Raymond Lucien Georgein, né le à Cheny dans l'YonneArchives numérisées de l'état civil de Cheny, acte de naissance (consulté le 20 janvier 2024). et mort le dans le ., est un artiste peintre, sculpteur, plasticien et collagiste français.

Ses peintures se distinguent par une esthétique singulière mêlant post-cubisme, érotisme, symbolisme et une forte dimension politique.

Biographie Raymond Georgein est le fils de Rolland Georgein, employé de chemin de fer, et de Lucie BeaufilsActe de naissance. Il naît dans un milieu favorable aux arts : son père joue du violon et son parrain est artiste-peintreLes Cahiers d'art-Documents n° 214, 1965, p. 10.. Le cinéma occupe une place particulièrement importante dans son enfance. Il étudie le violon pendant sept ans.

En 1933, il s'oriente vers l'enseignement technique pour devenir ingénieur aux Arts-et-Métiers. Parallèlement, il suit des cours de dessin et de peinture.

En 1938, il est admis au concours d'entrée de l'École nationale d'arts et métiers de Châlons-sur-MarneJournée industrielle, 5 août 1938, consulté sur Retronews. Il obtient le diplôme d'ingénieur en 1942Journal officiel de l'État français, 10 janvier 1943, p. 97, consulté sur Retronews.

En 1942, il se marie avec Lucienne Lesjean et a deux enfants. Il entre comme attaché à la SNCF, mais se rend compte qu'il s’est complètement trompé de carrière. Il entreprend des études littéraires et philosophiques. Il effectue divers voyages jusqu'en 1948.

En 1949, il quitte la SNCF et Paris pour entrer dans l'enseignement, à Bayonne, comme professeur de dessin. Il y restera jusqu'en 1958. Il commence à peindre..

En 1950, il revient à la peinture et à la musique.

À partir de 1955, il présente ses œuvres dans des expositions collectives, la plupart à Paris, notamment le Salon des Artistes Indépendants, les Salons d'Automne, le Salon Comparaisons et le Salon des Peintres Témoins de leur Temps.»Notice du Dictionnaire Bénézit des artistes

Il réalise sa première exposition personnelle en 1956 à Paris. Ses peintures atmosphériques (des œuvres fantomatiques dans des nuances de bleu, beige et gris) montrent souvent des scènes d'extérieur avec des personnages, des voitures, des avions et des bâtiments avec une intersection surréaliste, les formes se fondant les unes dans les autres.

Il obtient rapidement une renommée internationale pour ses tableaux. Ses œuvres sont exposées dans des galeries à Paris et à l'étranger, en particulier en Chine. Wang Duanting, chercheur et chef à la Section des Arts étrangers de l'Institut des Beaux-Arts de l'Académie Nationale des Arts de Chine (par ailleurs professeur et directeur de doctorat au Département des Beaux-Arts de la Graduate School de l'Académie Nationale des Arts de Chine, membre du comité d'experts du Centre national de recherche sur l'art contemporain, de la Western Returned Scholars Association et de la Chinese Artists Association), a publié en 1996 un livre sur Raymond Georgein : The Crazy Loneliness Painting Art of Raymond Georgein..

En 1963, il organise pour le Musée de Pistoia une exposition des peintures de L'École de Paris, autour de 35 artistes français et italiens résidant à Paris et appartenant aux principales tendances de la peinture contemporaine (exposition présentée ensuite à Rome et Florence)Culture française, Volumes 13-14, 1964, p. 44.. En 1964, il réalise une exposition sur le thème « L'automobile et la vie », au Musée de l'Automobile du Mans, puis une autre très importante, pour Renault Champs-Élysées, à Paris (avec César, Gianni Bertini, Arman, Jaquet, Bernard Rancillac).

Raymond Georgein réalise ses premiers collages en 1966 et abandonne progressivement la peinture.

Durant , il fait partie de l'atelier des Beaux-Arts avant son expulsion par les forces de l'ordreGil Daniel. Ateliers populaires, impression artisanale, militante, collective et anonyme pendant le printemps 1968 et ses suites. Thèse de doctorat en Esthétique sous la direction de Leszek Brogowski. Art et histoire de l'art. Université Rennes 2, 2023. https://theses.hal.science/tel-04190977.. Il entraîne une partie de ses amis dans un nouvel atelier situé au-dessus du bureau de Michel Rocard, alors secrétaire national du PSU.

vignette|left|upright=0.90|alt=Raymond Georgein en 1973|Raymond Georgein en 1973.

