Mohamed Ahmed Bacar Rezida, né le à Mutsamudu, aux Comores, est un médecin, économiste de la santé, coordinateur de soins en EHPAD, comédien et romancier comorien.
Biographie Mohamed Ahmed Bacar Rezida est né le à Mutsamudu. D'une mère agricultrice et commerçante ambulante et d'un père agriculteur, enseignant et homme religieux de Hampanga (Mutsamudu), il part faire ses études supérieures à la Faculté de médecine d’Antananarivo (Madagascar).
À Madagascar, il intègre la prestigieuse Compagnie Miangaly Théâtre où il évoluera pendant près de huit ans, en tant que comédien. Interprétant plusieurs rôles parmi lesquels Docteur Hachafati de Le Turban et la Capote de Nassur Attoumani, Phileas Fogg dans Tour du monde en quatre-vingts jours de Jules Verne ou encore Guigoz, le personnage emblématique de la République des Imberbes de M. Toihiri, premier roman comorien écrit en français, dont il l'adapte au théâtre et assure la mise en scène en 2008 au sein de ladite Compagnie
Après sa thèse de doctorat consacrée sur les Césariennes Obligatoires, il rentre aux Comores où il fut nommé médecin chef au Centre médical de Sima (Anjouan) et responsable des six Centres de Santé de Base niveau II de la corne Ouest de l’île d’Anjouan. L'un des plus jeunes médecins Chef du système de santé comorien, il quitte le pays en 2009 pour s’installer en France. Il exerça alors diverses fonctions dans le milieu médico-social puis comme interne en médecine Gériatrique en milieu hospitalier (95) avant de reprendre un poste de Cadre de Santé en EHPAD (92). Parallèlement, il s’inscrit à l’université Paris-Dauphine où il sort en 2018, avec un Master II en économie et gestion des établissements de santé. La même année, il obtient le " prix Cœlacanthe Jeunesse 2018 ", pour son premier livre, Trois contes des Comores.
Son roman, La Rédemption des iguanes paru en 2018 aux Éditions Cœlacanthe est le premier thriller de la littérature comorienne. Il est suivi de Kamar Al Koweït : Les dessous du naufrage en 2022.
Ces deux romans alliant histoire, médecine et fiction, le placent au rang du premier écrivain comorien à explorer le genre thriller.
Personnalité engagée, représentant les Comores, il est invité au Colloque international sur " l'histoire des systèmes carcéraux : Le temps : Nouveaux chantiers à l'époque coloniale entre le XVIe et le XXe siècles. Toussaint Louverture Day" qui a lieu sur l'île de Réunion, en Avril 2024, où il présenta ses travaux sur " Les épidémies et la question carcérale dans l’archipel des Comores durant les périodes coloniales entre le XVIe et le XXe siècles"
En , un de ses articles traitant "la question des migrations des populations des Comores vers Mayotte" a été présenté et transmis à l'ONU, par la présidente de l'ONG Kartyé Lib Mémoire et Patrimoine de l'Océan Indien, lors de la 37ème session du Groupe de travail d'expert sur les personnes d'ascendance africaine à Genève.
Juillet 2025, il initie une nouvelle et audacieuse réflexion sur le mythe des Djinns aux Comores et pose les bases d'une réinterprétation anthropologique des ancêtres des comoriens à travers le prisme de l’histoire et de la santé publique, dans un article qu'il publie dans le journal Masiwa Komori intitulé « Mythes et Réalités aux Comores: Et si nos ancêtres les djinns étaient des lépreux ? ». Il suggère une relecture des mythes comoriens, non plus seulement comme des contes fantastiques, mais également comme des témoignages codés d’un passé où la maladie, le mystère et la survie étaient inextricablement liés.
Il vit en région parisienne où il continue à publier régulièrement des articles dans les médias comoriens, touchant divers thèmes en lien avec la santé publique, le sport, la culture et littérature.
