Le village fortifié de l’Amnia est le site archéologique d'un ancien village du Mésolithique, qui avait été construit sur la rive droite de l’Amnia, en Sibérie occidentale, à environ au sud-est du village de Dubovtseva Е. N., Kosinskaya L. L., Piezonka H., Chairkina N. M., Settlements of the Amnya Cultural Type in the Context of the Early Neolithic of North-Western Siberia, Vestnik NSU, Series: History and Philology, 2020, vol. 19, n° 7, Archaeology and Ethnography, p.94–108 (in Russian), DOI 10.25205/1818-7919-2020-19-7-94-108. Situé à moins de du cercle arctique, le site est remarquable par sa position septentrionale, son ancienneté (environ ) et par le fait qu’il était occupé par des chasseurs-cueilleurs sédentarisés, alors qu'on a longtemps attribué la sédentarité au seul Néolithique Piezonka H, Chairkina N, Dubovtseva E, Kosinskaya L, Meadows J, Schreiber T., The world’s oldest-known promontory fort: Amnya and the acceleration of hunter-gatherer diversity in Siberia 8000 years ago, Antiquity, 2023, 97(396), p.1381-1401, doi:10.15184/aqy.2023.164.
Historique Le site a été étudié à partir de 1987 Morozov, V.M. & Stefanov, V.I., 1993, ''The fort of Amnya I—the oldest fortified settlement of Northern Eurasia? Archaeology Questions in the Urals 21: 143–70 (in Russian) et a été daté avec une plus grande précision 30 ans plus tard Dubovtseva E.N., Kosinskaya L.L., Piezonka H., Analysis of the material culture and new radiocarbon dating of the Early Neolithic site of Amnya I, Samara Journal of Science, 2019, vol. 8, N. 2., p.149-159, doi: 10.17816/snv201982210.
Description Implanté sur une flèche sablonneuse dominant la vallée fluviale marécageuse, le site comporte liées aux emplacements des maisons, qui étaient protégées par une double ligne de fortifications défensives. Elles constituent le site Amnia I. 50 mètres plus à l’est, les traces d’un autre groupe de , sans structure défensive, forment le site Amnia II, quasiment contemporain.
Les fortifications sont circulaires et constituées de fossés et de palissades en bois. Les maisons semi-enterrées sont de plan rectangulaire et couvrent pour une profondeur allant jusqu’à 1,8 mètre. Elles possèdent une cheminée en leur centre, ce qui laisse penser qu’elles ont été habitées durablement. Le sol était éventuellement recouvert de brindilles de conifères. Le site a plusieurs fois été détruit par le feu, probablement à la suite de conflits violents.
Vestiges archéologiques Se trouvant dans la taïga, les habitants du village pêchaient des poissons et chassaient l’élan, le renne et le castor.
Des fragments de 45 récipients en céramique, à base plate ou pointue, ont été trouvés. Ils étaient décorés soit au peigne, soit avec des incisions, ce qui correspond aux premiers styles connus en Sibérie occidentale. Cette poterie décorée avec soin était utilisée pour la conservation des réserves de viande et d’huile de poisson.
On a trouvé de nombreux outils en pierre, notamment en quartz, mais aussi des microlames en silex et des têtes de projectile en ardoiseMorgane Gillard, Découverte d’une forteresse de plus de 8 000 ans qui bouleverse nos connaissances sur la Préhistoire, Futura, 13 décembre 2023.
Après cette phase principale d’occupation vers , le site a été réoccupé au .
Sites similaires Une dizaine de sites de cette époque, composés de maisons semi-enterrées entourées de fortifications, sont connus dans le bassin de l’Ob, par exemple ceux d’Imnegan, Kayukovo et Mergen.
Le type culturel de l’Amnia se retrouve également sur le site ouvert de Kirip-Vis-Yugan 2, situé à quelques kilomètres, à la confluence de la rivière qui lui a donné son nom.
Références
Bibliographie
Voir aussi Articles connexes Histoire de la Sibérie Khantys-Mansis
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