Qianfan (), anciennement G60 Starlink (en ), est une constellation de satellites de télécommunication chinoise géante qui doit fournir notamment des prestations internet à l'image de la constellation Starlink de SpaceX. Ce projet est porté par la société Shanghai Spacecom Satellite Technology (SSST) dont le siège se situe à Shanghai. Celle-ci a décroché un financement d'environ euros qui rend ce projet très crédible.
Contrairement à l'autre méga-constellation chinoise Guowang, pilotée directement par l’État chinois, ce projet répond à de besoins commerciaux. Il a le soutien du gouvernement régional de Shanghai et de l'Académie chinoise des sciences.
La constellation Qianfan comprendra à terme satellites de télécommunication circulant sur une orbite terrestre basse. La première phase prévoit le lancement de , ce qui assurera déjà une couverture réseau régionale. Le déploiement de cette constellation a débuté en aout 2024 avec le lancement de par une fusée Longue Marche 6A.
Contexte
En 2019, Elon Musk, dirigeant de la société SpaceX, décide de déployer une constellation de satellites géante positionnée en orbite basse destinée à fournir un service internet à haut débit à l'ensemble de la planète en particulier dans les régions mal desservies par les réseaux terrestres. La constellation Starlink rencontre un succès commercial avant même son complet déploiement, poussant l'Europe et la Chine à lancer leur propre constellation. Si l'Europe, à travers son projet de constellation IRIS² (déploiement à compter de 2024), cherche surtout à ne pas dépendre de SpaceX pour ce type de prestation, la Chine a des objectifs différents. Les dirigeants chinois considèrent que le service offert par SpaceX constitue une menace militaire (elle a interdit l'utilisation de Starlink sur son territoire). La guerre en Ukraine et la répression meurtrière contre les manifestations en Iran (2022/2023) ont en effet démontré que Starlink pouvait constituer une arme géopolitique au service de la défense des libertés. Aussi, si officiellement la Chine prévoit de développer une constellation destinée à fournir à ses citoyens des services de communication et internet aux Chinois ainsi qu'aux citoyens de pays amis, la constellation devrait également embarquer des contremesures destinées à limiter et même annuler les capacités des constellations de satellites occidentales. Les contremesures, énoncées dans un rapport de l'Université chinoise d'ingénierie spatiale, comprennent l'occupation des positions orbitales de manière à limiter le survol de la Chine ou des pays amis par les satellites Starlink. Les satellites chinois pourraient également embarquer des armes (lasers ou émetteurs de micro-ondes) destinées à endommager les satellites occidentaux.
Suivant une démarche initiée dans les pays occidentaux par les sociétés SpaceX et OneWeb, la Chine commence à envisager vers 2016 le déploiement de constellations de satellites de télécommunication en orbite basse fournissant une prestation internet. Cette année là, le conglomérat CASC annonce le développement de la constellation Hongyan qui doit comprendre dans une première phase circulant à une altitude de . En , un satellite prototype est placé en orbite. CASC projette à l'époque de déployer d'ici 2022. En 2017, l'autre grand conglomérat aérospatial chinois, CASIC, annonce le développement de sa constellation Hongyun qui doit comprendre dans une première phase spatiaux. Un prototype est placé en orbite en . Mais ces deux projets sont finalement abandonnés et le gouvernement chinois communique en son intention de déployer une méga-constellation Guowang qui doit comporter satellites. Celle-ci doit être gérée par la société créée dans ce but et basée dans la ville de Xiong'an. Peu d'informations filtrent sur le projet Guowang qui est étroitement contrôlé par l’État chinois et dont l'objectif principal n'est manifestement pas commercial mais stratégique. Le déploiement de la constellation devrait débuter en 2024.
Développement du projet Qianfan
En parallèle, plusieurs autres grandes constellations de satellites chinoises sont à l'étude. La plus importante est Qianfan qui comprendrait de télécommunication. Ce projet est piloté par la société SSST dont le siège se situe à Shanghai. Le projet a obtenu un financement d'environ d'euros qui rend ce projet très crédible. Contrairement à Guowang, ce projet n'est pas directement contrôlé par le gouvernement chinois mais il a le soutien du gouvernement régional de Shanghai et de l'Académie chinoise des sciences. Le déploiement doit débuter en 2024 avec le lancement des satellites.
L'entreprise publique Genesat (Shanghai Gesi Aerospace Technology) est créée par l'Académie d'innovation pour les microsatellites de l'Académie chinoise des sciences (Innovation Academy for Microsatellites of Chinese Academy of Sciences, IAMCAS), et Shanghai Spacecom Satellite Technology, entreprise partenaire du projet germano-chinois de constellation de satellites KLEO Connect, bloqué depuis (avec poursuites judiciaires en cours). La constellation G60, nommée en référence au , reprenant lui-même le nom de l', semble être la continuation entièrement chinoise de ce projet.. Courant 2024, la presse chinoise utilise l'appellation Qianfan pour désigner le projet. Genesat inaugure en une usine implantée à Shanghai et capable de fabriquer environ par an.
Caractéristiques techniques
Selon les documents fournis à l'Union internationale des télécommunications destinés à réserver les bandes spectrales, la constellation doit comprendre dans sa première phase circulant en orbite polaire sur orbitaux distincts ( par plan orbital). Les communications se feront en bande Ku, Q et V. Selon leur fabricant, les satellites seront modulaires et à bas coût, avec une forte capacité et permettront un temps de latence réduit. Certaines sources indiquent que leur masse serait de et qu'ils circuleraient à une altitude de .
Lancements
Lancement des premiers satellites opérationnels
Le , deux prototypes, KL-Beta A et B, sont placés en orbite par une fusée Longue Marche 6. Ils succèdent aux satellites KL-Alpha A et B, lancés le par une fusée Kuaizhou-1A dans le cadre du projet précédent KLEO Connect.
Le , une fusée Longue Marche 6A (charge utile en orbite basse ) décolle du centre spatial de Taiyuan et place en orbite les satellites opérationnels de la constellation Qianfan. L'altitude initiale des satellites est de et l'inclinaison orbitale est de 89°. Après avoir rempli sa mission, le deuxième étage du lanceur explose en orbite générant plus de à d'altitude, ce qui nécessitera des centaines d'années pour rentrer dans l'atmosphère et ne plus constituer de danger pour les autres satellites. C'est la quatrième fois qu'une telle explosion se produit avec ce lanceur.
Liste des lancements +Mise à jour : Numéro vol Date de lancement Base de lancement Lanceur Nombre satellites Référence COSPAR Commentaire 1 Taïyuan, LA-9A Longue Marche 6A 18 (1 à 18) Génération de plus de 700 débris dans l'espace à la suite de l'explosion du 2 étage du lanceur. 2 Taïyuan, LA-9A Longue Marche 6A 18 (19 à 36) 3 Taïyuan, LA-9A Longue Marche 6A 18 (37 à 54) 4 Taïyuan, LA-9A Longue Marche 6A 18 (55 à 72) 5 Wenchang, LCC-1 Longue Marche 8 18 (73 à 90) 6 Wenchang, LCC-1 Longue Marche 6A 18 (91 à 108) DongfengLongue Marche 12BSpaceSail group 10Lancement sans avertissement auprès de l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI) et de l'Organisation maritime internationale (OMI)
Notes et références
Articles connexes Guowang Constellation de satellites Starlink
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