La rue de Lille se situe à Paris dans le .
Situation et accès Longue de mètres, elle commence rue des Saints-Pères et se termine rue Aristide-Briand.
Elle peut désigner par métonymie l'INALCO, qui occupait le de 1873 à 2011 ou le parti gaulliste (UNR, UDR, puis RPR), qui occupait le de 1958 à 2001.
Ce site est desservi par la station de métro Solférino.
Origine du nom Cette dénomination rappelle la défense héroïque que les Lillois opposèrent, lors du siège de Lille en 1792, à l'armée autrichienne. 150px|thumb|gauche|Panneau Histoire de Paris « Manufacture de pianos Érard ».
Historique La rue a été ouverte en 1640 sur une partie du grand Pré-aux-Clercs, situé sur le territoire de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés, sous le nom de « rue de Bourbon » en l'honneur de Henri de Bourbon, abbé de Saint-Germain-des-PrésJacques Hillairet, Dictionnaire historique des rues de Paris, Éditions de Minuit, .Louis et Félix Lazare : Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments. Elle finissait alors dans la grande prairie où était stocké le bois flotté en provenance du Morvan, s'effaçant à peu près dans l'axe de la rue de Bellechasse à l'époque de Louis XIVVoir le plan de Jouvin de Rochefort de 1672..
Un arrêt du Conseil du , qui prescrivit l'ouverture de la rue de Bourgogne, ordonna également que la « rue de Bourbon » serait prolongée jusqu'à cette nouvelle voie publique.
Des lettres patentes du ordonnèrent la continuation de la « rue de Bourbon » depuis la rue de Bourgogne jusqu'au rempart; mais ce projet ne fut point exécuté.
En 1780, la manufacture de pianos Érard s'installe quelque temps dans la « rue de Bourbon ».
Dans sa séance du , le Conseil général de la commune décida que la « rue de Bourbon » prendrait le nom de « rue de Lille ».
En 1815, la Restauration rétablit le nom de « rue de Bourbon », mais après la Révolution de Juillet 1830, on lui substitua celui de « rue de Lille », qu'elle avait déjà porté« Rue de Lille », Nomenclature officielle des voies de Paris, www.v2asp.paris.fr..
Le 11 mars 1918, durant la Première Guerre mondiale, le rue de Lille est touché lors d'un raid effectué par des avions allemands Exelsior du 8 janvier 1919 : Carte et liste officielles des bombes d'avions et de zeppelins lancées sur Paris et la banlieue et numérotées suivant leur ordre et leur date de chute« En images : Paris bombardée pendant la Première Guerre mondiale », paris.fr, 6 novembre 2019..
Bâtiments remarquables et lieux de mémoire thumb|left|upright=0.8|Portail du 1. inconnu : le médecin aliéniste Achille-Louis Foville (1799-1878) y habitait en décembre 1842, au moment de la naissance de son fils, l'économiste Alfred de Foville. inconnu : le réalisateur Claude Berri (1934-2009) habitait rue de Lille dans un appartement de Gérard Davet et Fabrice Lhomme, « Thomas Langmann, un héritier et ses fantômes », Le Monde, 12 novembre 2024.. 1 : adresse du musicien Adolphe Piriou (1878-1964) à partir d'« Adolphe Piriou », Musica et Memoria.. L'ancien Premier ministre Jacques Chaban-Delmas (1915-2000) habita un appartement à cette adresse et c'est dans cet appartement qu'il mourut le des suites d'une crise cardiaque. 2 : Institut national des langues et civilisations orientales (INALCO), dénommé antérieurement École nationale des langues orientales vivantes installé à cet emplacement depuis 1874. À la suite du transfert du siège de l'établissement en vers le Pôle des langues et civilisations, des travaux ont été menés en 2011-2012 pour regrouper depuis rue de Lille les centres et équipes de recherche de l'INALCO. 4 : Ancien librairie d'Adolphe Labitte (1868-1890). Bibliothèque interuniversitaire des langues orientales, intégrée à la BULAC et transférée en 2010 au Pôle des langues et civilisations. vignette|Plaque au 5. 