Le Groupe Printemps est une entreprise française exploitante de grands magasins qui se positionne principalement sur des marques de mode, de luxe et de beauté. Le groupe Printemps est également l'un des leaders français des listes de mariage.

La société a été membre de l'Association internationale des grands magasins de 1928 à 1997.

Le magasin emblème, fondé en 1865, se situe boulevard Haussmann dans le de Paris. Sobre, la terrasse du neuvième étage du magasin donne sur les toits en zinc et ardoise des imposants édifices haussmanniens des quartiers environnants. Le groupe compte 20 autres magasins Printemps en France et à l'étranger, notamment à Doha, au Qatar ainsi qu'à New York, aux États-Unis ; mais également 9 magasins Citadium.

Détenus de 1991 à 2005 par le groupe Pinault-Printemps-Redoute, propriétaire entre autres de Gucci et de la Fnac, les magasins Printemps sont cédés en 2006 à la RREEF (division de capital investissement immobilier de la Deutsche Bank) et au groupe familial de l’homme d’affaires italien Maurizio Borletti, propriétaire des grands magasins La Rinascente. Ce dernier engage d'importants travaux de modernisation et de rénovation et réoriente le grand magasin parisien vers le luxe.

En 2013, Printemps est racheté par Divine Investments S.A. (DISA), fonds d'investissements luxembourgeois aux capitaux qataris, comprenant notamment l'ancien émir du Qatar Hamad ben Khalifa Al Thani.

Histoire

Les débuts du Printemps : 1865-1900 vignette|left|La façade du Printemps de la Maison.

Le Printemps est créé le , par acte notarié, par Jules Jaluzot et Jean-Alfred DuclosDans Le Roman du Printemps, Jean-Paul Caracalla, Éditions Denoël, 1989.. Cette fondation est contemporaine de la modernisation et des transformations de Paris sous le Second Empire. Ils choisissent de fonder leur magasin dans un espace encore peu urbanisé, mais promis à un grand développement : le quartier de la Chaussée-d'Antin. Cet emplacement bénéficie aussi de la proximité de la gare Saint-Lazare, qui se trouve au terminus de cinq lignes. Jaluzot, qui habite non loin, pressent la poussée de la ville vers l'ouest et le développement du trafic des omnibus et donc l'attraction formidable que suscitera ce lieu. Ainsi le Printemps s'installe au coin de la rue du Havre et du boulevard Haussmann dans un immeuble réalisé par l'architecte Jules Sédille et son fils Paul.. L'inauguration a lieu le , en présence du curé de Saint-Louis-d'Antin qui vient bénir le magasin à la demande de Jaluzot. En 1874, quatre bâtiments viennent s'ajouter au premier. Des ascenseurs créés par Léon Edoux et présentés à l'Exposition universelle de 1867 sont installés ; dans la presse, on peut même lire « ascenseurs de Vienne, grand succès ».

L'innovation du Printemps réside dans des principes qui doivent mettre en confiance sa clientèle. Certains de ces principes sont synthétisés dans la devise latine E probitate decus (« Mon honneur, c'est ma probité »). Le Printemps pratique le prix fixe et le marchandage n'est plus de mise. Il s'agit de vendre à bon marché des produits innovants et de qualité. C'est ainsi, par exemple, que le Printemps met en vente un taffetas de soie noire qui connaît un certain succès : la « Marie-Blanche », un modèle déposé. En fin de saison, des tissus « défraîchis » sont mis en vente à prix réduit ; ce sont les soldes. C'est en que Jules Jaluzot a l'idée de faire de cette pratique encore peu assumée une grande opération saisonnière : « Tout le monde sait qu'à la fin de chaque saison, il y a dans tous les grands magasins une certaine quantité de marchandises défraîchies plus ou moins, soit parce qu'elles sont servies à faire l'étalage, soit pour une autre cause. L'usage est d'écouler ces marchandises du mieux qu'on peut, en les déguisant autant que possible, en cachant soigneusement leur âge et en les masquant de marchandises plus fraîches et plus nouvelles. Ce n'est pas là ce que font les propriétaires du "Printemps". Ils vous disent bien simplement : le prochain nous allons mettre en vente tous nos soldes de nouveauté de la saison d'hiver, toutes nos étoffes fatiguées ou défraîchies depuis l'ouverture de nos magasins, et nous ferons chaque année ainsi périodiquement. Avec cette manière d'opérer, nous ne gardons jamais de marchandise anciennes, et quand nous vendons une étoffe comme nouveauté on peut être assuré qu'elle est fraîche et nouvelle comme le nom de notre maison ».

