George Sand Prononciation en français de France standardisé retranscrite selon la norme API. Voir : ., nom de plume d'Aurore DupinSon nom complet est Amantine Aurore Lucile Dupin de Francueil. À l'usage, son récent titre nobiliaire « de Francueil » n'est plus utilisé depuis son père, Maurice Dupin., par son mariage baronne Dudevant, est une romancière, dramaturge, épistolière, critique littéraire, journaliste et peintre française, née le à Paris et morte le au château de Nohant-Vic. Elle compte parmi les écrivains les plus prolifiques, avec plus de à son actif et d'œuvres diverses dont des nouvelles, des contes, des pièces de théâtre et des textes politiques.
À l'image de son arrière-grand-mère, Louise Dupin, qu'elle admire., George Sand prend la défense des femmes, prône la passion, fustige le mariage et lutte contre les préjugés d'une société conservatrice.
George Sand a nourri les gazettes par sa vie amoureuse libre en une époque misogyne, par sa tenue vestimentaire masculine, dont elle a lancé la mode, par son pseudonyme masculin, qu'elle adopte dès , et dont elle lance aussi la mode : après elle, Marie d'Agoult signe ses écrits « Daniel Stern »., Delphine de Girardin prend, en 1843, le nom de plume de ..
Malgré la misogynie de nombreux détracteurs comme Charles Baudelaire ou Jules Barbey d'Aurevilly., George Sand contribue activement à la vie intellectuelle de son époque, accueillant au domaine de Nohant ou à Palaiseau des personnalités aussi différentes que Franz Liszt, Frédéric Chopin, Marie d'Agoult, Honoré de BalzacGeorge Sand conseille à Honoré de Balzac d'écrire Massimilla Doni. Lire à ce propos, la lettre de Balzac à Maurice Schlesinger, dans : ., Gustave FlaubertDont elle fait l'éloge dans Le Courrier de Paris du et à qui elle dédie son roman Le Dernier amour en 1866., Eugène Delacroix, Henri Chapu., conseillant les uns, encourageant les autres. Elle a entretenu une importante correspondance avec Victor Hugo bien que ces deux grandes personnalités ne se soient jamais rencontrées.
Elle s'est aussi illustrée par un engagement politique actif à partir de , inspirant Alexandre Ledru-Rollin, participant au lancement de trois journaux : La Cause du peuple, Le Bulletin de la République, L'Éclaireur, plaidant auprès de la cause de condamnés, notamment celle de Victor Hugo dont elle admirait l'œuvre et dont elle a tenté d'obtenir la grâce après avoir éclipsé Notre-Dame de Paris avec Indiana, son premier roman.
Son œuvre est abondanteCharles de Spoelberch de Lovenjoul souhaitait publier en édition complète, mais George Sand est morte avant d'avoir terminé la compilation : . et en fait l'une des plus lues de son époque. La campagne du Berry lui sert souvent de cadre. Ses premiers romans, comme Indiana (1832), bousculent les conventions sociales et magnifient la révolte des femmes en exposant les sentiments de ses contemporaines, chose exceptionnelle à l'époque et qui divisa aussi bien l'opinion publique que l'élite littéraire. Puis George Sand ouvre ses romans à la question sociale en défendant les ouvriers et les pauvres (Le Compagnon du Tour de France) et en imaginant une société sans classes et sans conflit (Mauprat, 1837 ; Le Meunier d'Angibault, 1845).
Elle se tourne ensuite vers le milieu paysan et écrit des romans champêtres idéalisés comme La Mare au diable (1846), François le Champi (1848), La Petite Fadette (1849), Les Maîtres sonneurs (1853).
George Sand a abordé d'autres genres comme l'autobiographie (Histoire de ma vie, 1855) et le roman historique avec Consuelo (1843) où elle brosse, à travers la figure d'une cantatrice italienne, le paysage artistique européen du , ou encore Les Beaux Messieurs de Bois-Doré (1858) qui multiplie les péripéties amoureuses et aventureuses dans le contexte des oppositions religieuses sous le règne de . Vers la fin de sa vie, elle écrit une abondante œuvre théâtrale, restée largement inédite de son vivant.
