La crise au Moyen-Orient est une série de guerres et de conflits interdépendants, ainsi qu'une instabilité accrue au Moyen-Orient, qui débute en 2023 après l'attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre. Cette attaque terroriste survient après une période de tensions et de violences croissantes en Cisjordanie et dans la bande de Gaza. Elle cause la mort d'environ en Israël et environ 250 autres sont prises en otages. Israël réagit en lançant une campagne de bombardements intensifs, puis en envahissant la bande de Gaza, dans le cadre de la guerre de Gaza, où plus de ont péri depuis 2023. La bande de Gaza est depuis lors confrontée à une crise humanitaire sans précédent et à une famine persistante.
Peu après le début de la guerre de Gaza, plusieurs milices de l'Axe de la résistance soutenues par l'Iran rejoignent le conflit contre Israël. Au Liban, le Hezbollah tire des roquettes sur le nord d'Israël, déclenchant un conflit de quatorze mois qui s'est s'aggravé en en une invasion israélienne du sud du Liban, avant de se conclure par un cessez-le-feu le . En mer Rouge, les Houthis basés au Yémen attaquent des navires en solidarité avec le Hamas, s'attirant les foudres de la communauté internationale, notamment par une série de frappes aériennes menées contre les positions qu’ils tiennent par les États-Unis et le Royaume-Uni. Un cessez-le-feu est finalement signé entre le groupe armé et les Américains en .
L'ampleur des destructions à Gaza conduit à l'isolement diplomatique d'Israël et à la suspension des négociations de normalisation entre Israël et l'Arabie saoudite. Certains accusent Israël de génocide, notamment l'Afrique du Sud dans une affaire en cours devant la Cour internationale de justice. Parallèlement, la CPI a émis des mandats d'arrêt contre des dirigeants d'Israël et du Hamas pour crimes de guerre.
À trois reprises au cours de la crise, l'Iran et Israël s'affrontent par conflit direct. Les deux pays échangent des attaques sur leurs territoires respectifs en avril et octobre 2024, puis celles-ci s'intensifient à partir de ; à chaque fois, la défense israélienne est soutenue par une coalition multinationale. En , des groupes d'opposition syriens lancent une offensive qui ravive la guerre civile syrienne, aboutissant à la chute du régime Assad le et à la mise en place d'un gouvernement de transition à la place de l'ancien gouvernement baasiste. Le même jour, les forces israéliennes envahissent la Syrie, le gouvernement israélien déclarant nul et non avenu l'accord de désengagement de 1974 avec la Syrie.
Le , les États-Unis et Israël lancent une série de frappes conjointes en Iran, marquant une nouvelle phase d’escalade dans la crise au Moyen-Orient amorcée en 2023. Ces opérations interviennent après un important renforcement militaire américain dans la région et entraînent une riposte iranienne dans plusieurs États du Golfe, ouvrant une confrontation directe entre les parties.
L'attaque du Hamas du a déclenché une spirale d'évènements qui ont bouleversé les rapports de force géopolitiques au Moyen-Orient et profondément affecté les populations concernées. En conséquence, début 2026, les principales composantes de l'« Axe de la résistance » édifié par l'Iran sont soit très affaiblies (Hamas et Hezbollah), soit éliminées (régime Assad en Syrie). Israël a adopté une posture stratégique offensive tous azimut qui a réinstallé sa domination militaire mais éloigné les perspectives de règlement pacifique du conflit israélo-palestinien et de rapprochement avec les États du Golfe. Il s'est engagé dans un conflit direct avec l'Iran à l'issue incertaine. Sur le plan mondial, ces épisodes guerriers successifs contribuent au recul de l' fondé sur des règles au profit des seuls rapports de puissance et démontrent, s'il en était besoin, la vulnérabilité du commerce maritime et partant de l'économie globalisée aux bouleversements géopolitiques dans la région.
