Les femmes au Guyana sont un métissage d'origines asiatiques, africaines et autochtones. La colonisation et l'impérialisme britanniques ont contribué au sexisme à l'égard des femmes guyaniennes au sein du foyer, en politique et dans l'éducation.

Aperçu Le Guyana est géographiquement situé en Amérique du Sud, mais il est culturellement et historiquement plus proche des Caraïbes du Commonwealth. Il est souvent comparé à Trinité-et-Tobago.

Données démographiques Dans ce pays, les femmes sont surtout d'origines , et amérindienne. Le Guyana a également accueilli des Européennes (principalement d'origine portugaise) et des Chinoises. L'émigration indienne vers les Indes Occidentales (britanniques) s'est majoritairement concentrée au Guyana (43,5 %).

Rôles dans la société De nombreuses Guyaniennes vivant en milieu urbain sont soutiens et chefs de famille, en particulier dans les familles de la classe ouvrière. En 1966, après l'indépendance du Guyana, les femmes ont dû trouver un emploi stable pour gagner aussi une partie des revenus du ménage. L'instabilité de l'économie guyanienne après l'indépendance a entraîné une augmentation des mariages et des conflits générationnels.

Les femmes Obeah sont des dirigeantes de la religion populaire.

Une femme a été Présidente de la république coopérative du Guyana : Janet Jagan, du au .

Ethnologie Stéréotypes et dynamique des ménages Les différences raciales entre les et les ont souvent défini les rôles des femmes dans la société du pays.

Indo-Guyaniennes Les premiers documents sur les femmes issues d'Asie-du-Sud, ou Indo-Caribéennes, (dont grand pourcentage provenait d'Inde) affirment qu'elles ont été amenées au Guyana comme esclaves agricoles pour y soutenir l'économie de l'Empire britannique. Ces documents définissaient un qui brouillait parfois l'identité des sujets non-européens de l'empire. Les documents officiels de l'époque coloniale suggéraient souvent des réputations de ou de femmes victimes.

Afro-Guyaniennes Les premières études sur le genre dans les Caraïbes définissaient les ménages en termes de , et l'hypothèse que la domesticité des femmes était un rôle secondaire ignorait tout rôle qu'elles eurent pu avoir en dehors de la famille. Les foyers afro-caribéens dirigés par des femmes étaient présentés comme , stéréotypés comme étant dirigés par une (par opposition à la indo-caribéenne.)

Résultats de recherche Au cours des années 1970 et 1980, le a étudié les femmes à la lumière de la recherche féministe. Dans les années 1990, la recherche est passée de la création de visibilité à un

Un inconvénient majeur de la recherche est qu'elle se concentre presque exclusivement sur les femmes à faible revenu, ce qui a conduit à des stéréotypes et à des conclusions qui ne représentent pas l'ensemble des femmes caribéennes. Bien que certains progrès aient été réalisés en matière de droits des femmes en 2019, . Cela provoque des lacunes de connaissance d'informations essentielles à la réalisation d'objectifs genrés.

Histoire La présence féminine et la démographie diffèrent au cours des grandes périodes de l'histoire du Guyana. L’origine de la diversité guyanienne est la création coloniale européenne d’une . Le rôle des femmes dans une société de plantation reflétait leur identité raciale et leur perception de « gardiennes de la culture ».

Sous l'empire colonial Au début de la colonisation, très peu de femmes d'origine européenne ont immigré vers ce qu'on appelait alors les Guyanes ; le système de plantation attirait des femmes et des hommes d’Afrique comme esclaves. Très peu d'aménagements ont été faits pour les femmes enceintes ou allaitantes dans leurs heures de travail ou de punition. Les unions inévitables résultant de cette disparité entre les sexes étaient considérées comme des perversions, même si peu de mesures ont été prises pour lutter contre le viol ou la violence sexuelle contre les femmes (qui bénéficiaient pourtant de droits égaux à ceux de leurs maîtres coloniaux blancs.) Cela a conduit à la stratification raciale de la société, avec des termes, basés sur l'apparence tels que mulâtre, terceron ou quarteron, qui définissaient les individus. Les femmes anglaises étaient considérées comme , une panacée aux maux sociaux de la colonie.