5 : le psychanalyste Jacques Lacan avait son cabinet dans cet immeuble ; une plaque commémorative lui rend hommage. Philippe Sollers écrit : Tristan Tzara y décède le Marc Dachy, Il y a des journalistes partout. De quelques coupures de presse relatives à Tristan Tzara et André Breton, Gallimard, coll. « L'infini », 2015, .. 7 : magasin de livres possédé par Karl Lagerfeld. À l'arrière de cette enseigne, le couturier avait disposé de nombreux ouvrages sur des rayonnages volumineux.. 9 : l'écrivain et journaliste afro-américain Richard Wright (1908-1960) a vécu dans cette maison. 11 : ancienne librairie Klincksieck. : ancienne adresse, à partir de 1833, du très réputé établissement d'enseignement pour fillettes et jeunes filles inauguré en 1820 rue de Seine sous l'appellation Cours d'éducation maternelle dit aussi Cours Lévi d'après son fondateur David Lévi AlvarèsDavid Lévi Alvarès, D. Lévi Alvarès, chevalier de la Légion d'honneur, fondateur des cours de l'éducation maternelle : éducation des femmes, L. Cerf, Paris, 1909 (en ligne) sur le site Gallica de la BnF gallica.bnf.fr.. Le cours était fréquenté par Berthe Morisot et ses sœurs Yves [sic] et EdmeMarianne Mathieu, Berthe Morisot : Une artiste en devenir dans Berthe Morisot : Femme impressionniste. (en ligne).. vignette|18. vignette|19. : niche vide au niveau du premier étage. 19 : le député de Paris Charles Floquet est mort dans cette maison le ; le dessinateur Jean Oberlé y vécut, notamment avec sa compagne la parfumeuse Germaine CellierMartine Azoulai, « Germaine Cellier, le sens de la formule », Vanity Fair, 14, août 2014, . ; Max Ernst y habita de 1962 à sa mort le « Rue de Lille », plaques commémoratives, www.parisrues.com. ; à partir de 1992, Christine Deviers-Joncour, maîtresse de l’homme politique Roland Dumas, s’installe à cette adresse, dans un appartement de acquis par une SCI au prix de 17 millions de francs et pour lequel elle ne débourse pas un centimeGilles Gaetner, Le Roman d’un séducteur. Les secrets de Roland Dumas, Éditions Jean-Claude Lattès, 1998.. Cet appartement, revendu en 2005Guyonne de Montjou, Lou Andreas Seghier, « ‟J’ai vécu mille vies. À refaire, je referais tout pareil” : les dernières confidences de Christine Deviers-Joncour, intrigante de la République », Le Figaro, 26 juillet 2025., fut au centre de l’affaire Dumas. 23 : Karl Marx y habita de à . : l'actrice et chanteuse Renée Passeur (1905-1975) y habite lors de son mariage avec Steve Passeur en 1934Acte (vue 18/31), registre des mariages de l'année 1934 pour le arrondissement sur le site des Archives de Paris. thumb|26 : ancienne entrée du couvent des Théatins. 26 : vestiges du couvent des Théatins. Installés à Paris en 1644, les Théatins achetèrent, grâce à la générosité du cardinal Jules Mazarin, une maison située à l'emplacement de l'actuel 23, quai Voltaire, qui pouvait abriter 25 religieux. Ils décidèrent de faire construire une église, placée sous l'invocation de Sainte-Anne-la-Royale, en l'honneur d'Anne d'Autriche. Les travaux furent entrepris en 1661 sur des plans donnés par un architecte militaire, Maurizio Valperga. Dès , le général des Théatins remplaçait celui-ci par un élève de Borromini, Camillo-Guarino Guarini, qui imagina un édifice baroque énorme et compliquéIl est connu par les planches gravées de l'ouvrage posthume de Guarini : Architettura civile (1737).Jacques-François Blondel, Architecture françoise, ou Recueil des plans, élévations, coupes et profils des églises, maisons royales, palais, hôtels & édifices les plus considérables de Paris, , chez Charles-Antoine Jombert, Paris, 1752-1756 ., dont le coût excédait les possibilités financières des Théatins. Guarini abandonna le chantier en 1666 alors que seuls les bras et les piliers de la croisée du transept avaient été construits. On se borna alors à couvrir le transept qui devint la nef de l'église. Le bâtiment fut ensuite terminé par l'architecte Nicolas Liévain vers 1720-1721 sans reprendre le projet de Guarini. Le couvent est supprimé à la Révolution. Il est converti