L’Union communiste est un ancien groupe politique communiste français issu d'un rassemblement de groupes situés à la gauche du Parti communiste français et d'une scission de la Ligue communiste. L'UC exista de 1933 aux débuts de la Seconde Guerre mondiale.

Histoire La fondation et les débuts En 1933, sur l'initiative d'un groupe local de la banlieue Ouest de Paris formé par Henry Chazé (Gaston Davoust) et le XV° rayon, une conférence d'unification d'une douzaine de groupes d'opposants communistes et d'individus est organisée. Après quelques réunions tenues entre avril et juin 1933, cette conférence aboutit à une unification partielle. Quelques mois après, l’Union communiste (UC) naît d’une scission, moitié-moitié, dans la Ligue communiste trotskiste qui avait participé à la conférence mais était restée indépendante. L'UC publie en , le de son journal L'Internationale. Sitôt née, en décembre 1933, l’Union communiste, fusionne avec l’organisation issue de la Conférence d’unification, et publie son avec Jean Lastérade comme gérant. Dans ce même numéro, l'UC revendique quatre groupes dans la région parisienne : Paris, Courbevoie, Clichy et Bagnolet. Une permanence est également annoncée au siège de l'organisation, 10 rue Juillet dans le vingtième arrondissement. L’UC qui se maintint jusqu’à la guerre (le dernier numéro de l’Internationale, , étant daté de ) devenait le groupe communiste d’opposition au stalinisme le plus important numériquement, devant la Gauche italienne et le petit groupe trotskyste réduit à l’état de groupuscule (moins d’une quarantaine de membres) par la scission de 1933.

Après cette fusion, l'UC évolue progressivement vers le communisme de conseil, absorbant le petit groupe de Marcel Bayard, seul groupe se réclamant alors de ce courant. L'UC recueille par ailleurs une bonne partie des bordiguistes (italiens pour la plupart) parisiens tout en continuant à s’éloigner du bordiguisme officiel : « … les bordiguistes se déclarent quasiment prédestinés à devenir le noyau de la future organisation internationale, parce qu’Italiens, et de ce fait armés d’une expérience et d’un bagage politique et doctrinal inégalables » (Bulletin d’informations et de liaison, , ).

« Tout cela explique que des camarades nous abandonnèrent, les uns pour chercher des auditoires chez Doriot en 34-35, d’autres parce que dans l’U.C., ils ne pouvaient pas jouer au « number one », d’autres encore tout simplement parce que notre évolution rapide les effrayait. Départs sur la pointe des pieds ou après discussion, courte et amicale. Quelques années après, très logiquement d’ailleurs, presque tous ces camarades étaient ou dans la gauche socialiste de Pivert ou chez les « staliniens de gauche » du groupe qui éditait « Que Faire ». La situation particulièrement dynamique ouverte par le provoqua reclassement et sélection, surtout à la naissance du Front populaire, salués par un « placard à la Une » de « L’Internationale » : « Front populaire égale Front National », placard repris par « Terre Libre », à quelques phrases près (meilleurs que les nôtres) et tiré en tract par André Prudhommeaux. Même critique sévère de l’Unité Syndicale ». Puis nos articles « Contre toute défense de l’U.R.S.S. » en 1935 et début 1936. Notre rubrique sur l’évolution contre-révolutionnaire de l’U.R.S.S. aboutissait, face aux faits, et conclusion de notre effort de réflexion théorique, à considérer l’U.R.S.S. comme une puissance impérialiste dont la nature était le capitalisme d’État. » (1). Cette rubrique était particulièrement assurée par Voradi (pseudonyme : Lang).

Les autres principaux rédacteurs de l'Internationale sont Lasterade (Jean de Lastérade de Chavigny), Laroche (Szajko Schönberg), Henry Chazé (Gaston Davoust).

La Guerre d'Espagne

Pendant la guerre civile espagnole l’UC ne préconise pas le départ de militants pour l’Espagne, tout en comprenant les militants bordiguistes italiens (condamnés par leur propre organisation) qui faisaient ce choix, en particulier pour combattre dans les milices. Henry Chazé et un autre membre de l’UC (Robert Glassman) se rendent à Barcelone en août-septembre 1936 pour établir des liaisons.

