Évolution récente Depuis les années 2010, la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique belge a connu une progression significative sous l'effet combiné des politiques énergétiques régionales, des objectifs européens de décarbonation et du développement de nouvelles capacités de production.

Cette croissance repose principalement sur le développement de l'énergie éolienne terrestre et offshore ainsi que sur l'expansion rapide du photovoltaïque.

La Belgique poursuit l'augmentation de la part des énergies renouvelables dans sa consommation finale d'énergie dans le cadre des objectifs climatiques et énergétiques définis au niveau européen.

Évolution statistique Les statistiques énergétiques belges mettent en évidence une progression continue de la production d'énergie renouvelable au cours des dernières années.

Cette évolution résulte notamment de l'augmentation des capacités photovoltaïques installées, de l'expansion des parcs éoliens terrestres et maritimes ainsi que de l'amélioration progressive du rendement des installations existantes.

Les données publiées par les organismes publics permettent de suivre l'évolution de la production renouvelable ainsi que la contribution respective des différentes filières énergétiques au mix énergétique belge.

Énergies renouvelables Les énergies renouvelables sont des sources d'énergie qui se régénèrent naturellement. Leur renouvellement est rapide, comme celui des arbres pour le bois. Elles garantissent une ressource considérée comme inépuisable à l'échelle humaine.

Elles comprennent principalement le rayonnement solaire, l'énergie éolienne du vent, l'énergie hydraulique, l'énergie marémotrice des marées ou houlomotrice des vagues, la biomasse incluant le bois, la géothermie profonde, ainsi que la chaleur naturellement présente dans l'air, l'eau et le sol.

Les notions de « renouvelable » et de « durable » ne se confondent pas. Une mauvaise gestion d'une ressource renouvelable peut compromettre sa durabilité, comme dans le cas de la déforestation due à une exploitation plus rapide que la régénération naturelle.

Les énergies non renouvelables ont nécessité des périodes allant de centaines de millions à des milliards d'années pour se former ; leurs réserves actuelles diminuent à mesure de leur utilisation ; c'est le cas pour les énergies fossiles : pétrole, charbon, gaz naturel, ainsi que pour les combustibles nucléaires tels que l'uranium..

Énergie solaire photovoltaïque L'énergie solaire photovoltaïque constitue l'un des principaux moteurs du développement des énergies renouvelables en Belgique.

La baisse progressive du coût des installations, l'amélioration des rendements des panneaux et les mécanismes régionaux de soutien ont favorisé une forte augmentation du nombre d'installations photovoltaïques au cours des dernières décennies.

L'autoconsommation est devenue un indicateur important de la rentabilité économique et énergétique des installations photovoltaïques, l'électricité produite étant de plus en plus consommée directement sur le lieu de production.

Panneaux photovoltaïques « Plug and Play » Depuis les années 2020, de nouvelles formes de microproduction photovoltaïque se développent, notamment les systèmes dits « Plug and Play ».

Ces installations de petite taille sont généralement conçues pour être installées directement par l'utilisateur et visent à faciliter l'accès à l'autoproduction d'électricité renouvelable pour les ménages ne disposant pas nécessairement d'une installation photovoltaïque traditionnelle.

Efficacité de la pompe à chaleur Un dispositif de chauffage tel qu'une pompe à chaleur exploite l'énergie provenant de sources renouvelables comme l'air extérieur, le sol ou l'eau pour réchauffer un logement ou pour chauffer son eau sanitaire.

Ce système présente l'avantage suivant : pour chaque unité d'électricité consommée par le compresseur de la pompe à chaleur (PAC), la maison peut bénéficier, par exemple, de trois unités de chaleur. Ce rapport est désigné par le terme de coefficient de performance (COP).

Il varie en fonction du mode de captation (air, eau ou sol) et de la méthode de diffusion de la chaleur à l'intérieur de la maison (plancher chauffant, ventilo-convecteur ou radiateur basse température).

Efficacité en énergie primaire pour une PAC fonctionnant avec l’électricité produite par le réseau belge Une analyse du bilan énergétique fait apparaître que pour chaque émission de chaleur de 3 kWh, environ 2 kWh peuvent être tirés de sources renouvelables (air extérieur ou eau d'une rivière). Une pompe à chaleur (PAC) nécessite 1 kWh d'électricité.

Le rendement moyen de la production électrique du réseau est d'environ 35 % (à cause des pertes du transport et de la distribution). Environ 3 kWh sont requis en centrale pour fournir 1 kWh à la PAC, qui à son tour fournit 3 kWh de chaleur.

En conséquence, la réduction potentielle de la consommation d'énergie primaire par rapport à une chaudière traditionnelle au gaz ou au mazout n'apparaît pas immédiatement.

Des données plus précises confirment que les PAC permettent une réduction de la consommation d'énergie primaire ; elle devrait se situer dans les dizaines de pour cent et n'atteint pas une diminution spectaculaire (de 2 ou 3 fois).

