Moussa Aksar est un journaliste d'investigation nigérien né en 1964 à Agadez (Niger). Fondateur en 2002 du journal L'Évènement Niger, il est connu pour ses enquêtes journalistiques dénonçant la corruption au sein de son pays.
Il a notamment révélé en 2005 la volonté du régime de Mouammar Kadhafi de financer une rébellion touarègue au Niger ce qui fait alors sa réputation et celle de son journal. En 2020, il révèle également une affaire de détournement de fonds au sein du Ministère nigérien de la Défense entre 2017 et 2019, sous la présidence de Mahamadou Issoufou.
Membre du Consortium international des journalistes d'investigation, ses enquêtes lui valent de nombreuses pressions et menaces de la part du pouvoir, ainsi que des problèmes judiciaires.
Biographie
Débuts et création de L'Évènement Moussa Aksar naît en 1964 à Agadez (Niger), dans une famille d'éleveurs. Souhaitant devenir magistrat, il part étudier le droit à Niamey, mais sa situation financière précaire l'oblige à abandonner ses études au bout de deux ans.
Devant travailler pour survivre, il se tourne alors vers le journalisme, rejoignant une radio de Niamey en tant qu'animateur. Appréciant le fait d'être proche de la population par ce biais, il décide avec quelques confrères de créer un journal en 2002, qu'ils veulent . C'est ainsi que naît le bi-hebdomadaire L'Évènement Niger, dont la première édition est financée par les journalistes eux-mêmes avec (environ 152 euros). Moussa Aksar en devient le directeur de publication.
Enquêtes journalistiques et pressions judiciaires Dès 2005, il publie dans les colonnes du journal une enquête sur le régime libyen de Mouammar Kadhafi, qu'il accuse de vouloir financer une rébellion touarègue au Niger. Deux ans plus tard, en 2007, une rébellion touarègue se déclenche effectivement, ce qui fait alors la réputation de Moussa Aksar et de son journal. Le co-auteur de l'enquête subit cependant des pressions de la part de l'ambassade libyenne et finit par désavouer son travail d'investigation. Moussa Aksar, qui maintient sa version, doit alors défendre seul son journal devant la justice quand Kadhafi porte plainte. Défendu par des avocats bénévoles, il remporte finalement le procès.
Il publie par la suite de nombreuses enquêtes sur la corruption au sein de l'État, ainsi que sur le trafic de drogue ou le trafic de médicaments au Niger. Également très critique de la présidence de Mahamadou Issoufou, il accuse le président d'avoir interdit aux annonceurs de travailler avec L'Évènement Niger afin de mettre le journal en difficulté financière. La publication finira d'ailleurs par abandonner le papier et devenir 100 % numérique.
En , il publie une enquête révélant des détournements de fonds représentant des dizaines de millions d’euros, réalisés par des hauts gradés de l'armée au sein du Ministère nigérien de la Défense entre 2017 et 2019. Saluée comme une enquête qualitative ayant révélé par Le Monde et Reporters sans frontières (RSF), cette publication lui vaut cependant des intimidations et menaces de mort de la part du marchand d'armes Aboubakar Hima , ainsi qu'un procès en diffamation de la part d'un proche du président Mahamadou Issoufou vivant en Belgique et cité dans l'enquête. Il perd en première instance en , la justice le condamnant à une amende de , ainsi qu'à verser au plaintif un million de F CFA en dommages et intérêts, une décision dénoncée par RSF. Il fait alors appel de cette condamnation.
En , après avoir relayé sur le site de L'Évènement Niger un rapport de l'ONG sur le trafic de drogue au Niger, il est condamné aux côtés de la journaliste Samira Sabou à une amende de et deux mois de prison avec sursis pour , en vertu d'une loi sur la cybercriminalité. Cette condamnation est dénoncée par le Comité pour la protection des journalistes, qui appelle à une réforme de cette loi, ainsi que par Amnesty International, qui estime que cette condamnation au Niger. Moussa Aksar fait alors appel de cette décision.
Après le coup d’État de et l'arrivée au pouvoir d'une junte militaire, dans un contexte tendu où plusieurs journalistes nigériens ont été agressés ou intimidés, Moussa Aksar signe « L'Appel des 80 à la junte au Niger », initié en par Reporters sans frontières afin de défendre la liberté de la presse.
Organisations médiatiques En 2018, Moussa Aksar devient membre du Consortium international des journalistes d'investigation.
En , il est élu président du conseil d'administration de la Cellule Norbert Zongo pour le journalisme d’investigation en Afrique de l’ouest (CENOZO). Il reste à ce poste jusqu'en .
En , il intègre la Plateforme de Protection des Lanceurs d’Alerte en Afrique (PPLAAF).
Vie personnelle Moussa Aksar possède une petite ferme située à environ de Niamey, le long du fleuve Niger, où il cultive des manguiers, et élève des chameaux et des vaches. Il y vend des oignons biologiques et du lait en complément de revenus.
Distinctions
2021 : nomination au Prix RSF pour la liberté de la presse
Références
Liens externes
L'Évènement Niger
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