L’abbaye Notre-Dame d'Aiguevive, située sur le territoire de la commune de Faverolles-sur-Cher, dans le département de Loir-et-Cher est une ancienne abbaye de moines de l'Ordre de Saint Augustin fondée au et inscrite à la liste des monuments historiques de France depuis 1875.
Historique Origine et développement vignette|gauche|redresse|Intérieur de l'abbatiale. Le site de l'abbaye Notre-Dame d'Aiguevive est situé sur l'emplacement de la cellule d'un ermite installé en 1134. L'endroit placé au milieu d'une forêt est au confluent de deux vallons qui donneront à l'abbaye son nom latin : acqua viva pour eaux vives. Le site est donné dès 1147 aux chanoines d'un prieuré voisin Notre-Dame-de-Belvaut par le seigneur de Montrichard. L'autorisation donnée par Engebault de Preuilly, archevêque de Tours, permet aux chanoines de s'y installer en 1154, après la construction d'une église et d'un monastère. Jusqu'au début du et par dons successifs, de nombreux seigneurs locaux augmentent peu à peu les possessions de l'abbaye : bois, terres, maisons. Un projet d'établissement de religieuses dans l'ancien monastère de Belvaut est proposé à la fin du , mais est refusé par les moines de l'abbaye.
Décadence Durant la guerre de Cent Ans, de nombreuses abbayes sont saccagées en Touraine et Aiguevive ne fait pas exception. Elle ne s'en relèvera jamais vraiment et à la fin du , il reste moins de dix religieux. En 1558, l'abbaye passe sous le régime de la commende et les abbés commendataires qui se succèderont jusqu'à la Révolution ne cesseront de ponctionner ses revenus. Le et les guerres de religion amènent une nouvelle période de pillage qui oblige les moines à sacrifier une partie de leurs futaies pour le paiement d'une garnison chargée de les protéger. La subvention du clergé consentie au roi en 1586 nécessite une nouvelle fois d'en vendre une partie conséquente.
En 1673, alors que le monastère en ruine n'abrite plus que 3 moines, l'abbaye est agrégée à la Congrégation de France.
Révolution française Le décret du 7 novembre 1789 qui met à disposition de la Nation les biens du clergé de l'Église catholique signe la fin d'une période continue d'occupation de plus de six siècles. Le dernier prieur est expulsé en octobre 1790. Le mobilier est éparpillé très rapidement et les bâtiments sont vendus successivement en 1792 et 1795, les pierres du cloître servant de carrière. Le retrait des charpentes provoque une dégradation rapide des murs soumis aux intempéries et les voûtes en pierre de la neuf sont démolies en 1840.
Vestiges Endommagée dès le , les bâtiments subissent des dégradations successives et importantes jusqu'à la fin du . En 1870, le comte de Marolles réalise une réparation de la flèche et d'une partie des toitures du chœur et des absides. Le classement du domaine aux monuments historiques ne permet pas de poursuivre les travaux nécessaires. Il faut attendre plus d'un siècle pour que de nouveaux travaux de réfection soient entrepris sur l'abbatiale : déblaiement, réfection des toitures, repose d'un sol, consolidation et rénovation de la flèche en pierre, restauration des peintures murales du chœur, etc. Le portail, l'abside ainsi que plusieurs chapiteaux du chœur ont conservé leurs riches décorations. Du cloître et des bâtiments claustraux, aucun vestige important ne subsiste ; seules une écurie et quelques dépendances sont encore visibles.
Traces toujours bien visibles d'anciens viviers, plusieurs étangs entourent le site de l'abbaye. Le ruisseau qui y prend sa source court jusqu'au village de Faverolles avant de se jeter dans le Cher.
Un pèlerinage important est toujours actif, particulièrement le , fête de saint Gilles et le 8 du même mois, fête de la nativité de Vierge Marie C'est une fontaine consacrée à l'ermite saint Gilles qui attire encore les fidèles qui peuvent se recueillir auprès d'une statue du saint représenté avec sa biche.
Galerie
Liste des abbés et prieurs
+ Abbés élus Période Abbé 1157 Fulgerus 1159-1183 Adémar 1185 Jourdain 1281-1290 Jean d'Aimont 1335 Jean Desprez 1387-1418 Jean Aubin 1418 Barthélémy Bouffet 1439-1462 Mathieu Panvert 1463 Antoine 1503 Jean d'Epinay, évêque de Valence 1552-1558 Antoine Pidoux Après 1558, l'abbaye passe sous le régime de la commende. + Abbés commendataires Période Abbé 1558-1582Olivier Lecrec1592Olivier Berranger M... de La Gentière1603-1627François le Pot, chanoine de la Basilique Saint-Martin de Tours et aumonier du roi1627-1645Jean du Hayet, archidiacre de l'église de Tours1654-1670Victor Le Bouthillier, archevêque de Tours1671-1680Pierre Bernin 1680-1696Thomas Corneille, fils de Pierre Corneille1699-1727Jacques Tuffet1745-1760Joseph Junot, chanoine de Cambrai1760-1790Antoine Noguier, docteur de Sorbonne et vicaire général du diocèse d'Évreux
Période Prieur 1418-1439 Mathieu Panvert 1486 Pierre Bertier1530 Jehan Griller1550-1560 Gabriel Poulligny1574 Mathurin Daubron1625 Gilles Marcadé1642-1655 Estienne Nogier1672 François de Malpené1673-1676 Jean Durand1676 Philippe Lequoy1687 Pierre Dufour1692 François Guillot1695-1706 François Benoist1708 M... Raquesson1710 Jean Blanchebarbe1711-1728 Juste Neveu1730-1734 Nicolas Marlot1743-1745 Gabriel-Michel Sourice1746 Jean-Baptiste-François Bureau1749-1773 Jean-Baptiste Dandel1773-1790 Noël Lemaire
Armoiries
Notes et références
Voir aussi Bibliographie
Articles connexes Liste d'abbayes augustiniennes de France Liste des sites retenus pour le loto du patrimoine en 2018
Liens externes
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