Émancipation Les Afro-Guyaniens libres ou émancipés ont cherché à éviter le système de plantation en créant leurs propres villages et en mettant leur argent en commun pour acheter des terres à des fins agricoles. Ce mouvement villageois était considéré comme une menace pour les plantations sucrières qui avaient encore besoin de main-d'œuvre. Le gouvernement colonial promulgua alors des lois qui empêchaient l'achat de terres. Privés de moyens de subsistance, les Afro-Guyaniens se sont installés dans l'arrière-pays comme prospécteurs d'or ou de diamant ou dans les zones urbaines pour y trouver du travail.

Identité Les Afro-Guyaniens émancipés cherchaient à s'identifier à autre chose que le travail des plantations. Les plantations sucrières remplissaient leurs quotas de main-d’œuvre avec des serviteurs sous contrat venus d'Inde et, dans une moindre mesure, de Chine et du Portugal. La première vague de serviteurs sous contrat en provenance d'Inde est arrivée en 1845.

Les recruteurs gagnaient des primes plus élevées en engageant des femmes, de sorte que la tromperie et . Même si les femmes venaient d'horizons très divers, certaines religions ou hiérarchies ont rendu leur migration

Les femmes des castes inférieures étaient des cibles faciles pour le recrutement car les castes supérieures avaient la possibilité de se protéger en limitant la mobilité de leurs femmes. Les pratiques de caste et les règles patriarcales étaient facilement perturbées par les difficultés économiques, conduisant à une vulnérabilité ; les famines ont conduit à des taux d'engagement plus élevés. Le tabou du kala pani était associé à l’impureté et corrélé à la sanction pénale.

; la main-d'œuvre a été prise dans ces régions pour travailler dans les zones sous-utilisées de l'Inde et à l'étranger. Environ 92% de la main-d'œuvre féminine entre les années 1876 et 1892 provenaient des régions du Bihar, des provinces du Nord-Ouest et de l'Awadh, et près de 85 pour cent du total des immigrantes entre 1908 et 1917 provenaient des Provinces-Unies et d'Agra.

Entre les années 1840 et 1880, la majorité des femmes recrutées pour les plantations étaient célibataires ou voyageaient avec des enfants. Les femmes mariées représentaient un pourcentage plus faible, allant de de la population féminine totale émigrant d'Inde vers les Antilles entre 1845 et 1886. Le déplacement d'Inde vers les colonies a affecté les normes de genre, les femmes entrant dans le centre de recrutement.

Selon Patricia Mohammed, Le voyage de plusieurs mois d'Inde vers les colonies des Caraïbes a favorisé le rapprochement d'hommes et de femmes pour former des familles (), à l'instar de l'expérience des Afro-Guyaniens sur les navires négriers.  

Les règles de séparation des hommes et des femmes n'étaient pas respectées. Le voyage vers les Antilles était coûteux et le taux de mortalité des femmes, élevé pendant la mousson, a conduit à l'adoption de la loi VII de 1871 sur l'émigration indienne (Indian Emigration Act VII of 1871, : 105). Elle imposait des quotas inférieurs pour les femmes durant ces mois-là.

Cette règle a été abolie en 1879 après avoir été critiquée sous prétexte qu'elle interférait avec le des maris et qu'elle donnait la priorité au rôle des femmes en tant qu'épouses plutôt qu'à leur travail. Dans les années 1880, il était considéré bénéfique d'encourager stabilité pour prévenir les troubles sociaux considérés comme un symptôme de déséquilibre entre les genres. Au cours des cinq années suivantes, le pourcentage de travailleuses a augmenté pour s'établir à environ 74 %. De 1876 à 1892, les femmes représentaient de la main-d'œuvre totale.