« Le long entretien avec Federica Montseny est resté vivace dans ma mémoire… au cours de la discussion, elle parla « d’anarchisme d’État » !! Je ne bronchai pas, mais mon jeune camarade en resta pantois et muet jusqu’à la fin de l’entretien. « Anarchisme d’État », vers le , cela promettait ! Les entretiens avec les camarades du POUM furent aussi très décevants. Refus d’entreprendre au sein du POUM une discussion sur l’U.R.S.S. (Gorkin). » (1)

Se déplaçant dans plusieurs villes à partir de Barcelone, ils constatent que la CNT (Confederación Nacional del Trabajo) y contrôle tout, par en haut et par ses groupes de base. Pour aller de Barcelone à Tarassa, avec Gorkin, ils sont contrôlés plusieurs fois mais peuvent se déplacer librement grâce à un "sauf-conduit" délivré par un organisme présidé par Santillan. Ce sauf-conduit leur sert également au retour pour s'arrêter à Gérone et Figueras, également contrôlés par la CNT. Ces différents arrêts sont l'occasion d'entretiens plus confiants qu'avec les dirigeants anarchistes et POUMistes.

Avant et après les journées de mai 37 à Barcelone, l'UC dissocie nettement son soutien aux combattants espagnols de celui à la République Espagnole :

" L'assassinat des militants révolutionnaires tels que Berneri, Andreu Nin, des camarades anarchistes d'extrême-gauche, des Amis de Durruti et des Jeunesses Libertaires, la destruction du POUM, l'arrestation de ses dirigeants, Gorkin, Andrade, etc., démontre la volonté arrêtée de la bourgeoisie républicaine d'Espagne de décapiter le mouvement révolutionnaire catalan avant d'opérer une nouvelle et profonde saignée dans le prolétariat.

Cette répression qui sévit actuellement dans toute l'Espagne républicaine est le résultat de l'étranglement de la Révolution espagnole réalisé par les impérialismes "démocratiques", fascistes et soviétique, avec la complicité des partis traitres de la II et III Internationales...

Par des moyens différents, Franco et le gouvernement de Valence ont poursuivi le même objectif : mater le prolétariat et consolider la dictature de classe de la bourgeoisie...

L'"antifascisme" a conduit nos frères d'Espagne à une défaite sanglante. L'"antifascisme" a permis au Front populaire en France de détourner également la classe ouvrière d'une véritable action de classe.

(Tract -non daté- distribué par l'Union communiste à un meeting à La Mutualité)

En mars 1937, à l’appel de l’UC, se tient à Paris une conférence internationale. Y participent une série de groupes qui s’étaient opposés aux bordiguistes (Bilan) à propos de la guerre civile espagnole : LCI (Ligue des Communistes Internationalistes, Belgique), RWL (Revolutionary Workers League, USA) représentée par Oehler, League for Revolutionnary Workers Party de Field, GIK (Groupe des communistes internationaux, Hollande) représenté par Canne Meijer), et des individualités comme Gabriel Miasnikov, Arkadi Maslow et Ruth Fischer, représentant les anciennes oppositions russe et allemande. L’échec de cette conférence amènera la RWL à créer une commission Internationale de contact.

En 39, avant sa disparition, l'UC rejoint la position d’Anton Pannekoek ou du KAPD; conservant le mot Parti tout en rejetant la conception léniniste d'un parti dirigeant.

La guerre, avec la mobilisation, l’arrestation ou la fuite des militants étrangers, amène la disparition de fait du groupe en , même si des liaisons sont maintenues pendant la guerre par des femmes de l’UC. Henry Chazé est arrêté puis déporté. Il survivra à Sachsenhausen et reprendra une activité sur des positions communistes de conseils, mais l’UC ne sera pas reconstituée.

1. Henry Chazé, Union Communiste 1933-1939, préface à Chronique de la Révolution Espagnole, éditions Spartacus, 1979

Note : Cette organisation ne doit pas être confondue avec l’organisation trotskyste du même nom fondée ultérieurement par Barta.

