Le centre hospitalier Émile-Durkheim (abrégé CHED) est l'hôpital d'Épinal dans les Vosges en France. Ouvert en 2021, il remplace l'ancien hôpital Jean-Monnet daté de 1967.

La ville possède des hospices mentionnés depuis l'an 1000. L'hôpital Saint-Maurice est le principal site hospitalier de la ville entre 1629 et 1967. Il ferme en 1968. Un nouveau centre hospitalier est construit dans les années 1960 sur les hauteurs de la ville, à la ZUP du plateau de la Justice. Il prend le nom de Jean Monnet, haut fonctionnaire , en 1991 et connait plusieurs modernisations et de nombreux agrandissements entre les années 1970 et 2010. Cet hôpital est frappé dans les années 2000 par l'affaire des surirradiés en raison d'une mauvaise utilisation de la radiothérapie sur des patients atteints de cancer.

Dès 2003 est étudiée la construction d'un nouvel hôpital. Après la fusion administrative le du CH Jean-Monnet d'Épinal et du CHI de Golbey, les travaux vont s'étaler de 2014 à 2021. Un temps appelé NHE pour nouvel hôpital d'Épinal, il est dédié à Émile Durkheim, sociologue considéré comme l'un des fondateurs de la sociologie moderne, né dans la ville. Il ouvre ses portes au public le . L'ancien site est désaffecté et doit être démoli à l'exception du pavillon Robert-Schumann et du bâtiment de radiothérapie, toujours actifs.

Le nouveau site est plus spacieux pour une grande capacité d'accueil et possède un matériel connecté y compris les lits de réanimation et des robots de manutention.

Localisation L'hôpital est situé sur le plateau de la Justice au nord et à proximité immédiate du centre-ville de la commune d'Épinal, préfecture du département français des Vosges dans la région Grand Est.

Anciens hôpitaux vignette|gauche|redresse=0.55|St Goëri en habit d'évêque, église St-Maurice d'Épinal.

Moyen Age Vers l'an 1000 l'hôpital Saint-Goëri, premier hôpital connu est créé au pied de l'ancien château d'Épinal et Adalbéron II de Metz y héberge et malades. Au , les bourgeois de la ville décident de créer l'hôpital du Petit-Rualménil, destiné aux pauvres de la cité et aux étrangers voyageurs..

Le , l'hôpital Saint-Goëri existe toujours, il est destiné aux enfants. Il est géré par une femme et sa servante. Six filles et six garçons âgés de 7 à y sont entretenus et sont formés à un métier..

Hospice Saint-Lazare puis Saint-Maurice

vignette|redresse|Saint Maurice (détail) par Matthias Grünewald.

L'hôpital de la vieille ville médiévale est trop exigu et les gouverneurs de la ville décident le déménagement.. Entre 1619 et 1629, le nouvel hôpital Saint-Lazare est aménagé à l'extérieur des remparts dans le couvent Saint-Marguerite des Capucins. Il prend le nom de Saint-Maurice (saint patron de la ville) en 1693.. Les biens de l'hôpital de Châtel sont réunis à ceux d'Épinal sur ordre du conseil royal de 1696. Le règlement de l'hôpital Saint-Maurice est fixé par de Lorraine. La léproserie de la Madeleine est rattachée à l'hôpital.

En 1724, les Clarisses capucines sont rejointes par des Sœurs de la charité de Saint-Charles de Nancy pour le service hospitalier sous la direction du lieutenant général de la bailliage . En 1766, six sœurs assistes le médecin et le chirurgien dans les soins prodigués aux militaires comme aux civils..

Le , l'hôpital Saint-Maurice renferme trois salles communes différentes. Une salle de réservée aux militaires et deux salles de chacune pour les civils hommes et femmes. La gestion est assurée par cinq Sœurs de la charité de Saint-Charles de Nancy. Les sœurs sont nourris, logées est reçoives une solde annuelle de pour se vêtir. Le médecin et le chirurgien sont des officiers de l'armée payés chacun ; enfin l'aumônier perçoit et six cordes de bois. Le personnel comprend également trois domestiques et trois servantes.

