Saint-Germain-l'Herm est une commune française située dans le département du Puy-de-Dôme, en région Auvergne-Rhône-Alpes.

Géographie Localisation Le bourg est situé à mi-chemin entre Issoire ( à l'ouest) et Ambert ( à l'est), au cœur des monts du Livradois, sur un horst entre Allier et Dore, à environ d'altitude. La géographie de la commune est organisée autour d'un massif qui comprend le suc des Trots (), le Bois du Sauzet, le Bois du Château, la Briche, le Courtaud et le Bois de Guérine qui forment une ligne de crête majeure. De cet ensemble part un réseau assez complexe de six vallées rayonnantes qui se déterminent selon trois directions principales, celle de la Dore vers l'est, celle du Doulon vers le sud et celle de l'Allier vers l'ouest.

Son territoire est couvert de forêts de conifères, essentiellement épicéas, mais aussi pins, sapins, mélèzes et Douglas et de feuillus, hêtres, bouleaux, sorbiers et alisiers. Les forêts sont entrecoupées de grandes clairières qui sont soit des prairies agricoles généralement bien drainées et irriguées par des systèmes hydrauliques assez sophistiqués, soit des prairies de type montagnard avec des tourbières et des arbres clairsemés. Les sols sont essentiellement granitiques ou métamorphiques et détritiques le long des ruisseaux.

Lieux-dits et écarts

Villages conséquents (avec une école primaire) Le bourg, Lair, Losfonds, Malpertuis, Pégoire, le Sapt.

Villages conséquents (sans école) Le Brément, Malpertuis, Moranges, Pégoire, Recolles

Les hameaux et lieux dits Bellevue, Blanchard, Cistrières, le Clos des Barthes, la Collange, la Combe, la Couharde, Faredonde, le Favet, la Fontaine Saint-Georges, Germain, les Gorces, les Gouttes, les Granges, Lallabert, Lioux, Malpertuis, Marret, le Montel, Losfonds, Moranges, le Moulin de la Couharde, Pégoire (scierie de), Permet-le-Bas, Permet-le-Haut, Pierre Bille, le Pin, le Pont, le Pommerel, les Prés du Pommerel, la Sagnette, Saint-Éloy, le Sauzet, la Suchère, Sujobert, les Thiolles, les Vialettes.

Communes limitrophes

(1) Dans le canton de Jumeaux (arrondissement d'Issoire). (2) Dans le canton de Sauxillanges (arrondissement d'Issoire).

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat des marges montagnardes, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat de montagne ou de marges de montagne. et est dans la région climatique Nord-est du Massif Central, caractérisée par une pluviométrie annuelle de 800 à , bien répartie dans l’année.. Elle est en outre dans la zone H1c au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique installée sur la commune est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... .

Urbanisme Typologie Au , Saint-Germain-l'Herm est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022..

Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (73 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (72,4 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (70,5 %), prairies (23,8 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (2,5 %), zones agricoles hétérogènes (2,2 %), zones urbanisées (1,1 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Toponymie

Toponyme dérivé du mot gaulois erm. Le latin classique utilisait un mot hérité du grec eremus pour désigner le désert, la solitude. Eremus a gardé ce sens de désert, de solitude, d’ermitage, mais, parallèlement, est apparu le sens rural de « lande stérile », en bas latin herma terra. Le latin chrétien a emprunté au grec le terme « ermite », « celui qui vit dans la solitude ».

Histoire La légende de Tuniac ou de Runiac L'herm signifie en occitan le désert, le lieu inculteBénédicte et Jean-Jacques Fénié, Toponymie occitane, Éditions Sud Ouest, Collection Sud Ouest Université, 1997.. Il est donc fort probable que la région n'ait été qu'une lande inculte jusqu'à une époque relativement avancée. Une légende veut qu'il y ait eu, à l'époque gallo-romaine un établissement appelé Tuniac ou Runiac dont le nom est cité dans des documents du haut Moyen Âge dont l'authenticité est, par ailleurs, contestée, mais aucun élément tangible ni aucun document crédible ne permet d'affirmer qu'il y ait eu un lieu de vie permanent avant le ou le . Des mégalithes, la Pierre des Prades, la Pierre noire et la Tombe du Soldat qui pourraient être les restes de menhirs ou de dolmens sont considérées comme étant les preuves d'une vie et d'une activité cultuelle sur le plateau avant le Moyen Âge.. Toutefois, la toponymie montre qu'en dehors du village de Moranges, aucun nom ne remonte au-delà du haut Moyen Âge excepté pour le nom des ruisseaux.

