vignette|Ioannis Metaxas, premier ministre et dictateur du Régime du 4 Août en Grèce (1936-1941).

Le conservatisme autoritaire, souvent assimilé à l'autoritarisme de droite est une idéologie politique qui peut concerne des groupes ou des individus. Il cherche à maintenir l'ordre, la tradition et la hiérarchie, par l'autoritarisme, souvent par la répression forcée de groupes désignés comme ennemis radicaux (et/ou révolutionnaires) tels que les communistes et les anarchistes. ou les nazis. Des régimes conservateurs autoritaires ont par exemple été le Kuomintang sous Tchang Kaï-chek en Chine, le metaxisme en Grèce et le franquisme en Espagne, qui cherchaient à maintenir des structures traditionnelles face aux menaces perçues du communisme, de l’anarchisme ou du libéralisme Stanley G. Payne. Fascism in Spain, 1923–1977, Madison (Wisconsin), University Press, 1999 ..

Des idéologies autoritaires proches existent et ont existé dans la gauche du spectre politique, avec certains points communs et en utilisant des moyens parfois similaires ; mais elles ne visent pas à soutenir la tradition ; elles cherchent à conserver le système politique, plus jeune, qu'elles ont mis en place.

Bien que le « concept d'autorité » ait été identifié comme un principe fondamental du conservatisme en général, le conservatisme autoritaire dictatorial n'est qu'une des nombreuses formes différentes de conservatisme ; il diffère par exemple du conservatisme libertarien de droite qui est la forme de conservatisme la plus répandue aux États-Unis..

Idéologie

Racines sociopsychologiques L'autoritarisme a des racines à la fois psychologiques et sociales.

De nombreuses recherches en sociopsychologies, en psychologie sociale, en sciences politiques ont montré que des formes aiguës d'autoritarisme se manifestent à droite comme à gauche du spectre politique : en 1972, Eysenck montraient que les personnalités autoritaires font preuve d'un degré de rigidité cognitive comparable dans le communisme et dans le fascisme., et selon Eysenck et Coulter (1972) les personnalités autoritaires de gauche (LWA) et de droite (RWA) ont des traits de personnalités communs en termes d'intolérance envers les groupes adverses, mais pas uniquement : par exemple, Lane , en 2021 ont montré. qu'elles partagent une même tendance à un niveau élevés d'absolutisme moral, de dogmatisme et de fermeture d'esprit ajoutent Costello en 2022 ..

Dans le contexte d'une menace existentielle sociétale de la pandémie de Covid-19, si le complotisme et le mouvement antivax étaient plus importants dans la population de droite, les dirigeants autoritaires dits de gauche, à l'instar de leurs homologues de droite se sont soumis aux autorités sanitaires et ont mis en place des politiques autoritaires notait Joseph H. Manson en 2020., et selon Winter (2022) durant la pandémie certaines mesures strictes prises pour faire respecter le confinement par la police ou l'armée) ont été globalement acceptées par les individus de gauche comme de droite, mais dans ce contexte les dimensions d'agressivité et de conventionnalisme restaient corrélées de manière classique à l'orientation politique, confirmant le caractère multidimensionnel du RWA et une certaine sensibilité au contexte.), mais aussi avec des différences (l'existence et la nature d'un éventuel noyau autoritaire universel partagé entre la droite et la gauche est encore débattue).

Des penseurs, philosophes, historiens et chercheurs ont travaillé à mieux identifier les sous-types de conservatisme autoritaire.. Selon J. Kieren (2025), .

Une étude récente (2025) menée sur un large échantillon (de néozélandais), a cherché à préciser en quoi ces deux traits de personnalité variaient selon les profils d'autoritarisme. Elle a conclu à l'existence de cinq groupes distincts : les « dominants faibles » (faibles niveaux de LWA, RWA et SDO ; 41,8 %) ; les « autoritaires modérés de droite » (RWA modéré, faible LWA et SDO ; 35,7 ; les « modérés-moyens » (RWA et SDO modérés, faible LWA ; 13,7 %) ; les « autoritaires de gauche » (LWA élevé, faible RWA et SDO ; 7,5 %) ; les « dominants forts » (SDO élevé, faible LWA, RWA modéré ; 1,34 %). Dans ce large panel (néozélandais), mais un petit groupe avait un score élevé en matière d'autoritarisme de gauche (appelé autoritaires de gauche) et un autre petit groupe a fortement approuvé les hiérarchies et les inégalités basées sur le groupe (appelé High Social Dominators). Les personnes plus jeunes, non religieuses, plus libérales (au sens anglophone du terme) et les personnes vivant dans des zones défavorisées étaient plus susceptibles d'être des autoritaires de gauche. En revanche, les personnes conservatrices plus âgées étaient plus susceptibles d'être des dominateurs sociaux élevés. Ces groupes différaient également par leur personnalité et leurs attitudes à l'égard des institutions, des partis politiques et des questions sociales. , mais . Selon les auteurs .

On distingue classiquement. souvent un autoritarisme de droite ( ou RWA)... d'un autoritarisme de gauche et parfois d'un autoritarisme religieux et d'un autoritarisme populiste. Tous les quatre reposent sur une volonté de contrôle social fort, visant à encadrer les comportements, les opinions et les croyances de la population. Ce contrôle pouvant être exercé par l'État voire un dictateur, mais aussi par des figures ou entités non étatiques, religieuses, para-militaire ou sectaire.

