Le , devenu le en , est un groupe d'aviation du service aérien de la Marine impériale japonaise pendant la Seconde Guerre mondiale.
Formé en préparation du déclenchement de la guerre du Pacifique, le rassemble au début du conflit certains des pilotes les plus expérimentés de l'aéronavale japonaise et doit jouer un rôle clé dans l'établissement de la suprématie aérienne japonaise contre les États-Unis et leurs alliés dans les premiers mois de la guerre. Ce rôle est initialement rempli, puisque le groupe réussit à détruire la Far East Air Force et à infliger de très lourdes pertes aux aviations alliées lors de la campagne des Philippines.
Après cela, le participe successivement à l'attaque sur Broome et à la couverture aérienne de la bataille de Guadalcanal. Renuméroté pour devenir le en , le groupe passe une bonne partie de l'année 1943 à mener des raids longue distance contre l'Australie au cours desquels les pilotes japonais enregistrent de bons résultats contre les Spitfires de la RAAF.
Comme d'autres kōkūtai, le subit cependant une érosion de ses forces en 1944. Malgré les réorganisations, les pilotes expérimentés meurent les uns après les autres et les lourdes pertes subies lors de la campagne des îles Mariannes et Palaos signent la fin du . Il est dissous le et les quelques pilotes restants sont affectés à une autre unité.
Histoire
Formation Le kōkūtai est formé le , et équipé initialement de pour être rattaché à la flotte aérienne. Après sa mise sur pied, il est basé à Hanoï à partir de juillet et mène des opérations en septembre à l'intérieur de la Chine. À la mi-septembre, le kōkūtai est transformé en unité de chasse et doté de 54 avions de chasse de plusieurs types et neuf avions de reconnaissance C5M. Le groupe est alors censé jouer un rôle clé dans l'établissement de la suprématie aérienne japonaise face aux Américains, une fois les hostilités déclenchées après l'attaque de Pearl Harbor. alt=Portrait photo noir et blanc d'un militaire en uniforme.|gauche|vignette|Yoshio Kamei, le premier commandant du kōkūtai. Kamei est l'un des pionniers de l'aéronavale japonaise : il fait partie du groupe aéronaval du Hōshō, le premier porte-avions de la Marine impériale japonaise, à son lancement dans les années 1920.. Un détachement de 13 A6M Zero et trois C5M du kōkūtai est envoyé au sud de l'Indochine pour opérer au-dessus de la Malaisie juste avant le début de la guerre du Pacifique, laissant donc disponibles 45 Zeros modèle 21, 12 A5M et six C5M, qui sont déplacés en à Takao (aujourd'hui Kaohsiung, à Taïwan) pour mener des missions contre Manille, sur l’île de Luçon. Les pilotes du kōkūtai sont alors parmi les plus expérimentés du service aérien de la Marine impériale : tous ont au minimum un millier d'heures de vol à leur actif. Le groupe est commandé par le capitaine de vaisseau tandis que le lieutenant de vaisseau en est le .
À Takao, le kōkūtai suit un entraînement intensif sous les ordres de Tamotsu Yokoyama pour se préparer à l'offensive contre les Philippines. Les cibles des pilotes sont distantes de plus de de leurs bases de départ (soit un aller-retour de plus de 1600km sans compter les combats, avec des avions dont la portée est d'environ 1800km.). Aussi s'entraînent-ils à limiter au maximum leur consommation de carburant. Le capitaine Kamei juge finalement les opérations faisables : une fois arrivés dans la zone de combat, ses chasseurs disposeraient de suffisamment de carburant pour combattre pendant une vingtaine de minutes et pourraient faire le trajet aller-retour entre Takao et Luçon sans avoir à se ravitailler sur des porte-avions en cours de route comme le plan le prévoyait initialement. alt=Photo noir et blanc de mauvaise qualité montrant un rassemblement de militaires alignés, dont beaucoup de pilotes en tenue de vol.|centré|vignette|Les pilotes du kōkūtai, peu de temps avant leur décollage de Takao, le .
