La famille Van der Cruisse de Waziers est une famille subsistante de la noblesse française originaire de Menin en Belgique, anoblie en 1741 par une charge de secrétaire du roi au parlement de Douai.

Au , une branche s'établit à Lille, y prospère, intègre les notabilités et accède à la bourgeoisie de la ville. En 1756, un de ses membres acquiert la seigneurie de Waziers dont elle ajoute alors le nom au sien. Elle obtient un titre de comte romain par bref pontifical du et appartient ainsi depuis cette date à la noblesse pontificale.

Histoire Selon l'historien belge Félix-Victor Goethals, les Van der Cruisse sont une branche d'une famille Van den Cruyce (De la Croix) implantée au à Anvers, où plusieurs membres deviennent échevins, puis bourgmestres de la ville. Ils sont anoblis fin ..

D'après cet auteur, au un van den Cruyce passa d'Anvers à Gand puis à Menin à la suite de sa conversion au protestantisme. Goethals a dressé la généalogie de la famille. Il note que plusieurs membres ont été bourgmestres de Menin, mais un ouvrage relatif à l'Histoire de Menin ne l'évoque pasAimé Rembry-Barth, Histoire de Menin, tome 1, 1880.. Lors de ce même siècle, les descendants du fils aîné du premier Meninois se sont établis en Angleterre. Il ajoute qu'au début du , un Van den Cruyce bourgmestre à Menin transforme son nom en Van den Cruisse, puis ses successeurs le feront évoluer en Van der Cruisse, orthographe adoptée par ceux établis en France à Lille.. Ce bourgmestre se convertit à la religion catholique, qui restera la religion de la famille.

Les Van der Cruisse s'installent à Lille au et y prospèrent. Ses membres y achètent la bourgeoisie de Lille, s'intègrent aux notables de la cité et occupent des fonctions au service de la ville (échevin et du roi.

Arnould-Hugues-Joseph Van der Cruisse (1712-1793), bourgeois de Lille, est anobli en 1741 par l’acquisition d'une charge de conseiller secrétaire du roi en la chancellerie du parlement de Flandres à Douai et devient seigneur de Waziers par l'achat de cette terre en 1756André Martel, Leclerc: le soldat et le politique, A. Michel, 1998, page 331..

L'un de ses membres, Arnould-Philippe-Joseph Van der Cruisse de Waziers (1749-1825), est élu conseiller municipal de Lille en 1790 mais démissionne rapidement et part en émigration. Il perd une partie de ses biens, dès lors confisqués.

Arnould-Joseph-Marie-Louis Van der Cruisse de Waziers (1820-1907) devient camérier du pape Pie IX et obtient le titre de comte romain Jean de Bonnefon, La Ménagerie du Vatican ou le livre de la Noblesse pontificale, Société d'éditions des Paroles françaises et romaines, 1906, page 83. par bref pontifical du .

Deux frères, sont morts pour la France, en participant aux deux Guerres mondiales ou à leurs suites.

Le maréchal Philippe Leclerc de Hauteclocque avait pour mère Marie-Thérèse Van der Cruisse de Waziers, épouse d'Adrien-François-Marie de Hauteclocque, maire de Belloy-Saint-Léonard..

Plusieurs membres de la famille sont maires de la commune de Lignières-en-Vimeu (dont la titulaire depuis 1995), où elle s'implante à la suite d'un mariage en 1866. L'église de la commune contient une pierre tombale rappelant le souvenir de plusieurs d'entre-eux.

La famille van der Cruisse de Waziers, anoblie en 1741 par une charge de secrétaire du roi en la chancellerie du parlement de Flandres à DouaiRégis Valette, Catalogue de la noblesse française, Robert Laffont, 2002, page 187., a été admise au sein de l'association d'entraide de la noblesse française en Page « La table des familles », sur le site de l'association d'entraide de la noblesse française (lire en ligne)..