Psychologie de l'autoritarisme de droite Selon le psychologue Bob Altemeyer (en 1981), la personnalité autoritaire de droite (PAD) est une personne très soumise à ses figures d'autorité, qui agit de manière agressive au nom desdites autorités, conformiste dans sa pensée et son comportement ; les individus politiquement conservateurs présentent souvent ce trait de personnalité.. Cette spécificité était déjà décrite par Theodor W. Adorno dans The Authoritarian Personality (1950) basé sur le test de personnalité de l'échelle F (ou F-scale pour Fascism Scale), développée dans les années 1940 par Theodor Adorno et ses collègues dans le cadre de leur étude sur la personnalité autoritaire). En 1996, une étude réalisée sur des étudiants israéliens et palestiniens, en Israël, a trouvé que les scores PAD des partisans des partis de droite étaient nettement plus élevés que ceux des partisans des partis de gauche..

La personnalité autoritaire de droite s'ancre dans le conservatisme social (éventuellement paternaliste), le traditionalisme et la défense de l'ordre établi ; elle est hiérarchisante (c'est-à-dire valorisant la hiérarchie et les normes dominantes), souvent au détriment de minorités.Une variante contemporaine de l'autoritarisme de droite s'est développée sous la forme d'un populisme autoritaire inspiré d'une idéologie libertarienne de droite, observé notamment en Europe de l'Est, aux États-Unis ou au Brésil par exemple respectivement avec Viktor Orbán, Donald Trump et Jair Bolsonaro qui tous ont combiné rhétorique populiste — exaltation du « peuple » contre les « élites » — et politiques autoritaires, souvent marquées par le nationalisme, l'anti-immigration, le rejet du pluralisme ; avec une personnalisation autoritaire du pouvoir, appuyée sur une communication directe, parfois agressive, sur la délégitimation des contre-pouvoirs (médias, justice, universités) ainsi que de la science (et en particulier des sciences sociales, de l'environnement et du climat), tout en mobilisant l'attention, au moyen des réseaux sociaux et de fausses informations, en manipulant des affects tels que la peur, la colère ou le ressentiment, voire la haine.

Sur le plan sociopsychologique, des expériences ont montré que les conservatismes de droites sont souvent associés à certains types de personnalités, et à certaines formes de dominance., et à corrélats émotionnels particuliers.. Des études ont suggéré que les personnes ayant un score élevé en RWA perçoivent souvent certains groupes sociaux minoritaires comme menaçants pour la stabilité sociale, ce qui les pousse à développer des attitudes hostiles envers ces groupes ; et que ces attitues peuvent généralement être prédite par un trait de personnalité dit tendance à la domination sociale (que les anglophones désignent par l'expression Social Dominance Orientation ou SDO)... ; une étude, basée sur 212 participants ayant évalué leurs attitudes envers 24 groupes souvent mal perçus, a conclu à trois dimensions distinctes de préjugés : les groupes perçus comme « dangereux », dont le rejet est fortement lié au RWA ; les groupes « dévalorisés », associés uniquement à la SDO ; et les groupes « dissidents », rejetés à la fois par les individus à haut RWA (fortement) et à haut SDO (plus faiblement). Ces résultats affinent la compréhension des racines psychologiques du rejet social et ouvrent des pistes pour mieux cibler les stratégies de réduction des préjugés..

Selon les travaux de thèse d'Amélie Bret, chercheuse en psychologie et neurocognition : l'autoritarisme de droite se caractérise par une faible malléabilité des attitudes, notamment dans les relations intergroupes.. Des études expérimentales ont montré que les individus à haut niveau de RWA résistent davantage au changement d'attitude, même dans des contextes contrôlés impliquant des stimuli artificiels. Cette psychorigidité peut être modulée par la quantité d'informations disponibles, les instructions reçues ou les ressources attentionnelles mobilisées, mais va dans le sens d'une stabilité idéologique et de la réticence face à la complexité ou à la nuance. Selon une étude basée sur 887 italiens, il y a une corrélation positive et significative entre être conservateur de droite et défendre l'autorité et les normes traditionnelles et une tendance à subordonner des groupes perçus comme inférieurs. Cette corrélation est cependant modulée à la hausse par l'intérêt politique, et à la baisse chez les personnes se disant religieuses.

Psychologie de l'autoritarisme de gauche L'autoritarisme de gauche, notamment quand il est extrême, partage des points communs avec celui de droite ; mais il s'inscrit au contraire dans une logique de transformation radicale, visant à abolir les inégalités sociales (mais par une centralisation du pouvoir, quitte à restreindre les libertés individuelles au nom du collectif). Selon Lilly (2025), les autoritaires de gauche se distinguent nettement par leurs caractéristiques démographiques (âge et sexe), leur personnalité et leurs attitudes sociales ( confiance dans les institutions, intentions de vote et attitudes à l'égard de différents problèmes sociaux) ; s'ils , et qui les )..

Toutes ces formes de l'autoristarisme (conservateur, de gauche, révolutionnaire, religieux ou populiste…) reposent sur des mécanismes de pouvoir et de contrôle social cherchant à façonner la pensée collective, encadrer les comportements et maintenir l'hégémonie du pouvoir, souvent au prix du pluralisme démocratique.

Racines historiques L'autoritarisme, depuis qu'il est étudié, .

Dans la philosophie politique Deux ancêtres philosophiques du conservatisme pourraient être Edmund Burke et Joseph de Maistre, qui ont inspiré deux formes distinctes de conservatisme : l'un, enraciné dans une tradition whig plus libertaire, le second plutôt ultramontain, ultra-royaliste et finalement autoritaire.