Événements par théâtre Israël et la bande de Gaza
left|thumb|Carte de la guerre de Gaza en octobre 2025. Le , le Hamas mène une attaque surprise contre Israël depuis la bande de Gaza, s'emparant de territoires dans le sud d'Israël et tuant environ 1 200 personnes. De plus, environ 250 Israéliens et étrangers sont pris en otages et emmenés à Gaza par le Hamas et d'autres groupes armés palestiniens. L'attaque débute par un tir de barrage de plus de 4 000 roquettes et des incursions de parapentes vers Israël. Les combattants du Hamas franchissent également la barrière entre Gaza et Israël et massacrent des civils dans plusieurs localités. Cette journée est décrite par divers médias et hommes politiques, comme la plus sanglante de l'histoire d'Israël et la plus meurtrière pour les Juifs depuis la Shoah En réponse, le gouvernement israélien déclare la guerre pour la première fois depuis la guerre du Kippour de 1973.
Après l'attaque du , Israël commence un bombardement et un blocus de la bande de Gaza. L'opération s'intensifie le en raids temporaires dans le nord de la bande de Gaza, puis le débute une invasion à grande échelle de Gaza, avec comme objectifs la destruction totale du Hamas et la libération des otages. La phase initiale de l'invasion a lieu dans le nord de la bande de Gaza, dont un siège de la ville de Gaza qui commence le . Le Hamas et Israël conviennent d'une trêve de six jours, du 24 au , au cours de laquelle des otages israéliens sont échangés contre des prisonniers palestiniens. Après l'expiration de la trêve en décembre, les troupes israéliennes atteignent la ville de Khan Younès dans le centre de Gaza. Israël mène également une campagne de bombardement de la ville méridionale de Rafah en février, capture le poste-frontière de Rafah le alors qu'une offensive dans et autour de la ville débute. Les forces israéliennes pénètre dans Rafah le . En juillet, Tsahal lance une seconde bataille à Khan Younès. Le , l'armée israélienne élimine le chef du Hamas, Yahya Sinwar, atteignant ainsi un objectif majeur de l'invasion israélienne de Gaza.
La guerre déclenche cependant une famine persistante, une crise humanitaire sans précédant dans la bande de Gaza, et provoque le déplacement forcé d'environ 1,9 million des 2,2 millions de gazouis d'avant-guerre. Le , Israël et le Hamas conviennent d'un cessez-le-feu. Il entre en vigueur quatre jours plus tard, le Hamas conservant le contrôle de la bande de Gaza. Israël rompt le cessez-le-feu en reprenant les bombardements le .
En , Tsahal lance une nouvelle opération militaire impliquant une force militaire combinée terrestre, aérienne et maritime, où celle-ci vise à vaincre le Hamas, à détruire ses capacités militaire et gouvernementales et à prendre le contrôle des trois quarts de la bande de Gaza. Le Hamas répond par une contre-offensive qui consiste en une série d'embuscades et d'opérations militaires à petite échelle contre l'armée israélienne. Par ailleurs, plus de 60 000 Gazaouis ont été tués en . Le , des sources israéliennes rapporte l'achèvement de l'offensive, sans avoir atteint ses principaux objectifs, bien que l'objectif territorial principal — la conquête de 75 % de la bande de Gaza — ait été atteint. À la mi-, Israël lance la seconde phase de l'opération, intitulée opération Chariots de Gédéon II, qui consiste à prendre la ville de Gaza.
Un cessez-le-feu entre en vigueur le .
Cisjordanie
alt=Destroyed section of a street in front of two buildings|thumb|Destructions causées par Tsahal à Tulkarem en juillet 2024. Les tensions et les violences entre les forces militaires israéliennes et les colons en Cisjordanie se sont intensifiées bien avant le début de la guerre de 2023. Selon l’ONU, 2022 est l’année la plus meurtrière jamais enregistrée pour les Palestiniens, cependant dépassée par l’année 2023 (du moins jusqu’en septembre), qui représente l’année la plus meurtrière de l’histoire pour les enfants de Cisjordanie.
