François CevertDes sources individuelles donnent le nom complet de Cevert comme Albert François Cevert Goldberg. Ce n'est pas confirmé dans les documents officiels. Le passeport français de Cevert de 1966 porte la mention suivante : « CEVERT, François Albert » (en majuscules ici ; illustration dans Jacqueline Cevert-Beltoise / Johnny Rives, p. 70). La sœur de Cevert, Jacqueline, déclare également dans la biographie de son frère que le nom de famille était exclusivement Cevert (Jacqueline Cevert-Beltoise / Johnny Rives, p. 19)., né le à Paris et mort le à Watkins Glen aux États-Unis, est un pilote automobile français qui a principalement participé à des courses de monoplaces et de voitures de sport. François Cevert, champion de France de Formule 3 en 1968, a remporté un Grand Prix de Formule 1 en 1971. Au début des années 1970, il est considéré comme l'espoir français du sport automobile international. Certains de ses collègues pilotes de course voient en lui un futur champion du monde de Formule 1. Outre ses succès sportifs, François Cevert est considéré comme une personne charismatique et avenante, qui a également attiré l'attention du public à travers sa vie sociale. Il meurt dans un accident sur le circuit de Watkins Glen lors des essais qualificatifs du Grand Prix des États-Unis 1973.

Biographie Famille François Cevert naît le dans un Paris occupé et dans une famille dont le père, Charles Goldenberg (1901-1985), s'est rapidement engagé dans la Résistance. Durant la Seconde Guerre mondiale, il est recherché par la police allemande en sa qualité de personnage . De confession juive, Charles est né en Ukraine sous domination russe, un pays qu'il a fui dès l'enfance à cause de la persécution tsariste et des pogroms de 1905. En 1921, il ouvre une bijouterie de mode à Montmartre et devient un riche joaillier parisien dans les années 1930. Huguette, la mère de François Cevert est originaire de Vaudelnay au sud de Saumur en Maine-et-Loire.

Plusieurs décennies après la fuite de son pays natal, afin d'éviter la déportation à ses enfants et pour les protéger de la persécution, Charles Goldenberg leur donne le nom de jeune fille de sa femme catholique, Huguette Cevert. Les parents de François ne sont pas mariés car son père craint des désavantages pour sa compagne et leurs enfantsJacqueline Cevert-Beltoise / Johnny Rives, p. 19 et 189.. François s'appelle donc Cevert, tout comme sa sœur Jacqueline, née en 1947, son frère aîné, Élie, et son frère cadet, Charles.. En plus d'offrir à son fils la possibilité de devenir pianiste, son père espère en faire son successeur dans le domaine de la joaillerie mais François est happé par la griserie de la course automobile. Jeune adolescent, il confie à sa sœur : Depuis l'enfance il a développé un sens aigu de la compétition ; toute son énergie se cristallise autour d'un seul but : le pilotage.

François Cevert commence en deux-roues, sur Vespa, Moto Morini puis sur une Norton à 16 ans parce qu'il en a marre de .. Il s'inscrit à l’école de pilotage de Montlhéry mais son père use de ses relations pour que l'aventure s’arrête là. François reste cependant toujours aussi déterminé.

Au lieu de se lancer dans l'orfèvrerie, il vend des disques éducatifs à domicile car il a besoin d'argent mais aussi de temps libre pour assouvir sa passion. Comme le porte-à-porte ne lui en laisse pas suffisamment, il devient représentant dans la confection féminine du côté du Sentier. Nanou (Anne Van Malderen), sa compagne, l'aide, tout comme Jacqueline, sa sœur, qui lui consacre également une bonne part de son maigre salaire. Il réunit ainsi suffisamment d'argent pour participer au Volant Shell, concours de détection de pilotes organisé à Magny-Cours.

De son côté, Jacqueline Cevert rencontre et épouse Jean-Pierre Beltoise en 1968... Ils ont eu deux enfants, Anthony Beltoise et Julien Beltoise, tous deux devenus aussi pilotes automobiles.

Les débuts François Cevert conduit les voitures de son père depuis ses 13 ans et il obtient son permis de conduire trois jours avant son anniversaireL'Équipe du .Jacqueline Cevert-Beltoise / Johnny Rives, p. 44.. En 1963, il participe à une course de motos à Montlhéry avec Jean-Pierre Beltoise. L'année suivante, il s'inscrit à la Coupe des Provinces réservée aux pilotes de Lotus Seven mais son père qui entretenait des relations d'affaires avec l'organisateur de la course, empêche son fils, encore mineur, d'y participer Jacqueline Cevert-Beltoise / Johnny Rives, p. 28, 30..

De à , François Cevert effectue son service militaire au de hussards, à Weingarten, en Allemagne. Libéré de ses obligations militaires, il suit une formation de pilotage sur le circuit Bugatti sur une Lotus Seven. En 1966, après avoir réuni la somme nécessaire, François Cevert s'inscrit au Volant Shell organisé par l'école Winfield en collaboration avec la branche française de la compagnie pétrolière Shell. Les cours de pilotage durent d'avril à . Son instructeur est le pilote de course amateur Tico Martini qui dirige également une fabrique de voitures de course à Magny-Cours. Il s'impose lors de la finale au volant d’une de l'école de pilotage Winfield, sous une pluie soutenue le mercredi . Il l'emporte devant Patrick Depailler, Étienne Vigoureux, Philippe Marchesi, Jean-François Gerbault, Patrick Champin et Robert MieussetL'Équipe du .. François Cevert succède à Jean-Pierre Jaussaud (1963), Roby Weber (1964) et Claude Vigreux (1965). En récompense, il reçoit une somme d'argent pour acquérir une Formule 3 obligatoirement française ; jugeant la Matra trop coûteuse à entretenir avec son châssis monocoque, il opte pour une Alpine A280 Renault à châssis tubulaire et commande un modèle 1967 auprès d'Alpine. Comme celle-ci n'est pas terminée, le constructeur normand lui prête un modèle de 1965 qu’il conservera toute l’année. Dépassée, l’Alpine est également propulsée par un moteur Renault aussi poussif que fragile.

