Eugénie Cense, également connue sous le nom d'Eugénie Ferter-Cense (1879, Saint-Judoce- 1955, Saint-Brieuc), est une espérantiste française.

Biographie Eugénie Françoise Cense est née le à Saint-Judoce (au sud de Dinan)Archives départementales des Côtes-d'Armor, registres d'état civil de Saint-Judoce, en ligne, consulté le 6 janvier 2024.. Son père Jean est laboureur ; sa mère Françoise Rébillard est ménagère. Le couple a au moins 4 enfantsMarie Françoise (née en 1873) ; Henri (né en 1875), boulanger à Langueux en 1908 d'après son acte de mariage ; Eugénie Françoise et Victoire (1880-1938). Archives départementales des Côtes-d'Armor, recensement de population de Saint-Judoce en 1886, consultable en ligne.. Entre 1884 et 1888, ses parents meurent, ainsi que son grand-père maternel qui vivait avec euxFrançoise Rébillard meurt le 9 avril 1884 (acte de décès consultable en ligne). René Cense le grand-père décède le 11 décembre 1886 (acte de décès consultable en ligne). Enfin son père Jean Sence (sic) meurt le 27 octobre 1888 (acte de décès consultable en ligne)..

Au début des années 1900, elle habite à Paris. Elle y a sans doute rejoint sa sœur aînée Marie Joseph Françoise, qui se marie le même jour qu'elle et est domiciliée à la même adresseArchives de Paris, registre des mariages du arrondissement, acte , consultable en ligne (page 30).. Eugénie Cense se marie le dans le arrondissement de Paris avec René Isidore Jules Ferter, également espérantiste. Elle est dite "employée rue Constance". Gabriel Chavet est témoin de mariage des deux sœurs. Le couple Cense-Ferter divorce en 1918Dans son acte de décès en 1955, elle est toujours dite "épouse Ferter", alors que le couple a divorcé en 1918 et que René Ferter s'est remarié..

Peu d'informations existent sur sa scolarité : elle aurait fréquenté des cours de l'université de Paris. En 1922, elle est dite élève des cours de slave de l'école des langues orientales.

Entre 1919 et 1923 au moins, elle est domiciliée 93 rue Lepic à Paris. Elle réside en Pologne dans les années 1920 et jusqu'en 1937 au moins.

Domiciliée à la fin de sa vie à Langueux (lieu-dit Coquinet)Mairie de Saint-Brieuc, registre des décès de 1955, acte de décès ., Eugénie Cense meurt à l'hôpital de Saint-Brieuc le .

Carrière vignette|Visite de Louis-Lazare Zamenhof à Paris en 1913. Eugénie Cense est debout derrière le fondateur de l'espéranto qui signe un livre d'or. Initialement membre du mouvement volapükiste, Eugénie Cense fait partie des pionniers du mouvement espérantiste français à partir de 1901. Elle est proche d'Hippolyte Sebert (voire sa secrétaireMarielle Giraud, "Pacifisme et antimilitarisme dans le mouvement espérantiste avant la première guerre mondiale" (article en ligne), in ), l'un des dirigeants du mouvement. En 1908, elle est employée de l'Office central espérantiste situé 51 rue de Clichy. Elle y dispense des cours d'espéranto. Eugénie Cense est présente le lors de la visite à Paris de Louis-Lazare Zamenhof, fondateur de l'espéranto. En 1922, elle est secrétaire de la Société des amis de l'espéranto (dont le siège est situé à son domicile rue Lepic).

Eugénie Cense participe activement aux actions culturelles espérantistes à Paris, jouant régulièrement dans des pièces de théâtre ou déclamant de la poésie. La qualité de sa prononciation de l'espéranto est souvent félicitée dans le bulletin Paris-Espéranto. Un enregistrement de sa voix déclamant un poème de Louis Lazare Zamenhof est écoutable sur Gallica.

En 1919, Eugénie Cense fait partie des personnes fondatrices de la librairie centrale espérantiste, aux côtés d'Hippolyte Sebert, Gabrielle Gérard, Ernest Archdeacon, Gabriel Chavet, Albert Dauphin et Paul Durand. Elle est élue membre de la Société de linguistique de Paris en , parrainée par les professeurs Léon Beaulieux et Paul Boyer.

Eugénie Cense entretient de nombreux liens avec le mouvement espérantiste européen. Les instances françaises la délèguent à plusieurs reprises pour les congrès et réunions internationales : Bruxelles (1910 et 1913) ou encore La Haye (1920)Carlo Minnaja, 'Germanoj kaj japanoj en la unuaj tridek jaroj de la lingvaj institucioj [Présence des Allemands et Japonais dans les trente premières années des institutions linguistiques espérantistes]', sans date, consultable en ligne..

Pendant la Première Guerre mondiale, elle travaille pour la Croix-Rouge. Ses liens avec les espérantistes allemands lui auraient valu d'être surveillée par la policeIl n'y a néanmoins pas de trace d'Eugénie Cense dans les dossiers d'archives de la direction de la Sûreté nationale (Archives nationales)..

Elle effectue de nombreux séjours en Pologne, avant la Première Guerre mondiale, puis de nouveau après. Dans les années 1920, elle y réside, dispensant des cours hebdomadaires d'espéranto auprès de la Société académique polonaise d'espéranto fondée en . Elle habite au moins jusqu'en 1937 en Pologne, participant activement à la vie espérantiste.

Eugénie Cense se voit décerner une étoile d'or pour ses actions de promotion de la langue lors du congrès international espérantiste en 1937.

Ouvrages et traductions

Dette fatale, traduction d'un roman spiritualiste de Lionel Dalsace, Paris, Presses Société Espérantiste, 1910. Annuaire mondial de l'espéranto (années 1912, 1913 et 1914), édité avec Hippolyte Sebert et Gabriel Chavet Ora libro de la esperanto-movado [Livre d'or du mouvement espérantiste] 1887-1937, édité avec Vilmos Bleier, Varsovie 1937. Bretonlando [Bretagne], in The Esperanto Monthly (), consultable sur Wikisource

Notes et références

Liens externes

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