Le massacre d’Al-Kabri est commis par l'armée israélienne lors de son attaque du village palestinien d'Al-Kabri dans la nuit du 20 au , pendant la guerre de Palestine de 1948. L'attaque s'inscrivait dans le cadre de l'opération Ben-Ami, elle-même intégrée au Plan Dalet. L'ordre fut donné par Moshe Carmel d', ordres qui, selon Meron Benvenisti, furent Benvenisti, 2000, 138-139Morris, 2004, 253, 347. L'attaque a été commise en partie pour se venger de l' embuscade du convoi Yehiam du .
Attaque
Le , la brigade Carmeli israélienne s’empara d’Al-Kabri (arabe : الكابري), un village arabe palestinien situé dans le nord-ouest du territoire mandataire de Palestine, qui fut plus tard intégré à l’État d’Israël. Le , des centaines de villageois armés et des unités de l’Armée de libération arabe avaient attaqué un convoi militaire juif près du village et tué 49 Juifs. Six Arabes furent également tués dans la batailleBenvenisti, Meron (2000). p. 138-139Morris, Benny (2004). p. 253, p. 347. Benvenisti affirme que “les ordres furent exécutés à la lettre”, tandis que Morris écrit qu’apparemment un certain nombre de villageois furent exécutésMorris, Benny (2004), 254.
Al-Kabri fut conquis sans aucune résistance et pratiquement vidé de ses habitants immédiatement. Il fut traité particulièrement durement en raison de la participation des villageois à la destruction du convoi juif. Au moins sept personnes ont été tuées après avoir creusé leurs tombes, sous les ordres de Dov Shetch. Un des hommes est arrêté alors qu’il fuyait le village avec son épouse. Il nia habiter Al-Kabri, mais un collaborateur le reconnut et le dénonça. Un autre jeune homme au moins a été tué en tentant de fuirSaleh Abdel Jawad, « Zionist Massacres: the Creation of the Palestinian Refugee Problem in the 1948 War », In E. Benvenisti, C. Gans, S. Hanafi, (directeurs de publication) Israel and the Palestinian Refugees. Beiträge zum ausländischen öffentlichen Recht und Völkerrecht, vol. 189. Springer, Berlin, Heidelberg, 2007. https://doi.org/10.1007/978-3-540-68161-8_3, 112-113.. Selon Walid Khalidi, un “nombre inconnu de villageois furent capturés et certains tués”, tandis que d’autres furent tués lorsqu’on découvrit qu’ils venaient d’Al-Kabri, alors qu’ils étaient dispersés en GaliléeKhalidi, Walid (1992), p. 21, citant Nazzal, 1978.. L'historien Benny Morris a écrit qu'« un certain nombre de villageois » ont été « apparemment exécutés »Morris, 2004, p. 254.
Rapports publiés sur le massacre Dov Yirmiya, qui participa à l’opération, rapporta : « Kabri fut conquis sans combat. Presque tous les habitants s’enfuirent. L’un des soldats, Yehuda Reshef, qui faisait partie avec son frère des rares survivants du convoi de Yehi’am, prit en otage quelques jeunes qui n’avaient pas pu s’échapper, probablement sept. Il leur ordonna de combler quelques fossés creusés comme obstacle, puis il les aligna et les abattit à la mitrailleuse. Certains moururent, mais quelques-uns des blessés réussirent à s’échapper. »Roberts, Jo. ‘‘Contested Land, Contested Memory: Israel’s Jews and Arabs and the Ghosts of Catastrophe’’. p. 107 Dundurn, 2013. (en anglais) Aminah Muhammad Musa, une réfugiée d’Al-Kabri, rapporta : Mon mari et moi avons quitté Kabri un jour avant sa chute… Au lever du soleil [le lendemain], pendant que mon mari faisait sa prière du matin, notre ami Raja passa près de nous et nous pressa de continuer, en disant que nous devions courir… Il ne fallut pas longtemps avant que nous soyons rencontrés par les Juifs… Ils nous emmenèrent, ainsi que quelques autres villageois… dans un véhicule blindé de retour au village. Là, nous fûmes interrogés par un officier juif, qui pointa une arme sur la gorge de mon mari et dit : « Tu viens de Kabri ?»… Les Juifs emmenèrent mon mari, Ibrahim Dabajah, Hussain Hassan al-Khubaizah, Khalil al-Tamlawi, Uthman Iban As’ad Mahmud et Raja. Ils nous laissèrent le reste… Un officier vint vers moi et me demanda de ne pas pleurer. Nous avons dormi dans les vergers du village cette nuit-là. Le lendemain matin, Umm Hussain et moi sommes allés au village… En chemin vers la place du village, j’ai vu Umm Taha. Elle pleurait et dit : « Tu ferais mieux de voir ton mari mort. » Je l’ai trouvé. Il avait été tué d’une balle dans la têteNazzal, 1978, p. 61-61, Interview dans le camp de réfugiés de Bourj el-Barajneh, Beyrouth, Liban, 24 février 1973. (en arabe).
Références
Bibliographie
Kabri Catégorie:Guerre israélo-arabe de 1948