À partir de 1870, chaque année, au début du printemps, un bouquet de violettes est offert aux clients à l'occasion de la "Fête du Printemps".

Les premières années du Printemps voient le magasin rayonner dans toute la France puis à l'étranger. Les expositions universelles de 1867 et 1878 contribuent à cette reconnaissance.

En pleine expansion, le grand magasin est donc de plus en plus à l'étroit dans ses murs : il lui faut un bâtiment à la hauteur de son nouveau succès. Un événement dramatique va lui en donner l'occasion.

Le , un incendie ravage une grande partie du bâtiment. Une seule victime est à déplorée, le sapeur-pompier Havour. Quatre mois plus tard, le premier puits de béton est coulé. L'inauguration du nouveau Printemps a lieu en mars 1883.

La construction des nouveaux bâtiments du magasin donne naissance à une architecture spécifique dont se charge Paul Sédille, qui réalise un monument commercial. Pour ce faire, il a recours à de nouveaux procédés très ingénieux, utilisant le verre et le fer. À l'intérieur du magasin, on peut découvrir une nef centrale ainsi que des galeries reliées par un pont central accessible par un grand escalier.

Le , le Printemps change de statut et devient une société en commandite par actions dont Jaluzot devient le gérant. Une nouvelle ère s'ouvre pour le grand magasin.

En 1883, le Printemps est le premier lieu public intégralement équipé d'un système d'éclairage électrique. À l'entresol, le client peut d'ailleurs admirer « l'usine électrique » derrière un mur vitré..

De 1900 à 1930 Avant 1914/1918 thumb|Action des Grands Magasins du Printemps en date du . vignette|Détail de la coupole du Printemps Haussmann dessinée par René Binet en 1910, et réalisée par l'atelier de maîtres verriers Brière. En 1900, le somptueux pavillon d'Art nouveau du Printemps se situe en plein cœur de l'Exposition universelle. Il est le fruit de l'élaboration de l'architecte Charles-Auguste Risler et de l'affichiste Jules Chéret. L'intérieur est inspiré par le thème de la violette, fleur fétiche du Printemps. En ce début de siècle, un nouveau mode de transport, le métro, dessert la capitale et facilite l'accès aux magasins du Printemps. En 1904, le Printemps est accessible par la ligne , puis en 1923, par la ligne .

En 1904, le Printemps subit une grave crise économique qui aboutit à la démission de Jules Jaluzot l'année suivante. Gustave Laguionie lui succède alors et annonce la construction d'un deuxième magasin (l'actuel magasin Printemps Haussmann (Printemps de la Femme), situé à Paris, côté numéros pairs du boulevard Haussmann), dont l'architecte sera René BinetSAULNIER-PERNUIT Lydwine et BALLESTER-RADET Sylvie (sous la dir.). René Binet, 1866-1911, un architecte de la Belle Époque, cat. expo. Sens, musée municipal et de l’Orangerie. 2005. Sens : musées de Sens éd. Catalogue de l'exposition qui a eu lieu à Sens du 3 juillet au 2 octobre 2005. 140 p., notamment (10 illustrations : 5 photographies anciennes, 4 photographies contemporaines et 1 huile sur toile de Paul Renouard, propriété des Magasins du Printemps).. La première pierre est posée au mois de et le nouveau magasin est inauguré en . Il est dominé par une coupole qui éclaire un grand hall de de hauteur, et comprend également un escalier central à quatre révolutions d'inspiration Art Nouveau. Les plafonds sont du peintre Marcel-Pierre Ruty« Chez les artistes : Marcel Ruty », par Marc Legrand, in: Revue moderne des arts et de la vie, Paris, septembre 1906, - sur Gallica.. En 1909, un nouveau slogan apparaît dans les catalogues publicitaires : « Les magasins du Printemps sont les plus élégants de Paris. »

En 1910, les magasins sont atteints par la crue de la Seine. Les sous-sols sont les premiers inondés. Le personnel est mobilisé pour évacuer les marchandises. Le froid qui sévit rend l'évacuation particulièrement pénible. Quatre semaines seront nécessaires pour réorganiser les rayons du grand magasin.

