Les incursions israéliennes en Cisjordanie pendant la guerre de Gaza font références aux multiples incursions terrestres, parfois accompagnées de frappes aériennes, des forces israéliennes dans plusieurs villes palestiniennes et camps de réfugiés en Cisjordanie, notamment Jénine, Naplouse et Tulkarem.
Israël indique que ces opérations ont pour but d'empêcher les groupes armées Palestiniens de s'organiser militairement en Cisjordanie. En parallèle, l’État israélien accentue sa politique de colonisation des territoires palestiniens et de déplacement forcé de populations.
Au moins 911 Palestiniens (civils et combattants) ont été tués par Israël entre et , dont plus de . En outre, plus de Palestiniens ont été blessés au cours de la même période, dont environ . Tsahal a arrêté plus de Palestiniens () ; au moins 50 de ces détenus sont morts en « raison de conditions inhumaines et de mauvais traitements ». Selon un rapport de Médecins sans frontières, 2023 est l’année la plus meurtrière de l’histoire pour les Palestiniens de Cisjordanie.
Peu après l'accord de cessez-le-feu entre Israël et le Hamas en 2025, Benyamin Netanyahou lance une opération militaire nommée .
Contexte Les tensions et les violences entre les forces militaires israéliennes et les colons en Cisjordanie s’intensifient bien avant le début de la guerre à Gaza. Selon l’ONU, 2022 est l’année la plus meurtrière jusqu’alors jamais enregistrée pour les Palestiniens de Cisjordanie.
Le gouvernement de Benyamin Netanyahou a mis en œuvre une « stratégie visant à concrétiser la vision politique d'un exercice d'une pleine souveraineté israélienne sur la Cisjordanie », indique l'organisation de défense des droits humains israélienne Yesh Din. Le gouvernement a accru la protection militaire, le soutien financier et matériel accordé aux colons, tout en leur garantissant une impunité presque totale lors de leurs attaques contre des villages palestiniens.
À partir de , l'armée israélienne recourt aux bombardements aériens et, au sol, envoie des bulldozers blindés, provoquant des destructions considérables.
Des chiffres publiées jusqu’en représentent déjà l’année comme étant la plus meurtrière de l’histoire pour les enfants de Cisjordanie.
Incursions à Jénine Affrontements d'octobre 2023 Le , Israël lance une invasion de la ville, tuant plusieurs personnes. Le , les forces militaires israéliennes bombardent une mosquée de Jénine, affirmant qu'elle était utilisé comme lieu de stockage d'armes, tuant au moins deux Palestiniens.
Ayser Mohammad Al-Amer, un haut commandant du Jihad islamique palestinien, est tué lors d'un affrontement avec Tsahal dans le camp de réfugiés de Jénine, selon un rapport publié le .
Le , les forces israéliennes attaquent de nouveau la ville et engagent des combats, au cours desquels deux Palestiniens auraient été tués.
Raids de novembre 2023 Le , Tsahal engage des affrontements avec des militants des brigades Al-Qods et des brigades des martyrs d'Al-Aqsa à Jénine pendant plusieurs heures. Cet affrontement entraîne la mort de cinq personnes, dont trois combattants du Hamas et deux civils
Un autre affrontement a lieu le à Jénine, entraînant la mort de quatre Palestiniens, dont deux enfants, Basel Abu Al-Wafa () et Adam Al-Ghool (), abattus par les forces israéliennes. Des images de vidéosurveillance montrent Basel Abu Al-Wafa, abattu de plusieurs balles, tandis qu'Adam Al-Ghool est tué d'une balle dans la tête.
Un jeune de aurait été tué par balle par Tsahal dans l'enceinte de l'hôpital Khalil Suleiman, près du camp de réfugiés de Jénine, selon les témoignages de Médecins sans frontières.
Raids de décembre 2023 Le , des affrontements font cinq blessés palestiniens. Le , un violent affrontement avec Tsahal entraîne la mort d'un adolescent manifestant et deux autres blessés. Le , cinq Palestiniens sont tués, tandis qu'un autre homme décède plus tard dans la journée. Le , un manifestant palestinien est tué et deux autres personnes (ainsi qu'un enfant) sont blessés par des tirs israéliens.
