Li Gao 李杲 (1180-1251), pseudonyme Lǐ Dōngyuán 李東垣, prénom social Míngzhī 名之, nom littéraire Dongyuan 東垣 (morph. « enceinte de l’Est »), originaire de Zhending 镇定 (actuellement écrit Zhengding 正定 ), un district de la ville de Shijiazhuang 石家庄市, dans la province du Hebei, est un expert médical durant les dynasties Jin 金 et mongole Yuan 元. Sur ses vieux jours, Lǐ Gǎo se faisait appeler le (Dōngyuán lǎorén 东垣老人) parce que son pays natal Zhending s’appelait Royaume de Dongyuan au début des Han.
Dans le domaine de la médecine chinoise, c’est un des Les Quatre Maîtres des dynasties Jin Yuan sont Liu Wansu 刘完素 avec sa théorie du feu, Zhang Congzheng 张从正 avec sa théorie de l’attaque du mal, Li Dongyuan 李东垣 avec la théorie de la rate et de l’estomac, et Zhu Zhenheng 朱震亨 et la théorie du yin nourrissant. Il a souligné l’importance de la rate et de l’estomac dans le corps humain associés à la terre, élément centralen raison de la place centrale de la terre, entourée des 4 autres éléments, le feu, le métal, l’eau et le bois, en relation avec les 4 points cardinaux (le Sud, l’Ouest, le Nord, et l’Est) et les 4 saisons (été, automne, hiver, printemps) voir le graphique dans l’entrée wuxing reproduit ci-contre, dans la théorie des cinq phases wuxing 五行, des Correspondances systématiques. C’est pourquoi sa théorie est connue sous le nom de Putu pai 补土派 « École du nourrissage de la terre » (le schéma ci-contre permet de comprendre pourquoi).
Biographie Li Gao est né dans une famille d’érudits, les hommes de la génération de ses parents étaient tous lettrés et avaient des relations étroites avec les personnalités célèbres de l’époque. Lorsqu’il eut vingt ans, sa mère tomba gravement malade et malgré les soins de nombreux médecins, elle mourut. Regrettant amèrement de ne pas connaitre la médecine, il décida de l’étudier.
Il devient le disciple de Zhang Yuansu 张元素 (ca. 1151-1234), un des médecins de médecine traditionnelle chinoise les plus influents de son époque. Après plusieurs années d’études studieuses, auprès de son maître, à Yishui 易水, sa réputation finit par dépasser celle de son maître. Yishui est généralement identifié avec la région autour de la rivière Yi (Yi he 易河 ou Yishuihe 易水河), qui traverse le xian de Yi (Yixian 易县) dans la province de Hebei, situé près de la ville de Baoding, dans le sud-ouest de la province.
Voici ce que dit sa biographie dans l’Histoire officielle des Yuan (yuanshi 元史)
(D’après la traduction anglaise de Paul Unschuld) La biographie se poursuit avec plusieurs exemples de traitement donnés par Li Gao, comme celui-ci
(Traduction assistée par ChatGPT4 de Yuanshi)
À partir de plusieurs prises en charge de patient, on voit se dégager dans ce texte, les différentes étapes du schéma opératoire de Li Gao. Lorsqu'un il voit un patient, il commence par lui prendre le pouls, pose un diagnostic, puis cite les écrits médicaux, les analyse et les compare pour prouver que son diagnostic est correct, après avoir répondu aux objections d’autres médecins ou du patient, il prend le pinceau pour rédiger une ordonnance.
L’apport de Li Gao (et de son maitre Zhang Yuansu) à la médecine chinoise, a été d’expliquer le choix de son remède par des principes naturalistes qui gouvernent l’organisation du corps humain: des notions d’anatomie (les organes et entrailles, les conduits ou méridiens) et des flux de qi, sang et fluides par ces conduits. Le choix des substances médicinales se fait en fonction de l’action thérapeutique cherchée, comme tonifier le corps contre les carences en qi, en sang, en yin, ou en yang, ou tonifier les organes contre diverses déficiences. Cette approche qui parait parfaitement naturelle ne fut pourtant pas pratiquée dans les pharmacopées (bencao) du premier millénaire.
La riche histoire de la pharmacopée chinoise, avec la publication régulière d’ouvrage de matières médicales, s’enrichissant en informations nouvelles au cours des siècles, s’est développée indépendamment de la médecine chinoise. Cette dernière a commencé avec un système conceptuel exposé dans le corpus du Huangdi Nei Jing 黄帝内经, y compris, le Suwen 素问 et le Lingsu 灵枢 et le Nanjing 南经 qui ont fondé la thérapie par les aiguilles (ou acupuncture) et la thérapie par moxibustion. Pendant plus d’un millénaire, de la dynastie Han à la dynastie Song, les deux approches médicales, se sont développées en parallèle, avec pratiquement aucune reconnaissance mutuelleidées largement diffusées dans les écrits de Paul Unschuld et son équipe, comme l'Introduction de Dictionary of the Ban Cao Gang Mu, Persons and Literary Sources.