La fondation de Saint-Germain Les premières traces historiques qui apparaissent dans la région sont des mottes féodales qui peuvent être datées de l'époque carolingienne ou . Leur édification est probablement due à l'insécurité croissante dans les vallées qui oblige les gens à se réfugier dans la montagne et à constituer des lieux de protection et, éventuellement, des péages le long d'une route. La plus proche d'entre elles est située dans le lieu dit « Château Brulé » sur le territoire de Saint-Bonnet-le-Bourg en limite est de la commune, le long de la crête entre Dore et Dolore..

Le premier établissement connu est un prieuré des moines de la Chaise-Dieu fondé au début des années 1050 dans le cadre des grands défrichements du Moyen Âge. À sa tête, un prieur, seigneur du lieu, est à la tête de six moines. Il est théoriquement nommé par la Chaise-Dieu. Cette prérogative leur échappe peu à peu au profit de l’État central. Une église fortifiée de style roman auvergnat est construite sur un promontoire dominant la vallée du Doulon. Le prieuré reçoit le nom de Saint-Germain. Une légende locale voudrait qu'il soit un saint local. En fait, il apparaît que ce soit Saint-Germain d'Auxerre qui soit à l'origine du nom, en raison de la vénération dont il faisait l'objet à la Chaise-Dieu.

Une agglomération se développe peu à peu et s'entoure d'une double muraille, l'une pour protéger le prieuré, l'autre pour défendre le bourg. L'étang de la Fargette est construit pour créer une pêcherie et ravitailler les gens en poisson le vendredi et au carême. Autour du bourg se construisent des hameaux moins importants. Jusqu'à la Révolution, un certain nombre de familles nobles partagent leur influence de manière très clairsemée avec l'Abbaye de la Chaise-Dieu, sur le territoire de la commune, le baron du Sauzet, les familles de Guérine et de Lafayette, notamment.

Le bourg pendant le Moyen Âge et la Renaissance La communauté est soumise à tous les fléaux du Moyen Âge, épidémies, famines, froid. La vie y est généralement agréable mais précaire. Les murailles sont restaurées au pour lutter contre la soldatesque sans foi ni loi qui rôde dans la région. Les défenses servent une dernière fois pendant les guerres de Religion, alors que le fameux capitaine protestant Merle ravage la région. Une communauté protestante notable s'y développe jusqu'à la révocation de l'édit de Nantes qui voit sa conversion ou sa fuite. À partir du début du , l'agglomération se développe en dehors de l'enceinte. Ses activités sont essentiellement agricoles et forestières. Le plateau ravitaille la plaine en bois de construction ou de chauffage qui est descendu jusqu'à la vallée de l'Allier puis transporté jusqu'à Nantes ou à Paris par la rivière ou par charroi avec d'autres produits d'Auvergne comme le vin. En outre, une grande partie de la forêt qui appartient à l'abbaye de la Chaise-Dieu fournit des bois d'excellentes qualités destinés à construire notamment les mats des navires de la Royale. Des moulins à vent ou à eau pour l'huile, la farine ou le chanvre se développent sur les crêtes ou le long des cours d'eau. Des scieries à l'époque manuelles, donnent une réputation certaine aux scieurs de long issus de la région et qui vont exercer leur profession dans les grandes forêts de France, en particulier celles de Normandie et de Picardie. En , deux foires sont institutionnalisées par le roi Louis XII, l'une le (Saint-Barnabé), l'autre le .

Si les mouvements de population sont rares au , ils s'intensifient au fur et à mesure de son développement. Les hommes s'en vont pendant les mois difficiles pour être scieurs de long, abatteurs ou chaudronniers dans le reste de la France. Les ressources ainsi collectées permettent d'enrichir la région.

La Révolution et la période contemporaine La vie du bourg est perturbée par la Révolution. Au cours de la période révolutionnaire de la Convention nationale (1792-1795), son nom est momentanément changé en Herm-la-Montagne. Saint-Germain est promu chef-lieu de canton. Il fournit en soldats les armées de la République et la Grande Armée. Toutefois déserteurs et réfractaires se réfugient dans le pays pour mieux s'y cacher.

Bien qu'essentiellement agricole, une activité industrielle locale se développe à partir de la fin du jusqu'au début du . D'une part des industries à domicile viennent d'Ambert pour employer la main-d'œuvre féminine comme la dentelle. D'autre part, de nombreux moulins sont construits le long des cours d'eau. Ces moulins commencent à péricliter au cours de la deuxième moitié du . Des scieries mécaniques se développent et sont remplacées, à partir des années 1920, par des scieries électriques. L'électricité est installée à Saint-Germain à partir de 1908. Des petites usines, cardage de la laine à Marchaud, dentelle à la Coharde, papier à cigarette à Saint-Germain, carrières de pierre, etc. se développent. Aux deux foires traditionnelles viennent s'ajouter quatre autres avec un marché aux veaux tous les mois qui impose la construction d'un foirail dans la partie haute de l'agglomération.