Madeleine Sémer, de son vrai nom Héloïse Bernadette Rémès, née à Genève le et décédée à Paris le est une mystique catholique française laïque auteure d'un Journal spirituel.

Biographie

Madeleine Sémer est la fille de Frédéric Rémès, entrepreneur de travaux publics, et de Bernarde Clotilde Pujade. Elle doit son prénom à son père, grand lecteur de Jean-Jacques Rousseau (auteur de La Nouvelle Héloïse). Ses parents se marient à Toulouse le alors qu'elle a . Elle est une jeune fille très fervente jusqu'à l'âge de ses puis perd brutalement la foi catholique. Dans une lettre datée du , où elle raille les convictions religieuses de sa correspondante, elle écrit d'elle-même : Sa mère décède le alors que Madeleine Sémer n'a que . Ses études s'arrêtent au niveau du Brevet élémentaire..

Elle déménage en 1890 avec son père à Constantine en Algérie. où ce dernier, en sa qualité d'ingénieur civil, est nommé directeur des travaux du Coudiat-Aty. Après un an de fiançailles, elle se marie civilement à l'âge de , le , avec Émile Morinaud, publiciste et conseiller général, de son aîné. Elle donne naissance deux ans plus tard à un fils, Paul, auquel elle ne prodigue aucune éducation religieuse, l'enfant n'est même pas baptisé.

S'étant rendue coupable d'adultère, elle divorce le . Elle part pour Alger avec son fils où elle demeure jusqu'en 1909, aidée par ses proches. Elle lit Montaigne, Rousseau, Condorcet, Georg Büchner et Nietzsche qui la renforcent dans son scepticisme. Son fils retourne chez son père. Elle se retrouve alors seule et sans ressource. Elle se rend à Paris pour gagner sa vie. Faute d'emploi et d'argent, elle est hébergée au couvent des Servantes du Saint-Sacrement. Elle se confie sur sa vie passée à la prieure qui devient une amie et s'offre de lui trouver un emploi. En , elle trouve un poste de gouvernante.. La même année, elle commence son Journal qu'elle intitule « Pensées de solitude » dans lequel elle retrace ses doutes, mais aussi son cheminement vers la conversion. De mai à , elle est préceptrice chez un haut diplomate, puis employée par une famille étrangère qu'elle suit en Allemagne et en Autriche.

En , elle aurait eu une vision du Christ qu'elle transcrit ainsi le 13 du mois dans son Journal : Elle note cinq ans plus tard dans son Journal :

vignette|Tombe de Madeleine Sémer enterrée avec la famille Singer au cimetière du Père-Lachaise. En , elle devient la dame de compagnie d'une nonagénaire, Flore Singer, nièce d'Alphonse Ratisbonne. Elle se met à lire le philosophe Henri Bergson dont elle dit dans une lettre du : Elle est influencée par le mysticisme de William James et Ralph Waldo Emerson .

Elle se convertit et prend le prénom de Madeleine, en référence à la femme pécheresse disciple de Jésus dans l'Évangile. Au , elle retrouve le chemin de la pratique religieuse, se porte au secours des pauvres et des soldats. Elle approfondit sa connaissance de la doctrine catholique en lisant des auteurs religieux, notamment Henri Lacordaire, Maurice d'Hulst, John Henry Newman, et des livres de saints. Elle explique sa conversion à ses proches, dont son fils qu'elle guide vers la foi catholique : celui-ci reçoit le baptême en . Elle connaît de nouvelles expériences mystiques à partir du . Elle refuse plusieurs propositions de mariage et fait vœu de chasteté en 1918. Elle devient, jusqu'à son décès, la secrétaire particulière d'Albert prince de Monaco. Elle écrit à Henri Bergson pour le remercier d'avoir retrouvé grâce à lui le chemin de la foi chrétienne. Elle entretient avec lui une longue correspondance dans laquelle elle lui expose son parcours mystique qui retient l'attention du philosophe.

Elle meurt à l'âge de , au milieu de grandes souffrances physiques, dans la nuit du 7 au .

Postérité Sa vie et son parcours sont popularisés par l'abbé Félix Klein, professeur honoraire de littérature française à l'Institut catholique de Paris.. Dans son livre paru en 1923, il cite abondamment son Journal spirituel, qui n'a jamais été publié. Par discrétion, l'auteur utilise le nom de Madeleine Sémer, anacyclique de son patronyme..

Il raconte la forte impression que produisit Madeleine Sémer sur Henri Bergson qui l'écouta

Dans un livre d'entretiens avec le penseur catholique Jacques Chevalier, Henri Bergson relate ainsi sa rencontre avec Madeleine Sémer et la connaissance plus complète qu'il a eue d'elle grâce à l'abbé Klein, à l'origine de l'intérêt du philosophe pour les écrits mystiques. :

Pour l'historienne Annette Becker, Madeleine Sémer compte parmi les Elle la présente comme .

Elle fait partie des auteurs plagiés par Marthe Robin repérés par le carme Conrad De Meester dans son livre La Fraude mystique de Marthe Robin paru en 2020...

Références

Bibliographie

Liens externes

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