Généalogie Félix-Victor Goethals et Paul-Denis du Péage donnent la généalogie suivante de cette famille : Roger Van den Cruyse épouse Sara Broeckmans. François Van den Cruyce , fils de Roger , prend pour femme Catherine Braem. Il est tuteur de Marie Braem. Il relève un fief situé à Geluwe, relevant de la seigneurie d'Hooghenwalle. Il aurait adopté en secret la religion protestante, raison pour laquelle il va vivre à Gand puis à Menin. Guillaume Van den Cruyce, fils de François , fait en 1565 le démembrement du fief situé à Geluwe, en tant qu'héritier de Marie Braem. Ses descendants s'établissent en Angleterre. Roger Van den Cruyce II, fils de François , est bourgmestre de Menin en 1557. Il se marie avec Jeanne Blomme. Marie-Jacqueline Van den Cruyce, fille de Roger II, a fait faire son portrait habillée comme une fille de Loth. Gilbert ou Gisbert Van den Cruyce , fils de Roger II, devient bourgmestre de Menin en 1614. Il épouse Wilhelmine Courten, fille d'Adrien et de Laurence Bresbroeck. Il est le premier à signer Van den Cruisse. Des descendants ont changé cette signature en Van der Cruisse, orthographe adoptée par les successeurs établis à Lille. Marie Van den Cruyce ( -1639), fille de Gilbert , meurt le à Menin. Elle épouse Thierry van Ackere (1575-1620), né en 1575 à Menin, brasseur, échevin de Menin. Il décède à Menin le , âgé de 45 ans. Elle se remarie en 1621 avec Philippe Puetevin, seigneur de Ter Beke, brasseur, échevin et en 1642, bourgmestre de Menin. Gilles Van Den Cruyce (1620- ), fils de Gilbert II, nait le . Il devient récollet sous le nom de Théodore au couvent de Bruges en 1669. Roger Van den Cruyce III, fils de Gilbert II, est également récollet à Bruges en 1658. Michel Van den Cruyce ( -1641), fils de Gilbert , devient bourgmestre de Menin. Il se convertit au catholicisme, religion conservée par ses descendants. Il meurt le . Il épouse le Louise de Braye, morte sans enfants, puis il prend pour femme Catherine Nutten, fille de Pierre et de Catherine Rousseau. L'épouse meurt chez son fils Michel III, installé à Lille, le . Michel est inhumé dans l'église de Menin sous une pierre tumulaire avec figures et armoiries. Michel Van der Cruisse III (1633-1707) est le premier à porter le nom Van der Cruisse. Fils de Michel Van den Cruyce , il nait à Menin en 1633, vient s'établir à Lille, devient marchand, achète la bourgeoisie de Lille le , détient le fief de Wrete à Fives et commence la constitution d'une bibliothèque. Il meurt à Lille le , à 74 ans. Il épouse le , Marie de Lobel ou Delobel (1640-1704), fille d'Antoine, seigneur de la Taillanderie, et de Marie Bondifflart ou Boudifflart. L'épouse baptisée à Lille le , y meurt le à 63 ans. Michel Van der Cruisse IV (1669-1747), fils de Michel III, est seigneur de la Taillanderie. Né le ou le , il devient licencié es lois, bourgeois de Lille le , conseiller référendaire (magistrat) près du Parlement de Flandres au service du roi de France le et le reste jusqu'à son décès. Il meurt le , à 78 ans, est inhumé dans la chapelle Sainte-Barbe de l'église Saint-Étienne de LIlle. Il prend pour femme le (ou le ) Marie-Jeanne Cardon (1670-1741), fille de Philippe; seigneur du Bourg et de Marie-Jeanne Fruict. L'épouse, morte sans enfants, baptisée à Lille le , est enterrée auprès de son mari le , à l'âge de 71 ans. Hugues Van der Cruisse (1674-1731), fils de Michel III, seigneur de la Maquellerie, détenteur du fief Wrete à Fives en 1704, nait le . Il commence une carrière d'ecclésiastique : nommé chanoine de la collégiale Saint-Pierre de Lille le , il renonce à la vie religieuse avant d'avoir reçu les ordres, entre dans la vie civile, devient marchand, bourgeois de Lille le , échevin de la ville de 1710 à 1731. Il meurt le ou le , à 57 ans, est enterré dans l'église Saint-Maurice de Lille. Il épouse le Antoinette-Angélique van Ackere ou Vanacker (1684-1767), fille de Philippe et de