François Cevert se lance ainsi en Championnat de France de Formule 3, au grand dam de ses parents, en particulier de son père, pour qui la course automobile est une ou de , pas un métier. Heureusement, François Cevert trouve un allié impromptu mais de circonstance avec Jean-Pierre Beltoise, en couple avec sa sœur Jacqueline.

Formule 3 François Cevert est considéré par certains comme exceptionnellement beau. Jo Schlesser lui demande un jour d'aller voir son pharmacien afin de lui procurer En effet, Cevert s'entourait parfois de célébrités du show business comme Brigitte Bardot et Françoise HardyJacqueline Cevert-Beltoise / Johnny Rives, pp. 99, 116.. Depuis la fin des années 1960, la presse parle de François Cevert non seulement d'un point de vue sportif mais souvent d'un point de vue social. Des magazines tels Paris Match dévoilent sa vie privéePar exemple, un article d'Olivier Merlin : 1971 : Tout sourit à François Cevert - les victoires et l'Amour, Paris Match du .. Il est parfois appelé dans les médias et surnommé « Le Prince »L'Équipe du ..

La première année de François en F3 n'est pas loin d'être catastrophique ; il court en tant que pilote privé pour l'équipe de l'École de pilotage Winfield sans le soutien direct d'un constructeur alors que Patrick Depailler, qu'il a battu au Volant Shell, a obtenu un contrat de pilote officiel AlpineDonough : Matra Sports Cars, p. 61.. Il ne se qualifie pas pour les premières courses à Pau et Montjuïc. Il obtient sa première qualification au Challenge Raymond Sommer sur l'autodrome de Linas-Montlhéry où il termine huitième à un tour de Jean-Pierre Jaussaud, pilote d'usine Matra. Une semaine plus tard, il se classe septième au Grand Prix Nivernais à Magny-Cours. Lors des épreuves suivantes à Dijon, à Montlhéry et sur le Circuit Bugatti, il abandonne pour des raisons techniques tandis qu'à Rouen il est victime d'un accident. Ce n'est qu'au Grand Prix de la Ville de Nevers à Magny-Cours, en , que Cevert atteint à nouveau la ligne d'arrivée, quatrième derrière les deux pilotes d'usine Matra et le concurrent privé Jean-Pierre Cassegrain sur Brabham BT21. Cevert renouvelle ce bon résultat le mois suivant au Grand Prix de Nogaro en terminant derrière Henri Pescarolo, Derek Bell et Jean-Pierre Jaussaud mais devant Patrick Depailler sur l’Alpine officielle. Cevert prend le départ de 22 courses mais n'en finit que six, avec pour meilleurs résultats deux quatrièmes places et une cinquième place lors de la Coupe du Salon à Montlhéry en octobre. 1967 est par ailleurs largement dominée par l'équipe d'usine Matra, dont les pilotes Pescarolo et Jaussaud remportent onze courses ainsi que les deux premières places du championnat des pilotes. En plus du manque d'expérience en course, qu'il avoue ouvertement aux journalistes, il souffre des défauts techniques de sa voitureJacqueline Cevert-Beltoise / Johnny Rives, p. 56.. Selon les observateurs, l'Alpine est structurellement inférieure aux Matra. De plus, les moteurs quatre cylindres d'Alpine, dérivés de la Renault 8 et préparés chez Moteur Moderne, un atelier parisien privé, développent environ 20 chevaux de moins que les moteurs Ford des équipes concurrentes entretenus par Cosworth ou Holbay au Royaume-UniCf. Racing Cars from AZ after 1945, p. 15..

En fin de saison 1967, Alpine annonce à Cevert que sa monoplace est prête mais il n’en veut plus et se la fait rembourser, Shell lui offrant la somme équivalente pour rembourser ses dettes. De plus, la nouvelle loi autorisant le sponsoring extra automobile en sport-automobile, lui donne un nouvel élan. Il constitue un dossier et part à la chasse aux partenaires, mais tous les budgets sont bouclés. Son salut vient de la Société des extincteurs Sicli dont le fils du patron, Jean-Claude Sachs, est un ami d'enfance. Tenté par une McLaren, Cevert choisit pourtant une Tecno 68-3-Ford pour 1968. En attendant l'arrivée de son nouveau bolide, il devient vendeur pour Alpine ; il réussit à convaincre un propriétaire de Jaguar à acheter une voiture du constructeur dieppois lors d'une course-poursuite sur une autoroute.

vignette|Une Formule 3 Tecno 68-3-Ford, identique à celle avec laquelle François Cevert sera champion de France.

En 1968, François Cevert continue en Championnat de France de Formule 3 en tant que pilote privé sous son propre nom, le soutien de l'école Winfield étant limité à un an. Pour sa deuxième saison, il pilote une Tecno 68-3-Ford, comme Ronnie Peterson, Jean-Pierre Jaussaud et François Mazet. La monoplace transalpine est propulsée par un moteur Cosworth à quatre cylindres. Cependant, la livraison de la Tecno est retardée jusqu'en . Lors de la première course de l'année à Nogaro, François Cevert utilise une Alpine A280 de 1966 et obsolèteSmith : Alpine & Renault, p. 18-20.. Avec elle, Cevert n'obtient aucun résultat ; inscrit pour les trois courses suivantes avec cette voiture, il n'y participe pas.