes orgues de Saint-Denis.
Interprète Considéré comme un instrumentiste « virtuose », Pierre Pincemaille poursuit une carrière internationale de concertiste.., en donnant plus de mille concerts sur quatre des cinq continents. : il se produit au cours de plus de dans d'Europe (dont en Allemagne, en Italie., en Norvège), 92 sur le continent américain (dont 68 aux États-Unis), et quelques concerts en Afrique et Asie.. En France, il se produit en concert dans plus de . Connu pour ses interprétations de la musique romantique et post-romantique., il est invité pour les concerts d'anniversaire. ou d'inauguration de différents instruments (comme l'orgue de l'église Notre-Dame d'Oloron-Sainte-Marie., de l'église Saint-Jean de Joigny., de la cathédrale Notre-Dame d'Évreux., ou de la Cathédrale Saint-Samson de Dol-de-Bretagne..). Dans le cadre du festival de musique de Saint-Denis, il joue sous la direction de Mstislav Rostropovitch (War Requiem de Benjamin Britten au Festival 1994.), Chung Myung-whun (Symphonie avec orgue de Camille Saint-Saëns au Festival 1999..), Riccardo Muti (Te Deum de Haydn en 2000), János Fürst (messe en ré d'Antonín Dvořák en 2006 avec l'orchestre national d'Île-de-France), John Nelson (Requiem de Fauré au festival de 2003.), Charles Dutoit.
Il compose le programme de ses concerts en fonction de l'instrument, du lieu et du public.., soucieux de donner de l'orgue l'image renouvelée d'un véritable instrument de musique plus que d'un simple outil liturgique (de la même manière qu'il se considère plus comme un que comme un organiste.). À cet égard, il présente au public lors de ses concerts les œuvres ou compositeurs interprétés., voire quelques éléments vulgarisés de technique musicale (comme le choral orné avec certaines œuvres de Jean-Sébastien Bach.), et préfère les consoles proches du public (ou à défaut une retransmission par vidéoprojection..), pour rendre visible l'organiste auprès du public.
Pierre Pincemaille dit être , dans l'esthétique de Claude Debussy et Maurice Ravel. Parmi les compositeurs du répertoire, outre Jean-Sébastien Bach, sa prédilection va aux compositeurs de l'école française d'orgue issue du romantisme comme César Franck.., Charles-Marie Widor, Louis Vierne, Jehan Alain ou encore Maurice Duruflé..
Pierre Pincemaille défend une facture d'orgue du , s'appuyant sur des technologies nouvelles au service du confort de l'organiste. et de son inspiration créatrice.. Il est, le cas échéant, en faveur des orgues numériques ou hybrides., comme celui de l'abbaye de Saint-Jean-aux-Bois (Oise)., poursuivant l'objectif de rendre l'orgue accessible au plus grand nombre. et de séduire un public non averti..
Improvisateur Pierre Pincemaille est reconnu pour ses talents d'improvisateur. Il bénéficie dans ce domaine de l'enseignement de Rolande Falcinelli, elle-même disciple de Marcel Dupré. Il complète cet enseignement par l'écoute des improvisations de Pierre Cochereau... Maîtrisant l'écriture musicale, il pratique l'improvisation, dans la tradition de l'école française d'orgue...
À la cathédrale de Saint-Denis, dans le cadre des messes dominicales, Pierre Pincemaille improvise à sept reprises : entrée, verset après le psaume, méditation après l'homélie, offertoire, consécration, communion, sortie (ce qui lui permet de s'adapter à la liturgie.). En , il improvise pour accompagner plus de .
vignette|gauche|Le massif du Mont-Blanc a inspiré plusieurs improvisations.|alt=Photographie en couleurs de massifs montagneux enneigés.