Début de la guerre du Pacifique
alt=Portrait photo noir et blanc d'un militaire en uniforme|vignette|Le Tamotsu Yokoyama. Yokoyama se sert de son expérience dans les raids à longue distance lors de la seconde guerre sino-japonaise pour mettre sur pied l'. Après la fin de la guerre, il devient officier de la Force aérienne d'autodéfense japonaise et prend sa retraite en 1964.. Le (au lendemain de l'attaque de Pearl Harbor) 53 appareils du kōkūtai, dirigés par le décollent de Takao pour escorter des bombardiers moyens qui attaquent les aérodromes d' et de Clark dans la région de Manille (). Les pilotes japonais revendiquent plus de dix chasseurs d'interception abattus et vingt autres appareils détruits au sol par mitraillage lors de l’attaque, au prix de 2 Zeros abattus. Deux jours plus tard, 24 pilotes du kōkūtai reviennent dans la région et revendiquent 44 victoires aériennes et 42 autres destructions au sol. Ces revendications sont difficiles à confirmer, mais les archives de l’USAAF accréditent au moins les destructions de 11 P-40 abattus, 12 P-35 détruits au sol et six autres endommagés, trois B-18 et un nombre considérable d'appareils divers abattus ou détruits au sol. D'autres attaques sont menées les 12 et , sans grand résultat puisqu'elles se font contre des forces américaines déjà décimées. Toutes ces attaques (et particulièrement celle du ) éliminent presque complètement la Far East Air Force..
Le , le kōkūtai se déplace à Davao, aux Philippines, et de là, submerge le 28 la poignée de pilotes néerlandais qui défendent Tarakan aux commandes de leurs Brewster Buffalo. Le , l’unité est à nouveau déplacée vers Manado, nouvellement conquise, et attaque Ambon. Après un nouveau déplacement vers Kendari à partir du , le kōkūtai lance une attaque sur Kupang, sur l’île de Timor. Le , le groupe est déplacé à Balikpapan, et mène dès le lendemain une attaque contre les pilotes néerlandais et américains basés à Surabaya, sur l'île de Java. Le kōkūtai abat 39 avions et en détruit 21 autres au sol dans l'opération lancée en collaboration avec le kōkūtai Tainan (en tout, les deux groupes revendiquent 90 avions ennemis détruits, que ce soit dans les airs ou au sol). Après avoir conquis la suprématie aérienne au-dessus de l'île, le kōkūtai effectue des missions pour soutenir l'invasion de Java depuis plusieurs bases entre lesquelles il est dispersé. Entre le début de la guerre du Pacifique et le , le groupe totalise 150 victoires aériennes et 170 avions endommagés ou détruits à sol, au prix de 11 pilotes tués. alt=Photo noir et blanc d'une carcasse d'avion entourée d'une épaisse fumée noire.|vignette|Un Consolidated B-24 Liberator en feu après l'attaque de Broome. Le , 17 Zéros du kōkūtai commandés par le lieutenant de vaisseau Zenjirō Miyano partent de Kupang et attaquent les aérodromes de Broome et de Wyndham, dans le nord-ouest de l'Australie, et affirment y avoir détruit plus de 20 hydravions et divers autres appareils. Leurs victimes ne sont en réalité pas totalement de nature militaire. Les 9 pilotes japonais attaquant Broome ont effectivement détruits des bombardiers B-17 et B-24 ainsi que des hydravions de l'armée néerlandaise. Mais ils ont également frappé des Douglas DC-3 civils de la KNILM et plusieurs hydravions transportant des réfugiés néerlandais arrivés en Australie après l'invasion des Indes néerlandaises et attendant leur ravitaillement en carburant. Une trentaine de corps sont retirés de la baie de Roebuck après l'attaque du kōkūtai (majoritairement des civils), mais le bilan, incertain, pourrait être bien plus élevé., peut-être de l'ordre de ... alt=Photo noir et blanc de militaires en uniforme, échelonnés sur 4 rangs.|gauche|vignette|État-major du kōkūtai à la fin du mois d'. On peut y voir (au premier rang en partant de la gauche) le hikōtaichō (3e), l'officier aérien Kiyoji Sakakibara (4e), le commandant en second Takeo Fukuda (5e) et le commandant du groupe, (6e). Alors qu'une partie de l'unité retourne au Japon le , la majeure partie du kōkūtai reste à Kupang, pour servir d’escorte aux bombardiers qui attaquent Port Darwin. L'unité est régulièrement confrontée aux P-40 du , contre lesquels les Japonais enregistrent des pertes relativement lourdes. En , une partie des pilotes du kōkūtai (21 Zéros et quatre C5M) sont déplacés à bord du Taiyō vers Rabaul, d'où ils participent à des attaques sur Guadalcanal, ainsi qu'à des patrouilles et des interceptions de convois jusqu'au début du mois de novembre, le tout sous les ordres du kōkūtai Tainan. Le , le kōkūtai est rebaptisé kōkūtai dans le cadre d'une réorganisation générale du service aérien de la Marine impériale japonaise. alt=Photo noir et blanc d'un avion au sol.|centré|vignette|Mitsubishi A6M modèle 21 du kōkūtai à Rabaul.