Biographie Enfance vignette|redresse|La maison natale d'Aurore Dupin, rue Meslay à Paris. vignette|Plaque au 46 rue Meslay (Paris ). vignette|Madame Dupin de Francueil achète le , le château de Nohant. vignette|Hippolyte Chatiron et Aurore Dupin, en 1810.
Amantine Aurore Lucile Dupin de Francueil., future George Sand, naît le à ParisArchives de Paris : État civil - Acte de naissance reconstitué. Cote du document : V3E/N 812. Archives de Paris 18 boulevard Sérurier 75019 Paris.Aurore Dupin est née le 12 messidor an XII () dans le ancien de Paris. (anciennement au 15 rue Meslay devenu le , dans le ) .. Fille de Maurice Dupin de Francueil et de Sophie-Victoire Delaborde, elle est, par son père, l'arrière-petite-fille du maréchal de France Maurice de Saxe (1696-1750)Cette ascendance, ainsi que l'histoire de ses grands-parents paternels, est traitée dans le chapitre II de la première partie de son autobiographie : . Maurice de Saxe ne se soucie peu des enfants qu'il laisse derrière lui. La filiation paternelle de l'un de ses enfants, Marie-Aurore de Saxe avec le maréchal, est officiellement reconnue par un Arrêt du Parlement de Paris, le 15 mai 1766... Du côté de sa mère, elle a pour grand-père Antoine Delaborde, un Parisien d'abord maître paumier tenant un billard puis oiselier.L'histoire de sa famille maternelle est traitée dans le chapitre IV de la première partie de son autobiographie : .. Aurore a donc une double ascendance, populaire et aristocratique, qui la marque profondément. Deux origines sociales diamétralement opposées qui expliquent la personnalité d'Aurore Dupin et son engagement politique à venir. :
Son père, Maurice Dupin, incorporé dans les rangs de l'armée révolutionnaire, effectue, de 1798 à 1808, toutes les guerres républicaines et impériales. Pendant les campagnes d'Italie, il s'éprend de Victoire Delaborde, qui partage alors la vie de l'intendant affecté aux subsistances, l'adjudant-général Claude-Antoine Collin, âgé de cinquante ans. Victoire suit Maurice à son retour en France. La mère de ce dernier, Marie-Aurore de Saxe, étant totalement opposée à leur mariage, ils se marient en catimini le , moins d'un mois avant la naissance de la future George Sand, à la mairie du de Paris ..
Maurice Dupin a eu auparavant une liaison avec une domestique du château de Nohant, Catherine Chatiron (1779-1866). Elle avait été engagée par la mère de Maurice le pour une rémunération de par an.. Le à La Châtre, Catherine accouche d'un fils naturel qui sera déclaré sous le nom de Pierre Laverdure. L'acte de naissance précise en marge : Pierre Laverdure, fils naturel de la patrie. Si l'enfant se fait appeler plus tard Hippolyte Chatiron, son nom sera toujours officiellement Pierre Laverdur. Source, Archives départementales de l'Indre : État civil de La Châtre Archives départementales, 1 rue Jeanne d'Arc 36000 Châteauroux.. Maurice Dupin refuse de reconnaître l'enfant qui prendra pourtant plus tard le nom d'usage d'Hippolyte Chatiron (1799-1848). Marie-Aurore de Saxe congédie Catherine Chatiron, mais fait élever l'enfant par le précepteur de Maurice, Jean-Louis François DeschartresJean-Louis François Deschartres est né à Laon le . Clerc tonsuré, il est engagé par Marie-Aurore de Saxe et devient son homme de confiance. Il est le maire de Nohant sous le Premier Empire et exerce la profession de précepteur, successivement de Maurice Dupin de Francueil, d'Hippolyte Chatiron et d'Aurore Dupin. Il quitte Nohant le après l'élection au poste de maire, de Casimir Dudevant. Jean-Louis Deschartres meurt le dans un asile pour vieillards, la Maison royale de santé du ancien à Paris. Source des Archives de Paris : État civil - acte de décès reconstitué du ancien de Paris. Cote du document : V3E D/438. Archives de Paris, boulevard Sérurier 75019 Paris..
