Vera Poska-Grünthal, née le à Reval (Tallin, Empire russe) et morte le à Stockholm est une avocate et journaliste estonienne.

Elle est une figure du féminisme en Estonie. Elle participe à la réforme du droit de la famille en Estonie, cofonde la Fédération internationale des femmes des carrières juridiques (FICJ) et crée, en Suède, la revue de langue estonienne Triinu.

Biographie Jeunesse et formation Vera Poska est née le à Reva, l'ancienne Tallin qui se trouve alors dans l'Empire russe.. Elle est la plus jeune des huit enfants de Jaan Poska (1866-1920), un avocat et homme politique et de Constance Ekström (1870-1926). La famille est de religion orthodoxe..

Elle termine l'école secondaire en 1915 à Tallin puis étudie le droit à Saint-Pétersbourg et à Voronej. Quand la révolution éclate en 1917, elle arrête ses études et retourne en Estonie Merike Ristikivi, Vera Poska-Grünthali akadeemiline karjäär Tartu Ülikooli õigusteaduskonnas. Lire en ligne.

En 1919, elle épouse l'avocat et homme politique (1893-1955) en 1919. Ils ont cinq enfants.

Après leur mariage, le couple s'installe à Kuressaare et en 1920 à Tartu (Dorpat). Vera Poska-Grünthal reprend ses études à l'Université de Tartu où elle doit passer des examens supplémentaires de mathématiques parce qu'elle est diplômée d'une école de filles. Elle mentionne dans ses mémoires que cette injustice l'a convaincue de défendre les droits des femmes. Elle obtient son diplôme en 1925.

Avocate Vera Poska-Grünthal travaille ensuite comme avocate au Bureau juridique de la ville de Tallinn où elle est amenée à travailler principalement avec des femmes en difficulté et sur des questions de pension alimentaire, de divorce et d'héritage. Elle découvre les injustices du droit privé balte envers les femmes et prend conscience que les femmes doivent chercher à changer elles-mêmes la loi parce que les hommes n’abandonnent pas volontairement leurs privilèges.

En 1929, la famille retourne à Tartu, où Vera Poska-Grünthal ouvre un cabinet d'avocats avec sa collègue avocate Olinde Ilusa. Elle est conseillère juridique de l'Association des femmes de Tartu jusqu'en 1939. Elle devient avocate assermentée au barreau estonienSirje Tamul: Vera Poska-Grünthal. CEU Press, Budapest & New York 2006. S. 450–454..

Travail féministe Vera Poska-Grünthal participe au premier congrès du travail social à Paris en 1928 en tant que déléguée de l' (Fédération des associations de femmes estoniennes). Elle y fonde la Fédération internationale des femmes des carrières juridiques (FIFCJ) avec Clara Campoamor (Espagne), Marcelle Kraemer-Bach (France), Agathe Dyvrande-Thévenin (France) et Margarete Berent (Allemagne). La FIFCJ a pour objectif d'améliorer le statut des femmes et des enfants par les moyens juridiques. L'année suivante, l'association tient son premier congrès à Paris avec des avocats de ..

Vera Poska-Grünthal s'intéresse particulièrement au droit de la famille, de la protection sociale et de la protection de la jeunesse qu'elle traite quotidiennement dans son travail. Le droit privé balte est très conservateur dans ces domaines. En 1928, en tant que représentante de l'Association des femmes universitaires estoniennes, Vera Poska-Grünthal participe aux réunions des rédacteurs du projet de Code civil de la première période d'indépendance et, plus tard, avec deux autres avocates, elle élabore un projet de loi visant à réformer le droit de la famille en EstonieSirje Tamul: Vera Poska-Grünthal. CEU Press, Budapest & New York 2006. S. 450–454..

À Tartu, où son mari enseigne, Vera Poska-Grünthal fonde et dirige une bibliothèque féministe en collaboration avec l (EANÜ, Association estonienne des femmes universitaires). Elle participe également à la fondation de la (Association des Soroptimistes de Tartu), l (Association pour la maison et l'école) en 1931 et la (Association pour le rétablissement maternel) en 1939.

En 1936, Vera Poska-Grünthal publie son premier livre (La femme et le mouvement des femmes. Aperçus de l'histoire et des problèmes du mouvement des femmes). C'est le premier ouvrage de ce type en Estonie. Il donne un aperçu de la condition de la femme dans l'histoire et les temps modernes, incluant des aspects psychologiques, sociologiques et juridiques.

Enseignement En 1939, Vera Poska-Grünthal est la première femme à soutenir son mémoire de maîtrise à la Faculté de droit de l'Université de Tartu. Sa thèse s'intitule « Protection juridique de la jeunesse en matière de travail » et critique vivement la situation juridique de l'époque. Elle enseigne ensuite un cours de droit de la protection sociale et devient la première femme chargée de cours à la Faculté de droit de l'Université de Tartu.

Grâce à une bourse, elle travaille à la Sorbonne à Paris de à sur sa thèse de doctorat sur la Protection pénale de la jeunesse. La thèse est achevée en 1941, mais n'est pas soutenue.

À la fin de la première année d'occupation soviétique, en , plus de dix mille Estoniens, dont plusieurs avocats, sont déportés vers la Sibérie, parmi lesquels des membres du personnel et des étudiants des facultés de droit. Vera Poska-Grünthali et sa famille s'enfuient à Stockholm, en Suède, en 1944. Sa carrière universitaire et ses recherches prennent fin brutalementSirje Tamul: Vera Poska-Grünthal. CEU Press, Budapest & New York 2006. S. 450–454..

Stockholm et le Canada Vera Poska-Grünthal commence à travailler comme journaliste en exil. En 1952 elle fonde à Stockholm le magazine féminin en estonien, qu'elle édite de 1952 à 1981. Après la mort de son mari en 1955, Vera Poska-Grünthal part en Amérique du Nord. La rédaction du magazine est alors transférée à Toronto en 1954 et devient l'organe du Toronto . Sa fille Tanni Kents reprend la direction éditoriale jusqu'à ce qu'elle soit interrompue à l'hiver 1995.

En 1960, Vera Poska-Grünthal revient en Suède. Elle publie l'ouvrage avec des souvenirs de son père et de la vie dans la maison de ses parents en 1969 et des illustrations de son frère. D'autres livres autobiographiques sur sa vie en Estonie et en exil sont publiés en 1975 et à titre posthume en 1985.

Vera Poska-Grünthal décède le à Stockholm.

Ses archives sont conservées en Estonie et aux Archives nationales de SuèdeSirje Tamul: Vera Poska-Grünthal. CEU Press, Budapest & New York 2006. S. 450–454. riksarkivet.se: Vera Poska Grünthals arkiv (ingår i Baltiska arkivet). (schwedisch, abgerufen am 13. Mai 2021).

Hommages En 1940, Vera Poska-Grünthal est décorée de l'Ordre de la Croix-Rouge estonienne, quatrième classe.

Le le , à l'occasion du de sa naissance, la Faculté de droit de l'Université de Tartu et la Société estonienne instruite célèbrent la Journée Vera Poska-Grünthal..

Publications

Abieluseutilisé. Rootsi aieluseadus 11 juin 1920. a. Soome abieluseadus 13. juunist 1929. a. (Comparaison des lois sur le mariage) 1939 avec Jaan Poska : . Orto, Toronto 1969 Voir Oli Eestis 1919-1944. Stockholm 1975 . Forf, Toronto 1985.

Références

Liens externes

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