Le , douze Palestiniens sont tués, dont un adolescent non armé tué dans un hôpital selon Médecins sans frontières, et des dizaines de personnes sont détenues par l'armée israélienne. Celle-ci déclare avoir détruit des laboratoires servants a fabriquer des bombes et un tunnel. Une mosquée est profanée par des soldats durant l'opération. Les troupes israéliennes ont empêché les ambulances d'entrer dans le camp pour évacuer des patients gravement malades selon le Croissant-Rouge palestinien.
, une soldate israélienne abat un Palestinien qui tentait de déplacer sa voiture. Les raids du à Jénine et dans plusieurs autres régions de Cisjordanie aboutissent à plus de dix arrestations. Au moins dix maisons sont perquisitionnées le .
À la mi-décembre, un total de 69 Palestiniens, dont quinze enfants, ont été tués à Jénine depuis le . Plusieurs centaines de personnes ont par ailleurs été arrêtées et envoyées sans procès dans des prisons israéliennes. Dans certaines rues de la ville, l'ensemble des hommes ont été arrêtés. Les routes ont été complètement détruites, ainsi qu'une grande partie des infrastructures, par les bulldozers israéliens.
Raids de janvier 2024 Une douzaine de raids sont signalés le , avec une violente incursion à Jénine et de violents affrontements à Azzun, entraînant la mort de quatre Palestiniens. Des raids sont signalés à Ya'bad le , faisant un blessé de onze ans. Selon un médecin qui décrit une frappe de drone le , .
Toutes les entrées de Jénine auraient été bloquées le . Selon le président du comité de haut niveau de Jénine, Israël a détruit des rues, des poteaux électriques, des conduites d'eau et un monument en hommage à Shireen Abu Akleh. L'association caritative britannique Action Around Bethlehem Children with Disability a été endommagée par les forces israéliennes. Le , des soldats israéliens encerclent l'hôpital al-Amal et fouillent les ambulances. Un jeune homme est tué lors d'un raid et son frère est arrêté le . La destruction de ronds-points par Tsahal est capturé par des images de vidéosurveillance le . Trois jeunes hommes auraient été roués de coups par les troupes israéliennes lors d'un raid sur Ya'bad le . Le , trois Palestiniens, qualifiés de combattants par Tsahal, sont assassinés dans un hôpital de Jénine par des commandos israéliens portant des uniformes médicaux. Les hommes auraient été tués dans leur lit pendant leur sommeil. Selon certaines analyses juridiques, ces actions peuvent constituer un crime de guerre.
Raids de février 2024 Deux jeunes hommes d'une vingtaine d'années sont hospitalisés après avoir été battus pendant plusieurs heures par des soldats israéliens et abandonnés dans une oliveraie. Un raid le détruit des infrastructures, notamment des réseaux d'eau, d'égouts ainsi que le réseau Internet. Un jeune homme est tué par les forces israéliennes le , après avoir empêché l'arrivée du personnel médical déployé pour lui porter secours. Des affrontements sont signalés à Qabatiya après la destruction de biens privés d'habitants par Tsahal. Selon la radio militaire israélienne, trois Palestiniens sont tués lors d'un raid aérien le ; un homme de est également tué le . Une frappe le fait un mort et quinze blessés ; deux autres mourront des suites de leurs blessures les jours suivants.
Les forces israéliennes placent le village de Jalbun sous contrôle militaire après des affrontements lors de démolitions de cabanes palestiniennes par Tsahal.
Raids de mars 2024 Un jeune homme de décède des suites de blessures par balle à la tête le . Deux personnes sont tués lors d'un raid le . Les forces israéliennes ouvrent le feu sur l'hôpital gouvernemental de Jénine et tuent deux civils se trouvant devant le service des urgences (plusieurs autres sont blessés). Une frappe aérienne israélienne tue trois Palestiniens, dont deux membres Jihad Islamique le ; il s'agit de la seconde frappe aérienne en moins d'un mois. À la suite de cette frappe, un homme accusé d'espionnage pour le compte d’Israël aurait été exécuté par des combattants palestiniens. Sept autres Palestiniens sont tués au cours de la journée par l'armée israélienne.