Raymond Georgein devient membre de la section PSU du . Il réalise des affiches « écologiques » sur le nucléaire, les transports, la ville..., crée et anime un atelier sérigraphie pour la section. À Raymond Georgein succède comme dessinateur un autre peintre de la section, Claude Picart..

En 1969, il expose des portraits de stars du cinéma et du théâtre : Multi-portraitsIllustrations de l'article « Les Cinéfans », de Andréa Turquetit, dans la revue Plexus n° 31, janvier 1970, p. 36-49, rubrique « Notre temps ». Note dans la revue : « Raymond Georgein expose ses "Multi-portraits, à la Galerie Marbeuf à Paris, du 9 janvier au 10 février 1970.». Il organise également une exposition itinérante sur le thème « Les foules de notre temps » avec la participation de Gianni Bertini, Yehuda Neiman, Mimmo Rotella, Nikos, Gérard Tisserand, Antoni Miralda, Joan Rabascall.

En 1970 il commence ses premières sculptures érotiques en polyester.

En 1972, il travaille comme décorateur et costumier pour la pièce de théâtre Phèdre, passion noir et blanc de Bertrand Tavel créée à Vincennes au Théâtre Daniel SoranoUne Semaine de Paris-Pariscope n° 202. - Annuaire du Spectacle, 1973. .

Il décède le 19 avril 1999 dans son atelier-domicile situé au 27 rue de la Pysociété.com dans le (et non en 2002 comme on peut le lire de manière erronée sur des sites de maison de ventes aux enchères). Son corps est incinéré le 26 avril 1999 au monument crématoire du Cimetière du Père-LachaiseAvis de décès dans le journal Le Monde, 22 avril 1999, p. 14..

Évolution stylistique par périodes Guy PhilipponFiche biographique de Guy Philippon sur le site Babelio distingue quatre périodes chez Raymond Georgein : période (1950-1966) : les premières toiles de l'artiste stigmatisaient « le sinistre enfermement concentrationnaire des immeubles pompidoliens de très grande hauteur. » Dans cette période, Raymond Georgein place également des figures fantomatiques sur des perspectives vertigineuses, des escaliers et des arcades sans fin. Les thèmes des voitures et des avions sont marquants. 2 période (1966-1970) : cette « période fascinée par mai 68 fut celle des collages surréalistes avec des peintures mixant foules de manifestants, sexes, visages, journaux. » 3 période (1970-1980) : « il associa peinture et sculpture, à partir de morceaux de mannequins féminins de grands magasins, peints d'une blancheur éclatante. » 4 et dernière période (1980-1990) : « Elle a été marquée par l'influence de son amie chinoise, avec de délicates couleurs pastel derrière de fins réseaux de toiles. » Thèmes récurrents Les œuvres de Georgein explorent souvent des thèmes tels que l’urbanisme futuriste, l’érotisme, la politique et le mouvement. Son style mêle des éléments géométriques à des représentations humaines stylisées, créant une atmosphère à la fois froide et chargée de symboles. Il utilisait diverses techniques, notamment la peinture à l’huile, le collage et la lithographie, pour exprimer sa vision du monde.

Accueil critique et reconnaissance

Selon le dictionnaire Bénézit des artistes, le style de Raymond Georgein « est issu de la tradition postcubiste et son œuvre est souvent érotique. »

Pour sa première exposition à Paris en 1956, le journal Le Monde souligne les thèmes du peintre : « les effets outrés de perspective de gratte ciel (espace dynamique, survol), dans un style géométrique et glacial. »

Le critique d'art Guy Dornand présente l'artiste en ces termes dans le catalogue de l'exposition Les peintres témoins de leur temps au Musée Galliera en 1959 : « Visions d'une Métropolis inhumaine, surprenantes perspectives de carrefours ceints de buildings géants, [les œuvres de Raymond Georgein] découvr[ent] dans leurs savantes fusions du concret et de l'abstrait un Piranèse du futur, et par sa symbolique figuration de l'homme-robot dans ses geôles, un peintre de notre angoissant destinL'Âge mécanique. Les Peintres Témoins de leur temps. Musée Galliera (mars-avril-mai 1959). Paris : Les Presses Artistiques, 1959, p. 133.. »

