Le , le Boeing 737 Max 9 assurant le vol Alaska Airlines 1282, un vol intérieur reliant Portland à Ontario, aux États-Unis, doit effectuer un atterrissage d'urgence après avoir perdu une porte. L'accident ne fait que des blessés légers.
Avion thumb|left|Le 737 MAX 9 impliqué (N704AL), ici photographié le 28 octobre 2023, trois mois avant l'accident.|alt=Photo de l'avion posé au sol. Un 737 blanc, avec inscrit "Alaska" sur l'avant, et un visage inuit en tons de bleu sur l'empennage. L’appareil accidenté est un Boeing 737 Max 9, immatriculé N704AL. L'avion est neuf, fabriqué dans l'usine Boeing de Renton, sa mise en service remonte au ., soit moins de deux mois avant l'accident.
Accident
Le vol intérieur d'Alaska Airlines 1282 entre l'aéroport international de Portland (Oregon) et l'aéroport international d'Ontario (Californie), aux États-Unis, transporte et d'équipage.
Six ou sept minutes après le décollage, le Boeing 737 Max doit effectuer un atterrissage d'urgence après la perte d'une porte..
Enquête du NTSB
Exploitation des enregistreurs de vol L'avion est équipé d'un CVR (enregistrement phonique du cockpit), qui a une capacité de d’enregistrement audio. Cet enregistrement démarre dès la mise sous tension de l'avion et se poursuit jusqu'à sa mise hors tension ou par une désactivation manuelle. À la suite de l’atterrissage, le CVR n’ayant pas été désactivé, l'enregistrement audio du vol accidenté a été écrasé.
L'avion est équipé d'un FDR (enregistreur des paramètres de vol), qui a une capacité de d'enregistrement. Les paramètres enregistrés pendant ce vol sont déchargés ; ils indiquent les informations suivantes :
: l'avion décolle de l’aéroport international de Portland ; : chute de la pression de la cabine, l’alerte « Pressurisation cabine » se déclenche, la pression différentielle (entre l’intérieur et l’extérieur de la cabine) s’annule pendant les secondes qui suivent ; : l'avion, qui a continué sa montée, atteint l’altitude maximale de et entame sa descente ; : l'avion entame un virage à gauche ; : l'avion est maintenant en dessous des ; : l'avion a atterri sur la piste de l’aéroport international de Portland.
(Les temps sont donnés en heure locale).
Analyse Les Boeing 737 peuvent être équipés de quatre ou six portes pour entrer et sortir de l’avion. Il y a deux portes à l’avant (une à droite et une à gauche) et deux à l’arrière (de part et d'autre également). Le Boeing 737 peut aussi être équipé avec deux portes supplémentaires en milieu de carlingue (l’expression anglaise est Mid Exit Door ou encore MED). Ces portes ne sont pas obligatoires ; quand elles ne sont pas installées, elles sont remplacées par un obturateur (l’expression anglaise est Plug). L'avion d'Alaska Airlines n'est pas équipé de ces portes, mais de ces obturateurs. Lors de l’accident, l'obturateur de gauche (bâbord) s’est arraché..
Le rapport préliminaire du NTSB décrit l’installation du bouchon de cette façon :
La conclusion des constatations post-accident de ce rapport préliminaire indique :
Dans ce même rapport, le NTSB fournit la description, lors de la fabrication de cet avion, des interventions qui ont eu lieu sur cet obturateur. Le , il est noté que . Les rivets sont remplacés le par le personnel de Spirit AeroSystems. Le remplacement des rivets endommagés nécessite l'ouverture de l'obturateur, il faut donc . À la suite de cette intervention, .
Réactions
vignette|gauche|Vue de l'intérieur de l'avion après la perte d'une porte d'évacuation en vol.|alt=Photo de l'intérieur de la cabine. On voit des rangées de sièges, avec la porte arrachée. On distingue isolation à l'endroit où les panneaux sont arrachés sur la cloison, et les masques à oxygène sont tombés. La cabine est vide, la lumière passe à travers la porte arrachée.
La Federal Aviation Administration (FAA) ordonne l’immobilisation temporaire des des compagnies sur le territoire américain. Plusieurs compagnies aériennes hors des États-Unis font de même. Le , la Federal Aviation Administration annonce l'ouverture d'une enquête concernant Boeing..
À la suite de cette enquête, des actions d'amélioration de qualité sont entreprises à la fois chez Boeing et chez son sous-traitant, Spirit AeroSystems...
L'une des conséquences pour l'usine de production de Boeing à Renton est le plafonnement de la cadence de production des avions, imposée par la Federal Aviation Administration (FAA)..
En , l'Agence américaine de sécurité dans les transports (NTSB) confirme que des défaillances de Boeing sont la « cause probable » de l'incident d'Alaska Airlines. Dans un rapport préliminaire, la NTSB avait déjà révélé que quatre boulons prévus pour fixer cette pièce au fuselage manquaient. L'enquête a établi - ce qui a été confirmé par Boeing - . De plus, dans ce rapport, il est indiqué . L'Agence américaine de sécurité dans les transports (NTSB) a émis des recommandations pour Boeing et pour la FAA..
Lanceur d'alertes À la suite de cet incident, le lanceur d'alerte John Barnett émet de nouveaux avertissements concernant la culture de travail et la sécurité des véhicules de Boeing.. Il est retrouvé mort peu après, le ..
Le , un autre lanceur d'alerte, Joshua Dean, meurt emporté en moins de deux semaines par une infection soudaine à propagation rapide. Ancien contrôleur qualité chez Spirit AeroSystems, fournisseur d'éléments de carlingue, pour Boeing, il était l’un des premiers à affirmer que la direction de ce fabricant de pièces d’avion avait tenté de dissimuler des défauts de fabrication des ....
Notes et références Notes
Références
Voir aussi
Lien externe Fiche de l'accident sur Aviation Safety Network
Articles connexes Liste d'accidents aériens en 2024 Liste d'accidents aériens Suspension de vol du Boeing 737 Max John Barnett (employé de Boeing)
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