Raids de l'été 2024 Les autorités déclare qu'un enseignant et un médecin, ainsi que deux adolescents, figurent parmi les sept personnes tuées le . Le Croissant-Rouge palestinien publie des images montrant des troupes israéliennes empêchant les médecins de transporter une personne blessée. Selon le Defence for Children International, des tireurs d'élite israéliens ont tué deux garçons de et a appelé les États-Unis à cesser de fournir des armes utilisées pour tuer des enfants. Des images vérifiées du raid montrent également des forces israéliennes maltraitant des hommes palestiniens dévêtus.
À la mi-, les forces israéliennes auraient battu un jeune homme de Jénine jusqu'à ce qu'il perde connaissance. thumb|Conséquences du raid sur Jénine en août 2024. Israël lance une opération de grande envergure à Tulkarem et à Jénine le , impliquant des centaines de soldats de Tsahal. En dix jours, au moins quarante personnes sont tuées. Des journalistes qui essayaient de couvrir l'offensive ont été visés par des snipers israéliens, faisant plusieurs blesséshttps://orientxxi.info/magazine/palestine-a-jenine-choc-et-terreur-d-un-raid-israelien,7617.
Raid de janvier 2025 L'armée israélienne lance une offensive sur Jénine le . Elle coupe l'électricité et ordonne aux d'habitants de quitter la ville. Le ministre israélien Bezalel Smotrich, considéré comme le gouverneur de facto de la Cisjordanie, précise qu'il s'agit d'une « opération à long terme contre les terroristes et leurs instigateurs, afin de protéger les colonies et les colons et d'assurer la sécurité d'Israël ». Il annonce aussi que 2025 serait l’année de « l’application de la souveraineté israélienne » sur la Cisjordanie occupée, mettant ainsi fin à « la menace d’un État palestinien »https://www.la-croix.com/international/operation-israelienne-a-jenine-ils-veulent-faire-comme-a-gaza-20250123. Le Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme dénonce, le , l'usage par Israël « de méthodes de guerre » et « le recours illégal à la force létale » à Jénine. L’institution confirme qu’au moins 12 Palestiniens ont été tués et par l'armée israélienne dans cette offensive, et précise que « la plupart d’entre eux n’étant apparemment pas armés ». Au-delà de Jénine, toute la Cisjordanie subit un durcissement de l’occupation militaire avec l'installation de nouvelles barrières sur les routes palestiniennes, isolant les villes les unes des autres.
Incursion de février 2025
Le , des char israélien entre à Jénine, une première depuis la seconde intifada en 2005. Le Secrétaire général des Nations unies s'est dit par la situation en Cisjordanie.
Tsahal revendique avoir tué deux à Misilyah, un village proche de Jénine, le .
Avril 2025 Le , les Brigades Al-Qods annonce avoir ciblés et endommagé un véhicule de l'armée d'occupation israélienne à l'aide d'un engin explosif. Depuis mai 2025 Le , les brigades Al-Qods annonce avoir pris pour cible des soldats israéliens à un point de passage à Jénine entraînant des . L'attaque a été menée en réponse à l'assassinat de Nour Al-Bitawi, commandant du bataillon de Jénine, tué un jour auparavant dans une maison de la ville de Naplouse.
Le , une délégation d'une vingtaine de diplomates a été visée par des tirs de sommations de la part de soldats israéliens. Selon l'armée israélienne, les tirs sont survenus après que la délégation est .
Le , des forces israéliennes à Jénine tuent deux garçons palestiniens de lors d’un raid.
Incursions à Tulkarem Octobre 2023 Les forces israéliennes commencent à envahir la ville à trois heures du matin le jeudi , et les opérations sont particulièrement concentrées dans le camp Nur Shams, dans des quartiers de la ville et dans camp de Tulkarem.