Louis Hickel, né le à Reichshoffen et mort le à Strasbourg, est un résistant, médecin et homme politique français.

Biographie François Xavier Emile Louis Hickel est le fils d’Alphonse Hickel, industriel du bois à Reichshoffen, et de Marthe Meyer, originaire de Woerth. Il est élevé dans une famille catholique pratiquante et profondément patriotique.

Le , naît sa sœur Marie-Thérèse.

De 1931 à 1938, il est au collège catholique Saint-Augustin de Bitche. En 1939, sur les conseils de son père, il entre à la faculté de Médecine de Nancy. Il loge alors au foyer du groupe des étudiants catholiques (GEC).

Seconde Guerre mondiale Dès 1940, il adhère à la filière d'évasion de Reichshoffen, crée par Alphonse Burckert et Paul Rudloff. Son père, sa mère et sa sœur en sont aussi des membres très actifs. Des évadés sont cachés, habillés et nourris dans la scierie familiale. Sa sœur, avec son amie Marinette Hirsch, les convoie par train jusqu'à Saverne, Haguenau puis Artzwiller où ils sont pris en charge par des passeurs qui leur font traverser les Vosges.

Lorsque la filière oriente des fugitifs vers Nancy, Louis Hickel les héberge dans sa chambre d'étudiant au foyer du GEC alors que le directeur de centre est collaborationniste. Il les nourrit quelques jours puis les accompagne en train jusqu'à la gare de Besançon-Viotte ou de Bar-le-Duc où ils sont pris en charge par des résistants cheminots.

En plus de ses activités de passeur, Louis Hickel, regroupe autour de lui des étudiants pour mener des actions de propagande antiallemande.

À la suite d'une dénonciation, la filière de Reichshoffen est démantelée par les Allemands. Le , sa famille est arrêtée. Le , à la fin de son service à l'hôpital de Nancy, Louis Hickel est appréhendé par deux agents de la Gestapo et conduit à leur siège de Nancy où il est interrogé et torturé.

Pendant la durée de l'enquête, il est détenu à la prison Charles III de Nancy. Le , il est transféré au camp d'Écrouves puis le au camp de Compiègne-Royallieu où en tant qu'étudiant en médecine, il aide le docteur André Marsault à l'infirmerie.

Après le débarquement en Normandie et l'approche des alliés, les Allemands évacue les détenus vers différents camps concentrationnaires. Le , Louis Hickel est transféré au camp de concentration de Dachau par le train numéro 7909 surnommé le « convoi de la mort ». À l'arrivée du train le , sur transportés, on dénombrera entre 519 à selon les sources.

À son arrivée, Louis Hickel est affecté à un kommando de déblaiement puis le au surnommé le Revier par les détenus. Il exerce, en tant qu'étudiant en médecine dans le service infectieux et tuberculose. Le manque de moyens en fait plus un mouroir qu'une infirmerie. Malgré cela, il se dévoue et doit affronter l'épidémie de typhus à l'automne 1944. Il soigne, entre autres, le général Charles Delestraint, Gabriel Piguet, Edmond Michelet et Pierre Schillio.

Le , le camp est libéré par l'armée américaine. L'épidémie de typhus est toujours virulente et la quarantaine est de rigueur. Louis Hickel continue à soigner les déportés, sous la direction du docteur Marsault et avec l'aide d'une mission sanitaire du Vatican.

Louis Hickel est rapatrié en France le .

Après-guerre En , il retourne à Nancy pour terminer son cursus universitaire. Il soutient brillamment sa thèse de doctorat le .

Le , à Molsheim, il épouse Denise Muller. Le couple aura deux enfants, Jean Bernard (1949-) et André Paul Alphonse (1953-). Louis Hickel reprend le cabinet de son beau-père à Molsheim.

Louis Hickel participe à la vie publique de la ville et du canton de Molsheim. Le , il devient membre du Conseil municipal sous la mandature de Henri Meck. À partir du mois d', il est conseiller général gaulliste du canton de Molsheim. Il prend notamment une part active à la création de la voie rapide de la vallée de la Bruche et dans celle du Centre de loisirs de Molsheim-Mutzig et environs.

En 1964, il est à l'origine de la création du Tennis-Club de Molsheim-Mutzig.

Le , Louis Hickel est terrassé par une crise cardiaque lors d'une cérémonie à Dorlisheim.

Reconnaissance Il est reconnu « Déporté résistant ».

Une allée porte son nom à Molsheim. Le , à Dorlisheim, une plaque commémorative a été inaugurée sur le parvis du Château de Dorlisheim. À Mutzig, le tennis club porte son nom.

Distinctions

le , chevalier de la légion d'honneur par décret du avec la citation suivante :

le ; le . de par son statut de « déporté résistant ».

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie

DVD pédagogique.

Articles connexes

Liste de résistants alsaciens Chronologie de l'Alsace annexée entre 1939 et 1945

Liens externes

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