Publications Trois contes des Comores, ,contes, Editions Cœlacanthe, 2017. La Rédemption des iguanes,, roman, Editions Cœlacanthe, 2018. Kamar Al Koweït : Les dessous du naufrage, , roman, 4Etoiles Editions, 2022
Articles de presse et œuvres collectives
Comores, une littérature en colère, article de Presse, Masiwa Komori, Edition 544, 11/08/2025. Cet article met en lumière le renouveau de la littérature comorienne contemporaine à travers trois romans emblématiques qui dénoncent les systèmes d'oppression, questionnent la mémoire collective et explorent les douleurs de l’exil. Ces œuvres, notamment "La République des imberbes" de Mohamed Toihiri, "Anguille sous roche" d’Ali Zamir, et "La rédemption des iguanes" d’Ahmed Bacar Rezida, forment un triptyque littéraire qui fait entendre une voix insulaire originale et engagée. Par la satire politique, le lyrisme et l’expérimentation narrative, elles sondent l’âme comorienne et les mécanismes universels du pouvoir, de l’identité et de la mémoire, tout en entraînant cette littérature au-delà des frontières régionales vers une reconnaissance internationale. L'article souligne aussi l’importance de cette littérature dans la dissidence, la réinvention de l’histoire et la quête d’un avenir meilleur pour les Comores. La longue agonie du système de Santé comorien: le divorce entre médecins et patients, article de Presse, Masiwa komori, Edition 545, 18/08/2025 . L'article d'Ahmed Bacar Rezida Mohamed expose la grave crise du système de santé comorien caractérisée par une pénurie de moyens, une méfiance entre médecins et patients, et un exil massif des professionnels de santé. Il souligne que les Comores n'ont jamais eu d'infrastructures médicales adaptées pour soigner localement les cas graves, ce qui oblige à des évacuations sanitaires à l'étranger. Le manque d'analyses médicales et d'imagerie rend les diagnostics imprécis, et l'accès financier aux soins est un obstacle majeur pour la majorité de la population pauvre. Cette situation cause une rupture profonde entre soignants et patients. La fuite des médecins qualifiés aggrave la crise. L'auteur appelle à des réformes urgentes : formation locale, équipement des hôpitaux, protection légale des patients et médecins, et un véritable dialogue entre soignants et soignés pour sauver le système de santé comorien.
Mythes et réalités aux Comores: Et si nos ancêtres les djinns étaient des lépreux?, article de Presse, Masiwa Komori, Édition 541, 21/07/2025. Dans cet article Ahmed Bacar Rezida Mohamed, propose une relecture anthropologique des mythes comoriens autour des djinns, ces êtres invisibles et puissants présents dans la tradition orale comorienne. L'auteur avance l'hypothèse que les récits sur les djinns pourraient symboliser la réalité historique de la lèpre aux Comores, une maladie endémique autrefois très stigmatisante. Les descriptions des djinns, souvent effrayantes et liées à l'exclusion sociale, feraient écho aux caractéristiques physiques déformées et à la marginalisation sociale des lépreux, qui vivaient isolés dans des léproseries sur les îles. Cette lecture ne démythifie pas le patrimoine, mais invite à voir ces mythes comme des témoignages codés d'une coexistence ancienne avec une maladie qui marquait profondément la société. Cela ouvre une réflexion enrichissante sur l'interprétation des mythes et la résilience des populations face à la maladie et à l'exclusion sociale.