Pendant la guerre de Gaza, les forces israéliennes mènent des incursions et des frappes aériennes quasi quotidiennes dans les communautés palestiniennes du territoire occupé par Israël en Cisjordanie, dont certaines conduisent à des affrontements avec les milices palestiniennes régionales.
Dans les premières semaines après l'attaque du Hamas, Israël arrête 63 membres de l'organisation à Tulkarem, et vise une mosquée à Jénine, utilisé d'après Tsahal par le Hamas et le Jihad islamique palestinien (JIP). Simultanément, les attaques des colons israéliens se multiplient au cours du premier mois de la guerre, dans le cadre d'une augmentation générale de la violence des colons qui provoque le déplacement plus de 1 500 Palestiniens pendant la guerre. Le , Israël lance une vaste opération militaire en Cisjordanie consistant en des raids, des frappes aériennes et le blocage des points d'entrée à Jénine et Tulkarem, marquant sa plus grande offensive sur le territoire depuis la Seconde Intifada. Le , Israël lance son premier raid majeur post-cessez-le-feu, ciblant Jénine, et annonce son intention de maintenir une présence militaire à long terme dans la ville, marquant ainsi un changement de stratégie.
De plus, des affrontements éclatent entre l'Autorité palestinienne (AP) et les groupes combattants qui lui sont opposés en Cisjordanie. L'AP dispose d'une autorité administrative partielle dans la région, et est dominée par le Fatah, dont les collaborations avec l'armée israélienne pour la sécurité sont critiquées par des groupes armés comme le Hamas et le JIP. Les affrontements s'intensifient en juillet 2024, et en octobre, l'AP commence une répression des insurgés à Tubas face à la campagne de déstabilisation de l'Iran, œuvrant dans l'ombre en faveur des milices locales. En , l'AP lance une seconde offensive à Jénine ciblant les brigades de Jénine, un groupe de coordination des milices locales.
Quelques jours après la mise en place du cessez-le-feu à Gaza en , l'armée israélienne mène une opération militaire de grande envergure en Cisjordanie... contre les militants palestiniens en Cisjordanie occupée par Israël. L'opération Protéger la Patrie visait initialement uniquement les Brigades de Jénine, une milice palestinienne locale., mais s'est étendue à Tulkarem et à d'autres localités palestiniennes. Il s'agit d'une approche stratégique plus agressive à l'égard des combattants palestiniens en Cisjordanie et différente des incursions précédentes... C'est également la première fois que l'Autorité palestinienne participe directement à une opération militaire israélienne...
Liban
Une série d'affrontements frontaliers entre Israël et le Hezbollah libanais, le long de la frontière israélo-libanaise, débute le , lorsque le Hezbollah attaque la région des fermes de Chebaa en soutien à l'attaque du Hamas contre Israël la veille. Israël riposte en attaquant les positions du Hezbollah dans le sud du Liban. Les escarmouches entre les deux parties se poursuivent ensuite dans le sud du Liban et le nord d'Israël, notamment sur le plateau du Golan occupé par Israël. Le Hezbollah déclare initialement attaquer Israël jusqu'à ce que ce dernier mette fin à ses opérations à Gaza; ces attaques provoquent le déplacement de 96 000 Israéliens du nord d'Israël.
Le , Israël mène une frappe aérienne dans la banlieue de Dahieh à Beyrouth, assassinant le chef adjoint du Hamas, Saleh al-Arouri. Le Hezbollah riposte le en lançant des roquettes sur une base israélienne près du mont Méron. Deux jours plus tard, Israël élimine le commandant du Hezbollah accusé d'avoir perpétré cette attaque. Le , 12 enfants sont tués sur le plateau du Golan lors d'une attaque dont Israël accuse le Hezbollah. En réponse, Israël tue le commandant du Hezbollah, Fouad Chokr, à Beyrouth le .