kōkūtai alt=Photo noir et blanc d'un groupe assis devant un bâtiment. La plupart sont des hommes en uniformes, avec quelques femmes.|gauche|vignette|Des éléments du kōkūtai en visite à Kendari pour . Le hikōtaichō Minoru Suzuki est le en partant de la gauche, au premier rang, portant un casque tropical. La majeure partie de l'unité s'installe après son renommage à Kendari, dans les Célèbes, mais quelques détachements sont affectés à la défense aérienne d’Ambon, , Kupang, Makassar et Surabaya. Cette relocalisation est mise à profit pour laisser les pilotes s'entraîner et se reposer après des mois de combats intenses, particulièrement dans le secteur de Rabaul.
Raids contre l'Australie Les 3 et , les pilotes du kōkūtai rencontrent pour la première fois des Spitfire pilotés par des vétérans du front européen lors de raids de bombardement au-dessus de Darwin. Quatre pilotes alliés sont abattus dans ces premières rencontres, mais l'arrivée de pilotes expérimentés et bien équipés pose un problème au commandement japonais. Dans ce contexte, le capitaine de corvette Minoru Suzuki devient le nouveau hikōtaichō du kōkūtai et supervise un entraînement intensif des pilotes en vue de missions d'escortes de bombardiers vers Darwin. Pour cela, les pilotes japonais doivent se préparer à un vol de aller-retour de plus de . vignette|Le sous-lieutenant de vaisseau Toshio Shiozuru du kōkūtai devant son A6M Zero. Finalement, le , 27 Zeros du kōkūtai et 25 Mitsubishi G4M du 753e kōkūtai engagent 33 Spitfire au-dessus de Darwin. Dans le violent affrontement qui suit, 21 avions alliés sont revendiqués abattus par les Japonais, sans aucune perte de leur côté. Les archives de la Royal Australian Air Force réduisent ce bilan surestimé à 13 appareils abattus (et 2 pilotes tués). Jusqu'en septembre, les pilotes du kōkūtai lancent six nouvelles attaques contre le secteur de Darwin. Le groupe est officiellement crédité de 79 victoires aériennes entre mars et : les archives de la RAAF suggèrent plutôt de revoir le bilan à 38 victoires. Une telle différence s'explique par la difficulté pour les Japonais de vérifier les dires de leurs pilotes, d'autant plus que ceux-ci surestiment volontiers leurs performances au combat. Dans le même temps cependant, seulement 3 pilotes de chasse de l'unité sont tués. Le déséquilibre entre les pertes infligées et subies au sein du groupe aérien s'explique par différents facteurs, selon Yasuho Izawa et Ikuhiko Hata : les pilotes du kōkūtai sont plus expérimentés que leurs opposants alliés, ils bénéficient d'un temps de repos et de récupération supérieur, et ils jouissent surtout d'une supériorité technique grâce à leurs chasseurs Mitsubishi A6M qui surclassent les équivalents alliés.. alt=Photo noir et blanc d'un groupe de pilotes en tenue de vol. L'un d'entre eux tend la main droite vers un objet hors cadre.|gauche|vignette|Des pilotes du kōkūtai, tout juste rentrés d'une attaque sur Port Darwin. Au centre, la main droite tendue, se trouve le hikōtaichō Minoru Suzuki.