pendant quelques années en salle de concert et en café avant d'être presque entièrement détruit en 1823. Des vestiges de la façade orientale sont visibles dans la cour du 13, quai Voltaire, tandis que l'ancienne chapelle Saint-André-Avelin, construite par Liévain, subsiste, quoique remaniée, dans la cour du 30, rue de Lille. Avaient en outre été créés deux passages ouverts sur le quai et sur la rue par des portails réalisés par l'architecte Pierre Desmaisons. Celui sur la rue de Lille a été conservé et constitue le 26 de cette voie. Le portail donne accès à un vestibule sur lequel s'ouvrent les escaliers desservant les immeubles élevés de part et d'autre du passage. La cour rectangulaire est ornée d'un ordre dorique. L'ensemble a été gravé par La Marcade. 30 : immeuble de rapport construit pour les Théatins en 1730. Îlots rue de Lille, rue de Verneuil, rue du Bac et rue de Beaune : ancienne halle Barbier qui, transformée, devint la caserne des Mousquetaires-Gris. 34 : les peintres Carle Vernet (1758-1836)« Maison d’époque Louis XVI où Carle Vernet eut son atelier, 34, rue de Lille », Paris musées., puis Blanche (1857-1907) et Gaston Roullet (1847-1925)Tout Paris : Annuaire de la société parisienne, 1893. ont vécu dans cet immeuble. 41 : le restaurant Le Télégraphe est installé dans l'ancienne maison des « demoiselles du téléphone », au décor Art nouveau. 43 : le , deux avions militaires survolant Paris s'écrasent, l'un dans la Seine et l'autre sur le toit de ce bâtiment, démolissant une cheminée.. 45 : Théodore de Gargan y habita de 1840 à . 46 : immeuble abritant la présidence de l'École pratique des hautes études (EPHE). 48 : construit à l'étage, le temple de l'Église protestante baptiste a une structure de métal et a été l'un des premiers bâtiments reconstruits sur les ruines des destructions par la Commune. En , tout juste arrivé de New York, le peintre américain Edward Hopper (1882-1967) prend une chambre à cette adresseDiana Cooper-Richet, La France anglaise, de la Révolution à nos jours, 2018.Gerry Souter, Le Réalisme américain, 2012. et y reste jusqu’au printemps 1907 Gail Levin, Silent Places: A Tribute to Eward Hopper, 2000, page 33.. L’une de ses toiles a d’ailleurs pour titre Escalier au 48, rue de Lille « Stairway at 48 rue de Lille », Whitney Museum of American Art.. 49 : le philologue et écrivain Émile Chasle (1827-1908) y a son domicile.
: En 1930, l'architecte Louis Faure-Dujarric bâtit un ensemble de bureaux fonctionnels pour la Caisse des dépôts et consignationsPSMV du arrondissement de Paris, Histoire de la formation du tissu patrimonial, .. : Caisse des dépôts et consignations. C'était l'hôtel de Belle-Isle, maison de Prosper Mérimée, incendiée sous la Commune. Une partie de sa bibliothèque et toute sa correspondance furent détruites. 56 : immeuble construit sous la Régence par François Bruand et réaménagé par Eudes, architecte du ministère des Finances en 1858. En 1850, il est occupé par la « Caisse des retraites pour la vieillesse ». Incendié sous la Commune de Paris en , il a été reconstruit par le même architecte en style néo-Louis XV (1873-1880) sur un plan proche de l'originalAlexandre Gady, Les Hôtels particuliers de Paris, Paris, Parigramme, 2008, , .. Un immeuble de bureaux a ensuite été construit sur la rue de Lille dans les années 1930. Voir aussi les 1-3, quai Anatole-France (Caisse des dépôts et consignations). 55 : hôtel de Clermont-Tonnerre, construit par l'architecte Pierre Humbert (seconde moitié du ). 60 (et 5-7, quai Anatole-France) : emplacement de l'ancien chantier de bois flotté dit chantier de la Tour d'Argent, qui fut acheté en 1720 par le marquis de La Vrillière.Devenu une entreprise de coches pour la Cour le lieu fut occupé par une caserne de la Légion de police puis des guides de la Garde impériale sous le nom de « Quartier Eugène », « Quartier Bonaparte », « Quartier Napoléon » et « Quartier d'Orsay ».