Les Gascons sont un peuple d'Europe du Sud-Ouest parlant le gascon et occupant le territoire de la Gascogne soit, dans l'État français, le territoire approximativement compris entre l’océan Atlantique à l’ouest, les Pyrénées au sud, le cours de la Garonne et de la Gironde au nord et jusqu'à la rive gauche de l'Ariège à l’est. Des populations gasconnes sont présentes en Nouvelle-Aquitaine, en Occitanie et en Catalogne (Val d'Aran), mais aussi des colonies historiques au Pays basque espagnol, en Navarre, en Aragon et en Amérique du Sud.
La notion de peuple français, ayant évolué, s'est généralisée administrativement en recouvrant divers peuples dont les Gascons qui ont été une composante ethnique distincte (en résumé à partir de l'anglais): En France métropolitaine, les seuls groupes ethniques distinctifs sont les suivants: les Alsaciens, les Bretons, les Basques, les Corses et les Catalans (sans compter une dizaine d'ethnies issues de l'immigration récente).Dans « () There are also a number of ethnically non-French bilingual groups living in the periphery of France. In the Middle Ages, the dialects of southern Gaul (langue d'oc) gave rise to separate culture, surviving occitan dialect can still be heard in... Gascony. »« In the XVII century, France went to forge a centralized new entity, incorporating Normandy and eventually other provinces (dont la Gascogne) such as the Provence and Brittany. ».
Entre le et le , le démonyme « Gascons » semble s’imposer pour désigner l'ensemble des peuples du Midi du royaume, territoire auxquels on appliqua aussi, occasionnellement, le nom d'Occitanie par opposition avec les pays de langue d'oïl du royaume : c'est le cas par exemple chez Pey de GarrosPoesias gasconas. 1567. Dans l’adresse au lecteur : « De là nous sçaurons la cause pourquoy nous, et ceux qui sont outre Garone ayant avecq nous affinité de langue, estant hors de nos païs sommes appelés d'un nom commun Gascons... »Voir aussi l’analyse de Garros par Gilles Guilhem Couffignal. Est-ce pas ainsi que je parle ?" : la langue à l’œuvre chez Pey de Garros et Montaigne. Littératures. Université Toulouse le Mirail - Toulouse II, 2014. lire en ligne : « Avec les noms de « François celtique » et de « Gascon », Garros fait clairement la distinction entre le français et l’occitan, les deux codes qui structurent sa communauté linguistique. Il s’agit de deux langues, définies par des critères complémentaires de compréhension interne et de non compréhension externe. Du côté occitan, la « diversité [...] entre ceulx d’Agenois, Quercy, autres peuples de deça et nous » n’empêche pas l’intercompréhension.», Louis de MontgommeryLa Milice Française, 1636. « Ainsi faisant l’on les pourrait éloigner de leur foyer mettant les gascons, languedociens, provençaux, dauphinois, lyonnais, auvergnats, et autres de ce quartier là, en Normandie, Bretagne, Champagne, Bourgogne, Picardie. Et tous ceux-là que les gascons appelle “Franchimans” passeraient aux garnisons de delà. » ou chez l’abbé de SauvagesAbbé de S***. Dictionnaire languedocien-françois ou choix des mots languedociens les plus difficiles à rendre en François. Contenant un recueil des principales fautes que commettent dans la diction, & dans la Prononciation Françoise, les Habitants des Provinces Méridionales du Royaume, connus à Paris sous le nom de Gascons. Avec un petit Traite de Prononciation & de Prosodie Languedocienne. Ouvrage enrichi dans quelques-uns de ses articles de notes historiques et grammaticales, et d'observations de physique et d'histoire naturelle. Nimes: Gaude. 1756. Entrée FRANCHIMAN: « les différents idiomes gascons ont non seulement un même fonds de langage, mais un accent et un son de prononciation qui fait d'abord reconnaître un Gascon, de quelque Province qu'il soit, et le distinguer de ce que nous appelons un Franchiman ».
Plusieurs organisations défendent aujourd'hui l'identité, la culture ainsi que l'idiome gascon, soit comme une entité distincte historiquement, soit dans le cadre de l'idée d'OccitanieAUGUSTIN, Jean-Pierre, ESCARPIT, Robert (sd), La Gascogne, pays, nation, région?, Entente, 1982, COLLECTIF, Gascogne - Un pays, une identité, Éditions Pyrémonde. .