En 1912, l'atelier Primavera est créé par René Guilleré, grand critique d'art de l'époque qui a largement influencé l'évolution des tendances de l'art décoratif et par son épouse Charlotte Chauchet-Guilleré. Après une grande période de modern style, il souhaite un certain retour au classicisme : il met alors à la portée du plus grand nombre, des meubles et d'autres objets (bronzes, faïences et verrerie notamment) aux lignes épurées. De nombreux artistes, comme Marcel Guillemard, Louis Sognot, ou encore Colette Guéden, réalisent des modèles pour cet atelier.

En 1912, le Printemps ouvre pour la première fois un magasin en province, à DeauvilleCatherine Deydier, « Cent cinquante Printemps », Le Figaro, encart « Le Figaro et vous », samedi 21 / dimanche 22 mars 2015, page 34..

Pendant la Première Guerre mondiale, le Printemps met en vitrine ses propres mannequins, différenciant ainsi son image des autres grands magasins qui ont recours à des mannequins de série.

Après 1918 vignette|Incendie, le , du nouveau magasin (l'actuel Printemps Haussmann) inauguré en 1910. Après-guerre, les Français tentent de se distraire par tous les moyens et d’oublier cette sombre période. Les employés démobilisés reprennent leur poste et ceux qui ont subi des mutilations sont réintégrés à des postes adaptés. Un monument en hommage aux employés et cadres du Printemps morts au cours de la Grande Guerre est installé au étage du Printemps Haussmann, près de l'escalier menant au et dernier étage du magasin. Il restera en place pendant environ cent ans et sera ensuite enlevé.

En 1920, à la mort de Gustave Laguionie, son fils Pierre prend sa succession à la tête du Printemps. vignette|upright|Les pompiers de Paris luttent contre l'incendie du Printemps (Le Petit Journal illustré, ). vignette|Son pavillon de l'Exposition internationale des arts décoratifs et industriels modernes en 1925.

Le , un incendie se déclare dans le nouveau magasin. À l'intérieur, seules quelques structures demeurent intactes. Les travaux de reconstruction sont menés par Georges Wybo qui prolonge alors le magasin jusqu'à la rue Charras. M. Laguionie annonce la réouverture du magasin pour le lendemain et fait parvenir une dépêche dans les journaux : « La très grande partie des magasins restée intacte à la vente pourra y reprendre dès demain matin. Les réserves de marchandises, les ateliers, les services sont indemnes en totalité et permettent la reconstitution immédiate de tous les rayons. Nos services d'expédition à Paris et en province continuent à fonctionner et assurent l'exécution de toutes les commandes ». À la suite de cet incendie très important, fut mis au point par le Régiment des sapeurs-pompiers de Paris, un plan-type d'intervention, qui fut ensuite pris en considération comme modèle pour les autres corps de sapeurs-pompiers en France.

En 1923, une seconde ligne de métro est ouverte à la station Havre-Caumartin, dont la sortie donne directement sur le Printemps. En 1927, paraît Printania, l’un des premiers journaux d’entreprise, pour informer le personnel de l’actualité du Printemps. Des cours professionnels sont proposés aux employés.

À partir de 1928, la chaîne s'étend avec le rachat ou l'affiliation de grands magasins en province qui deviennent des succursales du Printemps : la Boule d'Or au Havre (1928), la Providence à Rouen (1928), les Galeries Lilloises à Lille (1929), le Magasin Vert à Bordeaux (1935) et les Deux Passages à Lyon (1938).