Fiacre (Fiacrius, Frefus, Fèfre, Fèvre ; en gaélique : Fiachra, Fiachrach, Fiach, le corbeau) cf site de l’archevêché d'Augsbourg (en allemand) https://bistum-augsburg.de/Heilige-des-Tages/Heilige/FIACRIUS, né v. 590 dans le Connacht, près de Kilkenny et mort le vers 670 (ou plutôt en 620 selon Gabriel Buzlin au ), est un moine herboriste et anachorète. Irlandais de noble origine(En) Saint Fiacre, dans l'Encyclopédie Catholique., il fonda près de Meaux un monastère épiscopal, où il est enterré.
Variantes du nom D'autres variantes du nom de Fiacre ont été transmises : Feacar, Fiancorus, Fiacer, Ficker, Fithoc, Mofithog, Mofuttach, Mofutacus et Futtach The Irish Ecclesiastical Record, Volume XII(1876), 361-368..
Biographie Saint Fiacre est issu d'une famille noble d’Irlande, alors appelée ou .
Il est d'abord éduqué dans un monastère, au bord du Loch Orbsen. Fiacre révéla un tel talent pour les soins par les plantes et les herbes médicinales qu'il y acquit une grande renommée.
Ordonné prêtre, saint Fiacre fixa son premier ermitage à Kill-Fiachra, ou Kilfera, sur la rive ouest de la Nore, à environ trois miles au sud de Kilkenny. Il y vécut pendant de nombreuses années en menant une vie très austère mais attirant les visites de nombreux malades et disciples du fait de son habileté médicinale. Cela rendit impossible tout , reclus dans la nature, auquel il aspirait. Son frère étant appelé à monter sur le trône, il fut décidé que rien ne s'opposait à ce qu'il se rende à Meaux, dans le royaume carolingien pour y effectuer un .
La Brie avait déjà accueilli plusieurs , comme saint Colomban arrivé à Meaux vers 610, alors sur une route gallo-romaine très fréquentée par les pèlerins anglo-saxons.
Accompagné de sa sœur Sira (Sirad) et de quelques disciples, saint Fiacre débarqua en Normandie et atteignit Meaux, où il fut accueilli à l'hospice pour pèlerins fondé par l'évêque saint FaronSaint Faron fut évêque de Meaux de 626 à 672., lui aussi de noble origine et, comme tel, antérieurement chef des armées du roi Clotaire. Saint Fiacre décida toutefois de garder le silence sur ses origines nobles et s'établit auprès de saint Faron. C'est alors que son parent, saint Kilian, en faisant un pèlerinage à Rome, s'arrêta dans ce même hospice et révéla le rang de saint Fiacre, qui se prépara à repartir. Saint Faron lui demanda alors de ne pas quitter l'endroit où il avait trouvé la paix et lui proposa de fonder un monastère près de Meaux dans une terre d'alleu qui se présentait comme une étendue déserte mais fertile appelée Breuil, viendrait d'un mot gaulois signifiant « petit bois, taillis », voir l'article Wikipedia sur la commune éponyme. (en latin médiéval , du gaulois brogilos, petit bois, entouré d'un mur ou d'une haie), située à environ six kilomètres au sud-est de la villeDom Jacques Dubois, Un pèlerinage au , le monastère de Saint-Fiacre-en-Brie, Annuaires de l'École pratique des hautes études, Année 1973, pp. 767-771. sur un plateau non loin des rives de la Marne. Il transforma les lieux extrêmement vite avec ses disciples et d'autres encore affluèrent aussitôt auprès de lui, qu'il accueillit et à qui il assigna en grande partie du travail manuel. Il y érigea un oratoire en l’honneur de Marie puis un monastère, et cultiva ses plantes médicinales pour y exercer ses talents de phytopraticien. Leurs récoltes servaient à l'entretien des pèlerins et très fréquemment au soulagement des malades, notamment ceux atteints du « fic » ou « mal Saint Fiacre »
Ledit alleu devint vite trop petit et saint Fiacre demanda de nouveau des terres. Saint Faron promit de lui concéder autant de terres adjacentes qu'il pourrait défricher en un jour.