Les résultats en termes d'énergie primaire sont influencés par deux facteurs principaux : le coefficient de performance annuel (COPA) et le taux de conversion en énergie primaire..

La mise en place simultanée de panneaux photovoltaïques et d'une pompe à chaleur L'évaluation de la viabilité financière doit intégrer les frais fixes incontournables (coûts de réseau au tarif prosumer), la redevance du fournisseur d'énergie, la location du compteur réseau et les frais de comptage. À l'heure actuelle, et de plus en plus à l'avenir (notamment avec la cessation progressive de la compensation d'ici 2024 et 2030, selon la date de mise en service), les prosumers sont incités à maximiser leur autoconsommation de l'énergie qu'ils produisent.

À partir de 2024, les compteurs associés aux installations de panneaux solaires ne fonctionneront plus en sens inverse. Les nouveaux compteurs différencieront la production et la consommation. L'installation de nouveaux panneaux solaires nécessitera l'utilisation d'un compteur intelligent, qui distinguera l'électricité injectée dans le réseau. Les propriétaires de panneaux solaires devront vendre l'électricité non consommée à un fournisseur, mais à un prix très bas, environ 0,06 euros/KWh, comparé à l'achat à 0,16 euros/KWh. Chaque kilowattheure produit ne pourra plus être considéré comme un kilowattheure utilisable.

Le fonctionnement d'une pompe à chaleur (PAC) pour le chauffage (en hiver) n'est pas le même pour la période d'été où une installation photovoltaïque (PV) produit de l'électricité en abondance. Des kilowattheures seront consommés et facturés au réseau électrique en hiver, tandis que des kilowattheures seront injectés dans le réseau, en été, par l'installation PV.

L'évaluation environnementale des panneaux photovoltaïques La fabrication des panneaux solaires a un impact. Elle comprend divers éléments essentiels tels que les cellules photovoltaïques en silicium, les panneaux de protection en verre et les cadres métalliques en aluminium.

La production de ces composants, leurs processus d'extraction, de traitement, de modification et de transport des matériaux, sont énergivores, notamment le cycle de fabrication des cellules photovoltaïques. L'énergie utilisée dans ces processus est cruciale pour évaluer l'impact climatique des panneaux ; la majorité des panneaux provient actuellement de Chine.

Ces matériaux sont classés parmi les sources de production d'énergie renouvelable les moins décarbonées, émettant respectivement , et de CO2 par kWh produit pour l'hydraulique, l'éolien et le photovoltaïque, selon la base Empreinte® de l'ADEME.

Comparativement, l'électricité nucléaire émet environ 6 g de CO2 par kWh produit.

L'utilisation de panneaux solaires fabriqués en Chine déséquilibre la balance commerciale ; leur durée de vie est limitée à 25 ou 30 ans ; leur évaluation environnementale doit inclure le démontage et le recyclage.

La construction et l'entretien des parcs photovoltaïques comprennent les supports métalliques, les câbles de transmission, les dispositifs de conversion, les installations pour les transformateurs, les voies d'accès, les clôtures, la maintenance et le démantèlement. Ces composants alourdissent l'empreinte carbone des fermes solaires, réduisent leur contribution à la réduction des émissions de gaz à effet de serre dans la production d'électricité..

Autoconsommation et partage d'énergie L'amélioration de l'efficacité des énergies renouvelables passe également par une utilisation plus locale de l'électricité produite.

Les mécanismes d'autoconsommation permettent aux producteurs-consommateurs de valoriser directement l'électricité qu'ils produisent, tandis que les systèmes de partage d'énergie permettent une répartition de l'électricité renouvelable entre plusieurs utilisateurs.

Plusieurs régions belges développent progressivement des mécanismes destinés à favoriser les communautés énergétiques et les formes de consommation collective de l'énergie renouvelable.

Transition énergétique Le développement des énergies renouvelables s'inscrit dans un processus plus large de transition énergétique.

Cette transition repose sur plusieurs leviers complémentaires, parmi lesquels l'amélioration de l'efficacité énergétique des bâtiments, l'électrification croissante des usages, le développement des capacités de stockage, la modernisation des réseaux et l'intégration croissante des productions décentralisées.

Production locale et circuits courts énergétiques Le développement des énergies renouvelables s'accompagne d'une montée en puissance des projets de production locale d'énergie.

Ces initiatives cherchent à rapprocher les lieux de production et de consommation de l'électricité afin d'améliorer l'efficacité globale du système énergétique et de renforcer l'implication des acteurs locaux dans les projets énergétiques.

Objectifs européens et situation belge La politique belge en matière d'énergies renouvelables s'inscrit dans le cadre des objectifs énergétiques et climatiques définis par l'Union européenne.

Ces politiques visent notamment à réduire les émissions de gaz à effet de serre, à améliorer l'efficacité énergétique et à accroître la part des énergies renouvelables dans la consommation finale d'énergie.

Les objectifs européens ont été progressivement renforcés dans le cadre du Pacte vert pour l'Europe et des stratégies communautaires de transition énergétique.

Notes et références

Catégorie:Énergie renouvelable en Belgique