Lors d'une exposition à la Galerie du Colisée en 1962, le journal Libération avait écrit : « Personnalité exceptionnelle, voilà bien le trait dominant que révèle, avec la science du dessin et les subtilités d'une palette de coloriste, l'exposition présente. Une précédente avait montré en lui un "Piranese du futur". Non moins gorgé de pensées, de symboles, non moins riche en particularités d'une rare originalité décorative, Georgein semble sculpter ses formes humaines dans des bronzes lisses tout en les peignant. Il ne doit rien à la mode, et échappe même au surréalisme. Il est un artiste hors-série.»« À travers les galeries », Libération, 24 mai 1962.

Guy Philippon résume l'œuvre de Raymond Georgein : « Sa peinture et sa vie sont une synthèse harmonieuse de l'art, de la politique et de l'érotisme. »

Liste des expositions Ses œuvres ont été exposées dans de nombreuses galeries et acquises par des musées internationaux, témoignant de l’importance de son apport artistique.

Expositions particulières 1956 : Galerie Page (Bayonne), Galerie Marforen (Paris), Galleria Numero (Florence, Italie) 1957 : Galerie Page (Bayonne), Maison de la Presse (Angers), Galerie Furstenberg (Paris)Catalogue d'exposition : Peintures récentes de Georgein du mercredi 3 au samedi 20 juillet 1957. Paris : Galerie Furstenberg, 1957, 4 p., Galeria Dintel (Santander, Espagne), Marshall Field & Co (Chicago), Museo Civico (Pistoia, Italie) 1958 : Berry-Hill Galleries (New York)𝘈𝘙𝘛 𝘕𝘦𝘸𝘴, 09/1958, vol. 57, n° 5., Galleria dell'Annunciata (Milan, Italie) (30/10-20/11/1958)Études Memofonte n° 28, 2022 1959 : Galerie Pigalle (Paris) 1962 : Galerie du Colisée (Paris), Maison de la Presse (Angers) 1963 : Galerie de la Madeleine (Bruxelles) 1964 : Galerie La Palette Bleue (Paris) sur le thème « L'Automobile et la Vie », Galerie Galaxie (Detroit) 1965 : Flint Institute of Arts, à Flint, Galerie Racines (Bruxelles), Musée de ToulonCatalogue de l'exposition : Musée d'art et d'archéologie. Toulon. Georgein. Exposition du 16 juillet au 1er août 1965. Toulon : Musée d'art et d'archéologie, 1965, 4 p. . 1966 : Galerie Dumay (Paris), Galerie La Palette Bleue (Paris), Galerie Münster (Berne, Allemagne), Galerie des Deux Mondes (New York), Qautas Airways (Paris) 1967 : Musée de l'Automobile (Le Mans) 1968 : Institut français (Munich) 1970 : Galerie Marbeuf (Paris), Biblioteca Comunale Piombino, (Italie) 1971 : Galerie Ranelagh (Paris), Museo di Volterra (Volterra), Studio 41 (Rome)

Expositions de groupe

Salons À Paris Salon des Indépendants Salon d'Automne Salon des peintres témoins de leur temps, Musée Galliera (1962, 1964, 1966, 1970, 1976) Salon Terres Latines Salon de la Nationale des Beaux-Arts Salon du Dessin et de la peinture à l'eau (1967) En province Salon Contraste, à Lyon (1957) Salon de Nevers (1957) Salon d'Asnières

Musées et collections publiques Acquisitions officielles en France Collège technique de Bayonne : Survol (huile, 1956, 116x81) Collections de Saint-Cyprien (Fondation Desnoyer), à Saint-Cyprien : Le Pont (huile, 1963, 73x60). Musée Mandet de (Riom) : Le Passage de la course (huile, 1964, 73x60). Musée d'art moderne de Paris : Avant le décollage (1965). N° d'inventaire : AME 304. Musée d'art et d'archéologie de Toulon Palais des archevêques de Narbonne : Loisirs (huile, 1963, 73x92). N° d'inventaire : 66.5.1

Acquisitions officielles à l'étranger Musée d'Art du Néguev / The Negev Museum of Art, à Dimona (Israël) Musée de Francfort : Les Vacances (huile, 1962, 165x62) Musée de Palerme