Jeux des îles Comores 2027 : L'Océan indien face au miroir de sa lâcheté, article de Presse, Le journal Al-Mashawiri, Numéro 09, P2, . Dr Ahmed Bacar Rezida Mohamed dresse dans cet article une critique sévère et sans concession de la position des Comores et des pays de l’océan Indien face à la question de Mayotte à l’approche des Jeux des îles de 2027. Il dénonce le double discours comorien, qui revendique la souveraineté sur Mayotte tout en acceptant sa participation sportive sous bannière neutre, y voyant une forme de capitulation diplomatique. Il reproche également aux États voisins – Madagascar, Maurice, Seychelles et La Réunion – leur silence complice, motivé selon lui par des intérêts économiques et politiques vis-à-vis de la France. Le texte affirme que cette hypocrisie collective transforme les Jeux en un théâtre de lâcheté régionale, où le sport sert d’alibi au renoncement politique. Pour l’auteur, 2027 représentera un test moral décisif : soit les Comores défendent leur cohérence nationale, soit elles actent symboliquement la défaite de leur souveraineté sur Mayotte.
Le ventre de la discorde : la nouvelle épidémie qui frappe les hommes comoriens, article de Presse, Masiwa Komori, Edition 548, 9/09/2025. L'article d'Ahmed Bacar Rezida Mohamed expose l'« obésité androgénique » aux Comores, un phénomène préoccupant d'accumulation de graisse abdominale chez l'homme. Cette épidémie est liée à un changement alimentaire défavorable, une précarité économique, une sédentarité croissante, et à une culture valorisant la rondeur comme symbole de succès social. Les conséquences sanitaires sont graves, avec une hausse du diabète, des maladies cardiovasculaires, et un impact négatif sur la fertilité masculine, affectant la cohésion familiale. L'article appelle à une mobilisation collective avec des politiques publiques d'éducation nutritionnelle, de promotion d'une alimentation saine, de sport accessible et de lutte contre la précarité pour enrayer cette crise avant qu'elle ne compromette l'avenir du pays. Plonger au cœur de l'automédication aux Comores : quand se soigner devient un acte de survie et un danger de Santé publique, article de Presse, Masiwa Komori, Edition 549, 15/09/2025. Dans cet article, Dr Ahmed Bacar Rezida Mohamed décrit comment l'automédication est devenue une pratique courante aux Comores en raison de facteurs culturels, traditionnels et socio-économiques. Cette pratique, bien que souvent nécessaire à cause des difficultés d'accès aux soins et des coûts élevés des médicaments, présente des risques majeurs pour la santé publique. Elle favorise notamment la résistance aux antibiotiques, l'utilisation de médicaments périmés ou contrefaits, et le retard dans le diagnostic médical. La tradition de la tradithérapie et la circulation informelle des remèdes dans les communautés complètent ce tableau. L'article souligne que cette situation n'est pas inévitable et propose des pistes pour améliorer la régulation, subventionner les médicaments essentiels, valoriser les savoirs traditionnels dans un cadre scientifique, et sensibiliser la population pour réduire ces risques.
Football comorien: délocalisation imposée ou stratégie bien calculée?, article de Presse, Le journal Al-Mashawiri, Numéro 10, P2 , 01 Octobre 2025. Dans cet article, Ahmed Bacar Rezida Mohamed analyse la situation du football comorien depuis la non homologation du stade de Malouzini, qui oblige la sélection nationale à jouer ses matchs « à domicile » à l’étranger, principalement au Maroc. Cette délocalisation, officiellement justifiée par des problèmes techniques de pelouse, d’éclairage et de sécurité, alimente toutefois les soupçons d’une stratégie délibérée des dirigeants, séduits par les avantages logistiques et financiers des déplacements. Sportivement, cette situation prive les Cœlacanthes de la ferveur locale qui a longtemps constitué leur force, entraînant des résultats plus mitigés malgré une progression notable au classement FIFA et une qualification encourageante pour la CAN 2025. Sur le plan symbolique, la perte du « domicile » apparaît comme une fracture entre passion populaire et gestion technocratique du sport. L’homologation conditionnelle récente du stade Malouzini redonne espoir d’un retour prochain des matchs aux Comores. Au-delà de la question technique, l’enjeu est profondément identitaire : rejouer à Malouzini, c’est renouer avec la fierté nationale et la cohésion du peuple autour de son équipe.