Histoire Antiquité vignette|250x250px|Traces géographiques de la langue aquitaine. Les points rouges sont des endroits où des noms aquitains ont été découverts.
En noir, les frontières actuelles du Pays Basque. Les ancêtres des Gascons sont les Aquitains de Novempopulanie désignés ainsi par César, une population qui vivait dans la même région pendant l'Antiquité et parlait aquitain ou protobasque, ancêtre du basque actuel. Conquis par les Romains en , les Aquitains occupaient l'Aquitaine protohistorique qui s'étendait de la Garonne aux Pyrénées.
Vers 16 ou , Auguste réunit cette Aquitaine originelle avec des terres peuplées par des Celtes ou Gaulois s'étendant jusqu'à la Loire. Au tournant du et du , les Aquitains obtinrent leur séparation des Gaulois en obtenant leur propre province entre Garonne et Pyrénées : la Novempopulanie, soit « Province des neuf peuples ».
En raison de la chute de l'Empire romain, la Novempopulanie fut conquise par les Wisigoths, avec le statut de peuple fédéré à partir de 418. Au début du , en 507, les Francs qui poussent de plus en plus les Wisigoths vers le sud, dominent provisoirement l'Aquitaine, la corniche cantabrique de l'Hispanie et le Nord de la vallée de l'Èbre.
Haut Moyen Âge À la fin du , l’arrivée des Vascons, peuple bascophone originaires de la Navarre et de l’Ouest de l’Aragon bouleverse l'histoire de la région. Les Vascons sont pour la première fois mentionnés au Nord des Pyrénées en 587 par le chroniqueur franc Grégoire de Tours en 594 :
droite|vignette|200x200px|L'union personnelle au temps d'Eudes «le Grand» (710-740 ans). Les Vascons mènent régulièrement des expéditions punitives en Novempopulanie après 587 si bien qu’en 602 les rois francs et mènent une armée contre eux et imposent Genialis comme vassal et duc puis Aighinane en 626. Des élites aquitano-romaines de Novempopulanie tels que les évêques d’Eauze, Palladius et son fils Sidoc, pactisèrent avec les Vascons et furent exilés en 626 à la suite des accusations portées par Aighyna, le duc saxon de Bordeaux.
Peu à peu les Vascons dominèrent militairement et politiquement la vaste région comprise entre les Pyrénées et la Garonne.
Vers 630, la Novempopulanie change de nom pour devenir la Wasconia, tel que mentionné la Chronique de Frédégaire. La racine de cet ethnonyme est la même que celles des Basques : *ewsk-.
Les Vascons vont constituer au haut Moyen Âge, de 660 à 768 (), des unions personnelles avec leurs nouveaux maitres, des ducs indépendants des Francs qui gouvernent à la fois le duché d'Aquitaine et la Vasconie et luttent ensemble contre les Francs carolingiens (Félix d'Aquitaine (660-670), (670-688), Eudes (688-735), (735-748) et Gaïfier ou Waïfre (748-768)) DUCADO DE VASCONIA (Historia) Euskomedia. Kultura Topagunea, sur euskomedia.org.
Une principauté vasconne unie se forme à partir du avec (836-v.864) qui est peut-être le mythique Menditarra, réputé être le créateur de la principauté dans l'historiographie gasconne du .
L'apogée de la principauté gasconne est atteint sous le règne de Guilhem-Sants, qui aurait défait les Vikings à la bataille de Taller dans les Landes vers 988 qui devient comte de Bordeaux en 977 et fonde l'abbaye de Saint-Sever en 988.
Toutefois, le dernier duc et comte de Gascogne, Sants-Guilhem (1010-1032) meurt sans héritier, actant l'union du duché-comté de Gascogne avec le duché d'Aquitaine des comtes de Poitou, ancêtres d'Aliénor d'Aquitaine.
Peu à peu, l'unité politique de la Gascogne vole en éclats et les régions orientales de la Gascogne (Fezensac, Astarac) tombent sous influence des comtes de Toulouse, tandis que les régions méridionales (Bigorre et Béarn) deviennent vassales du roi d'Aragon jusqu'au .
