vignette|redresse=1.5|La tombe royale de Kivik, sépulture de l’âge du bronze danois sous cairn, datée d'environ La préhistoire de la Scandinavie commence à la fin du Pléistocène, à la suite du retrait de la calotte glaciaire fenno-scandienne de la dernière période glaciaire. L'âge de pierre nordique débute avec la culture d'Ahrensburg du Paléolithique supérieur, cédant la place aux chasseurs-cueilleurs du Mésolithique au millénaire Dans cette partie de l'Europe, le Mésolithique se prolonge jusque vers , l’abondance des ressources marines entraînant une augmentation de la population pré-agricole locale.
L'arrivée du Néolithique est tardive (~ ), la culture des vases à entonnoir étant la première à pratiquer l'agriculture.
Vers , le métal est introduit en Scandinavie par la culture de la céramique cordée. La culture des haches de combat, forme spécifique de la culture de la céramique cordée, est connue grâce à quelque tombes. La période 2500-500 a également laissé de nombreux vestiges visibles, notamment les milliers de gravures rupestres (pétroglyphes) dans l'ouest de la Suède à Tanumshede et en Norvège à Alta. Une culture plus avancée apparaît avec l’âge du bronze nordique (vers 2000/1750-500 avant notre ère). Elle est suivie par l'âge du fer au siècle avant notre ère.
Âge de pierre
Paléolithique supérieur
Lorsque la glace a reculé avec le réchauffement, les rennes sont venus paître dans les plaines du sud de la Suède et du Danemark. Les données archéologiques semblent indiquer que l'homme arrive en Scandinavie autour de ans selon deux itinéraires différents: l'un par le sud, l'autre par le nord-est. Le centre de la péninsule scandinave est encore occupé par les glaciers, mais la côte norvégienne de l'Atlantique Nord est libérée des glaces et permet l'accès à ces régions du second groupe. Ces deux groupes se sont rencontrés et se sont mélangés en Scandinavie Torsten Günther et al., Genomics of Mesolithic Scandinavia reveal colonization routes and high-latitude adaptation, PLOS Biology, 9 janvier 2018.
Les analyses d'ADN ancien effectuées à partir des squelettes des chasseurs-cueilleurs scandinaves ont montré qu'ils étaient issus de deux populations mésolithiques : les chasseurs-cueilleurs de l'Ouest (WHG) originaires de l'Europe de l'Ouest, du centre et du Sud et les chasseurs-cueilleurs de l'Est (EHG) originaires de l'Europe du Nord-Est. Les individus étudiés sont de l'haplogroupe mitochondrial U5a1, les autres individus à l'Est de la Scandinavie de l'haplogroupe U4. Tous les hommes sont de l'haplogroupe du chromosome Y I2 typique des chasseurs cueilleurs européens avant le Néolithique. Ces populations montrent des modèles d'adaptation génétique aux environnements de haute latitude, notamment certains gènes associés aux performances physiques qui pourraient contribuer à l'adaptation au froid ou encore des gènes de la pigmentation de la peau qui montrent une combinaison unique en Europe au Mésolithique avec une peau claire et des yeux de couleurs diverses du bleu au marron clair.
À l'époque de la culture d'Ahrensburg, les tribus chassaient sur de vastes territoires et vivaient dans des lavvus sur la toundra. Il y avait peu de forêts dans cette région à l'exception de bouleaux et de sorbiers, mais la taïga apparaissait progressivement.
Mésolithique
Au cours du millénaire , quand les rennes et les chasseurs ont migré vers le Nord de la Scandinavie, les forêts s’étaient installées dans le pays. La culture des maglemosiens s’est développée au Danemark et dans le Sud de la Suède. Au nord, en Norvège et dans la plus grande partie de la Suède, s’est installée la culture de Fosna-Hensbacka, qui vivait surtout à la lisière de la forêt. Les chasseurs-cueilleurs du nord suivaient les migrations des troupeaux et des saumons, vers le sud pendant l'hiver, vers le nord à nouveau au cours de l’été. Ces premiers peuples avaient des traditions culturelles semblables à celles qui étaient pratiquées à travers d'autres régions du Grand Nord, y compris celles qui correspondent aux territoires modernes de la Finlande, de la Russie, et de l’autre côté du détroit de Béring, les régions de la bande nordique de l'Amérique du Nord.