Pendant la Révolution française, l'hôpital Saint-Maurice devient un bien national. Toutes les possessions, notamment des fermes et des maisons sont revendus en l'an III à l'exception de deux lopins de terre oubliés lors de la vente de la ferme de la Gosse.. La vente des biens de l'hôpital situés à Épinal et Golbey réalises plus du double de leurs estimation. Les quatre maisons des minimes situées rue Rualmenil et rue Léopold Bourg sont adjugées malgré une estimation à ..

En 1794, la ville rachète l'hospice Saint-Maurice qui devient l'hôpital civil et fusionne avec les autres hospices. L'hospice des orphelins est créé en 1809 par une œuvre de bienfaisance avec les biens de l'ancien hôpital Saint-Goëri. En 1825, il est rattaché à l'hôpital civil d'Épinal.

Après les réformes de Philippe Pinel et la loi du 30 juin 1838 sur l'enfermement des aliénés, l'hôpital Saint-Maurice se dote d'un pavillon de destiné à enfermer les personnes souffrant d'aliénation mentale. La bâtiment est situé à l'écart du reste de l'hôpital dans un vaste jardin potager. Il est divisé en deux parties par un couloir et un escalier. Un côté est réservé aux hommes et l'autre aux femmes. Le rez-de-chaussée comprend des cellules, un cabinet avec baignoire et le bureau des gardiens. L'étage comporte deux dortoirs. Un infirmier et une infirmières sont au service des malades. L'établissement reçoit tous les du département. Ils sont gardés en observation dix à quinze jours puis sont soit renvoyés chez eux s'ils sont guéris, soit sont envoyés à Maréville..

La partie la plus ancienne de l'hôpital et une grande partie des archives sont détruites par des incendies lors de la Seconde Guerre mondiale.. L'hôpital Saint-Maurice (aussi appelé hôpital civil et militaire) ferme finalement en 1968, après que tous les services aient rejoint le nouveau site de la ZUP.

Centre hospitalier Jean-Monnet

Construction Un nouvel hôpital de type hôpital-bloc est construit en béton dans la ZUP du plateau de la Justice entre et . Les services déménagent progressivement dans le nouveau site entre et , une école d'infirmière est attenante à l'hôpital. Au début des années 1970, de nouveaux services voient le jour en ORL, pédiatrie ainsi qu'une maternité. Le laboratoire biomédical, précédemment installé au centre ville rejoint également le site de l'hôpital.

Évolutions vignette|redresse=0.65|Jean Monnet (1888-1979).

En 1976, l'hôpital d'Épinal devient officiellement un centre hospitalier. De nouveaux services sont créés dans les trois années suivant ce classement : réanimation, chirurgie, pharmacie et SAMU. Le premier scanner est installé en 1985. Le hall d'accueil est réaménagé en 1991 et le centre hospitalier est officiellement baptisé Jean Monnet (haut fonctionnaire, ). à la suite d'une délibération du . La blanchisserie est fermée en 1992, le linge étant traité par un prestataire externe, les locaux rendus disponibles accueillent un service d'oncologie. En 1995, l'hôpital reçoit son premier appareil à IRM.

Dans les années 2000, le centre hospitalier est touché par l'affaire des surirradiés en raison d'une mauvaise utilisation de la radiothérapie pour des patients atteints de cancer, notamment de la prostate. À la suite d'une erreur de programmation dans le système de planification de traitement, des patients sont irradiés avec des doses supérieures à la prescription de 20 à 30 %. Une des causes de l'accident évoquée par le rapport de l'Inspection générale des affaires sociales est l'absence de notice en françaisRapport de l'IGAS..

vignette|Le pavillon Robert-Schumann. vignette|gauche|redresse=0.65|Robert Schuman (1886-1963). vignette|redresse=1.2|Carte de l'hôpital avec les aménagements successifs avant les travaux du NHE.