Saint Fiacre n'eut aucun mal à dégager une grande surface en l'espace d'une journée, bien des arbres se laissant abattre avec facilité. La réussite de son entreprise continua de plus belle.
La légende veut alors qu'une femme nommée Becnaude l'accusât de sorcellerie à l'évêchéElle en aurait vomi un serpent, qui la confondit. Cette scène est représentée sur le reliquaire de Saint-Fiacre.. Saint Faron, alerté, constata les guérisons et en conclut au contraire que Fiacre était un saint. Sa vertu reconnue, saint Fiacre put poursuivre son existence de prière et de charité sous la protection de Notre Dame à laquelle il dédia son monastère qui devint un lieu de pèlerinage réputé. Après sa mort, le monastère prit son nom.
Toutefois, marqué par cet incident, saint Fiacre aurait décrété l'interdiction de l'accès du monastère aux femmes, qui perdure jusqu'à nos jours. Il est toutefois nettement plus vraisemblable qu’il tenait cette règle des moines irlandais, à l’exemple de saint ColombanAbbé Pétin, Encyclopédie de Migne, tome 2 de l’Hagiographie des saints..
Fort apprécié déjà de son vivant, saint Fiacre est vénéré comme saint patron des maraîchers et des jardiniers et, par homonymie avec le fiacre, comme saint patron des cochers puis des chauffeurs de taxi.
Ses attributs sont la pelle et la bêche. Il est invoqué en cas d'hémorroïdes.
Saint Fiacre est fêté le . Ce patron des jardiniers est célébré dans divers villes et villages de France, avec des animations jardinières et un fleurissement riche de couleurs, certaines fêtes de Saint-Fiacre étant organisées par la Confrérie des jardiniers de Saint-Fiacre. Des fêtes de la Saint-Fiacre sont ainsi mentionnées dans de nombreuses communes françaises : Strasbourg, Rouen., Nancy, Orléans, Sens., St-Valéry-sur-Somme... À Orléans, cette fête est même particulièrement célébrée, les habitants étant attachés à cette tradition datant de ..
A Rouen, la Confrérie Saint-Fiacre de Rouen a pris l'habitude de fêter son saint patron plus tard en septembre et a rebaptisé la fête en "Fête patronale Saint-Fiacre" et ses journées d'entraide. Sous l'impulsion de son président, Vincent Lecointre, l'ensemble des dons récoltés lors de cette fête sont affectés en aide d'urgence aux agriculteurs et horticulteurs en grande détresse morale et financière. Plusieurs tonnes de fruits et légumes ayant servi aux décors sont vendus les lundis et mardis, dès le lendemain de la messe. les décors valent le coup d'être vu car l'ensemble de l'église est totalement redécorée en fruits et légumes. Un véritable potager géant..
Sources écrites Sources contemporaines de saint Fiacre Le nom du saint et sa vie sont documentés dans des écrits remontant à l'époque carolingienne.
La Vita de Saint Féro, probablement écrite par Hildegaire de Meaux (Hildegarius Meldensis, Hildegaire de Saint-Denis, Hildegaire de Saint-Denys, Hildegarius Sancti Dionysii), OSB, évêque de Meaux à partir de 854 ou 855 jusqu'à sa mort en décembre, entre 873 et 876
Sources postérieures
La Vita Fiacrii figure dans les hagiographies de saints irlandaisWhitley Stokes, Martyrologe d'O'Gorman « The Martyrology of Gorman », édité à partir de l'exemplaire conservé à la Bibliothèque de Bourgogne, à Bruxelles. Ce Martyrologe est écrit en vers irlandais, et paraît dater de l'année 1174. Le texte est intéressant, même au point de vue français car il aurait pour base, quand il s'agit des saints étrangers à l'Irlande, une interprétation du Martyrologe hiéronymien, d'origine française. , le plus ancien étant le Felire Uí Gormáin (en français, appelé de manière inexacte ), écrit entre 1166 et 1174 par Marianus O'Gorman (Máel Muire Ua Gormáin ou Máelmuire Ua Dúnáin (mort v. 1181), abbé de Knock) puis sa copie vers 1630 par le franciscain (o.f.m.) , le Martyrologe de Donegal Le moine Fulcoin (mort en 1102 ou 1103), frère de Gosbert Boschet, seigneur de Champagne, le connaissait sous le nom de Fefrus.