Au cours du millénaire , le Sud de la Scandinavie était couvert de forêts mixtes (résineux et feuillus). La faune comportait des aurochs, des bisons d'Europe, des élans et des cerfs. La culture des Kongemosiens était dominante au cours de cette période. Ces peuples chassaient le phoque et pratiquaient la pêche dans des eaux riches en ressources halieutiques. Au nord du territoire du peuple Kongemose vivaient d'autres chasseurs-cueilleurs présents dans la plupart des régions du Sud de la Norvège et de la Suède et appartenant aux cultures Nøstvet et Lihult, descendant des cultures Fosna et Hensbacka. Vers la fin du millénaire , la culture Kongemose a été remplacée dans le Sud par la culture d'Ertebølle. À la différence de la culture du maglemosien qui semble avoir subsisté sur une base alimentation mixte terrestre / eau douce, les populations des cultures successives de Kongemose (ca. 6400–5400 avant notre ère) et d'Ertebølle (ca. 5400–3900) utilisent principalement les ressources marines J. P. Lewis et al., Marine resource abundance drove pre-agricultural population increase in Stone Age Scandinavia, Nature Communications, volume 11, Article numéro : 2006, 2020.
Si l'introduction de l'agriculture a provoqué une forte augmentation de la population à travers l'Europe, dans le sud de la Scandinavie, celle-ci est précédée par environ 500 ans de croissance démographique soutenue. Cette croissance a été tirée par une production marine améliorée conditionnée par le maximum thermique holocène, une période de température, de niveau de la mer et de salinité élevés dans les eaux côtières. Les chercheurs identifient deux périodes d'augmentation de la production marine à travers les niveaux trophiques (P1 5600–5100 et P2 4400–3900 ans cal. avant notre ère) qui coïncident avec une collecte nettement accrue de mollusques et une accumulation de coquillages, indiquant une plus grande disponibilité des ressources marines. Entre ~ 5600–3900 avant notre ère, l'exploitation intense d'un environnement marin plus chaud et plus productif par des chasseurs-cueilleurs mésolithiques a stimulé le développement culturel, y compris l'innovation technologique maritime, et de ca. 4400–3900 avant notre ère, a soutenu une croissance quadruple de la population humaine.
Néolithique vignette|Vase de Skarpsalling, culture des vases à entonnoir, Danemark, 3200 avant notre ère|alt= Au cours du millénaire , les populations de la culture d'Ertebølle apprennent les techniques de la poterie des populations voisines plus au Sud, qui avaient commencé à cultiver la terre et à élever des animaux. La raison pour laquelle l’expansion agricole néolithique s’est arrêtée pendant ans avant d’entrer dans le sud de la Scandinavie reste un mystère. Il se peut que l’arrivée du Néolithique ait été compliquée par une forte densité de population de chasseurs-cueilleurs au Mésolithique en raison d'un environnement marin et côtier très productif. Il a également été avancé que les conditions climatiques modifiées autour de (~ étaient devenues un moteur en accroissant le potentiel agricole plus au nord, mais d’autres études n’ont pas confirmé cette hypothèses Morten E. Allentoft, Martin Sikora, Anders Fischer et al., 100 ancient genomes show repeated population turnovers in Neolithic Denmark, Nature, volume 625, 10 janvier 2024, pages 329–337.