Marie-Claire ou Hélène Herman. Baptisée à Lille le , l'épouse décède le , à 82 ans. Julie-Josephe Van der Cruisse (1710-1778), fille d'Hugues, est dame de la Motte, Formeselle (Voormezele?), la Bouverie, détentrice du fief Wrete à Fives en 1731. Baptisée à Lille le , elle meurt sans alliance le , à 74 ans, est inhumée dans le caveau de famille chez les Grands Carmes (Église Saint-André de Lille). Arnould Van der Cruisse (1678-1719), fils de Michel III, nait le , acquiert la bourgeoisie de Lille le et meurt le . Connétable de la compagnie des arbalétriers, il épouse le Marie-Marguerite de Surmont (1683-1764), fille d'Antoine et de Marie-Marguerite Noiret. Née en , l'épouse meurt à Lille le , à 81 ans, sans postérité. Antoine-Michel Van der Cruisse (1680-1762), fils de Michel III, écuyer, nait à Lille le et meurt célibataire le à 78 ans. Avec lui, la seigneurie de Waziers entre dans les possessions familiales. Conseiller secrétaire du roi par lettres données à Paris le , il hérite de sa sœur Julie-Joseph, est seigneur de la Motte, Formeselles, Waziers, Wervick. Il est enterré dans le caveau qu'il a fait construire dans l'église des Carmes (Ordre du Carmel) de Lille, rue Royale, où un neveu et une nièce lui ont fait ériger un mausolée, avec une inscription en latin. L'église devenue l'église Saint-André de Lille va accueillir le caveau de la famille, enlevé en 1899. Fortuné, il se montre généreux avec les déshérités : la pierre tombale porte l'inscription suivante : « Vénéré pour ses immenses aumônes, ses dons considérables aux hôpitaux et aux églises ». Le bâtiment lillois des Hospices et du Bureau de bienfaisance contenait les portraits des principaux bienfaiteurs, dont Antoine-Michel, qui à sa mort a fait un legs de 10 000 francs, à charge d'un obit annuel. La pierre tombale d'Antoine-Michel a été transférée dans l'église de Lignières-en-Vimeu, où elle se trouve actuellement. Arnould-Hugues (Arnould-Hugues-Joseph) Van Der Cruisse (1712-1793), écuyer, hérite de son oncle Antoine-Michel, les seigneuries de Waziers, de Wervick, La Motte, La Marquellerie, etc. Fils d'Hugues, il est baptisé à Lille le , et fait ses études au collège Louis-Le-Grand alors tenu par les Jésuites. Il devient bourgeois de Lille le . Il est anobli par une charge de conseiller secrétaire du roi attribuée par lettres du , il devient conseiller honoraire le , il est convoqué aux assemblées des nobles de Flandre par ordonnance du . Il enrichit fortement la bibliothèque familiale provenant de son aïeul Michel Van der Cruisse, en particulier avec des manuscrits. Il fit graver un ex-libris pour ses livres. II a été un collectionneur qui a fait faire son portrait et celui de son épouse par un peintre lillois, et possède un dessin dédicacé en 1787 par le peintre Wicar, conservé au musée des Beaux-Arts de Lille. Lors de l'expulsion des Jésuites en 1762, il sauve leur bibliothèque. Elle leur sera rendue lorsqu'ils s'établissent en 1814 à l'Abbaye de Saint-Acheul. Il est l'auteur de deux ouvrages : Histoire chronologique et généalogique de la chancellerie établie en 1680, parue en 1752, et Histoire chronologique et généalogique du bureau des finances et généralité établies en la ville de Lille, parue en 1772. Il participe à l'assemblée générale des trois ordres du ressort de la gouvernance de Lille réunie le en vue de la convocation aux États généraux de 1789. Il meurt à Lille le , à 81 ans. Il épouse à Lille le Michelle-Albertine Imbert (1712-1782), dite de Sénéchal, dame de Warenghien, de Martinsart, de Grimaretz, fille d'Albert Imbert, écuyer, seigneur de Sénéchal, de Warenghien, lieutenant civil et criminel de la gouvernance de Lille et de Marie-Anne Taviel. L'épouse nait en 1715 et meurt le à 67 ans. Elle est inhumée dans la caveau seigneurial à Waziers. Le caveau de l'église Saint-André de Lille mentionne les noms d'Arnould-Hugues, de sa femme, et de leurs descendants.