Vénération et culte vignette|gauche|160px|Statue de saint Fiacre à l'église Saint-Taurin d'Évreux. L'attribution d'un saint à une profession est souvent liée à ses miracles ou faits qualifiés comme tel. C'est la rapidité à défricher une parcelle de terre qui a contribué à associer Saint Fiacre comme patron des maraîchers et des jardiniers. Vénéré en Brie depuis le haut Moyen Âge, saint Fiacre est le patron des maraîchers et des jardiniers, mais aussi le saint guérisseur du « fic », tumeur en forme de figue, ficus en latin, d'où l'appellation éponyme de « mal de Saint Fiacre », c'est-à-dire les hémorroïdes, chancres et autres cancers, comme on les appela longtemps.
Fiacre fut un des saints les plus populaires en Europe.
De nombreuses églises et chapelles, non seulement en France, mais aussi en Belgique et en Rhénanie, possèdent encore une statue plus ou moins rustique de ce moine à scapulaire et capuchon, l'air grave et parfois extatique, tenant une bêche dans une main et un livre dans l'autre.
Une iconographie foisonnante - miniatures, gravures, images de dévotion, enseignes, médailles et méreaux…- a soutenu son culte pendant des siècles.
Le personnage de saint Fiacre est pieux et secourable, proche des fidèles et, dans sa représentation, allie les symboles du travail et de l'oraison.
Depuis le au moins, on célèbre traditionnellement sa fête le .
À Metz, la fête de la Saint-Fiacre et du terroir a lieu tous les premiers dimanches de septembre avec une messe à l’église du Très-Saint-Sacrement. Les maraîchers et les jardiniers se mettent sous sa protection et déposent des paniers de fruits et légumes au pied de l'autel qui sont ensuite offerts à une association caritative.
À Sens, c'est surtout les fleurs qui sont à l'honneur avec la participation de la société horticole de la ville.
La ville de Coulommiers organise la fête des Fleurs le deuxième dimanche de septembre également en hommage à saint Fiacre.
Les études fiacriennes Nous connaissons assez bien la figure populaire du saint, notamment grâce aux enquêtes de Roger Lecotté en Seine-et-Marne, aux recherches méticuleuses de Paule et Roger Lerou sur sa statuaire et à de nombreuses notes d'érudits locaux sur son culteVoir la bibliographie. Mais si les folkloristes se sont beaucoup occupés de ces dévotions aujourd'hui presque oubliées, l'histoire est plus avare. Seules deux dates comptent vraiment dans la quête historique du saint. Dès le , le père Stiltingh, bollandiste, a publié un excellent dossier, comprenant des documents liturgiques et une édition de la vie du , provenant de Saint-Martin de Courtrai et reconnue depuis comme notre meilleur texteActa Sanctorum… Août, tome VI, pages 602-604. Le manuscrit du qui appartenait alors aux Bollandistes est aujourd'hui le n° 8552 de la Bibliothèque royale de Bruxelles. Il faut attendre ensuite les manifestations franco-irlandaises du centenaire de saint Fiacre (censé être mort en 670C'est une date traditionnelle de la mort de saint Faron qui a passé à Fiacre.) qui donnèrent occasion à d'intéressantes mises au point. Dom Dubois consacra en 1970-1971 une partie de son séminaire de la section de l'École Pratique des Hautes Études à la relecture, la mise en ordre et la clarification des textes. Il s'en faut que tous les problèmes aient été résolus, mais, dans la semi-obscurité où Fiacre est retombé, les actes du colloque de Meaux restent le point de passage obligé de toute étude sérieuse Centenaire de saint Fiacre… ; voir bibliographie / C'EST A DIRE ?.
Les plus anciennes mentions de Fiacre vignette|redresse|Saint Fiacre (gravure du ). Évocation dans La Vie de saint Faron