L'arrivée du Néolithique est tardive (~ Morten E. Allentoft, Martin Sikora, Alba Refoyo-Martínez et al.,Population genomics of post-glacial western Eurasia, Nature, volume 625, pages 301–311, 10 janvier 2024, doi.org/10.1038/s41586-023-06865-0) et est introduite par les populations du courant danubien. Des similitudes dans la culture matérielle et les activités d'extraction de silex semblent suggérer que les premiers agriculteurs du sud de la Scandinavie étaient originaires ou avaient des relations sociales étroites avec la culture de Michelsberg d'Europe centrale. Elle a pour conséquence un changement profond de la population de la région avec relativement peu de contribution de la population de chasseurs-cueilleurs locaux. Le mélange chasseurs-cueilleurs observé chez les individus danois semble s'être produit avant l'arrivée des agriculteurs entrants dans la région, probablement en Europe centrale.
Le long des côtes de la Baltique occidentale du nord de l'Allemagne, du Danemark et du sud de la Suède, les premiers indices d'animaux domestiqués et de plantes cultivées apparaissent vers av. J.-C associés à l'émergence de la culture des vases à entonnoir (TRB). Contrairement à d'autres régions d'Europe, l'exploitation du gibier terrestre sauvage et la pêche continuent d'être économiquement importantes Miriam Cubas et al., Latitudinal gradient in dairy production with the introduction of farming in Atlantic Europe, Nature Communications, volume 11, Article numéro: 2036, 2020. Les mégalithes du centre-nord de l'Europe ont été construits principalement à l'époque de la TRB.
Au cours du millénaire , ces populations se sont étendues en Suède vers l'Uppland. Les porteurs de la culture Nøstvet et Lihult ont appris de nouvelles technologies des agriculteurs qui étaient plus en avance mais pas l'agriculture et ont évolué vers la culture de la céramique perforée vers la fin du millénaire Cette culture est d'abord contemporaine puis chevauche la culture des vases à entonnoir. Les études semblent indiquer que ces deux groupes différents ont coexisté dans la péninsule scandinave pendant plusieurs centaines d'années avec une identité culturelle, des modes de vie et des régimes alimentaires distincts. À certains endroits, comme c'est le cas sur l'île de Gotland, les populations semblent passer d'une subsistance de type agricole vers une subsistance basée sur la pêche Magdalena Fraser et al., New insights on cultural dualism and population structure in the Middle Neolithic Funnel Beaker culture on the island of Gotland, Journal of Archaeological Science: Reports, Volume 17, février 2018, pages 325-334. Ces populations ont probablement arrêté la progression des agriculteurs et les ont repoussés vers le Sud et le Sud-Ouest de la Suède.
vignette|Haches de combat en forme de bateau caractéristiques de la culture de la céramique cordée scandinave et des côtes de l'Allemagne du Nord On ignore quelle langue parlaient les premiers Scandinaves, mais vers la fin du millénaire , la péninsule scandinave fut envahie par des populations nouvelles, dont de nombreux chercheurs pensent qu'ils parlaient une langue proto-indo-européenne, apportant la culture de la céramique cordée. Ces nouvelles populations se sont installées en Uppland et dans le fjord d'Oslo. Ils ont probablement apporté la langue qui est l'ancêtre des langues scandinaves modernes. Ce sont des éleveurs de bétail, et avec eux la plus grande partie du Sud de la Scandinavie entre dans le Néolithique. On observe dans ces régions un remplacement presque complet de la population locale. L'ascendance liée aux agriculteurs du Néolithique reste présente, mais la source est maintenant différente. Elle est modélisée comme dérivant presque exclusivement d'un groupe génétique associé à la culture des amphores globulaires du Néolithique tardif.
Il existe des preuves archéologiques que ce fut une époque de violence, tant au Danemark qu'ailleurs. De plus, la peste s'est répandue au cours de cette période. En tandem avec d’autres indicateurs de déclin démographique et de reboisement généralisé après cal. , ces éléments suggèrent que les populations locales d’Europe centrale et septentrionale pourraient avoir été gravement touchées avant l’arrivée de nouveaux arrivants ayant une ascendance liée à la steppe. Ces facteurs pourraient également expliquer le renouvellement rapide de la population et le mélange limité avec la population locale.