Selon des sources coloniales, les Indiennes étaient soit soit celles qui se livraient à un Les décideurs politiques anglais de l'époque victorienne cherchaient à envoyer des femmes qui seraient de , encourageant l'harmonie sociale considérée comme essentielle pour les travailleurs productifs.

L'Ordonnance 16 de 1894 a réduit la durée de l'engagement de cinq à trois ans pour attirer les familles et les femmes de caste supérieure. L'introduction des Indiennes a eu un effet polarisant sur les relations entre Afro- et Indo-Guyaniens, favorisant la création immédiate de familles au détriment du brassage social.

Le déséquilibre entre les genres a également eu des conséquences pour les femmes qui entretenaient des relations en dehors de la classe des travailleurs masculins indiens. Le métissage des Européens et des Indiens était considéré comme une menace pour la virilité de la main-d’œuvre. En plus des injustices inhérentes au système de plantation, . Même si le ratio entre les genres semble impliquer que les femmes pouvaient choisir leur partenaire, il s'agissait d'un .

Comme de nombreux mariages n’étaient pas reconnus, la violence était un moyen courant de contrôler les femmes. Au cours de la seconde moitié du , auraient été tuées dans les plantations, dans de nombreux cas brutalement avec des outils agricoles. Le meurtre d'une épouse par son mari s'ensuivait fréquemment du suicide.

Les féminicides au cours de cette période n'étaient examinés que lorsqu'ils provoquaient des troubles sociaux (perturbaient la main-d'œuvre des plantations), et les plaintes des femmes étaient rejetées comme résultant de leur La grossesse mettait les femmes dans une position vulnérable, les obligeant à rompre leur contrat de travail ; les dispositions légales étaient souvent ignorées par la direction des plantations. Les femmes étaient confrontées à .

La production de sucre exigeait beaucoup de main-d'œuvre; les propriétaires fonciers n’ont pas fait grand-chose pour développer des technologies permettant d’améliorer la production, plaçant l’industrie dans une position vulnérable face à la concurrence mondiale. L'ordonnance sur l'immigration de 1891 a fixé un salaire minimum pour les travailleurs pendant une dépression dans l'industrie sucrière, fixant un salaire inférieur pour les travailleurs (ce qui s'adressait souvent aux femmes).

Contrairement Afro-Guyaniens, qui ont migré principalement vers les zones urbaines après leur émancipation, les Indo-Guyaniens ont maintenu des liens avec l'agriculture après la fin de leur contrat. En 1917, lorsque le système d'engagement fut aboli, presque tous les Indo-Guyaniens vivaient dans des plantations sucrières (ou y vivaient) ; en 1939, les femmes représentaient du total des travailleurs agricoles indiens. Ils restaient cependant au niveau de compétence le plus bas et étaient rarement .

D'autres tâches domestiques, comme la préparation des repas et la garde des enfants, étaient également attendues d'elles. Les rôles des femmes autrefois sous contrat se concentraient sur . Les femmes ont occupé des emplois supplémentaires, tels que commerçantes ou vendeuses de plats indiens traditionnels (qui constituent encore une partie importante de la cuisine guyanienne en général).

La propriété foncière, généralement un droit légal des femmes, était typiquement exercée par le conjoint. La famille élargie (avec les enfants) était cruciale pour lever des capitaux pour la terre et réunir une main d'œuvre, avec un accordé au chef de famille, l'homme. À la fin du , .

Des modèles patriarcaux informels ont pris forme, avec des fils recevant une éducation et des filles responsables des tâches ménagères jusqu'à un mariage, jeune. La reconstruction des valeurs hindoues ou musulmanes entre en conflit avec celles des missionnaires chrétiens qui cherchaient à la population guyanienne. La résistance précoce des Indo-Guyaniens à l'éducation était due à des valeurs culturelles contradictoires et à la nécessité du travail des enfants, avec un combat accru contre l'éducation des jeunes filles.