En 2009, la dernière extension du centre hospitalier Jean-Monnet est inaugurée, il s'agit du pavillon Robert Schuman (homme d'État, fondateur de la construction européenne) regroupant les services de neuro-gériatrie et d'hémodialyse en collaboration avec la polyclinique de la Ligne Bleue dans le cadre du groupement de coopération sanitaire de néphrologie-dialyse. Le groupement de coopération sanitaire de stérilisation est créé avec le centre hospitalier de Remiremont en .

La troisième génération d'IRM de l'hôpital est installée en et exploitée en début d'année suivante après formation du personnel..

Le service de neurologie est agrandi en avec la création d'une unité neuro-vasculaire. L'unité de court séjour gériatrique est transférée dans un espace plus vaste. Enfin, une unité de chirurgie ambulatoire est créée.

Désaffection vignette|gauche|L'ancien centre hospitalier désaffecté (2024).

Les bâtiments datés deviennent obsolètes, exigus, inadaptés (80 % de chambres doubles en pleine pandémie de Covid-19) et non conformes, notamment en matière de sécurité incendie, poussant à la construction du nouvel hôpital d'Épinal (NHE) de 2014 à 2021 et dont la réflexion remonte à 2003...

En 2019, il est estimé que la mise aux normes des locaux anciens coûterait d'euros. La mairie accorde donc une dérogation à ne pas respecter les normes de sécurité incendie jusqu'à la mise en service du nouveau site. Il est décidé aussi que les anciens locaux seront déconstruits en optimisant le réemploi du matériel (80 % réutilisé par le nouveau site, notamment IRM et scanners) et le recyclage des matériaux. La démolition doit coûter d'euros et doit commencer lorsque l'école d'infirmiers et d'aides-soignants aura déménagé dans les anciens locaux de la faculté des sciences situés à la Voivre. Le site de l'ancien hôpital doit être transformé en espace vert et parking..

Le bâtiment de radiothérapie est conservé mais aussi le pavillon Robert-Schumann, le plus récent de l’ancien établissement. Il abrite les services de néphro-dialyse et le service addictologie..

En , du matériel médical encore stocké dans l'ancien hôpital et jugé non utile pour le nouveau est chargé dans un conteneur par une quinzaine de bénévoles pour être envoyé dans un hôpital neuf de à Mayfouk au Liban, pays en crise à la suite d'une récession en 2018 aggravée par les explosions au port de Beyrouth de 2020 et par les manifestations de 2019-2021. Le matériel comprend notamment lits, fauteuils, chevets, scialytiques ou encore négatoscopes..

Centre hospitalier de Golbey

En 1912 sont créés deux hospices départementaux : celui de Châtel pour les femmes et celui d'Autrey pour les hommes. Un hôpital militaire est créé à Golbey au commencement de la Première Guerre mondiale. Au début des années 1930, les trois établissement fusionnent et concentrent leur activité sur le seul site de Golbey. L'établissement est réquisitionné par l'armée pendant la Seconde Guerre mondiale. Les sont renvoyés au séminaire d'Autrey entre et . Toutefois, l'établissement est de nouveau réquisitionné en 1944, cette fois-ci par la Wehrmacht. L'établissement redeviendra, à l'après-guerre, un hospice pour les personnes âgés et démunies ainsi qu'un foyer départemental de l'enfance intégrant une pouponnière..

En 1976, le centre hospitalier de Golbey connait une importante rénovation qui s'accompagne d'ouvertures de services : un service de moyen séjour, deux de long séjour, d'un service de géronto-psychiatrie et d’une maison de retraite. Un plateau technique de rééducation voit le jour à cette occasion. Des coopérations sont également mises en place avec le centre hospitalier d'Épinal, le centre hospitalier spécialisé de Ravenel à Mirecourt et l'institut régional de réadaptation (IRR) de Nancy . Dix ans plus tard un nouveau bâtiment administratif est construit ainsi qu'un bâtiment d’hébergement destiné aux résidents de la maison de retraite. L'établissement devient un centre de convalescence et d'hébergement (CCH). L'année suivante, l'établissement gère la nouvelle maison de retraite de Thaon-les-Vosges.

vignette|redresse=1.2|Carte de l'hôpital de Golbey avec les aménagements successifs.