vignette|Chef de la région du Sepik, dans l'est de la Nouvelle-Guinée.

Un ( « grand homme ») est un individu très influent dans une tribu, notamment en Mélanésie et en Polynésie. Il acquiert un statut et une influence au sein de sa communauté par sa richesse et sa capacité à mobiliser et entretenir un groupe de partisans, issus à la fois de son clan et d’autres clans. Il ne détient aucun statut hiérarchique officiel, mais il possède le pouvoir informel d'une personne importante, et prend part à des décisions importantes de sa communauté.

Le « système » du Dans les archipels océaniens, l'absence d'organisations politiques centralisées et d'uniformité du système favorise les entités de petite taille structurées par des systèmes de chefferie très divers. Ainsi, ..

Le « système » du a été étudié pour la première fois par l'anthropologue américain Douglas Oliver, qui a publié son travail sur le terrain dans la région autonome de Bougainville en 1955 sous le titre .. Selon lui, les sont constamment en compétition pour maintenir leur position, ce qui ne signifie pas nécessairement un niveau de vie plus élevé ou une capacité de coercition. Pourtant, il aurait été un temps où les obtenaient aussi qu'une partie de la communauté se batte pour eux dans des guerres locales qui leur fournissaient du butin et des esclaves.

L'anthropologue américain Marshall Sahlins a lui aussi étudié le phénomène du . Dans son article très cité et qui fait autorité. Dans cet article, Whitley a appliqué le modèle ethnographique de Sahlins à l'instabilité des schémas de peuplement pendant l'âge des ténèbres grec, du . de 1963 « », Sahlins utilise des idéaux-types de hiérarchie et d'égalité construits de manière analytique pour comparer une société hiérarchique de type polynésien à grande échelle, appelé système aristocratique, composée de chefs et de sous-chefs, avec un système de de type mélanésien. Tandis que le système de chefferie polynésienne détermine l'autorité en avance en se basant sur le système héréditaire et sur l'ensemble du système social, le statut de mélanésien s'acquiert grosso modo par ses propres moyens et ses propres actions. Il n'use pas ou peu de coercition, mais doit ses conquêtes à ses talents de persuasion...

La renommée acquise par le lui octroie un poids dans les décisions collectives. Catalyseur des activités du groupe qu'il représente, ses prérogatives, quoiqu'informelles, sont très variées et suivies : dans sa communauté, ; il est aussi la figure qui va s'opposer aux d'autres tribus et sera responsable des transactions effectuées.

De 1966 à 1969, Maurice Godelier a mené sa première grande étude anthropologique de terrain sur les Baruyas en Papouasie-Nouvelle-Guinée. Ses recherches ont contribué de manière significative à la compréhension limitée des cultures de Nouvelle-Guinée. En 1982, il s'est servi de ses recherches pour écrire un ouvrage d'ethnographie sur ce peuple, intitulé La production des grands hommes : pouvoir et domination masculine chez les Baruya de Nouvelle-Guinée. Il y traite de l'inégalité fondée sur le sexe et le genre et donne un aperçu des systèmes de pouvoir en Mélanésie. Son analyse des systèmes de pouvoir a été développée dans , publié en 1991, qu'il a codirigé avec Marilyn Strathern..

Statut Pour obtenir le statut de , un homme doit développer et alimenter une faction de partisans. Celle-ci est d'abord constitué de son noyau familial, auxquels s'ajoutent rapidement d'autres membres de sa famille et des . Selon Godelier, le peut acquérir et renforcer son statut au moyen de mariages multiples. Il convainc ses suiveurs par ses actions, sa générosité, la façon dont il s'occupe de ses partisans, ainsi que dans sa capacité à posséder du mamanaa (son talent oratoire, ses connaissances des traditions locales, son efficacité et sa chance dans les domaines agricoles et militaires, etc.).

Ses partisans coopèrent avec lui et deviennent sa force de travail afin qu'il accumule des richesses et qu'elles circulent bien , ce qui augmente son prestige et permet son ascension sociale.

Le statut d'un n'est pas assuré par une position héritée au sommet d'une hiérarchie, bien qu'un héritier de propriétaire foncier aura davantage de chances de devenir à son tour que quelqu'un qui commence de rien. Le statut est néanmoins toujours contesté par les différents qui se font concurrence dans un processus continu de et de redistribution des ressources matérielles et politiques. Plusieurs types formels de pratiques de réciprocité existent selon les rapports sociaux et les différences de valeurs morales entre les parties, les affaires pouvant être traitées différemment avec d'autres tribus, usant de force, de ruse ou de .

En tant que tel, le est soumis à un ordre transactionnel basé sur sa capacité à équilibrer les efforts simultanément opposés consistant à assurer sa propre renommée en distribuant des ressources à d'autres groupes de (et faisant ainsi connaître son pouvoir et ses capacités) et en redistribuant les ressources à ses partisans (les gardant ainsi satisfaits de ses dirigeants compétents).

Le concept de est relativement fluide et l’autorité formelle de ces personnalités est très faible, voire inexistante. Les chefs de village n'ont pas la capacité de s'imposer par la force et, pour éviter la désobéissance, ils ne donnent pas d'ordres directs. Ils utilisent la persuasion pour amener leurs partisans à intensifier la production et à redistribuer le surplus qui en résulte.

Système aux Îles Salomon Dans l'île de Malaita, dans les Îles Salomon, le système de est en train de disparaître à mesure que l'occidentalisation influence la population mais il peut être constaté au niveau politique. Tous les quatre ans, lors des élections nationales aux Îles Salomon, le système est clairement visible parmi la population, en particulier dans les îles Mélanésiennes.

Selon Henri Lavondès, tandis que le système de chefferie polynésien .

Système en Papouasie-Nouvelle-Guinée La première utilisation du terme se trouve dans la traduction anglaise de (1907) de . Le terme se retrouve souvent dans de nombreux ouvrages historiques traitant de la Papouasie-Nouvelle-Guinée. applique le concept de à une communauté de Mount Hagen, en Papouasie-Nouvelle-Guinée.

Traditionnellement, parmi les peuples des communautés de langue non austronésienne, l'autorité était obtenue par un homme (le soi-disant « grand homme ») reconnu comme « s'acquittant le plus efficacement des activités sociales, politiques, économiques et cérémonielles ».. Sa fonction n'était pas de commander, mais d'influencer sa société par son exemple. Il était censé agir comme négociateur avec les groupes voisins et redistribuer périodiquement de la nourriture (généralement produite par ses épouses). En ce sens, il était perçu comme garant du bien-être de sa communauté. Son statut était soutenu par le don de cadeaux (souvent des porcs) qui laissaient les bénéficiaires redevables et lui conféraient un grand prestige au sein de la communauté. Un tel système existe encore dans de nombreuses régions de Papouasie-Nouvelle-Guinée et dans d’autres régions de Mélanésie..

Systèmes similaires ailleurs dans le monde En Afrique, et au Cameroun en particulier, un système similaire a été relevé par Yves Fauré et Jean-François Médard en 1995. et Jean-Pascal Daloz (dont Médard est le directeur de thèse) en 1999., qui développe le concept de « quête bigmaniaque », définie comme un ..

Notes et références

Annexes Bibliographie . . . . .

Articles connexes Gran Man

Liens externes

Catégorie:Anthropologie Catégorie:Politique aux Îles Salomon Catégorie:Politique en Papouasie-Nouvelle-Guinée Catégorie:Politique au Vanuatu