Les trois premières années de la vie d'Aurore Dupin s'écoulent dans le petit logis de ses jeunes parents, rue de la Grange-Batelière. En , malgré la désapprobation de son mari vu la longueur du voyage, la situation militaire espagnole, et l'état de sa femme enceinte de sept mois, Victoire Dupin entreprend de rejoindre, avec sa fille Aurore, son mari en garnison à Madrid. Dans le palais de Godoy, Joachim Murat témoigne beaucoup d'affection à l'enfant. Le à Madrid, Victoire donne naissance à un fils, Auguste, né aveugle.
À la suite de la retraite d'Espagne, la famille retourne dans l'Indre, chez la grand-mère paternelle. Aurore Dupin découvre pour la première fois le château de Nohant. Malheureusement, son petit frère ne va pas survivre au voyage et meurt dans la propriété, le . Une semaine plus tard, Maurice Dupin meurt accidentellement d'une chute de cheval à la sortie de La Châtre, le ...
Adolescence à Nohant vignette|droite|Aurore Dupin de Francueil (1748-1821), née Marie-Aurore de Saxe, et sa petite-fille, Aurore Dupin et future George Sand, reçoivent le général Alphonse de Colbert (1776-1843), au château de Nohant, en 1815. Peinture d'Alphonse Lalauze. vignette|droite|redresse|Aurore Dupin en 1810 par sa grand-mère Marie-Aurore de Saxe. Musée de la vie romantique à Paris.
Aurore Dupin grandit à Nohant, tout d'abord avec sa mère et sa grand-mère, tiraillée entre les deux femmes, tant sur le plan affectif qu'éducatif. Sa grand-mère souhaite la prendre en charge mais sa mère hésite à lui laisser, souhaitant d'un coté vivre avec ses deux filles (elle a eu auparavant une fille naturelle, Caroline Delaborde) mais doutant d'un autre de sa capacité financière à leur offrir l'équivalent. Aurore Dupin est déchirée, notamment à l'idée de se séparer de sa mère. :
Sous l'égide de l'abbé de Beaumont, grand-oncle d'Aurore Dupin et , un compromis est trouvé et l'engagement est pris par écrit le .. Marie-Aurore de Saxe a la responsabilité de l'éducation d'Aurore Dupin qui passera la majeure partie de l'année à Nohant, sa mère pouvant s'y rendre l'été. L'hiver, Marie-Aurore de Saxe vient passer la mauvaise saison rue Neuve-des-Mathurins à Paris, à proximité du logement de Victoire. Victoire reçoit en retour une rente de sa belle-mère, augmentée par une compensation financière. La grand-mère confie Aurore au précepteur et homme de confiance Jean-Louis François Deschartres ., qui l’élève avec son demi-frère Hippolyte. Malgré un droit de visite, la mère n'a pas la permission d'emmener sa fille chez elle. L'application des accords est encore plus restrictive vis-à-vis de Caroline Delaborde, la fille aînée de Victoire, qui ne doit pas approcher sa demi-sœur Aurore et encore moins venir au domicile parisien de Madame Dupin de Francueil. Mais un incident se produit au cours de l'hiver 1810-1811 car Caroline se présente chez Marie-Aurore malgré l'interdiction. Elle est chassée sans ménagement par la maîtresse de maison.. Aurore est traumatisée par cette injustice et en tombe malade. Prise de remords, Marie-Aurore décide d'emmener elle-même sa petite-fille, une fois rétablie, chez Victoire. Au moment du retour à Nohant, Marie-Aurore propose à Victoire de les accompagner, pour ne pas perturber davantage sa fille.