Ce n’est qu’à partir du début du , que des auteurs comme Kou Zongshi 寇宗奭 puis Wang Haogu 王好古 ont ouvert la voie à l’introduction du concept des correspondances systématiques venant du Huangdi neijing (principalement des chap. 4, 5, 10 du Suwen et chap.11 du Lingshu), dans la pharmacopée des matières médicales. Li Gao à la suite de son maitre a adopté cet appareil conceptuel permettant d’offrir des « explications naturalistes ».
Au , Li Shizhen cite abondamment Li Gao, comme à propos de cangzhu (le rhizome d’Atractylodes lancea) : .
Li Gao établit un mécanisme d’action du remède cangzhu, permettant d’expliquer les divers effets thérapeutiques de la drogue. Le cangzhu agit sur le conduit de la rate taiyin de pied Zú tàiyīn pí jīng 足太阴脾经 qui part du gros orteil, remonte le long de la face interne de la jambe, traverse la cavité abdominale puis entre dans la rate. La rate, en relation avec la terre, reçoit facilement les excès d’humidité du corps. Elle aime la sécheresse et craint l’humidité. Les correspondances rate ↔ terre ↔ humidité viennent de la théorie des correspondances wuxing.
Œuvres
Son ouvrage principal est le Nei wai shang bian huo lun 內外傷辨惑论 (1232), en abréviation Bian huo lun 辨惑论. Livre de médecine interne qui explique la différenciation et le traitement de signes de maladies provoquées par des dommages qui se manifestent comme des contractions d’influences pathogènes externes. Huo fa ji yao 活法機要 (sous les Yuan) Pi wei lun 脾胃论 (c. 1249). Ouvrage de médecine interne. Il insiste sur la différences entre les maladies contractées à l’extérieur et celles venant de dommages internes, en s’étendant particulièrement sur les fonctions de la rate et de l’estomac. Il traite les syndromes de fièvre venant de dommages internes par des drogues à saveur douce et de nature chaude et augmente le yang qi par des herbes vent Yi xue fa ming 医学发明 (c. 1251) Lan shi mi cang 兰室秘藏 (c.1251), texte clinique. Le titre est une référence à une salle à Orchidées où des textes médicaux précieux sont entreposés selon le Huangdi neijing Suwen (chapitre 8 du Suwen). La « salle des Orchidées » peut être interprétée comme un espace sacré pour la sauvegarde et la transmission d'une sagesse précieuse. Dans la culture chinoise, les orchidées sont souvent associées à la pureté, à l'élégance et à la recherche scientifique. L’œuvre est divisée en 21 chapitres traitant des maladies associes à la rate et à l’estomac. Elle traite de beaucoup de nouvelles recettes, composées avec soin selon les principes des interactions entre drogues Yong yao fa xiang 用药法象 . Attribué à Li Gao. Date de composition incertaine. Le titre n’a été trouvé dans aucune bibliographie ni aucun texte pharmaceutique. Ainsi que d’autres ouvrages. Li Shizhen avait une haute idée de Zhang Yuansu et de Li Gao. Il cite d’ailleurs ce dernier 290 fois dans le Bencao Gangmu, sous ses différents noms: Li Gao, Gao, Li Dongyuan, Dongyuan, Li Mingzhi, Mingzhi ou Li shi 李氏 « M. Li ».
Selon L’Encyclopédie des quatre Trésors – Catalogue général (《四库全书·总目提要》Sì kù quánshū·zǒng mù tíyào), une des plus vastes collections de littérature chinoise, commandée par l'Empereur Qianlong de la dynastie Qing au , il est affirmé que .
Notes
Références
Liens internes Médecins auteurs de bencao durant la période Jin-Yuan 金元 Tang Shenwei 唐慎微 (c. 1056-1093) → Zheng lei bencao 证类本草 / (anc.) 證類本草; Liu Wansu 刘完素 / anç. 劉完素 (1120-1200) → Suwen xuan ji yuan bing shi 素问玄机原病式 Zhang Yuansu 张元素 (1151-1234) = Jiegu → Jiegu zhenzhu nang 潔古珍珠囊 ; École de Yishui ; Kou Zongshi 寇宗奭 → Bencao yan yi《本草衍义》; Li Gao 李杲 (1180-1251) = Lǐ Dōngyuán = Li Dongyuan 李東垣 → Nei wai shang bian huo lun 內外傷辨惑论 Wang Haogu 王好古 (1200–1264) → Tang ye bencao 汤液本草
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