La réalité de la domination vasconne en Novempopulanie reste inconnue, mais le fait que les habitants de la Novempopulanie aient adopté si rapidement le nom de Wascones démontre sans doute qu’ils étaient proches culturellement et linguistiquement des Vascons, surtout dans la partie les sud l’ancienne Novempopulanie. En effet, les vestiges de l'antique langue aquitaine (noms de divinité ou de personnes) que l’on trouve essentiellement sur des stèles trouvées en Comminges et en particulier à Saint-Bertrand-de-Comminges, ne peuvent être expliquées que par le basque moderne, ou bien elles ont un aspect « bascoïde ».
La Gascogne dite « anglaise »
Consécutivement au mariage d'Aliénor d'Aquitaine avec Plantagenêt (1152), qui devient roi d'Angleterre deux ans plus tard, la Gascogne devient une partie de l'empire angevin ou Empire Plantagenêt (ou État anglo-angevin). Après la défaite de leur fils Jean sans terre face au roi de France Philippe Auguste en 1203-1204, la Gascogne occidentale reste la seule possession continentale des rois d'Angleterre Plantagenêts et elle restera unie à l'Angleterre jusqu'à la fin de la guerre de Cent Ans, en 1451-1453.
Pendant la guerre de Cent Ans entre l'Angleterre et la France (1337-1453), la Gascogne est divisée grosso modo en deux zones : à l'ouest la Gascogne « anglaise » et à l'est la Gascogne « française », ce qui explique pourquoi des Gascons se retrouvent dans les deux camps.
Au même moment, une petite guerre de Cent Ans gasconne a lieu entre les comtes d'Armagnac, appuyés par leurs parents les seigneurs d'Albret, et les vicomtes de Béarn – également comtes de Foix – pour la domination de la Gascogne centrale et orientale et en particulier pour annexer le comté de Bigorre. L'épisode le plus connu de cet affrontement est la bataille de Launac (1362) où le comte est battu par Gaston Fébus, comte de Foix et vicomte de Béarn.
Après la conquête définitive de la Gascogne « anglaise » en 1453, puis du comté d'Armagnac en 1473, la plupart des Gascons ont comme souverain le roi de France. Seuls les Gascons du Béarn restent indépendant jusqu'en 1620, ce qui va créer au cours du une conscience distincte des autres Gascons, si bien que les Béarnais ne se considèrent plus depuis comme étant des Gascons, même si leurs dialectes sont toujours gascons.
Étymologie Le nom des Vascons prononcé originellement /uaskon/ est à l'origine des termes « basque » et « gascon » par évolution de la prononciation de la lettre initiale (w/v/b/g...askon). Toutefois, un problème étymologique se pose désormais en raison du changement de nom de la Novempopulanie, la Wasconia : comment transcrire les mots latins Wascones (ou Vascones) et Wasconia (ou Vasconia) ?
La copie connue sous le nom de « Anonyme de Ravenne » et qui date du , contient pour la première fois, sous une forme écrite, le mot « Gasconia » avec un « g ». On utilisera par la suite davantage « Gasconia ou Gascogne » en référence à la Vasconie citérieure (la partie de la Vasconie au nord des Pyrénées), qui va se romaniser en créant sa propre langue par la naissance du gascon (de Saint-Sever à la Garonne) (de Saint-Sever à la Garonne)Anonyme de Ravenne (Anonymus Ravennas) et Guido da Pisa (Guido Pisanus), Ravenmatis anonymi Cosmographia et Guidonis Geographica, Joseph Schnetz (éd.), Leipzig, 1940 (Itineraria Romana, 2) ; repr. Stuttgart, 1990 « HISTORIA DE LOS NOMBRES DADOS AL PUEBLO VASCO » de Aitzol Altuna Enzunza..
Anthropologie et ethnologie vignette|Un Gascon, dessin de 1841. Au haut Moyen Âge, il est impossible d'effectuer une distinction dans les sources entre Basques et Gascons. Ainsi, nombre d’historiens utilisent les termes de Vascons et de Vasconie, véritables décalques du latin. La distinction entre Basques (le plus souvent écrit Basculi en latin) et Gascons (Vascones) n’est clairement établie dans les textes qu’à partir du .
Les Gascons sont réputés au bas Moyen Âge pour leurs qualités militaires, en particulier dans la cavalerie, ainsi qu'à l'épée et à l'arbalète.