Documents et correspondances Lettre de André Prudhommeaux à L'Internationale (25/05/35)

Chers camarades,

J'ai reçu ce matin-même un exemplaire de votre organe L'Internationale.

La netteté de votre attitude face à l'accord Laval-Staline est extrêmement sympathique. Ceci m'engage à vous demander de bien vouloir noter notre journal "Terre Libre" (A. Prudhommeaux, 10 rue Emile Jamais Nimes-gard) sur votre liste d'échanges.

En plus de cela je serais heureux d'échanger une collection des 14 n) parus de Terre Libre contre les 14 n parus de l'Internationale, et une collection de notre revue aujourd'hui terminée "Correspondance internationale ouvrière" (15 numéros) contre une collection de la revue "Bilans".

À l'avenir nous nous ferons un plaisir de vous faire parvenir toutes nos publications. Vous verez par là que la pensée anarchiste ne se limite pas au seul "Libertaire", organe que pour ma part je considère comme infecté de réformisme et de même de nationalisme (voir du , page colonnes 1 et 2 "Comment ils conçoivent l'esprit national").

Bien fraternellement à vous, A. Prudhommeaux

Lettre de André Prudhommeaux à L'Internationale (17/11/37)

Chers camarades,

Je compte publier dans un prochain n de l'Espagne Nouvelle (avec référence bien entendu) les pages 3 et 4 de votre numéro 32 de "L'Internationale".

D'autre part permettez moi de vous féliciter pour le beau travail théorique -question nationale- pages 7 à 11 (article signé Laroche).

J'avais soulevé cette question sur le plan marxiste dans un périodique paru il y a 6 ou 7 ans, et j'étais arrivé aux mêmes conclusions. Ajotons que ces conclusios conduisent nécessairement à une théorie anarchiste, car l'État et la Nation son psychologiquement et matériellement inséparables, et tout nihilisme en matière nationale conduit à un nihilisme vis-à-vis des formes et des forces étatiques. Encore un petit effort et vous arriverez à la conception Bakouninienne de la lutte armée révolutionnaire expropriatrice et décentralisée, préconisée par Bakounine à partir de Sedan (1870). Introduite par les communards dans le domaine des faits; reconnue après coup par Marx dans sa Guerre Civile en France qui rejoint par là certaines œuvres de sa jeunesse (La question juive contient déjà une théorie de l'État) - cette conception bakouninienne est, à mon avis, la solution au problème espagnol, comme à tout le problème guerre et révolution. On ne peut pas écarter sans tomber dans le négativisme du groupe Bilan-majorité, ou dans le collaborationnisme préconisé par l'UA à la remorque des dirigeants CNT-FAI. J'ajoute que sur ce terrain se rencontrent actuellement l'Espagne Nouvelle et les Amis de Durruti.

Je suis fort heureux d'apprendre que les articles de l'Amigo del Pueblo, que je vous ai passé dans l'original seront traduits par vous.

Je dispose d'un autre périodique: Alerta! qui a succédé à l'Amigo et qui paraît actuellement chaque semaine avec un contenu très vivant et très riche.

Je compte le traduire presque intégralement, ce qui n'était guère possible pour l'Amigo del Pueblo, aux articles trop longs et souvent un peu fumeux...

Espérant que cette lettre vous inspirera le désir d'annoncer à nouveau ou de citer l'Espagne Nouvelle dans vos colonnes, je vous envoie, chers camarades, mes meilleurs vœux de bon et utile travail pour la révolution sociale.

Bien fraternellement,

André Prudhommeaux

Lettre de Henry Chazé au groupe Pour une intervention communiste (05/05/75)

… Par rapport à Masses et Spartacus qui représentaient une aile gauche de la SFIO, l’Union Communiste fut une organisation qui, face aux faits, et ceux-ci se bousculaient comme actuellement, pris position nettement contre le frontisme, contre la défense de l’URSS, sur la nature de l’État russe (capitalisme d’État) et la révolution espagnole (juillet 36 – mai 37), etc.…